Les vampires….suite

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Comme promis voici la suite de mon post sur les vampires et de la dégénérescence de leur mythe au cours de ces dernières années.

Commençons par le commencement : qu’est-ce qu’un vampire ?

C’est un cadavre qui s’abreuve du sang des vivants pour se maintenir en vie.

Cette définition lapidaire a le mérite de mettre en valeur deux points primordiaux qui devraient dissuader toute personne sensée de trouver le vampirisme romantique :

– un cadavre : rien de plus laid et de plus repoussant ! J’invite ceux qui souhaitent s’en convaincre à venir à votre BFM préférée consulter les ouvrages de médecine légale pour vous en convaincre.

– ça boit du sang : si le cadavre en lui-même n’a pas définitivement calmé vos élans amoureux vampiriques, alors méditez sur ce qu’est l’aliment de base de votre super vampire préféré….

Ce qui est bien avec le sang au cinéma ou dans les livres c’est qu’il n’a pas d’odeur. Je vous recommande donc de faire un petit stage dans un abattoir municipal, ou à défaut d’aller respirer les reliefs de barbaque le lendemain de la Frairie des Petits Ventres pour vous faire une petite idée de la chose.

Après essayez de regarder sereinement cette photo en imaginant l’haleine de chacal de nos tourtereaux….

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Le mythe du vampire existe depuis la plus haute antiquité, et est particulièrement illustré par l’interdit biblique : « Seulement, garde-toi de manger le sang, car le sang, c’est l’âme; et tu ne mangeras pas l’âme avec la chair » Deutéronome 12,23 et « Si un homme de la maison d’Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d’eux mange du sang d’une espèce quelconque, je tournerai ma face contre celui qui mange le sang, et je le retrancherai du milieu de son peuple » Lévitique 17,10.

De penser que l’âme est contenue dans le sang, au fait de croire que des créatures maléfiques puissent vivre en buvant le sang il n’y a qu’un pas.

La croyance aux vampires est attestée de l’Antiquité jusqu’à une époque récente. Au XVIIIe siècle, siècle des Lumières, paraissent encore des ouvrages tels que le « De masticatione mortuorum in tumulis »

Le vampire incarne la mort, un fléau répugnant et terrifiant.

Et c’est ainsi qu’il apparaît dans la littérature aux XIXe siècle, avec toutefois une première nuance : le vampire représente la mort que l’on craint mais qui fascine. Nous sommes en pleine époque victorienne, les goûts et les codes artistiques évoluent. Les Lumières, le Classicisme et la Raison lassent, on se met à leur préférer Mr Hide, Frankenstein et Dracula.

Le roman de Bram Stocker est évidement la pierre angulaire du mythe vampirique. Dans la rigoureuse société victorienne, le personnage de Dracula apparaît comme une figure de transgression.

Cette image est celle que perpétua le cinéma à travers des films tels que Nosferatu, où le vampire n’a clairement rien qu’un beau gosse :

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Et c’est en 1992 que s’effectue le grand virage : Francis Ford Coppola sort son sublime Dracula avec Gary Oldman et Winona Rider.

Entendons nous bien : je ne reproche rien à ce film, absolument sublime.

Mais il a tracé la route qui nous à conduit aux horreurs actuelles : bien que respectant la trame générale du roman de Bram Stocker, Coppola introduit une histoire d’amour entre le vampire et Mina.

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….et à partir de là, le ver est dans le fruit…Le Dracula de 1992 est toujours terrifiant, mais commence à jouer au dandy.

A partir de cette date, l’imagine du vampire se romantise, s’affaiblit, s’affadit.

Deux ans après le Dracula de Coppola sort Entretien avec un vampire, débauche de figures de vampires efféminés, tourmentés par je ne sais quel spleen, arborant froufrous et dentelles et torturés par des désirs amoureux malsains.

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De monstre sanguinaire le vampire est devenu une simple créature rebelle et la série Twilight clouera définitivement le mythe au cercueil.

Depuis le vampirisme est devenu tellement cool et fashion que l’on aurait presque pitié de ces buveurs de sang relégués dans des séries B pour pré-ados….

Allez, un petit trombinoscope de vampire dans l’ordre chronologique :

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Probable représentation de Lilith. Babylone. 1750 avant JC

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Vlad Tepes. Personnage historique à l’origine du mythe de Dracula. XVeme siècle

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Nosferatu. Début XXe. Vampire bien crade!

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Le Dracula de Coppola 1992. Bourrin, sanguinaire. Un vampire quoi…

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le même en version dandy-romantique…déjà moins en forme…

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les vampires beaux gosses. Années 2010

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….pour en arriver à ça…

Morale de l’histoire : le temps n’épargne décidément personne…

J’aime bien critiquer! La prochaine fois je vous partagerai une bibliographie et filmographie digne de ce nom sur le vampirisme. Car il existe encore, heureusement, de très bonnes oeuvres sur le sujet, mais qui ont hélas tendance à passer inaperçues au milieu des mièvreries actuelles.

Sur ce, bon appétit! 🙂

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