Archives de Catégorie: Coup de Coeur

Miles Hyman

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Miles HYMAN est un illustrateur américain que vous connaissez certainement : outre le fait qu’il a illustré de nombreuses couvertures chez des éditeurs comme Gallimard, Actes Sud, Le Seuil, Hachette, etc., que j’ai déjà parlé ici du livre de Dylan Thomas : « Un Noël d’enfant au Pays de Galles » illustré par lui pour Denoël Graphic,

que vous avez vu ses illustrations, à la fois figuratives et très poétiques également dans « L’histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler » de Luis Sepulveda ainsi que dans d’autres livres que possède la BFM,

vous avez rencontré ses affiches pour des films comme « 38 témoins » de Lucas Belvaux.

Eh bien, jusqu’au 18 juin 2017, vous pouvez voir près de deux cents originaux de Miles HYMAN au Musée de l’Illustration Jeunesse à Moulins (dans l’Allier) :

Allez-y, c’est superbe !

Cette rétrospective réunit des oeuvres exécutées depuis près de trente ans dans des domaines aussi variés que la presse, l’édition jeunesse et adulte ou les affiches de films et, chaque fois, même si l’on ignore tout de l’histoire, le dessin de Miles Hyman nous entraîne dans l’univers particulier de cette histoire, inquiétante, magique ou intimiste.

Si vous ne pouvez pas vous rendre à Moulins, empruntez les livres de la BFM et, parallèlement, lisez le très intéressant dossier de presse

accompagné de ses nombreux visuels, dans lequel la commissaire de l’exposition, Emmanuelle Martinat-Dupré donne la parole à Miles Hyman à propos de son travail.

Une lecture éclairante pour quelqu’un dont les illustrations baignent dans une intense lumière ! 😉

 

Louis parmi les spectres

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Louis a onze ans et une famille éclatée. Il passe régulièrement de l’appartement de sa mère inquiète de tout, à la maison de campagne de son père qui pleure parce qu’il boit et qui boit parce qu’il pleure. Il est accompagné dans cette galère par Truffe son petit frère naïf et plein de joie de vivre. Il y a aussi la jolie Billie, celle qui protège les petits et qui a toujours un livre à la main. Il aimerait bien trouver le courage de lui parler mais ce n’est pas facile pour un garçon de onze ans qui a vu ses parents se détruire, se rendre malheureux. Il peut toujours compter sur son meilleur ami Boris, aussi paumé que lui face à la vie et l’amour, pour l’aider à essayer de gérer tout cela.

 

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Magnifique.

Après  Jane, le renard et moi que j’avais adoré, le duo Fanny Britt & Isabelle Arsenault est de retour. C’est toujours aussi bien écrit, beau, sensible. Elles arrivent à raconter avec finesse la vie d’un jeune garçon, avec ses inquiétudes, ses difficultés. Le tout est rythmé par les apparitions de Truffe, sa naïveté et sa légèreté, qui font des petites poches de bonheur au milieu de ces situations difficiles. Les illustrations d’Isabelle Arsenault sont sublimes, comme d’habitude. C’est fin, délicat, des dessins gris sur lesquels apparaissent des touches de couleur, le jaune éclatant de Billie ou le bleu des larmes du père. Un énorme coup de coeur pour commencer 2017.

 

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« Indian Creek »

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L’hiver approche…

Nous sommes dans l’Idaho, à la frontière du Montana.

Pete FROMM est étudiant en première année de biologie au Montana et partage sa chambre avec un étudiant qui chasse et lit énormément, deux passions que Pete Fromm ne partage pas.

Toutefois, dit-il, à force d’entendre Rader « siffler d’admiration ou partir d’un grand éclat de rire, (…) je commençai à ramasser ses livres une fois qu’il les avait terminés. Rader était en passe de lire toute la collection de récits de trappeurs de la bibliothèque et, au Montana, cette collection est gigantesque. Il y avait Jim Beckworth et ses histoires à dormir debout : comment il était devenu chef Crow et avait réussi à botter tout seul les fesses de toutes les tribus du Nord-Ouest. Il y avait l’extraordinaire épopée du Lord Grizzly de Hugh Glass qui, après s’être fait attaquer par un ours, avait rampé sur des centaines de miles et qui, alors qu’il était étendu dans les ruisseaux, avait senti les vairons se nourrir des asticots qu’il avait sur le dos. Ce genre d’exploits commençait à me faire rêver. J’appris dans ces ouvrages les multiples usages que font du couteau Green River les hommes des montagnes, sans parler des carabines Hawken que l’on chargeait par le canon. »

Quelques mois plus tard, il s’engage – un peu à la légère – pour un travail de sept mois dans l’Idaho, « un emploi qui impliquait de passer l’hiver seul dans les montagnes. Un job en rapport avec des oeufs de saumon. »

poche og1(Pete FROMM : Indian Creek / Gallmeister « Totem », 2010)

« Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j’avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer. — Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m’expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t’en constituer toute une réserve avant que la neige n’immobilise ton camion. Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important, je me lançai : — Heu… C’est quoi, une corde de bois ? 

