Archives d’Auteur: Phantasya

Prix Izzo 2013

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Tadaam !! Dans le cadre du salon Lire à Limoges, le prix Izzo vient de voir son lauréat désigné. Aujourd’hui, si, si.

Mais d’abord, de quoi s’agit-il ? Tous les ans, des lycéens de la ville de Limoges volontaires lisent quelques livres, en discutent entre eux entre novembre et mars, et élisent enfin leur chouchou. Cette année, ce sont les lycées Renoir et Saint-Exupéry qui ont participé, un excellent jury très critique !

Les nominés étaient :

  • Le dernier hiver de Jean-Luc Marcastel (Hachette, collection Black Moon, 2011)

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dernier hiver

  • La drôle de vie de Bibow Bradley d’Axl Cendres (Sarbacane, collection X’Prim, 2012)

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bibow

  • La faute de Rose de Florence Cadier (Thierry Magnier, 2012)

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rose

 

Le lauréat a été décerné ce midi, et il s’agit de… AXL CENDRES (les petits malins auront surligné avec la souris pour lire le nom du gagnant)

Ensuite, notre jury a eu le grand plaisir de déjeuner en compagnie des trois auteurs : c’était bon, et c’était très intéressant. On a tout su sur leur façon de travailler, sur leurs projets… et on a pu apprécier leur générosité à partager leur amour de l’écriture.

Et maintenant, les bibliothécaires se creusent la tête pour pré-sélectionner les livres de la cuvée 2014 🙂

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Duo de bestioles !

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Duo de bestioles !

Duo de Bestioles, c’est un très original livre d’Alain Burban (sculptures), Paskal Martin (photographies) et Jean-Philippe Gallet (textes), publié par les Ateliers Art-Terre à Rennes.

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Alain Burban a réalisé des sculptures merveilleuses d’animaux grâce à une technique tout à fait singulière : des masses en bois recouvertes de canettes colorées, lesquelles ont été alors ciselées, découpées, rivées soigneusement avec boulons et habileté.

Les sculptures ont été pensées deux par deux, dans des rapports d’une plaisante évidence pour l’adulte, stimulants pour l’enfant : oeil de lynx versus myope comme une taupe, le corbeau et le renard de la fable, le gnou bleu et la cigogne blanche qui migrent chacun de leur côté, etc. Il existe treize paires, et un joker, le mistigri… On a aussi découvert l’ourson d’eau, autrement dit le tartigrade.

Jean-Philippe Gallet a ensuite imaginé des textes amusants, véritables petites histoires, autour de chaque duo. Paskal Martin les a enfin mis en scène, photographiés dans des situations presque réelles, d’un noir et blanc esthétique. A chaque double page, on réfléchit, on tire éventuellement un enseignement par l’humour.

C’est inventif, ravissant, génial et tout ce que l’on veut encore ! Il fallait vraiment penser cet ovni de la littérature jeunesse.

Autour de l’album existe une exposition de vitrines et de planches, qui fait vraiment ressortir le travail minutieux du sculpteur. Les animaux y apparaissent davantage brillants, fins, d’une taille plutôt petite forçant encore l’admiration.

Mais trêve de discours, voici quelques images…

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L’exposition Duo de bestioles est à voir à la Bfm centre-ville, pôle jeunesse, du 9 mars au 20 avril 2013.

Assassin’s Creed : le(s) roman(s)

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Assassin’s Creed : le(s) roman(s)

Assassin’s Creed : Renaissance

De Oliver Bowden

Traduit de l’anglais par Claire Jouanneau

Castelmore – 2012 

Curieuse de découvrir l’univers de ce jeu vidéo si prisé, et n’ayant pas lu la bande dessinée, je me suis penchée avec intérêt sur le livre. Renaissance est le premier tome d’une série, puisque, si j’ai bien compris, le héros va se balader dans le temps.

Résumé : Ezio Auditore est le fils d’un riche banquier de Florence, au temps des Medicis. Insouciant, bagarreur et séducteur, sa vie bascule subitement suite à une fausse accusation de complot contre son père. Il voit ce dernier ainsi que ses deux frères pendus sans presque de procès. Décidé à se venger coûte que coûte, Ezio prend d’abord le temps de se former au combat : des prostituées lui apprennent à devenir invisible dans une foule, son oncle lui enseigne l’épée…

Quelques armes un peu plus originales réalisées par son ami Leonard de Vinci en suivant les pages d’un vieux codex (une dague rétractable, un pistolet miniature par exemple) viennent compléter cet arsenal. Ezio est prêt, et il tue ses premiers ennemis, commençant alors à dévider une pelote d’alliances qui le dépasse complètement. Il comprend que sa famille fait partie d’une société secrète, les Assassins, chargés de contrer la non moins clandestine ligue des Templiers, avides de richesses et de domination.

