Archives de Catégorie: BD

Chaussette

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Chaussette est une vieille dame, qui a pour compagnon un chien nommé Dagobert. Sa vie quotidienne est bien rodée, réglée comme du papier à musique sur le rythme du quotidien. Et elle se répète inlassablement tous les jours : un tour au parc, puis le boucher pour l’ouverture, puis le marchand de journaux etc… Mais un jour, son petit voisin Merlin voit que Chaussette est désorientée, et qu’elle s’éloigne de sa routine… Il décide de la suivre pour voir pourquoi Chaussette dévie ainsi de ses habitudes.

Une jolie bande dessinée écrite par Loic Clément et illustrée par Anne Montel, très brève, sur la solitude, le temps qui passe et les souvenirs qui restent.

Disponible à la Bfm centre-ville à l’espace jeunesse BD ado : B-D CHA

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Il était une fois dans l’Est / Isadora

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Après leur série de bande dessinée sur Pablo Picasso, Julie Birmant et Clément Oubrerie remettent ça avec un autre personnage célèbre : Isadora Duncan.

L’histoire narre la vie de la danseuse en commençant par sa mort, restée célèbre. En montant dans une voiture sur la côte d’Azur son écharpe se coinça dans la roue… Les auteurs nous racontent ensuite de façon désordonnée des passages de sa vie : son arrivée en Europe avec sa famille, son premier succès, sa rencontre avec Serge Essenine un poète. Leur relation houleuse, mal vue des amis d’Essenine, les conduira en Russie, en Europe et aux Etats-Unis. Isadora croisera sur son chemin des grands noms du XXeme siècle comme le sculpteur Rodin.

Comme pour Pablo, l’histoire est très intéressante et les illustrations de Clément Oubrerie magnifiques, notamment les scènes de danse où il arrive à merveille à retranscrire la fluidité du mouvement.

Les petites victoires

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Les petites victoires est un roman graphique où l’auteur, Yvon Roy, relate sa relation avec son fils Olivier.

Marc et Chloé sont amoureux. Ils décident de faire un enfant. Quand Olivier naît, il est chouchouté par sa nouvelle famille. Mais vers ses 18 mois, ses parents commencent à s’inquiéter… ils sentent qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Le verdict tombe rapidement : Olivier est autiste. C’est une claque pour les parents. Mais après avoir accepté ce fait, Marc va rapidement prendre les choses en main, et surtout faire les choses à sa manière. Il consacre énormément de temps à son fils, à travers divers jeux et expériences pour tenter de le faire sortir de sa carapace.

Un beau témoignage, plein d’espoir. C’est très réaliste, l’auteur ne s’épargne pas, notamment sur sa difficulté à accepter le diagnostic. Il évite le côté plombant de la chose, il y aussi de la légèreté dans ses jeux avec Olivier et comme avec tout enfant des moments très drôle.

La terre des fils

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« Sur les causes et les motifs qui menèrent à la fin on aurait pu écrire des chapitres entiers dans les livres d’histoires. Mais après la fin aucun livre ne fut plus écrit. »

Un monde post-apocalyptique. Un père tente d’éduquer ses fils à survivre. Il leur apprend les choses essentielles de ce nouveau monde : dépecer un animal, ne pas boire l’eau, ne pas toucher les morts, ne pas s’aventurer trop loin car il n’y a rien sur l’autre rive. Il laisse de côté les choses devenues inutiles : lecture, écriture, amour et tendresse. Mais le père meurt, laissant derrière lui son carnet remplit d’une écriture que ses enfants sont dans l’incapacité de déchiffrer, eux qui n’ont qu’un langage rudimentaire. Ses deux fils partent alors dans une quête pour décrypter le contenu de ce cahier, croisant sur leur route les quelques rescapés de l’apocalypse…

Une quête au coeur d’un monde hostile où la fin de l’espèce humaine est proche. Chacun tente de survivre, avec ses moyens et ses croyances. Une très bonne bande dessinée, qui m’a fait penser à La route de Cormac McCarthy.

Taxandria

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« Aimé, un enfant d’une dizaine d’années au crâne rasé, vit à Taxandria, une ville en ruines, emplie de colonnes corinthiennes et de grands palais déserts. Suite à un mystérieux cataclysme, les lois de “l’éternel présent” ont été promulguées à Taxandria : toute allusion au passé et au futur y a été interdite, toutes les machines ont été bannies. Aimé découvre un livre d’images qui relate ces terribles événements. Il est bouleversé par cette lecture et plus rien ne peut désormais l’arrêter. Parviendra-t-il à échapper à l’emprise sinistre du monde de l’éternel présent ? Un récit poignant où tous les thèmes chers à Schuiten et Peeters prennent une nouvelle dimension : critique de l’ordre établi, décadence de la société industrielle et jusqu’au cours du temps lui-même, complètement nié à Taxandria. »

Paru en 2009, ce récit fantastique est inspiré par un scénario de Raoul SERVAIS, cinéaste d’animation belge, créateur du procédé technique « servaisgraphie » .

