Bulgarie 1989

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Elitza GUEORGUIEVA : Les cosmonautes ne font que passer (Verticales, 2016)

« Ton grand-père est communiste. Un vrai, te dit-on plusieurs fois et tu comprends qu’il y en a aussi des faux. C’est comme avec les Barbie et les baskets Nike, qu’on peut trouver en vrai uniquement si on possède des relations de très haut niveau. Les tiennes sont fausses… »

« Ce premier roman a trouvé le ton elliptique et malicieux pour conjuguer l’univers intérieur de l’enfance avec les bouleversements de la grande Histoire. Grâce à la naïveté fantasque de sa jeune héroïne, Les cosmonautes ne font que passer donne à voir comment le politique pénètre la vie des individus, détermine leurs valeurs, imprègne leurs rêves, et de quelle manière y résister. » (cf. Présentation éditeur)

Elitza Gueorguieva est née en 1982 en Bulgarie. Elle va à l’école Iouri Gagarine, comme sa mère avant elle.

Iouri Gagarine, c’est le héros soviétique, le premier homme à avoir effectué un vol dans l’espace en avril 1961. Elitza décide de devenir cosmonaute…

Habituellement pourtant,

« Les filles ont des objectifs professionnels plus imprécis et franchement dépourvus d’originalité. Dans le flou général des réponses, trois propositions reviennent le plus souvent : infirmières, ballerines, ou pareil que maman. Comme les deux premières te paraissent peu enviables, tu préfères t’en tenir à la troisième, valeur plus sûre mais dont tu regrettes un peu l’évidente absence d’héroïsme : ta mère travaille à la radio, objet inutile, car toujours éteint. Tu te demandes si un autre scénario serait envisageable, qui correspondrait mieux à tes conceptions de l’avenir et du monde en général. »

Elitza aimerait aussi comprendre le bizarre rituel de ses parents qui consiste à s’enfermer longuement dans la salle de bain, en laissant l’eau couler simultanément dans le lavabo, la baignoire et le bidet, or étonnamment, cette manie disparaîtra sitôt l’éviction de Todor Jivkov de ses postes de secrétaire général du comité central du Parti communiste bulgare et président du conseil de l’Etat de la République populaire de Bulgarie, dans la foulée de la chute du mur de Berlin…

Quelques mois plus tard, il n’y a plus rien à vendre dans les magasins, ni rien avec quoi acheter de toute manière, l’école ne s’appelle plus Iouri Gagarine et de « jeune Septembrien » son cousin Andreï devient un voyou aspirant à ressembler aux mutras,  ces « individus peu avenants qui pratiquent l’escroquerie, le chantage et la violence au quotidien (…), portent des chaînes en or, roulent en 4 x4 (…), possèdent des dollars, de vraies Nike, et surtout de vraies armes qu’ils utilisent s’il le faut, ce qui est a priori de plus en plus souvent le cas.« 

Bref, Elitza  se sent comme le Vostok de Iouri Gagarine égaré dans les steppes du Kazakhstan.

Sa nouvelle idole s’appelle Kurt Cobain et Elitza rêve alors de Spice Girls et de punks à crête…

Un roman décalé et plein d’humour.

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