Archives de Catégorie: BD

Topo

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Un nouvelle revue vient de faire son apparition à la Bfm :

C’est une revue en BD qui paraît tous les deux mois. Elle existe depuis 2016. Topo propose de raconter l’actualité, la société, la culture à travers des reportages, des portraits en bande dessinée. Le numéro de Mai-Juin propose des témoignages et un historique sur la gay-pride, un reportage sur le lien entre vêtements et stars de la musique, une visite au musée d’histoire naturelle de Londres ou encore un focus sur le métier de reporter de guerre…. Bref les sujets sont très variés !

Topo est créé par la même équipe de journalistes que La revue dessinée. Topo est né d’un désir de s’adresser à un public plus jeune (- de 20 ans, mais les plus vieux prendront aussi plaisir à la lire !) Voilà ce que Franck Bourgeron, directeur de la rédaction disait à Télérama en 2016 :

« Avec Topo, nous voulons donner des clés aux jeunes lecteurs ; au travers de reportages, de portraits, d’analyses ou de témoignages entièrement dessinés, nous leur proposons d’apprendre à décrypter l’actualité, à hiérarchiser les faits, les mettre en perspective… En nous servant de la grammaire très riche de la BD et de leur goût pour les images, nous voulons ramener les moins de vingt ans vers l’information. Topo est à la fois une pédagogie du dessin et une pédagogie par le dessin. »

Tout comme La revue dessinée, c’est une réussite.

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« Le loup »

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Après l’impressionnant « Ailefroide altitude 3954 », récit d’une escalade dramatique qui détermina son choix de devenir dessinateur et non plus guide de montagne, Jean-Marc ROCHETTE nous livre une BD superbe dans une dominante de bleus glaçants sur le thème du loup.

BD qui vient de paraître chez Casterman, mise en couleurs par Isabelle Merlet.

Rochette l’a réalisée après une rencontre avec un berger de l’Oisans qui venait de découvrir cinquante de ses brebis égorgées par un loup.

A partir de ce récit brutal Rochette dessine une BD aussi forte que le combat du vieil homme d’Hemingway contre l’espadon.

Toutefois le « personnage » du loup d’abord louveteau orphelin rend nos sentiments à son égard très ambivalents, on respire quand Gaspard lui laisse la vie sauve, mais…

Mais, comme l’écrit Baptiste Morizot dans la postface « Aux mâles de notre culture, on a appris à transformer toute détresse et toute frustration en une seule chose, la colère, pour qu’ils n’aient pas l’air « faibles ». Sans bien réfléchir aux dégâts que cette éducation pourrait faire à l’histoire des sociétés humaines… »

Alors vient la confrontation, violente, tragique et qui pourrait devenir définitive pour l’un comme pour l’autre. Mais voilà, Rochette nous propose une histoire beaucoup plus subtile.

Au fil des images, on comprend mieux tout le cheminement des « personnages », on se réjouit, on a peur, on croit que tout est perdu… au milieu des rochers, de la neige, du vent glacial.

La postface de Morizot nous ramène sur terre et engage le débat sur « les formes du pastoralisme [qui] doivent changer pour cohabiter avec le loup, mais c’est aussi une opportunité de se réinventer et de donner une visibilité politique aux bergers qu’ils n’ont jamais eue dans l’histoire. »

« Gaspard est un vieux monsieur. Avec ses habitudes, ses rigidités. Pourtant, il a été capable de changer son fusil d’épaule, de se réinventer, de voir autrement sa relation au loup, à l’alpage qui le fait vivre et qu’il partage avec les chamois, les brebis, les abeilles et les prédateurs. De bricoler des formes étranges de réciprocité et de cohabitation, des pactes concrets, qu’il faut inventer, expérimenter, jusqu’à ce que ça marche. Et qu’on puisse enfin partager la terre. »

Une très belle aventure.

 

 

Le patient

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Une adolescente erre dans la rue, ensanglantée, un couteau à la main. La police découvre alors chez elle toute sa famille massacrée. Seule son frère, Paul, échappe à la mort. Il restera dans le coma pendant plusieurs années, pour finalement se réveiller à 21 ans.

A son réveil il est pris en charge par Anna, une psychologue spécialisée en criminologie. Elle veut l’aider à se remémorer cette nuit-là, à combler ses trous de mémoire… La soeur de Paul a-t-elle vraiment commis ce massacre ? Qui est cette homme en noir qui terrorise Paul dans ses cauchemars ?

Après Ces jours qui disparaissent Timothé le Boucher revient avec un polar psychologique, une histoire de manipulation malsaine. Le scénario tient le lecteur en haleine, c’est brillant et bien mené.

Ah ! L’amour !

