Archives d’Auteur: vesperr

L’éveil

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L’éveil stade 1

de Jean-Baptiste de Panafieu

chez Gulf Stream

 

Laura travaille chez BIOKITECH, une entreprise de biotechnologie qui fait des recherches sur les maladies du cerveau.

Comment stimuler un cerveau malade ?

Laura cherche, teste, bidouille : à sa disposition des souris blanches auxquelles elle injecte le résultat de ses essais.

L’une d’elle, A27, sans même que Laura ne s’en rende compte réagit d’une façon si prometteuse qu’elle ouvre sa cage et part à la découverte du vaste monde. La chance n’étant pas au rendez-vous, elle tombe sur un chat tout à fait civilisé qui n’en fait qu’une bouchée.

Attirés par les restes de cette pauvre A27, une corneille puis un rat s’activent sur sa dépouille, une chienne qui passe finit ce qui restait. Rien, presque rien, un tout petit tas d’os, mais qui va provoquer une réaction en chaîne.

De rats en rats de corneilles en corneilles, de chiennes à chiens, de goélands à perroquets les animaux s’éveillent.

« Je parle et personne n’écoute. Personne n’écoute, mais je sais que je parle. Avant quand je parlais, on ne m’écoutait pas vraiment et je ne savais pas que je parlais.

Ce n’est pas exact, je le savais un peu. Je tentais des expériences qui aboutissaient parfois. Je disais : «  Coco veut des graines » et j’obtenais souvent des graines. Ils ne comprenaient pas toujours… et me donnaient autre chose. Ou bien je disais autre chose que ce que je voulais vraiment et eux…

Eux ! Il faut que je quitte cet endroit, leur endroit. Heureusement qu’ils possèdent une télévision, cet outil magique ! Malheureusement ils ne savent pas s’en servir. Ils pourraient apprendre tant de choses… Hier, quand ils sont sortis ? J’ai changé de canal. C’était stupéfiant !

Je me suis éveillé, il y a trois jours. »

Des animaux qui s’éveillent, ma chère, c’est so cute, mon zouzou, ma nénette, mon minou et le canari mimi et Carabosse la chienne tout ceux avec lesquels on bêtifie et que l’on filme pour les adorer via Facebook !

Méçavapanon ???!!!!

Imaginez, imaginez un seul instant : votre Pifou adoré, le plus beau chat du monde, qui vous tacle à l’heure du repas et refuse la boite spécial matou que vous achetez au prix du caviar et exige une entrecôte.

Et les croquettes du chien, boudées par celui qui ne mangera que des toasts au fois gras.

Et Batifolle qui ne veut plus rester enfermée toute la journée et veut des cours particuliers.

Et Lolotte le hamster qui analyse Onfray et BHL pendant des heures.

Hein ! On rigole moins…

Et les vaches, cochons, poules : êtes-vous prêts à déguster l’aile du poulet avec lequel vous échangiez la veille sur le dernier concert de l’orchestre du Philarmonique de Berlin ?

Et la grillade de porc : imaginez s’il est fan de Ridley Scott…

Arrggll la suprématie de l’homme serait-elle en danger et les bénéfices de l’industrie agro-alimentaire itou ?

Vite le tome 2 !

Sans papiers

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Sans papiers

de Rascal, Cendrine Genin, Jean-François Martin

aux Éditions Âne bâté

 » Maman a été tuée le premier jour de la guerre. »

Un pays qui sombre dans le chaos, la mort qui décime, la peur et un père qui veut sauver sa fille.

Que faire ?

Fuir bien sûr .

Vers un eldorado aléatoire, mais l’espoir est là et tout plutôt que le bruit des bombes et les cadavres qui jonchent les rues.

Alors la France, patrie des droits de l’homme, et Paris le ville lumière attirent comme un phare.

Mais les lumières ne brillent pas pour tout le monde, il faut des Papiers, de ceux qui vont vous permettre d’exister aux yeux de tous.

Ceux qui ne les obtiennent pas sont condamnés au silence, à l’invisibilité.

Car des voix s’élèvent : ils sont trop nombreux, on n’est pas là pour accueillir toute la misère du monde etc, etc.

