Archives de Catégorie: art

« La chanson perdue de Lola Pearl »

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« Quand Eddy doit rendre un service à son pote
détective privé, il se retrouve à suivre une drôle
d’affaire : retrouver le vrai nom d’une certaine
Lola Pearl. Il a 5 jours et quelques adresses en
poche. Tout s’avère plongé dans le brouillard…
Qui était vraiment Lola Pearl ? »

(Présentation éditeur)

Lorsque Davide CALI a visité une exposition sur l’oeuvre du peintre Edward HOPPER, une histoire a commencé à germer dans sa tête.

Un polar plus exactement car , dit-il :

« Pour moi, dans les tableaux de Hopper plane un air de polar. Dès qu’on regarde un de ses paysages, on se retrouve immédiatement dans un roman de Raymond Chandler. Je ne l’ai pas fait exprès, je me suis laissé guider par mon instinct. L’histoire est venue tout naturellement. Cela s’explique peut-être par la solitude des personnages des tableaux ? Par la ville de New-York et les années 1930 et 1940 qui sont très propices au roman noir ? »

Le livre repose donc sur la douzaine de tableaux qui ont inspiré Davide Cali, mais une sorte de carnet de croquis fait le lien entre eux. Un carnet de croquis aquarellé par Ronan BADEL.

L’ensemble est très réussi, très naturel, d’autant qu’une fois n’est pas coutume dans cette collection (« Pont des arts » à l’Elan vert, 2018), le format du livre est celui d’un séduisant petit carnet de croquis, fermé par cet élastique orange assorti à la couverture.

Découvrez à votre tour qui fut Lola Pearl…

Livres animés

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Si vous êtes fan de pop up mais aussi de films d’animation, ce livre est pour vous :

Gaëlle PELACHAUD : Livres animés. Entre papier et écran

(Pyramyd, 2016)

« Depuis des siècles, les lecteurs de tout âge sont fascinés par les livres hors norme, qui brisent les deux dimensions de la page et font entrer le tactile et l’interactivité dans l’univers du livre.

L’auteure nous présente ici l’histoire incroyable du livre animé, de l’astronomie au livre magique, du livre de navigation à celui pour enfants. Elle détaille ensuite les procédés techniques permettant de créer ces animations, et les explique pas à pas. Enfin, elle dresse un panorama riche et détaillé de ce qui se fait de mieux dans la création papier contemporaine, du livre d’artiste à la production jeunesse.

La seconde partie du livre est consacrée à l’animation sur écran, aux liens entre livres animés et cinéma, aux applications numériques et à ce que les créateurs papier peuvent apprendre aux artistes des nouvelles technologies. Là encore, l’histoire, les procédés techniques et les créations contemporaines servent le propos pédagogique et culturel.

L’ouvrage est par ailleurs parsemé de témoignages, de rencontres et d’études de cas. Libraire spécialisé, ingénieur papier, médiathécaire du numérique, créateur de livre, etc. nous offrent leur point de vue, leur expérience et leur expertise. » (cf. Présentation éditeur)

Gaëlle PELACHAUD ne se contente effectivement pas de nous faire un historique et un descriptif passionnant des livres animés, mais donne des idées pour se lancer dans la fabrication de pop up, diorama, leporello, etc.

Elle explique également comment fonctionne une image en mouvement et tout le parti qu’on peut tirer d’un support numérique grâce aux interactions possibles.

Deux cent trente pages illustrées de façon remarquable, faisant référence à de nombreux documents que vous pouvez trouver dans votre médiathèque préférée !

N’hésitez pas à regarder son site qui est lui aussi une mine.

Contes de fées

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Ce n’est pas la première fois que je vous suggère de faire le déplacement jusqu’à Moulins, dans l’Allier où plusieurs sites proposent des expositions intéressantes.
Cette fois encore, et jusqu’au 16 septembre 2018, le Centre National du Costume de Scène nous en met plein les yeux avec sa nouvelle exposition sur « les contes de fées » :

Peut-être allez-vous penser que les contes de fées… hum… il y a un moment que vous n’en avez pas lu…

Eh bien, justement ! C’est le moment de voir comment des costumiers et des chorégraphes ont interprété les personnages aussi célèbres que le Petit Prince de Saint-Exupéry ou Peau d’âne de Perrault, le Prince de Motordu de Pef ou l’Enfant et les sortilèges de Colette, etc., à travers 150 costumes, images et vidéos et c’est souvent époustouflant !

