L’ herbier fantastique

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L’ herbier fantastique : recherches sur la botanique

étrange et néanmoins véritable

 

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Auteurs :

Lionel Hignard

Camille Renversade

Editions Plume de carotte 

Il est bien étrange le monde de Camille Renversade ! Ce monsieur est est un artiste illustrateur et sculpteur, né le 17 août 1983 à Saint-Priest (proche de Lyon).

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Spécialisé en cryptozoologie, il étudie des animaux dont l’existence ne peut pas être prouvée de manière irréfutable (genre dragons, toutes les créatures fantastiques).

Sur son blog il se décrit comme : « montreur d’animaux étranges, sculpteur hybridermiste, créateur de cabinets de curiosité ambulants, dessinateur, bonimenteur de foire ou encore professeur en chimèrologie… »

Ces formes animales sont appelées cryptides. Le cryptozoologue le plus connu est Bernard Heuvelmans, docteur en sciences d’origine belge, qui a consacré une grande partie de sa vie à chasser des formes animales encore inconnues. Les quatre tomes de Sur la piste des bêtes ignorées (publiés entre 1955 et 1970) constituent une œuvre de référence pour les cryptozoologues. En 1999, Bernard Heuvelmanns a déposé sa documentation et ses archives au Musée de zoologie de Lausanne3.

Camille Renversade, declare sur standardmagazine le 18 decembre 2014  » « J’aurais aimé faire partie de ces scientifiques, chercheurs, photographes, dessinateurs qui, jusqu’à la fin du XIX ème siècle, partirent à la découverte de nouvelles contrées éloignées, à la recherche d’animaux ou de plantes inconnues. J’aurais aimé, au retour, organiser des conférences, exposer des échantillons dans les cabinets de curiosités. »

Cet artiste imagine les créatures, les façonne, et va jusqu’à créer ses propres objets !

Mais à quoi ressemblent ces cabinets de curiosités ?

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Dissection d’un jeune spécimen du monstre du Loch Ness recréé selon

les techniques de taxidermie à partir d’une peau de vache exotique.

camille-renversade-expedition-decouverte-vouivreDécouverte d’un œuf de vouivre

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Le Dodo

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 Cabinet de curiosités du Pr. Cornélius

Dans le journal L’Aurore daté du 25 juillet 1914, nous apprenons la disparition d’Irénée Dubois,  » l’employé du Museum d’Histoire naturelle n’a pas reparu depuis trois semaines.  » C’est le début d’une aventure qui regroupe dans sa boite 27 fac similés , fruits de quarante ans de recherches d’un botaniste du XXème siècle. On découvre des coupures de journaux, des dessins, des photos, des expériences scientifiques…

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Dans cet univers fantastique on trouve des plantes carnivores, des haricots magiques, des plantes qui donnent du lait, des plantes vampires…

Bon voyage et bonne lecture !

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Etonnants herbiers

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Fin 2007, les usagers de la BFM de Limoges avaient pu contempler un herbier assez singulier : celui constitué par le chirurgien-major Fray-Fournier, commissaire des guerres napoléoniennes. Celui-ci avait ramassé ces plantes sur les champs de bataille ou dans les régions traversées par les troupes de Napoléon entre 1805 et 1815.

C’est un autre herbier « guerrier » que nous offre le livre « Plantes de poilus. La fleur et le fusil en 14-18 » paru cet automne 2014 aux éditions Plume de carotte dans la collection « Terra curiosa ».

Il s’agit de l’herbier récolté par Stanislas Boireau, jeune épicier de 28 ans à Tours,  à l’intention de sa bien-aimée Marthe Guitton.

Ces fleurs cueillies sur les champs de bataille d’août 1914 à janvier 1917 étaient jointes, séchées, aux lettres qu’il lui adressait. Marthe les déposait dans un herbier qu’elle annotait, en attendant son retour (il aura la chance de survivre à la guerre mais ne sera démobilisé que fin mars 1919). Sur la page du 19 mars 1915, par exemple, entre lierre, liseron, pensées et myosotis figure un modeste bouquet envoyé pour les 20 ans de Marthe…

Denis RICHARD, dans son livre « Plantes de poilus »

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a souhaité à la fois rendre hommage à ces jeunes hommes et évoquer leurs liens avec l’univers végétal qui les entourait, des