L’enjeu ultime de la lutte ancestrale est une Pomme, un objet magique qui, judicieusement coordonné en plein cœur de Rome, pourrait faire accéder à un pouvoir suprême. Traversant Florence, Venise, bref toute l’Italie des Cites-Etats, croisant moult personnages historiques (les grands de cette époque, Léonard, Machiavel, etc), Ezio accepte peu à peu sa destinée particulière d’une sorte de prophète. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à s’intéresser aux jupons qui passent, bien sûr.

Mon avis : L’univers est touffu, on ne peut pas dire ! Les personnages, quoique bien campés, montrent assez peu de psychologie, l’intrigue étant toute occupée par de l’action à rebondissements, encore et toujours dans un rythme qui parvient malgré tout à se maintenir avec logique. Oliver Bowden réussit à montrer sans trop d’artifice les moments où l’on devine que le joueur sur sa console forme son personnage, le fait chercher des solutions à un problème… J’ai été très amusée par cette idée de grimper aux murs comme un cabri, et je devine ce que cela doit donner dans le jeu !

Nous prenons le temps de nous insérer dans cette Italie de la Renaissance et ses coteries adverses, j’ai eu plusieurs fois envie de vérifier la véracité de certains épisodes mais il semble que le fond soit solide, notamment dans l’emploi des nombreuses figures historiques. On ne sait pas trop pourquoi, la part belle est faite à Léonard de Vinci. J’aurais bien aimé voir Machiavel également développé, il était tellement dans le ton !

Un problème reste toutefois l’écriture, correcte mais plutôt rapide, et un narrateur externe surplombant qui ne donne pas vraiment de chance de s’attacher à Ezio. C’est un peu dommage, même si cette faiblesse se noie bizarrement et facilement dans l’amas d’aventures qu’affronte le héros, tuant à tour de bras et s’absolvant à chaque fois d’un grave « requiescat in pace ».

Je ne regrette pas ma découverte, et vais peut-être tenter une ou deux bandes dessinées pour mieux saisir l’univers visuel, peu sensible dans le roman. Le jeu vidéo, c’est pas encore mon truc 🙂

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Graffiti Moon

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Graffiti Moon

Graffiti Moon

De Cath Crowley

Traduit de l’américain (Australie) par Valérie Le Plouhinec

Albin Michel jeunesse – collection Wiz – 2013 

Lucy aime souffler le verre dans le vieil atelier d’Al. Lucy aime que ses parents soient un peu artistes – même si elle a très peur qu’ils ne divorcent. Lucy aime les murs peints et écrits par un graffeur inconnu, surnommé l’Ombre. Lucy veut trouver l’Ombre, et l’aimer aussi…

Le roman se déroule sur une nuit, destinée au départ à fêter la fin du lycée pour les protagonistes. Lucy et ses amies Jazz et Daisy sont décidées à s’offrir un peu d’aventure, et cela pourrait bien commencer avec un groupe de garçons rencontrés dans un bar. Il s’agit de Dylan, le (encore) petit ami de Daisy, de Léo, qui adore écrire des poèmes, et d’Ed, peintre un peu tourmenté.

L’Ombre et son complice le Poète, ce sont Ed et Léo, mais aucune des filles ne le sait et n’a à le savoir, d’autant plus qu’ils s’apprêtent, avec Dylan, à cambrioler la salle informatique du lycée. La nuit est toutefois longue, et lorsque Lucy propose au groupe de partir à la recherche du graffeur qui l’obsède, aucun des jeunes hommes ne l’en empêche… Ed apprendra que la nuit supporte mal le mensonge.

Il y a un véritable plaisir de lecture à connaître dès le départ davantage d’éléments que la délicate et fantasque Lucy. Pas ordinaire, d’une naïveté plus que touchante, la jeune fille a autrefois cassé le nez d’Ed lors d’un rendez-vous. Quoique toujours un peu attirée par lui, Lucy va maintenant lui expliquer longuement ce que les peintures de l’Ombre provoquent en elle, des émotions artistiques très personnelles qui touchent pourtant juste dans le cœur d’Ed. Tout en retenue, complexé de ses difficultés à briller scolairement, ce dernier ne se livre évidemment pas mais en a très envie ; il se contente jusqu’aux dernières pages d’écouter, de découvrir une jolie Lucy et de réfléchir à ce qu’il fait de sa propre vie.

Le chassé-croisé amoureux roule de manière à la fois sublime et irritante, on brûle de voir le petit couple enfin se reconnaître tant il nous semble évident qu’ils sont faits l’un pour l’autre ! Les voix de Lucy et d’Ed alternent, leurs émotions s’explorent, se répondent gracieusement d’un chapitre à l’autre pour des scènes souvent rejouées. Chacun a ses fêlures, ses inquiétudes et n’ose pas les exposer à l’autre. Dans une écriture fluide, ponctuée de quelques textes du Poète, la sensibilité du roman est telle que le malentendu menace constamment et que l’essentiel reste invisible pour les yeux des personnages, n’est-ce pas…

C’est l’insouciance de l’adolescence, c’est l’amour un peu fou, c’est l’évidence légère de belles personnes qui se trouvent enfin. Une nuit d’intenses petites tempêtes sentimentales à découvrir !

