Le récif

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Le récif

de Seita Vuorela

chez Actes Sud junior

«   Cet été, je suis sur la route en camping-car. C’est la première fois de ma vie que je fais un tel voyage. La suite d’événements que je vair raconter, cependant, ne se situe pas au bord de la route mais sur un terrain de camping-au bord de la mer, pour être précis. Land’s End. C’est la dernière bande de terre avant la mer. Un joli nom, n’est ce pas ? C’est moi qui l’ai trouvé .

Nous sommes arrivés en famille à ce terrain de camping ou nous ne comptions nous arrêter que brièvement. Mais il allait devenir notre destination finale.  »

C’est un camping « 5 étoiles » que Dimitri appelé aussi Mitia baptise tout de suite « Les sables d’or ». Il est là avec sa mère et son grand frère Vladimir. Le père est aux abonnés absents et la mère un beau matin, a décidé de louer un camping car et de partir droit devant elle . On sent que cette halte est un peu une fatalité : le véhicule est en panne, le séjour se prolonge.

Mitia et Vladimir sont à la dérive : il y a quelques semaines l’ami de Mitia, Noël est mort en tombant du Silo, et c’est Vladimir qui s’est occupé du mourant. Enfin, c’est ce que croit Mitia, parce que dans sa tête, tout est flou, il ne ne souvient pas vraiment.

Au hasard de ses errances il va successivement rencontrer une fille belle et mystérieuse et une bande de garçons qui se sont baptisés les Épaves et qui errent sur la plage.

Cette fille apparaît, disparaît comme une présence immatérielle, existe-elle vraiment ?

Est ce le regard de Mitia qui lui donne vie ?

Les garçons eux l’acceptent rapidement dans leur bande, ils ont des noms étranges, la Méduse, Lusitania, Globe Star, Romeo, Mark Antonio.Il y a aussi Nicolai et Joshua qui vont devenir ses amis. Comme Mitia ils ont d’étranges pertes de mémoire .

 » Quand je leur ai posé la simple question : » ils sont où, vos vieux ? », cela a donné lieu à une conversation surréaliste.

La voici :

-Nos vieux, Quels vieux ?

-Ben les mères, les pères, les amies, et Jim le berger allemand. Ceux avec qui vous êtes venus, quoi.

Qui campaient là d’où vous avez fugué.

– Mais on vient de nulle part. On est juste là.

– Tout le monde vient de quelque part.

-Pas nous. On est des épaves.

-Ouais, ouais, c’est ça. Allez, vous avez bien des vieux quelque part ?

-Quelqu’un se souvient de vieux ?

-Pas moi.

-Ouais, on ne se rappelle pas. »

Vladimir, lui, va de plus en plus mal et Mitia s’inquiète : que s’est-il passé pour que son grand-frère, son allié s’isole ainsi.

Un sentiment de mal-être s’installe, d’incohérence, de flou.

Qui est vraiment cette fille installée dans un vieil hôtel abandonné, quels maléfices tisse-t-elle dans l’ombre ? Un des garçons, César, a déjà disparu….

Ce qui a commencé comme une banale histoire d’adolescents désoeuvrés devient insidieusement le récit incohérent, presque cauchemardesque d’une réalité imprévisible et bouleversante.

C’est un roman absolument magnifique, déchirant, de ceux qui restent dans un coin de notre mémoire.

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