The hate U give

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The hate U give

de Angie Thomas chez Nathan

 

« Tupac disait que le nom de son groupe « Thug Life », la vie de gangsta, ça voulait dire :

«The Hate U Give Little Infants Fucks Everybody, la haine qu’on donne aux bébés fout tout le monde en l’air.

Je hausse les sourcils.

– Quoi ?

Écoute bien. The Hate U – « you « , mais avec la lettre U-Give Little Infants Fucks Everybody. T-H-U-G-L-I-F-E. Ce qui veut dire que ce que la société nous fait subir quand on est gamins lui pète ensuite à la gueule. Tu piges ? »

Une soirée : des adolescents qui dansent, boivent, ébauchent des histoires d’amour ou de haine. Il y a dans l’air un goût de « trop », trop d’alcools, trop d’herbes, trop d’hormones mais c’est le Spring Break et tous sont à l’orée de leur vie.

Un des leurs va mourir dans quelques minutes, abattu par un policier blanc sous les yeux de son amie Starr qu’il ramenait chez elle.

Starr est le témoin clé mais est-elle prête à s’exposer pour porter la voix de Khalil mort, devant son assassin ?

Avant tout autre commentaire, ce roman est remarquable. Remarquable car lucide, documenté, engagé bien sûr, mais sans manichéisme.

Starr devrait être une ado comme les autres, elle aime Beyoncé, Taylor Swift, elle regarde en boucle les vieux épisodes du Prince de Bel-air, craque sur les marques de baskets, est amoureuse…

Mais elle est aussi noire, vit dans un ghetto, Garden Heights, gangrené par les guerres de gang, la drogue, les violences familiales.

Son père faisait partie des « King Lord », il s’en est sorti mais demeure viscéralement attaché à son quartier. Contre l’avis de sa femme qui souhaite un environnement moins dangereux pour ses enfants, il s’acharne à démontrer qu’il existe une alternative à la violence et à l’échec social.

Mais tous ses enfants sont scolarisés dans un « lycée de blancs » loin de Garden Heights.

Son oncle est policier tout en étant parfaitement conscient, témoin, victime du racisme de ses collègues.

Starr a 16 ans mais a côtoyé la mort à plusieurs reprises : son amie Natacha est morte à 10 ans, sous ses yeux, d’une balle perdue, son cousin a été tué pendant un braquage, Khalil est assassiné sous ses yeux.

Tous ces traumatismes, qui ne suscitent d’ailleurs aucun écho à l’extérieur du quartier semblent n’être que les paramètres, navrants mais attendus de la vie d’un citoyen afro-américain.

Car tout concourt à un échec programmé : quartier déshérité, écoles sous-équipées, chômage, économie parallèle mise en place par les gangs qui attirent ceux qui sont restés sur le carreau de la prospérité.

Au terme d’une parodie de justice le policier est bien entendu acquitté. La population se mobilise, la police intervient, le quartier est dévasté puis un calme précaire revient. Jusqu’à la prochaine « bavure ».

La question est : combien de temps peut-on tenir cette ligne de défense ? Cet homme n’est pas coupable parce qu’il est policier, parce qu’il est blanc et qu’il est légitime de tirer « avant » puisqu’on ne risque rien « après ».

A lire absolument !

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