Archives d’Auteur: moustik

Milly Vodovic – Nastasia Rugani – Editions MeMo

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Cette lecture a été un coup de poing dans le ventre.

La famille de Milly est arrivée dans le fin fond des Etats-Unis pour fuir la guerre en Bosnie-Herzégovine. Milly a perdu son père dans le conflit; maintenant il reste  Petra la maman, Deda le grand-père, Almaz son frère. Tous subissent le racisme et la haine qu’on jette aux gens « pas comme nous ».

« Aux yeux des habitants de Birdtown, la vérité a aussi peu d’intérêt qu’un paquet de cigarettes vides. Être la fille d’une immigrée bosniaque, et la sœur d’un musulman, suffit à représenter un danger pour la communauté; de la graine de terroriste ».

On lit dans ce texte la rébellion de Milly, qui du haut de ses 12 ans n’a pas peur de renvoyer balader les Cooper, propriétaires d’une grosse partie de la ville. Elle n’accepte pas de baisser la tête devant Swan réputé pour cogner avant de penser.

Mais la tragédie est là qui attend devant la bibliothèque de Birdtown où meurt son frère lmaz, assassiné.

L’esprit de Milly va se dissocier. Elle survit en essayant de comprendre pourquoi son frère s’est fait tué et en même temps elle le cherche dans un univers fantasmagorique où les Mange-coeurs sont au service de Popeline.

Le destin est-il inéluctable? certains sont-ils condamnés à subir la vie?

La poésie de l’écriture nous fait digérer l’injustice de certaines scènes et la cruauté des hommes, quant à la fin: elle nous cloue le bec!

L’illustration de couverture créée par Jeanne Macaigne symbolise très bien toutes les émotions par lesquelles on passe en lisant ce très grand roman (conseillé à partir de 15 ans)

Prix Sorcières 2019 !!

 

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Inventer les couleurs – Gilles Paris – Editions Gallimard jeunesse

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D’abord happé par cette magnifique couverture de l’artiste-peintre Aline Zalko on est emporté par ce joli texte de Gilles Paris .

Hippolyte, jeune garçon dessine et transforme en une explosion de couleurs son quotidien fait de grisaille. Une façon d’apaiser les souffrances de son père, de se protéger aussi des absences. Une manière aussi de fêter l’amitié, les rires de Fatou et de ses autres amis.

Belle leçon de morale où les enfants transfigurent la tristesse des adultes, leur monotonie, en fêtant la vie grâce aux petits bonheurs qu’elle peut nous apporter.

 

Someone you love – Film de Pernille Fischer Christensen

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Thomas Jacob (Mikael Persbrandt) revient au Danemark pour enregistrer un nouvel album. C’est l’occasion de revoir sa fille Julie et son petit-fils Noa. Rencontre difficile quand aucun lien n’a jamais été tissé.

Julie est borderline, remplie de vide et de cocaïne, noyée dans la douleur abyssale qui existe quand on ne se sent pas aimé.  Noa est un jeune garçon qui ne fait pas de bruit, qui intériorise ses sentiments.

La relation entre le grand-père et son petit-fils va évoluer à l’occasion d’un drame. Thomas va devoir briser l’armure qu’il s’est fabriquée.

La musique qui porte le film est tout simplement sublime. Pas de chance on ne l’a trouve pas en B-O.

Petit conseil : un ou deux mouchoirs seront nécessaires.

A la Bfm de Limoges

 

 

Mémoire en eaux troubles – Joëlle Van Hee – éditions du Jasmin

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Ce livre, lu par une belle journée ensoleillée, m’a fait pleuré.

L’auteure évoque la relation tendre d’un grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer et son petit-fils Antonin.

Jour après jour l’adolescent vient le voir à l’hôpital, d’abord contraint puis avec plaisir.

« Pourquoi est-ce si difficile d’avouer que je sens que Papy nous quitte su le fil de sa mémoire émoussée et que j’ai envie de profiter de ses derniers instants de lucidité funambule?… Lui non plus n’aurait pas voulu finir comme il est en train de finir… Il aurait détesté le mec qu’il est en train de devenir »

Il y fait la connaissance  d’autres « Schmouls » : Popeye, le Doux Gentleman, le Teigneux, Madame Pata… Ils les aiment bien.

Et puis un jour c’est le délire : une Maria Debruyne surgit de la tête du grand-père et une expression apeurée dans sa bouche : « les oiseaux saignent de peur « .