Ainsi débute le long hiver que Pete Fromm s’apprête à vivre seul au cœur des montagnes Rocheuses, et dont il nous livre ici un témoignage drôle et sincère, véritable hymne aux grands espaces sauvages. » (cf. présentation éditeur)

Elans, cerfs, lynx, ours, puma… neige, gel, solitude… Pete Fromm va devoir affronter tout cela sous la tente des Eaux et Forêts qui lui servira de maison pendant ces sept mois. Avec pour seul bagage les récits de trappeurs grâce auxquels il va apprendre, avec plus ou moins de succès, à se fabriquer des mocassins, tanner les peaux et saler la viande de ses chasses. Bref, survivre pendant tout ce temps avec sa chienne Boone et les visites-éclair des gardes-forestiers ou de quelques chasseurs.

Un magnifique récit initiatique.

 

Confusion

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Grace, 17 ans, se réveille enfermée dans une mystérieuse pièce sans fenêtres, avec une table, des stylos et des feuilles vierges. Pourquoi est-elle là ? Et quel est ce beau jeune homme qui la retient prisonnière ? Elle n’en a aucune idée. Mais à mesure qu’elle couche sur papier les méandres de sa vie, Grace est frappée de plein fouet par les vagues de souvenirs enfouis au plus profond d’elle-même. Il y a cet amour sans espoir qu’elle voue à Nat, et la lente dégradation de sa relation avec sa meilleure amie Sal. Mais Grace le sent, quelque chose manque encore. Quelque chose qu’elle se cache.

confusion

Confusion est le premier roman de Cat Clarke (aussi auteur de Cruelles, mon avis ici). Et je comprends désormais pourquoi les critiques que j’ai lues par-ci par-là sont aussi bonnes… C’est un vrai coup de cœur pour moi.

Grace Carlyle, 17 ans, est une ado anglaise comme toutes les autres ou presque. Elle n’a pas vraiment d’amis, sauf sa meilleure amie, Sal. C’est une bonne élève au lycée. Sauf que Grace va tomber sur un étrange garçon, Ethan, qui va la kidnapper et l’enfermer dans une pièce blanche sans fenêtre, avec seulement un lit, une table, des stylos et des feuilles. Pour quoi faire ? Qui est-t’il ? Que veut-il ? Elle ne le sait pas et va commencer à noter sa vie et ses souvenirs sur le papier jusqu’à trouver les réponses à toutes ces questions…

La couverture du livre n’est pas attrayante du tout pour moi, et c’est sans doute pour ça que je n’ai pas pris le temps de m’attaquer à ce livre avant. Mal m’en a pris…

On se rend compte que Grace est une ado qui souffre énormément tout au long du roman. Sa mère est souvent absente de la maison depuis la mort de son père, partant faire du shopping pour Londres les week-end. Grace, sans autorité parentale, boit à tort et à travers, qu’elle soit dans un bar ou dans sa propre maison. Elle se fait des scarifications pour se sentir vivante. Elle passe d’un garçon à l’autre (des coups d’un soir), jusqu’à ce qu’elle tombe sur Nat, celui qui va tout changer. Sa vie est un vrai chaos, mais elle compte sur lui et sur Sal pour garder la tête hors de l’eau.

C’est un roman tout à fait bouleversant qui met une vraie claque au lecteur. Au-delà du fait que Grace est un personnage qui part totalement à la dérive, elle se révèle être un personnage profond.

Les différents thèmes abordés par l’auteur y sont sans doute pour quelques chose : adolescence, alcool, sexe, auto-mutilation, relation tumultueuse parent/enfant… Tout y est. L’écriture de Cat Clarke est précise et on voit que l’auteur sait où elle veut aller, sait ce qu’elle veut faire de ses personnages, ne leur épargnant rien. Rien n’est épargné au lecteur non plus, on est embarqué directement dans le monde de Grace, les souffrances, la peur et les petites joies qu’elle ressent. On prend plaisir à lire ce livre, cherchant nous aussi des réponses, même si cela se révèle parfois oppressant. On souffre pour et avec Grace. On a même parfois pitié d’elle devant sa naïveté.