« fûts de peupliers éclatés au bord des routes, le couvert protecteur des forêts, le minuscule potager patiemment entretenu au voisinage de la ligne de front, le jardin d’une ferme mutilé par les obus ou le jardin de la maison retrouvé à l’occasion d’une permission… Ce sont, au quotidien, les fleurs fraîches se pressant au plus proche du bord des tranchées, se penchant vers les soldats terrés ou se tendant vers le ciel des premiers jours d’un printemps timide encore aux derniers feux des feuillages automnaux, ce sont les chaumes des blés qui, souvent, dissimulent les corps des hommes et des chevaux que révèle avant tout leur odeur dans la touffeur de l’été, ce sont les coquelicots écarlates qui s’empressent de coloniser la terre hâtivement pelletée des tombes de ceux qui ont eu la chance de bénéficier d’une sépulture. Ce contraste saisissant entre l’omniprésence d’une nature renaissant, saison après saison, et la violence de la guerre est mis en scène d’une façon particulièrement évocatrice dans les poèmes des soldats. » (extrait des pages 8 et 9 du « Préambule »)

Parmi les fleurs « messicoles » (des moissons), tout le monde connaît le coquelicot qui deviendra le symbole officiel du souvenir au Royaume-Uni, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande ainsi que le bleuet, mémoire des morts de la Grande Guerre en France.

Peut-être sait-on moins que le myosotis est le symbole de la commémoration à Terre-Neuve. Pour ma part, j’ai découvert le coquelicot pourpre, à la mémoire des millions… d’animaux  morts également au cours des conflits  (chevaux, mules et ânes de bât, pigeons voyageurs, chiens de tranchées).

Un chapitre est consacré au « migrantes végétales de la Grande Guerre », les plantes « polémochores », espèces importées le plus souvent d’Amérique du Nord dans le fourrage des chevaux, les paillasses des soldats ou les caisses de matériel militaire, mais aussi d’Australie ou de Nouvelle-Zélande comme ce champignon-pieuvre (anthurus archeri), dont les spores ont pu être transportés sous les bottes des soldats et qu’on peut désormais trouver en Limousin :

Anthurus archeri (cf. photo ONF)

Anthurus archeri (cf. photo ONF)

Outre l’herbier, les seize chapitres aux sujets variés et très illustrés, de la légende des chrysanthèmes aux faux arbres de camouflage, en passant par « Les roses de Picardie » chanson restée célèbre, sont une manière originale et souvent émouvante de commémorer la guerre de 1914-1918.

 

Lecture de paysages

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Voici un livre idéal à emporter en vacances… à la seule réserve que son format ne tient pas dans la poche.
Mais, justement, ses 31 sur 27 centimètres le rendent extrêmement lisible !

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« Nous sommes sans cesse confrontés à des paysages. Ceux parmi lesquels nous vivons, ceux que nous voyons par la fenêtre des voitures ou des trains ; ceux que nous contemplons parce que nous les aimons, à la mer, à la montagne, en ville ; ceux que nous détestons.

Imaginez un instant qu’un géographe pointe du doigt les lignes de force, les détails remarquables, les mouvements de la roche, la nature du sol, la forme particulière d’un arbre. Voir le monde à travers les yeux d’un géographe, c’est répondre à toutes sortes de questions absurdes et essentielles. Pourquoi des arbres au bord des routes ? Qui creuse les gorges et les vallées ? Comment naissent les villes et grandissent les montagnes ? C’est brasser allègrement des millions, des centaines de millions d’années et réaliser que le moindre caillou s’inscrit dans un temps géologique qui nous réduit à poussière. » (cf. présentation éditeur)

Florence THINARD et les éditions Plume de carotte nous invitent à regarder et comprendre cinquante-cinq paysages, du delta aux lacs glaciaires, en passant les tourbières ou le bocage, mais également l’élevage industriel ou les centrales nucléaires…

La double page présente à gauche une photo du paysage ainsi que son histoire, plus un encart qui donne une précision et, à droite, un crayonné des grandes lignes de ce paysage complété par de judicieuses explications.

P1110820Certes, sa lecture n’a rien d’un roman léger, mais les vacances ne servent-elles pas aussi à découvrir, comprendre et s’enrichir de nouvelles rencontres ?

Rappelons au passage que Plume de carotte est l’éditeur des superbes livres de Marc Pouyet sur le Land Art, ainsi que de nombreux herbiers que vous pouvez retrouver sur les rayonnages de la BFM.

Bonnes vacances et bonne(s) lecture(s)… de paysages 🙂 !