Dans sa jeunesse, Raoul Servais avait travaillé avec Magritte mais c’est l’univers du peintre Delvaux qui devait imprégner les décors de « Taxandria ». Finalement c’est à François SCHUITEN qu’il échut de concevoir l’atmosphère surréaliste du royaume de « l’éternel présent ».

C’est à partir des innombrables et extraordinaires dessins réalisés par François SCHUITEN à cet effet, que Benoît PEETERS et lui ont imaginé ce conte : « Souvenirs de l’éternel présent » édité par Casterman.

Je n’ai pu m’empêcher en le découvrant de penser à un autre conte fantastique :

« L’enfant de la haute mer » de Jules SUPERVIELLE

«Comment s’est formée cette rue flottante ? Quels marins, avec l’aide de quels architectes, l’avaient construite dans le haut Atlantique à la surface de la mer, au-dessus d’un gouffre de six mille mètres ? Cette longue rue aux maisons de briques rouges si décolorées qu’elles prenaient une teinte gris-de-France, ces toits d’ardoise, de tuile, ces humbles boutiques immuables ? Et ce clocher très ajouré ? Et ceci qui ne contenait que de l’eau marine et voulait sans doute être un jardin clos de murs, garnis de tessons de bouteilles, par-dessus lesquels sautait parfois un poisson ?» (Présentation éditeur)

Un bateau passera là aussi, mais en vain…

Pour en revenir à l’oeuvre de Schuiten et Peeters, vous pouvez (re)trouver leur série « Les Cités obscures » à la BFM, dont l’album autour du personnage de « L’enfant penchée« , ainsi que d’autres romans graphiques.

Irena

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Excellente BD biographique de Jean-David Morvan et David Evrard sur la vie de Irena Sendler(owa).
Cette « Juste parmi les nations » a sauvée 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie.

Profitant de son travail d’assistante sociale et de son accès au ghetto, avec l’aide du groupe de résistance Zegota, elle fabrique de faux papiers, crée de fausses identités et exfiltre des enfants du ghetto au péril de sa vie.
Arrêté par la Gestapo en 1943, elle garde le silence sur son organisation malgré les tortures et échappe de justesse à son exécution.

Ayant caché les noms véritables de ces enfants dans un pot de verre enterré dans son jardin, elle put  les rendre à leurs familles après la guerre. Au moins pour quelques uns ayant survécu aux camps d’exterminations…

Cette BD, en trois volumes, permet de découvrir l’action de cette femme ordinaire accomplissant des actions extraordinaires.


Le dessin, volontairement naïf et enfantin contraste cruellement avec le sujet présenté et donne l’impression de voir cette époque tragique avec les yeux d’un enfant et renforce l’intensité de l’histoire.

Vous trouverez cette BD au Pôle Jeunesse, à la côte ADO BD IRE.

 

Valerian et Laureline

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La sortie prochaine du film de Luc Besson, nous permet de revenir sur cette excellente série de BD qu’est Valérian et Laureline.

Crée par deux amis d’enfance, Pierre Christin et Jean-Claude Mézières en 1967, cette série compte actuellement 22 albums au cours desquels les personnages et leur univers ont beaucoup évolués.

Il serait long d’énumérer les influences énormes que Valérian a exercé dans la SF, et notammment le plagiat éhonté de Georges Lucas dans Star Wars!

Christin et Mézières n’ont jamais touché un kopek de la richissime Lucasfilm ni d’ailleurs la moindre reconnaissance de leur influence.

C’est donc un plaisir, mêlé d’inquiétude, que de voir un cinéaste reconnu comme Luc Besson leur rendre enfin hommage et justice en portant les personnages de Valerian et Laureline à l’écran.

Même s’il va sans dire que les réalisateurs français capablent de porter un tel projet à l’écran ne se bousculent pas au portillon, on peut tout de même nourrir des inquiétudes légitimes quand au résultat, au vu de la filmographie de Mr Besson…

La bande annonce de Valérian confirme en effet ce pressentiment. Elle est magnifique, c’est indéniable, mais on sent déjà poindre les gros poncifs du genre avec les petits extra-terrestres kawaï, Rihanna, les villes types Cinquième éléments et surtout, surtout la bobine des acteurs principaux!
D’accord le personnage de Valérian à un style et une coiffure bien marqués par son époque :

mais était-ce une raison d’affubler le Valérian de 2017 d’une tronche pareille???

ce freluquet à l’air aussi bien à sa place dans un rôle « d’agent spatio-temporel » que Ron Perlmann dans celui de Bridget Jones!

Quoi qu’il en soit, avant d’aller voir, ou pas, ce film au cinéma, je ne saurai trop vous recommander de découvrir cette magnifique BD, véritable monument de la SF!

Vous trouverez tous les tomes au Pôle Jeunesse et Art de la BFM!