Antonin remonte le fil de l’histoire du patriarche et échange avec lui lors des moments de lucidité. Sa recherche commence mais a-t-il vraiment envie de connaître la vérité?

Quel était son rôle pendant la guerre, le jeune homme va-t-il pouvoir apaiser le tourment de son papy avant la fin?

Joëlle Van Hee nous raconte la peur qu’évoque cette maladie, l’angoisse de se retrouver seul face à ses démons avec une écriture émouvante.

« Devenir poisson, c’est se souvenir qu’on était libre quand on était oiseau. C’est le regarder, cet oiseau, et ressentir encore l’ivresse de quand on déployait les bras pour glisser sur les ailes du vent. Etre poisson, c’est être incapable de hurler son impuissance liquide… »

 

Heureusement que le chien, lui, est un type bien – Lorenza Ghinelli – Editions Thierry Magnier

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Roman italien qui traite de l’adolescence, du divorce, du harcèlement, de la violence familiale, de la confiance en soi, de l’amour et des pizzas. La vie quoi!

Texte choral dans lequel chaque moment est vécu à travers plusieurs protagonistes. L’écriture est vive, sensible et remplie d’humour.

Massimo est un grand ado de 14 ans qui se fait harceler par Vito qui l’a surnommé Minimo. Et les moqueries du coup vont bon-train au collège. Pourquoi lui ? heureusement que Filippo et sa grand-mère sont là. Et puis il y a Céleste, sa super copine : «  Elles est amie avec Massimo et ce nerd de Filippo, les moins cool de tout le collège. Ils forment un drôle de trio, entre inadaptés ils se sont bien trouvés. Céleste est canon mais elle est plate comme une planche de surf. Et au lieu de valoriser ce qu’elle a, elle s’obstine à se fringuer comme un mec; ça me rend folle » – Stéfania/ boulimique mal dans sa peau à cause de sa mère et amoureuse de Vito.

Mais finalement, Massimo, en se rebellant, va découvrir le terrible secret de Vito.

A la bfm de Limoges

 

La randonnée – Christophe Léon – Editions Thierry Magnier

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5 adolescents s’en vont avec leur éducateur pour une randonnée de quelques jours. Au programme : marcher sans téléphone, camper à la dure en pleine montagne.

Après les noms d’oiseaux d’usage pour se faire respecter, le groupe s’enfonce dans la forêt.

Au fil de la lecture on attrape des petits bouts d’histoires de ces enfants qui racontent leur fragilité, leurs blessures. Se cogner au silence des Pyrénées et à la rudesse du paysage les obligent à se dépasser et être solidaires.

Une nuit Lukas et Damien entendent un bruit inquiétant. Puis c’est une forme fugitive qui glisse à travers les arbustes… des coups de feu? Une angoisse se diffuse, un suspense s’installe… Est-ce la nature ou l’homme qui sera le plus sauvage?

Mais vous êtes bien coquin Monsieur Léon d’avoir écrit une fin si mystérieuse! On peine pour les personnages, on espère pour eux. Diaboliquement bon !

 

A la bfm

Christophe Léon

Blog de l’auteur

 

 

 

Le merveilleux jardin secret de Bella Brown – Simon Aboud

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« Le bonheur se cultive chaque jour ».

… Et c’est bien ce que j’ai fait en regardant ce merveilleux film tout en tendresse et en émotion.

 

Bella est une jeune femme atypique avec tics et tocs. Bibliothécaire, elle aspire à devenir auteure.

Blottie dans son monde imaginaire elle percute la vie réelle quand on lui demande de remettre en état le jardin qu’elle a laissé à l’abandon sinon… c’est l’expulsion. Enorme challenge pour elle car la végétation, les plantes lui font peur. Pourtant, c’est grâce à ce jardin que vont se créer de belles et surprenantes amitiés.

 

Dans la veine des feel good movies britanniques c’est un joli moment poétique (à ne pas laisser entre les mains des esprits ronchons) avec de magnifiques lumières et de très bons acteurs : Jessica Brown Findlay (la jolie Sybil de la série Downton Abbey, Le cercle littéraire de Guernesey, Tom Wilkinson ( La jeune fille à la perle, Full Monty, The Grand Budapest Hotel…) Andrew Scott (l’affreux Moriarty dans la série Sherlock).

 

A la bfm de Limoges