La ligne blanche

Par défaut

La Ligne blanche

de Jane Mitchell

chez Bayard

51ljorte4l-_sx195_

« Lorsque le silence revint, l’homme au tableau traça une ligne à la craie sur le mur.

– Maintenant, nous allons vous mesurer. Mettez-vous à la queue leu leu. Si votre tête ne touche pas le trait, vous rentrez chez vous. Si vous le dépassez, vous venez avec nous dans le camion et on vous emmène dans les montagnes. Du nerf ! »

Rafik a neuf ans, il vit avec toute sa famille dans un petit village du Cachemire. Plus tard il sera instituteur, mais pour le moment il partage les jeux des garçons de son âge.

Un jour, des hommes envahissent l’école et kidnappent les garçons les plus robustes. Ils vont les dresser afin d’en faire les futurs combattants pour la libération de leur province.

Pour ces enfants le calvaire commence : le froid, la faim, la violence…

Dès que la résistance physique est vaincue, commence la manipulation psychologique : les mauvais traitements, la mort sont banalisés, la cruauté, l’indifférence à la souffrance de l’autre sont considérées comme dignes d’éloges.

Et subtilement, dans l’apprentissage de ces « nouvelles valeurs », il y a toujours quelque chose qui les raccroche à leur éducation passée.

Ils doivent s’endurcir car ce sont les hommes sur lesquels reposent l’avenir de leur communauté, ils doivent combattre l’oppression, être fidèles à leur nouvelle « famille ».

Après tout, certains d’entre eux ont déjà entendu ces paroles dans la bouche de leur père.

Puis c’est l’épreuve finale, participer à la mort de l’autre, de son ami, de son « frère ».

« Il savait qu’il commettait un acte épouvantable, mais tout dans cette nouvelle vie était terrible. Il ne voulait pas combattre dans cette guerre. Il ne voulait pas poser des mines et blesser des gens, ni creuser des tombes et assassiner des camarades d’école. Agé de dix ans, il aurait dû être en classe, mais on lui donnait pour seule alternative de tuer ce malheureux ou d’être lapidé avec lui. »

Aujourd’hui à La Haye, la Cour pénale internationale doit juger Dominic Ongwen. Qui est-il ? Un Ougandais de quarante ans, qui a été enlevé sur le chemin de l’école à l’âge de dix ans par les rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur, et qui est devenu au fil des années l’un de leurs bourreaux les plus actifs.

La Ligne blanche est un bon roman qui démonte  efficacement le processus d’endoctrinement, mais Rafik est un personnage de fiction dont l’avenir est choisi par l’auteur.

Qu’en est-il des « vrais » petits Rafik de par le monde ? Ne sont-ils pas tous promis au même sort que celui de Dominic Ongwen ? Des victimes qui deviennent des monstres.

 

 

Publicités

Un petit commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s