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« Isabelle Samain, Isabelle Samain, Isabelle Samain… Son nom c’est déjà une chanson d’amour avec une métrique parfaite…« 

Etre amoureux fou quand on est adolescent dans les années 70, c’est beaucoup d’émois mais autant de frustrations.  C’est guetter l’élue de son coeur derrière ses carreaux, vite sortir pour respirer son parfum, collectionner des « reliques » comme des cheveux sur un peigne oublié, une soquette perdue, un crayon mordillé… C’est s’inscrire au tennis ou à la natation pour multiplier les chances de la croiser. Mais lui parler, c’est une autre paire de manches quand on est un grand timide !

C’est aussi échanger des « conseils » avec les copains : l’éducation sexuelle n’est pas encore au programme des collèges en ces années-là.

C’est donc beaucoup de fantasmes et de déconvenues (les petites Anglaises !).

C’est tout de même un peu d’audace (ah ! l’échange téléphonique avec Madame Mulot…).

François MOREL nous dévoile avec humour et sensibilité ce souvenir autobiographique  « C’est aujourd’hui que je vous aime » mis en images par son ami Pascal RABATE et publié en 2019 aux éditions des Arènes.

Une BD à découvrir juste avant les vacances !

Open Bar

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Fabcaro, l’auteur de Zaï, zaï, zaï, zaï, son plus gros succès, revient avec une BD à l’humour absurde (le mot est faible) dont il a le secret. Open bar c’est une histoire par planche, avec des situations du quotidien qui nous sont familières…mais, à chaque fois, un petit détail fait tout basculer dans une autre dimension. La dimension de l’absurde, du 36ème degrés, du grinçant, des Monty Pythons…  Tout le monde n’aimera pas, moi j’adore !

 

Peau de mille bêtes

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Belle est la plus femme du coin. Elle est courtisée par de nombreux hommes, et elle cède finalement au roi Lucane. De leur union naitra une petite fille, Ronces… A la mort de sa mère, le roi chasse sa fille car elle lui rappelle sa défunte épouse… et au passage il lui jette un sort. Elle voudra dévorer tous ses futurs prétendants qui l’approcheront de trop près ! Un jeune adolescent croise Ronces cachée au fond des bois, où elle vit entourée d’animaux… c’est le coup de foudre mais comment vivre une histoire d’amour où l’être aimé veut vous dévorer…

 

Stéphane Fert illustre superbement cette adaptation en BD d’un conte de Grimm. Un vrai bonheur de lecture !

Cinq branches de coton noir…

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« Philadelphie, 1776. Mrs Betsy est dépêchée par les indépendantistes américains pour concevoir le tout premier drapeau des futurs États-Unis d’Amérique. Sa domestique, Angela Brown, décide alors de transformer cet étendard en un hommage révolutionnaire, en y adjoignant en secret un symbole inestimable…

Douvres, 1944. Le soldat Lincoln se morfond dans son camp militaire, entre discriminations raciales et bagarres quotidiennes. Jusqu’à ce qu’il reçoive une lettre de sa soeur, Johanna, annonçant qu’elle a découvert dans les possessions de leur tante décédée les mémoires d’Angela Brown – rien de moins qu’un témoignage d’une rareté et d’une valeur exceptionnelles. Si l’histoire relatée dans ces mémoires est réelle, alors c’est l’histoire des États-Unis qui est à récrire.

Sauf que l’emblème américain est aux mains des Allemands nazis, qui l’ont dérobé ainsi que d’innombrables trésors, au cours de leurs pillages. S’ensuit donc la mise en place d’une opération de la plus haute importance, à laquelle participe Lincoln… » (Présentation éditeur)

Cent soixante quinze pages écrites par Yves SENTE, dessinées par Steve CUZOR, mises en couleur par Meephe VERSAEVEL et éditées par Aire Libre / Dupuis en 2018 sur un sujet malheureusement toujours d’actualité qui gangrène nos sociétés, aux Etats-Unis comme ailleurs : le racisme.

1776 :

« Le meurtre impuni de mes frères Tommy et Justin était insupportable. Je venais seulement de comprendre – ou d’accepter – que, esclaves ou descendants d’affranchis, les Noirs n’ont pas plus d’avenir dans ce nouveau pays qui va proclamer son indépendance dans quelques jours que dans celui qui appartenait aux Anglais. »

1940 :

 » – Des Noirs sur le front… ?

– Ouais, notre Etat-Major s’est laissé enfumer comme une bleusaille par des « costards cravates ». A vouloir armer n’importe qui, ça finira par nous péter à la gueule de retour au pays. »

1944 :

« – Tu notes ?… Accident de la route… Jeune fille environ vingt ans… décédée…

– OK, Sam, je t’envoie une ambulance aussi vite que…

– Bah, il n’y a pas d’urgence, vieux… C’est une négresse. »

A la fin de l’album, un cahier de quatorze pages présente sept illustrations inédites de Steve Cuzor, en noir et blanc…