Amour toujours…

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Une histoire d’amour assez improbable, mais un roman bien ficelé.

Tout en nous donnant envie d’aller jusqu’au bout de la romance de ce « Coup de foudre à Pékin« , Chloé CATTELAIN égraine un certain nombre de réalités sur la Chine.

Des réalités pas toujours reluisantes…

(Thierry Magnier, collection « Grands romans », 2017)

« Clémence suit sa mère qui a accepté un poste en Chine. Pas facile de laisser derrière elle son frère chéri et sa meilleure amie, mais rien de tout ça ne viendra gâcher son enthousiasme. Sa mère l’a inscrite dans l’internat d’un lycée chinois prestigieux. La majorité des cours sont en anglais et elle retrouve là des enfants d’expatriés. Dans ce lycée chinois, Clémence perd ses repères : les citations (mantras exaltant les valeurs travail et discipline), la rigueur de l’internat (étude obligatoire dès 7h15 le matin et jusque 21 heures le soir), les exercices de rassemblement et gymnastique collective quasi-militaire en guise de récré, inspection des chambres par la « professeur de vie » chaque matin à 6h30… Un mot d’ordre : ne pas faire désordre et, surtout, rester à sa place. Heureusement, il y a aussi Li Mei, une ado au franc-parler qui a un regard beaucoup plus critique sur ce monde. Clémence remarque bientôt Yonggui, un étudiant d’une faculté prestigieuse. Une histoire d’amour s’esquisse, mais il subit une pression écrasante. Yonggui vient de la campagne et sa famille a consenti d’énormes sacrifices pour lui permettre de se hisser à ce niveau d’études. Clémence va devoir revoir ses réactions égocentriques d’adolescente amoureuse pour plonger, à pieds joints, dans une réalité chinoise parfaitement exotique. » (Présentation éditeur)

Chloé Cattelain qui a étudié le mandarin en Chine, vécu à Shanghai puis à la campagne, sait de quoi elle parle.

« A quoi tu t’attendais ? demanda Li Mei. A un étudiant, le front ceint d’un bandeau blanc avec le caractère « liberté » écrit en noir dessus, manifestant dans la rue, réclamant dans le journal de la fac une totale liberté d’expression, le multipartisme et le respect des droits garantis dans la constitution ?

_ Eh bien…

_ Alors ma belle, prépare tes oranges, parce qu’il croupirait en prison. Mon conseil : évite les inutiles dépenses d’agrumes et prends-le tel qu’il est, avec ses choix pas faciles et sa situation compliquée. Yonggui grappille des bouts de liberté là où il peut. Ça ne fait pas bezef, mais c’est déjà ça.

Pour clore son discours, Li Mei jeta son mégot au sol.

Clémence renchérit :

_ C’est un garçon si gentil ! Je lui ai parlé des atteintes aux droits de l’homme, et tu sais ce qu’il m’a dit ?

_ Oui : il n’a aucune idée de ce que sont les droits de l’homme.

_ Exactement ! s’exclama Clémence.

_ Tu as cours avec moi, voyons, lui expliqua Li Mei, on n’apprend pas ça à l’école. Et tu regardes la télé comme nous tous. Avec la propagande déversée, que veux-tu qu’il pense ? »

Li Mei est fille de hauts dirigeants, elle a fait ses études en Suisse et, après une année dans ce lycée chinois réservé à l’élite, va devoir bientôt les poursuivre au Canada… Je vous laisse découvrir pourquoi en lisant le roman.

 

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