Bien sur, et si vos enfants avaient faim, si leurs vies ne tenaient qu’à un fil que feriez vous ?

La vie reprend petit à petit : l’école, de nouveaux amis, un pays tout entier à découvrir, à s’approprier peut-être, puis un jour…

 » Je regarde Paris s’effacer jusqu’à Orly.

La sirène de police hurle tout ce que je ne peux pas.

L’avion est en bout de piste.

Prêt à décoller.

Ils nous attend.  »

Un album magnifique ou les illustrations répondent à la sobriété du texte.

Des silhouettes découpées sur la grisaille, un carré de lumière qui dit la chaleur d’un foyer, un bout de jupe comme un soleil puis un avion qui déchire le ciel vers on ne sait quelle destination.

Superbe.

Le récif

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Le récif

de Seita Vuorela

chez Actes Sud junior

«   Cet été, je suis sur la route en camping-car. C’est la première fois de ma vie que je fais un tel voyage. La suite d’événements que je vair raconter, cependant, ne se situe pas au bord de la route mais sur un terrain de camping-au bord de la mer, pour être précis. Land’s End. C’est la dernière bande de terre avant la mer. Un joli nom, n’est ce pas ? C’est moi qui l’ai trouvé .

Nous sommes arrivés en famille à ce terrain de camping ou nous ne comptions nous arrêter que brièvement. Mais il allait devenir notre destination finale.  »

C’est un camping « 5 étoiles » que Dimitri appelé aussi Mitia baptise tout de suite « Les sables d’or ». Il est là avec sa mère et son grand frère Vladimir. Le père est aux abonnés absents et la mère un beau matin, a décidé de louer un camping car et de partir droit devant elle . On sent que cette halte est un peu une fatalité : le véhicule est en panne, le séjour se prolonge.

Mitia et Vladimir sont à la dérive : il y a quelques semaines l’ami de Mitia, Noël est mort en tombant du Silo, et c’est Vladimir qui s’est occupé du mourant. Enfin, c’est ce que croit Mitia, parce que dans sa tête, tout est flou, il ne ne souvient pas vraiment.

Au hasard de ses errances il va successivement rencontrer une fille belle et mystérieuse et une bande de garçons qui se sont baptisés les Épaves et qui errent sur la plage.

Cette fille apparaît, disparaît comme une présence immatérielle, existe-elle vraiment ?

Est ce le regard de Mitia qui lui donne vie ?

Les garçons eux l’acceptent rapidement dans leur bande, ils ont des noms étranges, la Méduse, Lusitania, Globe Star, Romeo, Mark Antonio.Il y a aussi Nicolai et Joshua qui vont devenir ses amis. Comme Mitia ils ont d’étranges pertes de mémoire .

 » Quand je leur ai posé la simple question : » ils sont où, vos vieux ? », cela a donné lieu à une conversation surréaliste.

La voici :

-Nos vieux, Quels vieux ?

-Ben les mères, les pères, les amies, et Jim le berger allemand. Ceux avec qui vous êtes venus, quoi.

Qui campaient là d’où vous avez fugué.

– Mais on vient de nulle part. On est juste là.

– Tout le monde vient de quelque part.

-Pas nous. On est des épaves.

-Ouais, ouais, c’est ça. Allez, vous avez bien des vieux quelque part ?

-Quelqu’un se souvient de vieux ?

-Pas moi.

-Ouais, on ne se rappelle pas. »

Vladimir, lui, va de plus en plus mal et Mitia s’inquiète : que s’est-il passé pour que son grand-frère, son allié s’isole ainsi.

Un sentiment de mal-être s’installe, d’incohérence, de flou.

Qui est vraiment cette fille installée dans un vieil hôtel abandonné, quels maléfices tisse-t-elle dans l’ombre ? Un des garçons, César, a déjà disparu….

Ce qui a commencé comme une banale histoire d’adolescents désoeuvrés devient insidieusement le récit incohérent, presque cauchemardesque d’une réalité imprévisible et bouleversante.

C’est un roman absolument magnifique, déchirant, de ceux qui restent dans un coin de notre mémoire.