« Le Songe d’une nuit d’été » (de Shakespeare) prend des airs elfiques.

Quant à la Belle qui apparaît dans une bulle de plastique transparent bientôt crevée par les soupirants, c’est surprenant mais à bien réfléchir :

« La Belle, c’est l’histoire d’une enfant tellement aimée et protégée par ses parents qu’elle arrive dans le monde et la vie sans rien savoir de sa cruauté. Quand la Belle sort de sa bulle et qu’elle rencontre pour la première fois du monde, à savoir ces princes qui sont là pour la séduire, elle vit ça comme une agression, presque comme un viol. » explique le chorégraphe Jean-Christophe Maillot

La fée Carabosse, rôle traditionnellement tenu indifféremment par un danseur ou une danseuse, est totalement « déjantée » dans la version présentée en 2000 à l’Opéra de Bordeaux.

Et le Prince des noix dans « Casse-Noisette »… « écorché » coiffé d’un bonnet intégral hérissé de piques orangées !

« Lorsque j’ai annoncé que je ne voulais pas faire Noël comme c’est écrit dans le livret, on m’a pris pour un fou. On connaît tellement bien les musiques et les images qui y sont associées que je ne voulais absolument pas aller dans cette direction. J’ai gardé l’esprit de Noël, mais j’ai voulu une ambiance proche de « The nightmare before Christmas » avec Tim Burton, avec un côté festif, surréaliste mais aussi obscur. » (Jeroen Verbruggen)

Sans parler du « Coq d’or », opéra de Rimski-Korsakov d’après un conte de Pouchkine, dont la mise en scène et les costumes qui nous sont montrés ont été réalisés par un grand maître du kabuki : « L’oeuvre deve[nant] ainsi une cérémonie de théâtre japonais » !

Cerise sur le gâteau, de nombreux rendez-vous autour de l’exposition sont proposés pour tous les publics. Le 10 juin, par exemple, c’est stage textile : « Pimp my tote bag » pour les plus de 15 ans. Vous pourrez faire aussi une visite costumée de l’exposition certains mercredis. Le 14 juillet c’est « chasse au trésor dans le musée » et grand défilé costumé. Quatre fois dans l’été, il y aura des « nocturnes enchantées » (récital suivi d’une projection en plein air), etc. Le programme est à retrouver sur http://www.cncs.fr

 

 

 

 

Un petit doigt tordu…

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Les vacances, moment propice pour découvrir d’autres régions !

Et si vous partiez pour l’Ardèche

« A  la découverte de la grotte Chauvet Pont d’Arc »  ?

grâce aux explications de Sébastien GAYET et aux illustrations de Julien BILLAUDEAU

(Actes sud junior, 2016)

« En 1994, trois spéléologues découvrent près du Pont d’Arc, en Ardèche, une magnifique grotte ornée. Ils ne se doutent pas alors que les fresques qui se présentent à leurs yeux ont été peintes il y a 36 000 ans.

Bisons, aurochs, chevaux, mais aussi lions et ours y apparaissent dans toute leur splendeur, dessinés par de vrais artistes, les peintres aurignaciens, au savoir comparable à celui de Michel Ange.

Ce bestiaire ancestral témoigne de la culture et de la vie d’une civilisation très ancienne, maîtrisant le feu et aimant la musique. Une mine de renseignements pour les archéologues,

un plaisir pour les amateurs d’art. Et un voyage incroyable dans le temps, à la rencontre de nos ancêtres… » (Présentation 4ème de couverture)

Ce documentaire a obtenu en 2016 le Prix Amerigo-Vespucci (décerné par le Festival International de Géorgraphie de Saint-Dié des Vosges).

La grotte est désormais protégée, afin d’éviter les erreurs commises à la grotte de Lascaux dont les peintures ont été abîmées par vingt ans de visites qui ont bouleversé son équilibre naturel, toutefois deux campagnes scientifiques s’y déroulent chaque année menées par des spécialistes (archéologues, pariétalistes, géomorphologues, hydrologues, paléontologues et autres experts en préhistoire) qui « inspectent et scrutent la grotte dans ses moindres détails. Chaque trouvaille, une crotte, un bout d’os ou une touffe de poils, peut donner de précieux indices… L’objectif est de comprendre qui étaient ces femmes et ces hommes qui vivaient sur notre territoire il y a 36 000 ans ». (cf. p. 18 op. cité)

La grotte Chauvet a également été inscrite en 2014 au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Mais vous pouvez toutefois découvrir ses richesses grâce à une copie à l’identique, construite à Vallon Pont d’Arc, et ouverte en 2015.

