Archives de Catégorie: BD

Antigone – Editions Glénat

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Je vous parle d’Antigone et déjà dans vos mémoires resurgissent des souvenirs (douloureux ou pas) de lecture, de compréhension de texte …

Ici rien de tout ça.

Une magnifique B-D réalisée par Régis Penet dans laquelle Antigone, soeur vengeresse transpire la peine et la fatalité très « rock’n roll »  et un Créon, roi tellement épris de justice qu’il se doit de ne pas faillir… Car il y a de l’amour derrière tout ça. De la pure tragédie!

L’une veut enterrer son frère interdit de  sépulture car considéré comme renégat, l’autre suit scrupuleusement la loi de Thèbes.

Ces deux personnages, sous la plume de Régis Penet pourrait être  de vrais acteurs hollywoodiens.

La technique utilisée : bois et plume donne un velouté étonnant aux couleurs ocre, rouge et noir.

A la fin du livre vous pouvez retrouver un dossier qui permet de comprendre ce qu’était le théâtre pour les Grecs, comment l’interprétait-on, le rôle des dieux .

Dans les rayons de la B.f.m. de limoges

 

 

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« Gold Star Mothers »

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Encore ?

Oui, encore…

« Au cours de la Première Guerre mondiale, plus de 116 000 soldats américains perdent la vie sur le Vieux Continent. Seuls les corps de la moitié d’entre eux sont rapatriés. Les autres sont inhumés en France.

Entre 1930 et 1933, le Congrès américain organise les pèlerinages dits des « Gold Star Mothers ». Ces mères et ces épouses – 6654 au total – se voient offrir une traversée en paquebot vers la France afin de se recueillir sur la tombe de leur fils, de leur mari. La principale inquiétude du gouvernement est que ces femmes, soumises à la fatigue du voyage, au bouleversement de leur quotidien et à de trop fortes émotions, ne s’affaiblissent et tombent malades. Un important budget est donc provisionné pour les soins de santé. Mais, à l’étonnement général, il sera à peine entamé. Portées par la cohésion du groupe, unies dans la souffrance comme l’avaient été leurs fils ou leurs maris, les Gold Star Mothers tiennent bon… » (cf. 4ème de couverture)

Vous voyez bien, il s’agit d’autre chose ! Un épisode peu connu de la Première Guerre mondiale, enfin… des suites de la guerre. Apparemment, un seul livre en parlait jusque-là, paru aux States en 2005 mais pas traduit en français.

Catherine GRIVE pour le scénario et Fred BERNARD pour l’illustration abordent donc ce sujet dans une BD éponyme : « Gold Star Mothers« , éditée par Delcourt / Mirages en 2017 :

A travers les yeux, ou plutôt l’appareil photo, de Jane qui accompagne sa mère sur la tombe d’Alan leur frère et fils, nous découvrons le pèlerinage de ces femmes. Quatorze jours durant, dont la moitié sur le paquebot et un petit séjour à Paris, pour finalement se recueillir dans l’un de ces terribles cimetières de la Meuse, de la Somme ou d’ailleurs où l’alignement des milliers de croix blanches toutes identiques étreint le coeur. Des milliers et des milliers de jeunes gens qui ne demandaient qu’à vivre…

« Maudite soit la guerre » dit le monument aux morts de la commune de Gentioux en Creuse.

« Quelle connerie la guerre » écrit Jacques Prévert dans le poème « Barbara« .

Les trois pages documentées en fin d’ouvrage évoquent également un épisode peu glorieux de cette histoire, celui de la ségrégation alors en cours en Amérique. Les Gold Star Mothers d’origine africaine purent en effet se recueillir en France, mais à part et dans des conditions plus modestes de traversée, d’hôtels, etc…

 

Chaussette

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Chaussette est une vieille dame, qui a pour compagnon un chien nommé Dagobert. Sa vie quotidienne est bien rodée, réglée comme du papier à musique sur le rythme du quotidien. Et elle se répète inlassablement tous les jours : un tour au parc, puis le boucher pour l’ouverture, puis le marchand de journaux etc… Mais un jour, son petit voisin Merlin voit que Chaussette est désorientée, et qu’elle s’éloigne de sa routine… Il décide de la suivre pour voir pourquoi Chaussette dévie ainsi de ses habitudes.

Une jolie bande dessinée écrite par Loic Clément et illustrée par Anne Montel, très brève, sur la solitude, le temps qui passe et les souvenirs qui restent.

Disponible à la Bfm centre-ville à l’espace jeunesse BD ado : B-D CHA

Il était une fois dans l’Est / Isadora

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Après leur série de bande dessinée sur Pablo Picasso, Julie Birmant et Clément Oubrerie remettent ça avec un autre personnage célèbre : Isadora Duncan.

L’histoire narre la vie de la danseuse en commençant par sa mort, restée célèbre. En montant dans une voiture sur la côte d’Azur son écharpe se coinça dans la roue… Les auteurs nous racontent ensuite de façon désordonnée des passages de sa vie : son arrivée en Europe avec sa famille, son premier succès, sa rencontre avec Serge Essenine un poète. Leur relation houleuse, mal vue des amis d’Essenine, les conduira en Russie, en Europe et aux Etats-Unis. Isadora croisera sur son chemin des grands noms du XXeme siècle comme le sculpteur Rodin.