Ma famille normale contre les zombies

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Ma famille normale contre les zombies

de Villeminot et Autret

chez Nathan

Enfin, une famille bien représentative de notre bon peuple gaulois, « de souche » bien entendu.

Il y a l’homme, le patriarche, celui qui tient la maisonnée : VanZan, 41 ans, 110kg de force tranquille et de sagesse. (Bon, il a un petit problème, rien d’inquiétant d’ailleurs et qui n’enlève rien à son rôle naturel de chef : il se métamorphose quelquefois en ours des cocotiers ou Helarctos malayanus).

La mère Jul ou Jule ou Jul’, dite aussi la Petite Personne, 40 ans, prof d’histoire-géo charmante, adepte du jardinage et sensible à la beauté de toutes choses.

Et leur ribambelle d’enfants :

  • La narratrice MadoLoup, 16 ans
  • Son frère aîné TheoPaïle, 18 ans
  • La sœur cadette Sarouchka, 13 ans
  • Et la petite dernière, Louve, 5 ans

On le voit, la seule originalité de cette belle famille réside peut-être dans la saine mais discrète émulation qui a présidée au choix des prénoms de leurs enfants.

Enfin les vacances ! Tout ce petit monde s’entasse dans le mini-bus et part en chantant des chansons paillardes voire obscènes (que je ne peux donc pas retranscrire!) en direction de la Bretagne, où les attendent les grands-parents maternels.

La mer, le soleil, coquillages et crustacés, sur la plage abandonnée la, la, les goélands la,la,la le bruit du ressac la, la, la.

Tiens, curieux les goélands cette année :

« Deux goélands essaient de briser le pare-brise à coups de bec. Mon père tente de les éloigner à coup de lave-vitre. Mon père tente de les éloigner à coups d’essuie-glaces.

Mon père dit : – Saleté de rongeurs !

Mon père dit : – Tu crois qu’ils ont bouffé des champignons mexicains, Josiane (dite aussi Jul, Jule ou Jul’)?

Mon père dit : – Ou alors, ce sont des galettes bretonnes…

Ma mère ne répond rien. Elle a l’air d’avoir hâte d’arriver. »

Car la mère, fine mouche, a compris qu’il se passait quelque chose. Et de fait, après avoir roulé avec le mini-bus sur quelques corps abandonnés sur la chaussée (et en voie de dépeçage par des goélands enragés), il faut se rendre à l’évidence : il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Bretagne.

Comble de contrariété, Louve se fait grignoter par un de ces odieux volatile.

 » La Petite Personne dit, d’une voix blanche : – Où est Louve ?

Mon frère dit : – Elle dort dans sa chambre. Elle a été attaquée par un de ces killa’asshol’seagulls sur la plage ce matin. Elle a une plaie a la tête.

La Petite Personne (qui a blêmi) dit : – Mon bébé ! Et où sont maman et papa ?

Mon frère dit : – Mamie est allée chercher une infirmière, juste après l’attaque. Papi est allé s’acheter Le Monde une demie-heure plus tard. Ce matin, avant l’apéritif.

Il regarde sa montre, et ajoute : – Sans vouloir me montrer alarmiste, ils auraient sans doute dû revenir depuis plusieurs heures. »

Il faut se rendre à l’évidence, la famille est décimée : Bon-papa et Bonne-maman sont perdus pour la France, Louve tente de boulotter MadoLoup et la charmante longère bretonne se transforme en Fort-Alamo.

VanZan saute dans le bus, tente une sortie et écrabouille les ancêtres. Ah c’est coquin !

J’AI ADORÉ ce bouquin et joie, bonheur, exultation il y a même une suite à cette hécatombe qui s’appelle « Ma famille normale chez les yétis »!

En grève

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« En grève »

de Mathieu Pierloot

à l’École des loisirs

« Le bus traversait la gigantesque aciérie, longeant l’eau saumâtre du canal. Dans les miroirs mazoutés se reflétaient l’imposant bâtiment de béton et sa laideur embarrassante. Une longue colonne de fumée jaune s’échappait de ses immenses cheminées pour déchirer en deux le ciel bleu nuit d’un matin d’hiver tandis qu’une pluie sournoise, typiquement belge, tombait sur les vitres du véhicule et sur mon moral par la même occasion. »

Chaque matin, Antoine traverse en bus les quartiers désertés d’une ville à bout de souffle.

