Horrorstör

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Horrorstör

de Grady Hendrix

chez Milan et demi

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Amy était pourtant pleine d’espoir, elle avait tout fait pour intégrer l’université, mais par manque d’argent elle devait maintenant travailler dans cet immense espace soigneusement labyrinthé : le magasin Orsk, le paradis des consommateurs (bien entendu toute ressemblance avec les chaînes Ikea ou Alinea serait totalement fortuite).

Sa bête noire est Basil, le responsable, celui qui a le pouvoir de décider du sort de chacun : on est efficace et un avenir radieux s’offre à vous, les ventes baissent, au revoir chère collègue.

Elle en est sûre, son sort est scellé, elle va faire partie de la prochaine charrette des condamnés.

Mais depuis quelques semaines, il se passe de drôles de choses après la fermeture du magasin : des meubles sont déplacés, des lits utilisés. Contre toute attente, c’est à elle que Basil a pensé pour former une équipe de choc avec Ruth-Ann, sa collègue.

Ils doivent tous les trois faire des rondes et surprendre le resquilleur.

Il s’appelle Carl, c’est un homme à la dérive qui se laisse enfermer le soir pour profiter des lits et des toilettes du magasin.

Mais Carl n’est pas seul. Au hasard de leur déambulations nocturnes, Amy et Ruth-Ann ont surpris leurs collègues, Trinity et Matt.

Trinity et Matt ont découvert que le magasin était bâti sur le site d’une ancienne prison gérée par un gardien d’un sadisme raffiné : Josiah Worth. Les conditions de détention étaient telles que la mort et la folie abrégeaient rapidement la vie des détenus.

Ils sont là pour filmer d’éventuels phénomènes paranormaux générés par les âmes torturées de ceux qui sont morts dans cette enfer nommé La Ruche, en faire un petit film croquignolet et pourquoi pas une émission de télé-réalité.

Tout ce qui va se passer ensuite va dépasser leurs espoirs les plus fous…

« Du fluide jaillit de nouveau de la bouche de Trinity. La lueur des bougies se reflétait sur la surface ondulante de la masse immonde, amplifiant ses ondulations. Alors que Trinity continuait de régurgiter encore et encore, l’agglomérat se rapprocha d’elle, tendant ses filaments vers son visage, s’accrochant à ses cheveux, ses oreilles, collant à ses joues, recouvrant ses traits de son plasma laiteux.

Il recouvrit son visage, ses épaules jusqu’à ce qu’il ne reste plus de la jeune femme qu’un torse surmonté d’un globe visqueux dont les côtés se soulevaient comme s’il respirait pour elle. »

Il y a en effet une présence maléfique qui hante les lieux : celle de Josiah Worth, le gardien fou.

Et il n’est pas seul…

« Ruth-Ann fut de nouveau entraînée en arrière. Avec une telle violence qu’Amy la lâcha. Elle s’élança pour la récupérer mais elle n’était pas assez rapide.

-Ruth-Ann ! Cria-t-elle.

Son amie ne semblait plus effrayée. Elle ne résistait plus. Elle avait cessé de lutter.

-Ne t’inquiète pas, lança- t-elle. Si je ne les vois pas, ils ne me voient pas non plus.

Et sur ces mots, elle s’enfonça les doigts dans les orbites et se creva les yeux. »

Gros coup de cœur pour ce roman qui a l’apparence d’un catalogue publicitaire comme ceux qui envahissent régulièrement nos boites aux lettres.

J’ai cru au début à une critique du monde du travail, avec ce mode de fonctionnement particulier à ces grandes enseignes : nous sommes une grande famille, votre famille, soyez disponible à tout moment, dans n’importe quelle condition sinon nous nous passerons de vos services.

Et soudain d’une façon imprévisible le roman a basculé dans l’irrationnel et l’horreur…

Miam, j’ai adoré !

 

 

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