Comme pour Pablo, l’histoire est très intéressante et les illustrations de Clément Oubrerie magnifiques, notamment les scènes de danse où il arrive à merveille à retranscrire la fluidité du mouvement.

Les petites victoires

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Les petites victoires est un roman graphique où l’auteur, Yvon Roy, relate sa relation avec son fils Olivier.

Marc et Chloé sont amoureux. Ils décident de faire un enfant. Quand Olivier naît, il est chouchouté par sa nouvelle famille. Mais vers ses 18 mois, ses parents commencent à s’inquiéter… ils sentent qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Le verdict tombe rapidement : Olivier est autiste. C’est une claque pour les parents. Mais après avoir accepté ce fait, Marc va rapidement prendre les choses en main, et surtout faire les choses à sa manière. Il consacre énormément de temps à son fils, à travers divers jeux et expériences pour tenter de le faire sortir de sa carapace.

Un beau témoignage, plein d’espoir. C’est très réaliste, l’auteur ne s’épargne pas, notamment sur sa difficulté à accepter le diagnostic. Il évite le côté plombant de la chose, il y aussi de la légèreté dans ses jeux avec Olivier et comme avec tout enfant des moments très drôle.

La terre des fils

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« Sur les causes et les motifs qui menèrent à la fin on aurait pu écrire des chapitres entiers dans les livres d’histoires. Mais après la fin aucun livre ne fut plus écrit. »

Un monde post-apocalyptique. Un père tente d’éduquer ses fils à survivre. Il leur apprend les choses essentielles de ce nouveau monde : dépecer un animal, ne pas boire l’eau, ne pas toucher les morts, ne pas s’aventurer trop loin car il n’y a rien sur l’autre rive. Il laisse de côté les choses devenues inutiles : lecture, écriture, amour et tendresse. Mais le père meurt, laissant derrière lui son carnet remplit d’une écriture que ses enfants sont dans l’incapacité de déchiffrer, eux qui n’ont qu’un langage rudimentaire. Ses deux fils partent alors dans une quête pour décrypter le contenu de ce cahier, croisant sur leur route les quelques rescapés de l’apocalypse…

Une quête au coeur d’un monde hostile où la fin de l’espèce humaine est proche. Chacun tente de survivre, avec ses moyens et ses croyances. Une très bonne bande dessinée, qui m’a fait penser à La route de Cormac McCarthy.

Taxandria

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« Aimé, un enfant d’une dizaine d’années au crâne rasé, vit à Taxandria, une ville en ruines, emplie de colonnes corinthiennes et de grands palais déserts. Suite à un mystérieux cataclysme, les lois de “l’éternel présent” ont été promulguées à Taxandria : toute allusion au passé et au futur y a été interdite, toutes les machines ont été bannies. Aimé découvre un livre d’images qui relate ces terribles événements. Il est bouleversé par cette lecture et plus rien ne peut désormais l’arrêter. Parviendra-t-il à échapper à l’emprise sinistre du monde de l’éternel présent ? Un récit poignant où tous les thèmes chers à Schuiten et Peeters prennent une nouvelle dimension : critique de l’ordre établi, décadence de la société industrielle et jusqu’au cours du temps lui-même, complètement nié à Taxandria. »

Paru en 2009, ce récit fantastique est inspiré par un scénario de Raoul SERVAIS, cinéaste d’animation belge, créateur du procédé technique « servaisgraphie » .

Dans sa jeunesse, Raoul Servais avait travaillé avec Magritte mais c’est l’univers du peintre Delvaux qui devait imprégner les décors de « Taxandria ». Finalement c’est à François SCHUITEN qu’il échut de concevoir l’atmosphère surréaliste du royaume de « l’éternel présent ».

C’est à partir des innombrables et extraordinaires dessins réalisés par François SCHUITEN à cet effet, que Benoît PEETERS et lui ont imaginé ce conte : « Souvenirs de l’éternel présent » édité par Casterman.

Je n’ai pu m’empêcher en le découvrant de penser à un autre conte fantastique :

« L’enfant de la haute mer » de Jules SUPERVIELLE

«Comment s’est formée cette rue flottante ? Quels marins, avec l’aide de quels architectes, l’avaient construite dans le haut Atlantique à la surface de la mer, au-dessus d’un gouffre de six mille mètres ? Cette longue rue aux maisons de briques rouges si décolorées qu’elles prenaient une teinte gris-de-France, ces toits d’ardoise, de tuile, ces humbles boutiques immuables ? Et ce clocher très ajouré ? Et ceci qui ne contenait que de l’eau marine et voulait sans doute être un jardin clos de murs, garnis de tessons de bouteilles, par-dessus lesquels sautait parfois un poisson ?» (Présentation éditeur)

Un bateau passera là aussi, mais en vain…

Pour en revenir à l’oeuvre de Schuiten et Peeters, vous pouvez (re)trouver leur série « Les Cités obscures » à la BFM, dont l’album autour du personnage de « L’enfant penchée« , ainsi que d’autres romans graphiques.