Ce n’est évidemment pas ce spectacle qui va lui redonner le moral, car ce lycéen désabusé cultive un désœuvrement ostentatoire.

Curieusement, il est pourtant assez content de lui, et compense son manque d’attrait physique par ce qu’il considère comme une supériorité intellectuelle. Il lit, écoute de la musique ce qui lui confère pense-t-il une stature à la Woody Allen.

Il est amoureux d’Hannah, qui reste malheureusement insensible à son charme.

Avec sa bande d’amis Medhi le charmeur, Alice la passionnaria et la douce Charlotte il traîne au Potemkine, un café où les passions vont bientôt s’échauffer, car un conflit vient d’éclater entre les enseignants soutenus par leurs élèves et le gouvernement.

Alice harangue les foules, se dépense sans compter pour faire rentrer un peu de conscience politique dans leurs cerveaux embrumés par la bière et les persuadent de participer aux manifestations.

J’ai bien aimé (et d’ailleurs regretté que ce personnage ne soit pas plus présent) cette mère qui essaie de maintenir une cohésion familiale et qui trouve malgré sa fatigue le temps de porter attention à ses fils.

« En gréve » oscille entre une histoire d’amour et le récit de l’éveil d’adolescents aux réalités de la société qui les entoure.

Ce roman fait partie de la sélection pour le prix Izzo du Salon du Livre de Limoges.

Illuminae 1

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Illuminae

Dossier Alexander-01

de Amie Kaufman & Jay Kristoff

chez Casterman

« Question : Racontez nous ce qui s’est passé hier.

Kady Grant : J’étais en cours. Vous allez trouver ça idiot, maintenant, mais j’avais largué mon copain le matin même, et il était assis de l’autre côté de la classe. Du coup, je regardais par la fenêtre en faisant la liste de tout ce que j’aurais dû lui dire, à cet abruti, quand j’ai vu des vaisseaux passer juste au dessus du lycée. Ça a fait trembler les vitres.

Question : Est-ce que vous avez compris ce qui se passait ?

Kady Grant : Non. Mon premier réflexe, ça a pas été : « Oh non, une invasion ! » Officiellement, la colonie de Kerenza n’existe pas, mais il y a quand même régulièrement du passage du côté de la mine et de la raffinerie, alors je me suis dit que ça devait être un vaisseau-chargeur qui volait un peu trop bas. »

Kady est une survivante : lorsque les mercenaires de Bei-teich, une entreprise multistellaire concurrente, attaquent la planète Kerenza, colonie illégale gérée par le consortium Wallace-Ulyanov, elle a pu s’enfuir avec les colons survivants dans une des navettes amies qui patrouillaient à proximité et se réfugier sur l’Hypatia, un vaisseau d’exploration scientifique.

Son ex-petit ami, Ezra Mason, se retrouve lui sur le porte-chasseur Alexander où, après une formation expéditive, il est recruté en tant que pilote chargé de veiller sur la sécurité des rescapés.

La traque commence car non content d’avoir écrabouillé un nombre respectables de civils, Bei-Teich, bien décidé à éliminer ces témoins pour le moins gênants, lance ses vaisseaux à leur poursuite.

Comme si ça ne suffisait pas, l’intelligence artificielle (dénommée AIDAN) de l’Alexander échappe à tout contrôle humain et donne l’ordre d’éliminer le cargo Copernicus qui transportait des centaines de réfugiés.

Que se passe-t-il ?

Pourquoi AIDAN, créé pour protéger les humains, a-t-il pris cette décision insensée ?

Des bruits courent:

« On a vu que la raffinerie avait été touchée. Elle était recouverte de cette espèce de… Je sais pas. C’est pas facile à décrire. Un peu comme… un brouillard, mais en noir. Et ça se répandait dans l’air très lentement, comme de la mélasse. Pas de la fumée non plus. C’était autre chose. »

Était-ce une hallucination collective, une fumée d’incendie, une arme chimique ?