GM

Aya de Yopougon arrive à Limoges :-)

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Aya de Yopougon arrive à Limoges :-)

Du 12 janvier au 22 février 2013, l’espace jeunesse de la bibliothèque centre-ville accueille une exposition de tirages numériques autour du passage de la bande dessinée Aya de Yopougon en film d’animation, réalisée en partenariat avec la galerie Arludik.

Ecrite par Marguerite Abouet et dessinée par Clément Oubrerie, Aya de Yopougon est une remarquable et remarquée série de six ouvrages publiés chez Gallimard entre 2005 et 2010. Vous trouverez tous les résumés LA, mais le mieux c’est de la lire ! 🙂

Réalisé par Autochenille productions, le film est prévu pour sortir cette année, certainement au printemps (on a hâte…).

On en a déjà parlé ICI, et on espère vous voir très vite à la bibliothèque !

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Les vingt-cinq vies de Sandra Bullot

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Les vingt-cinq vies de Sandra Bullot

Les vingt-cinq vies de Sandra Bullot

De Colas Gutman

Ecole des Loisirs – collection Medium – 2012

Sandra Bullot nous confesse une vie trépidante de vide absolu et d’incertitudes à haute teneur en perplexité. Son père, agent de voyage au chômage déprimé, ne converse plus que par méls et embauche une sexy Natacha pour faire le ménage. Sa mère, actrice désespérée de séries télévisées, préfère à sa fille une jeune Indienne de ses camarades forte en thème. Son petit frère Ao est amoureux actif d’une camarade de classe, devançant sa grande sœur d’une bonne dizaine d’années sur le sujet. Et puis il y a Endive au jambon qui déclare sa flamme à Sandra exclusivement sur Internet parce qu’il est timide.

Histoire de mettre un peu d’ordre dans tout ça, Sandra décide de tester des vies : poney rose avec accessoires, souris déglinguée, caméléon octogénaire, un bestiaire complet se déroule sous nos yeux, toujours adéquat sur le moment, mais pas pertinent sur le long terme (elle a essayé Sandra Bullock, ça ne colle pas non plus). Au fil des jours, Sandra perce quand même à jour l’Endive, un de ses proches, et sa copine Irène Lara, peut-être un chouïa dévergondée, les invite alors à un plan machine à laver – à trois ou quatre, selon affinités.

C’est irrésistible de drôlerie sans aucun temps mort, complètement dingue aussi, avec une narratrice et des personnages qui semblent traverser leur vie comme un film, en survolant sans aucune maîtrise ce qui leur arrive. Colas Gutman ne manque pas d’imagination, jouant avec les mots, leur ordonnancement, et surtout abusant de comparaisons fantaisistes (à commencer par les analogies entre Sandra et sa galerie animalière). L’idée d’être un autre est la cheville ouvrière qui porte son roman, dans la forme humoristique et aussi dans le propos.

Car en même temps, il nous raconte une histoire d’adolescente qui cherche sa place, qui hésite entre plonger directement et tout de suite dans l’arène – amoureuse, familiale – ou attendre que sa métamorphose soit terminée pour enfin vivre sa vie de grande. Sandra, c’est un peu vous, moi, nous, et elle nous émeut tendrement, si ce n’est qu’on garde le sourire vissé aux lèvres en plus. Une façon brillantissime et rarissime d’aborder l’adolescence au temps des Iphone !

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A l'abordage !

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A bord de l’Etoile Matutine

d’après Pierre Mac Orlan

par Riff Reb’s

Soleil – collection Noctambule – 2009

Un vieux marin raconte sa jeunesse à bord d’un vaisseau pirate, au XVIIIème siècle. L’équipage, du capitaine Merry au chirurgien Mac Graw, a fortement marqué l’adolescent qu’il était. Le découpage se fait en petits chapitres qui sont autant d’anecdotes : la vente difficile des prises dans un port infesté par la peste, les histoires et légendes racontées le soir, la mise bas de la chienne adorée de Mac Graw, un passage à Londres, les relations aux femmes… L’atmosphère est crue, cruelle, violente, mais aussi remplie de cette espèce de solidarité entre les hommes qui prévaut sur un navire au long cours. Comme le dit Mac Graw, « tous les marins du monde sont seuls sur la terre. » (p. 109). Je n’ai pas non plus lu le livre de Mac Orlan, mais j’imagine que Riff Reb’s en a extrait les épisodes les plus signifiants, dans le sens où leur déroulement même donne des indications sur la vie et le ressenti d’un matelot à cette époque. Sans doute le personnage du narrateur (on ne sait pas son nom) exprime-t-il une psychologie davantage fouillée dans le roman, car on la devine par instants – son enfance sans innocence, sa relation d’admiration à Mac Graw… Dessinée dans une veine classique très efficace, cette bande dessinée maritime n’a que le défaut, malgré ses cent vingt pages, d’être trop courte !