Vous y apprendrez, entre autres, que les hommes n’ont pas vécu dans cette grotte humide et dangereuse à la différence de l’ours des cavernes qui y venait hiberner ou mettre bas.

Les hommes attendaient le printemps, quand les ours quittaient la grotte, pour dessiner sur ses parois. Une vingtaine d’empreintes de pieds ont été découvertes dont celles d’un enfant ou d’un adolescent, ainsi que les empreintes d’un chien (ou d’un loup ?).

Et, parmi les artistes qui ont laissé leurs traces sur les parois de la grotte, les pariétalistes ont pu identifier une femme de petite taille (ou un adolescent) et un adulte d’environ 1,80 mètre au petit doigt tordu…

Le livre de Sébastien Gayet et Julien Billaudeau donne beaucoup d’autres renseignements sur le bestiaire peint ou gravé de cette grotte et la vie des Aurignaciens en général.

Pour prolonger la visite, vous pourrez jouer avec vos frères et soeurs au passionnant et très pédagogique « jeu des 7 familles de la grotte Chauvet Pont d’Arc« , créé par Antoine, Juliette et Nelly Combier et édité en 2017 grâce au collectif  « Traverse d’imaginaires » et à une souscription :

 

 

 

 

 

 

 

Eurêk’art !

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Après les jeux d’écriture proposés il y a quelques mois, un livre pour jouer encore, mais avec des oeuvres d’art…

livre_grand_242(Philippe Brasseur : Eurêk’art ! Le livre-jeu du regard

Palette…, 2016)

« Voici un livre pour jouer à regarder les œuvres d’art, seul ou à plusieurs. Un livre où c’est le spectateur qui est au centre : ce qu’il voit, ce qu’il pense, ce qu’il ressent face à une œuvre d’art. Comment ? Par le jeu et l’imaginaire, deux clés en or pour entrer dans le monde de la création.

Un livre dont VOUS êtes l’acteur, où c’est VOUS qui écrivez l’histoire en racontant ce que VOUS y voyez.

Le principe du livre : les pages sont coupées en deux

– En haut, choisissez l’image qui vous plaît parmi 30 chefs-d’œuvre.

– En bas, choisissez parmi 30 consignes créatives vous invitant à porter un regard personnel et décalé sur ces images.

– Découvrez 900 regards sur l’art ! » (cf. Présentation éditeur)

Philippe BRASSEUR travaille sur la lecture de l’image depuis de nombreuses années, tant avec des adultes que des enfants. Riche de ces expériences, il nous propose un livre original et ludique.

Vous avez compris le principe : vous ouvrez le livre au hasard, vous découvrez une oeuvre d’art (essentiellement des reproductions de tableaux) et vous choisissez une consigne. Certaines sont insolites, comme « Cette image représente peut-être un de vos défauts. Qu’y voyez-vous que vous n’aimez pas chez vous ? » ou bien « Regardez cette oeuvre à l’envers. Voyez-vous une autre image apparaître ? » ou encore « Qu’est-ce que l’artiste a choisi de ne pas représenter ?« …

Certaines sont techniques ou plus classiques, certaines s’adaptent mieux à une oeuvre qu’à une autre, mais toutes favorisent un vrai questionnement – même à propos d’oeuvres qu’on croit connaître et qu’on n’a, en fait, jamais regardé aussi attentivement.

C’est simple, mais efficace. On peut jouer seul ou avec des copains, on peut y passer quelques minutes ou se laisser prendre au jeu et on peut même inventer de nouvelles consignes…

Un livre indispensable pour les prochaines vacances !

« Chat mouraï »

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Si vous aimez les chats, si vous lisez des mangas, si enfant vous étiez « amoureux de cartes et d’estampes« , cet album devrait vous séduire : « La formidable aventure du chat de Maître Kuniyoshi« 

9782759603022_formidable_aventure_du_chat_de_maitre_kuniyoshi_la_2015imaginée et animée par Emma GIULIANI et Ariane GRENET (Atelier SAJE) et réalisé pour Paris-Musées à l’occasion de l’exposition « Kuniyoshi, démon de l’estampe » présentée au Petit Palais à Paris fin 2015-début 2016.