Rapidement, certains rescapés développent une pathologie un brin gênante et peu propice aux relations amicales dans un vaisseau bondé.

« McNulty a crié et a balancé la gamine pour agripper son bras blessé. Elle a heurté le sol, s’est ramassée sur elle-même, et a retroussé les lèvres pour révéler des dents jaunes. Elle s’est jetée sur Henderson et a planté son couteau dans sa combinaison – en plein dans l’œil. Puis quand le corps de Henderson s’est effondré, son regard s’est posé sur moi. Ses grands yeux marrons, brûlants de rage.

La lame dégoulinant de sang dans son petit poing rouge.

« Arrête de me regarder », a-t-elle sifflé. »

Attention ! Coup de cœur pour ce roman construit comme un gigantesque rapport, des pages et des pages de notes, photos, commentaires, entretiens, comme si nous avions sous les yeux un dossier secret déclassifié.

Le tour de force est d’avoir réussi à cibler des héros attachants à travers cette masse d’informations et de personnages.

Miam, miam, miam, 600 pages de bonheur !§

Les fragiles

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fragiles-couvgfLes fragiles

de Cécile Roumiguière

chez Sarbacane

 » Je m’appelle Drew.

Drew.

Drew Castan, dix-sept ans, toutes mes dents. Drew, Drew Castan… Arrête, Drew ! La tempête, les images. Faut les bloquer. Des bulles acides. Les crever. Je voudrais vomir.

J’ai envie de vomir depuis l’âge de neuf ans, depuis ce jour où mon père a lancé ce « sale nègre » par la vitre de la camionnette. Pas son premier « sale nègre », mais ce jour là, le nègre, c’était Ernest, le gardien du stade. Ernest qui m’encourageait tous les mercredis depuis deux ans chaque fois que je flanchais. Ce mercredi-là, il a traversé en dehors des clous, il aurait pas .  »

Entre Andrew, son père Cédric et sa mère Cindy la vie n’est qu’une longue suite de rendez-vous ratés.

D’abord entre Cindy et Cédric, trop jeunes et immatures, qui font un enfant par hasard et passent le reste de leur vie à se le reprocher. Leur passion n’a pas résisté à la naissance d’Andrew et aux contraintes liées à son existence : plus de virées avec les potes à boire toute la nuit et faire la fête et ça, Cédric ne l’a pas supporté. Les cris, les coups, les réconciliations ont pourtant tristement cimentés le quotidien du couple.

Andrew assiste au naufrage, coincé entre une mère qui couve son fils, se félicite de sa sensibilité, et un père pour lequel il n’est jamais à la hauteur.

Celui-ci, qui ne voulait pas d’enfant, est doublement déçu : il voulait un vrai petit « mec », qui aime le sport, les filles, les armes, boire un coup, un garçon pas compliqué qui voit le monde comme lui en noir et blanc.

Il hérite d’un fort en maths dégingandé et ne lui épargne aucune humiliation.

Andrew, qui a longtemps espéré ne serait-ce qu’un regard de complicité de son père, sombre. Adolescent solitaire, harcelé, il se mutile sans que ces parents ne comprennent ou ne trouvent le mots pour parler de son mal être.

Sa rencontre avec Sky, une fille aussi paumée que lui, ne va pas empêcher le drame.

Comment concilier le besoin d’amour et le mépris qu’Andrew éprouve pour son père ?

Cédric représente tout ce qu’il déteste : il est violent, raciste, homophobe.

Et pourtant…

«  Papa… on aurait pu s’aimer. J’aimais bien, petit, quand tu me portais sur tes épaules. Tu courais, on rigolait…

Tu vois, il reste quand même des images, collées au fond de mon crâne. T’aimes pas les gens, t’aimes pas les Noirs, t’aimes pas les Arabes… tu t’aimes pas. Mais moi, j’aurais pu t’aider, il aurait juste fallu te dire que t’étais un chouette père. »

C’est un très beau roman, émouvant, très sombre aussi. J’ai beaucoup aimé la fin, loin du happy-end convenu mais en cohérence avec la tonalité du récit.
Ce roman fait partie de la sélection pour le prix Izzo de la ville de Limoges.