Archives d’Auteur: moustik

Sharon van Etten : j’adooore

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Les petites victoires – Yvon ROY – BD Rue de Sèvres

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Marc et Chloé sont heureux ensemble. Ils décident d’avoir un enfant.

Le temps passe et des indices montrent que leur enfant est différent. Le diagnostic tombe : Olivier est autiste.

Même si le couple se sépare, Chloé et Marc forment un duo solide pour Olivier.

En étudiant le comportement du garçon, le père va tenter des expériences pédagogiques (jouer au « cogne-caboche », ne jamais installer une routine…) car il comprend qu’il ne sert à rien d’avoir peur de mal faire car, au pire, on finit par ne plus rien faire du tout.

« …Je perçois l’ampleur de la solitude intérieure que l’autisme lui impose. Ses murs à lui sont hauts, très hauts. Me vient l’envie de les abattre. Je me ravise. Je comprends maintenant … Tu ne seras plus jamais seul mon fils »

De petits combats en grandes victoires (comme pouvoir le prendre dans ses bras), Olivier s’ouvre au monde.

Sans pathos, ce roman graphique auto-biographique nous livre un beau témoignage de parents qui vont tout faire pour que leur enfant s’épanouisse.

A laisser entre les mains de tous : parents, soignants, élèves, enseignants…. car c’est une ode à l’optimisme.

Et sa deuxième B-D : « Graines de bandits » a l’air pas mal aussi !!

 

Prunelle de mes yeux. Marion Muller-Colard – Editions Gallimard

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Prunelle étouffe à cause de sa mère. Elle ne peut pas sortir seule du collège, elle ne peut rien faire sans que sa mère soit au courant (en plus elle est psy!).

Heureusement son père est là (mais il ne peut pas faire grand chose pour changer l’état d’esprit de sa femme) et il y a sa tante, reporter photographe qui ne tient pas en place : une bouffée de liberté sur pattes.

Un jour Prunelle explose !

 » J’ai peur de dire des horreurs que je pourrais regretter. J’ai presque peur de la tuer. Alors je me tais. »

Et  elle apprend…

Je ne veux pas spoiler la lecture. Mais jolie narration sur l’identité et la famille.

Livre réédité en poche pour une lecture facile sur la plage!

A la Bfm

 

 

 

Milly Vodovic – Nastasia Rugani – Editions MeMo

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Cette lecture a été un coup de poing dans le ventre.

La famille de Milly est arrivée dans le fin fond des Etats-Unis pour fuir la guerre en Bosnie-Herzégovine. Milly a perdu son père dans le conflit; maintenant il reste  Petra la maman, Deda le grand-père, Almaz son frère. Tous subissent le racisme et la haine qu’on jette aux gens « pas comme nous ».

« Aux yeux des habitants de Birdtown, la vérité a aussi peu d’intérêt qu’un paquet de cigarettes vides. Être la fille d’une immigrée bosniaque, et la sœur d’un musulman, suffit à représenter un danger pour la communauté; de la graine de terroriste ».

On lit dans ce texte la rébellion de Milly, qui du haut de ses 12 ans n’a pas peur de renvoyer balader les Cooper, propriétaires d’une grosse partie de la ville. Elle n’accepte pas de baisser la tête devant Swan réputé pour cogner avant de penser.

Mais la tragédie est là qui attend devant la bibliothèque de Birdtown où meurt son frère lmaz, assassiné.

L’esprit de Milly va se dissocier. Elle survit en essayant de comprendre pourquoi son frère s’est fait tué et en même temps elle le cherche dans un univers fantasmagorique où les Mange-coeurs sont au service de Popeline.

Le destin est-il inéluctable? certains sont-ils condamnés à subir la vie?

La poésie de l’écriture nous fait digérer l’injustice de certaines scènes et la cruauté des hommes, quant à la fin: elle nous cloue le bec!

L’illustration de couverture créée par Jeanne Macaigne symbolise très bien toutes les émotions par lesquelles on passe en lisant ce très grand roman (conseillé à partir de 15 ans)

Prix Sorcières 2019 !!

 

Inventer les couleurs – Gilles Paris – Editions Gallimard jeunesse

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D’abord happé par cette magnifique couverture de l’artiste-peintre Aline Zalko on est emporté par ce joli texte de Gilles Paris .

Hippolyte, jeune garçon dessine et transforme en une explosion de couleurs son quotidien fait de grisaille. Une façon d’apaiser les souffrances de son père, de se protéger aussi des absences. Une manière aussi de fêter l’amitié, les rires de Fatou et de ses autres amis.

Belle leçon de morale où les enfants transfigurent la tristesse des adultes, leur monotonie, en fêtant la vie grâce aux petits bonheurs qu’elle peut nous apporter.

 

Someone you love – Film de Pernille Fischer Christensen

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Thomas Jacob (Mikael Persbrandt) revient au Danemark pour enregistrer un nouvel album. C’est l’occasion de revoir sa fille Julie et son petit-fils Noa. Rencontre difficile quand aucun lien n’a jamais été tissé.

Julie est borderline, remplie de vide et de cocaïne, noyée dans la douleur abyssale qui existe quand on ne se sent pas aimé.  Noa est un jeune garçon qui ne fait pas de bruit, qui intériorise ses sentiments.

La relation entre le grand-père et son petit-fils va évoluer à l’occasion d’un drame. Thomas va devoir briser l’armure qu’il s’est fabriquée.

La musique qui porte le film est tout simplement sublime. Pas de chance on ne l’a trouve pas en B-O.

Petit conseil : un ou deux mouchoirs seront nécessaires.

A la Bfm de Limoges

 

 

Mémoire en eaux troubles – Joëlle Van Hee – éditions du Jasmin

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Ce livre, lu par une belle journée ensoleillée, m’a fait pleuré.

L’auteure évoque la relation tendre d’un grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer et son petit-fils Antonin.

Jour après jour l’adolescent vient le voir à l’hôpital, d’abord contraint puis avec plaisir.

« Pourquoi est-ce si difficile d’avouer que je sens que Papy nous quitte su le fil de sa mémoire émoussée et que j’ai envie de profiter de ses derniers instants de lucidité funambule?… Lui non plus n’aurait pas voulu finir comme il est en train de finir… Il aurait détesté le mec qu’il est en train de devenir »

Il y fait la connaissance  d’autres « Schmouls » : Popeye, le Doux Gentleman, le Teigneux, Madame Pata… Ils les aiment bien.

Et puis un jour c’est le délire : une Maria Debruyne surgit de la tête du grand-père et une expression apeurée dans sa bouche : « les oiseaux saignent de peur « .

Antonin remonte le fil de l’histoire du patriarche et échange avec lui lors des moments de lucidité. Sa recherche commence mais a-t-il vraiment envie de connaître la vérité?

Quel était son rôle pendant la guerre, le jeune homme va-t-il pouvoir apaiser le tourment de son papy avant la fin?

Joëlle Van Hee nous raconte la peur qu’évoque cette maladie, l’angoisse de se retrouver seul face à ses démons avec une écriture émouvante.

« Devenir poisson, c’est se souvenir qu’on était libre quand on était oiseau. C’est le regarder, cet oiseau, et ressentir encore l’ivresse de quand on déployait les bras pour glisser sur les ailes du vent. Etre poisson, c’est être incapable de hurler son impuissance liquide… »