« Le chat de l’artiste, chapardeur et paresseux, habitué au confort de l’atelier de son maître, va se retrouver entraîné dans l’aventure de sa vie, transformé en vrai samouraï par une baleine messagère. Il fera la rencontre, entre autres, d’un poisson rouge géant, du peuple des Oiseaux, d’un vieil ermite et des hommes-animaux de la forêt. Il combattra les puissants démons d’écumes, les esprits marins en colère, un dragon, le Roi Crapaud, et devra résoudre les énigmes du Grand Squelette. » (cf. Présentation éditeur)

Utagawa KUNIYOSHI vécut au Japon de 1797 à 1861 et fut un des maîtres de l’estampe japonaise. Il aimait beaucoup les chats et les a très souvent représentés.

Les auteures du livre se sont amusées à relier certaines estampes entre elles, imaginant une histoire qui ne déparerait pas dans un manga tant les images de Kuniyoshi semblent modernes et vivantes.

Animées par des trous, des dépliants et des flaps (rabats), ces illustrations riches en détails nous entraînent dans l’aventure passionnante du chat Neko devenu samouraï le temps de l’histoire.

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A la fin de cet album réussi, un court glossaire et quelques explications supplémentaires donnent envie d’en savoir plus sur le peintre et les légendes japonaises.

 

Résister

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Dommage que ce documentaire de Yann FASTIER, paru l’automne dernier à l’Atelier du poisson soluble, n’ait pas obtenu un prix au Salon 2015 du livre et de la presse jeunesse de Montreuil !

55309« Guingouin un chef du maquis« 

Il était pourtant arrivé en dernière sélection pour les « Pépites du livre d’art / documentaire francophone ». Relevant – qui plus est – des deux genres : documentaire historique et artistique…

Un bel album cartonné, dont le format de 30 par 21 cm permet de « caser » double texte et excellente iconographie :

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En haut à gauche un petit encart grisé chronologique avec une vignette en noir et blanc inspirée d’archives d’époque (photos, affiches de propagande, etc.), au-dessous un bloc de texte extrait d’une conversation, d’un journal intime ou…, peu importe qu’il soit véridique ou imaginé par Yann Fastier « qui s’est toutefois efforcé de se tenir au plus près de la vraisemblance historique », et à droite, en pleine page, une linogravure colorée qui illustre le propos. C’est superbe.

Superbe et passionnant car le personnage de Georges Guingouin n’a pas fini de faire couler de l’encre en Limousin, or le gros travail de documentation réalisé par l’auteur et ses rencontres avec des gens qui ont connu Guingouin permettent de mieux cerner la personnalité et l’engagement de cet homme,

« cet instituteur communiste limousin qui fut sans doute l’un des premiers maquisards de France. Blessé pendant la guerre, il s’enfuit de l’hôpital avant d’être pris par les Allemands, regagne son village de St Gilles les Forêts (Haute-Vienne) et s’empresse de cacher une ronéo et tout le matériel qui servira, dans un premier temps, à diffuser tracts et journaux. Refusant cependant la ligne attentiste du Parti (le Pacte germano-soviétique n’est pas encore enterré), il refuse de diffuser ses appels à la « fraternisation » avec les Allemands et fait preuve d’une lucidité qui le mettront rapidement en délicatesse avec l’Appareil clandestin, pour lequel il devient vite « le fou qui vit dans les bois », un électron libre qu’il faut éliminer. Qu’à cela ne tienne : Georges Guingouin, seul ou presque, construira pied à pied l’un des plus grands et des plus actifs maquis de France. Chef exemplaire et adulé de ses partisans, il multiplie les actions de propagande et de sabotage, servi par une connaissance parfaite du terrain et, surtout, par un soutien sans faille de la population rurale, parmi laquelle le maquis se trouve très vite « comme un poisson dans l’eau ». (intégralité du texte à lire ici)

Un dossier de douze pages à la fin de l’album, avec lexique, bibliographie, filmographie et sitographie incite à poursuivre notre découverte de la Résistance en Limousin.

Et n’oublions pas que de nombreux maquisards qui ont suivi Guingouin avaient parfois à peine dix-huit ou dix-neuf ans, comme le rappelle Yann Fastier dans son interview au 12/13 de France 3 Limousin en octobre dernier.