L’histoire est construite comme un puzzle, suivant le fil des souvenirs de Grace, et petit à petit les pièces commencent à s’imbriquer ensemble. Et souvent, on se trompe de pièces, croyant savoir où elles vont. Sauf que non. Ça fait sans doute partie de la magie de ce roman. Enfin un livre avec des évènements imprévisibles ! Tous les personnages de l’histoire sont importants et ne sont pas là pour faire de la figuration.

C’est poignant, émouvant et par moment assez dur. C’est un roman excellent, ce qui en fait mon premier coup de cœur de l’année.

Confusion, Cat Clarke

Shaun Tan et toutes ses créations

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Parce que je ne sais pas par où commencer pour dire combien j’apprécie cet artiste, je vous donne le lien du court-métrage « La chose perdue » dont un album avait été édité chez Gallimard.

 

http://www.thelostthing.com/

 

J’espère que vous avez apprécié la magie et la poésie des images qui ne sont pas sans rappeler l’univers de J-P Jeunet avec des créatures fantastiques, une mélancolie rendue par les tons bruns et les thèmes (solitude, isolement…).

Ses illustrations me font penser aux tableaux de J. Miro qui laissait son pinceau le guider et parvenait à inventer un monde où les éléments prenaient sens et vie dans le regard de l’autre. Pourtant, lorsqu’il évoque son travail, il reprend plus facilement les métaphores de P. Klee. shaun tan oiseau

Ses tableaux, quant à eux, représentent davantage le quotidien. fifth-ave-painting-copy

Comme si  le livre était  l’image de l’intériorité, des émotions, et le tableau une approche plus réaliste de la vie.

Il n’a pas d’actualité particulière mais j’aimerai partager son univers. Il est peintre, auteur de Bande-dessinée, illustrateur d’albums jeunesse.Ses textes sont adaptés au théâtre.

Les BDéïstes d’Angoulême lui ont décerné un prix en 2008. En 2011 il reçoit un Oscar pour « La chose perdue ». Prix Astrid Lindgren également.

 

 

Si vous êtes conquis, allez voir le livre qui reprend des ébauches, des croquis, des histoires en devenir « L’oiseau roi et autres dessins »

http://www.shauntan.net/news1.html

« La journée commence parfois sans rien d’intéressant à l’horizon…des choses merveilleuses te passent à côté… mais là, tout à coup, cette chose t’apparaît, droit devant toi, lumineuse et éclatante, et elle t’attend tranquillement, exactement comme tu avais pu l’imaginer ».

http://www.shauntan.net/projects1.html

[Retour sur Lire à Limoges 2014] Michel Villeminot et son « RESEAUX »

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Pour la seconde fois, une bibliothécaire de la BFM prête son image … Retrouvez la toute l’année dans nos locaux.

L’été s’installe … Aller hop, on retourne au printemps et qui dit  printemps dit : « Lire à Limoges »!  j’ai souhaité revenir sur l’auteur Michel Villeminot dont je viens de lire son dernier roman.

Écrivain, il s’est penché pour les jeunes adultes sur le phénomène des réseaux sociaux dans RESEAUX; qu’il présentait dans notre chapiteau au champs de Juillet.

Réseaux met en scène un concept particulier de type Facebook. Le côté jour où on retrouve notre usuel Facebook mais aussi le côté nuit où les utilisateurs du service racontent leurs rêves … Et c’est dans les cauchemars qu’un étrange serial killer qui met en scène à la virgule près les descriptions oniriques d’une jeune demoiselle de 16 ans … Je ne vous en dit pas plus.

Le livre peut paraître un peu complexe à appréhender entre les noms réels, les pseudos, le Wired et l’IRL, tout se mélange … N’est ce pas le propre d’ailleurs de notre société qui allie technologies et sociétés?

Je n’ai pas eu l’opportunité de rencontrer l’auteur et de discuter de sa nouvelle saga de vive voix … Mais si j’avais eu l’opportunité de le faire, je lui aurai demandé s’il connaissait l’excellent animé qui touche de manière approfondie ce sujet : Serial Experiments Lain (paru en 1998 et qui me semble encore plus d’actualités, à regarder, je ferai peut être un article dessus, si l’inspiration me prend).

Quoiqu’il en soit, nous le remercions de sa participation à l’évènement. Nous voulons aussi dire merci aux nombreux lecteurs de Serialblogueuses qui sont venus à notre rencontre !

On vous tiendra au courant pour le prochain « Lire à Limoges 2015 ».

Réseaux est évidemment au sein de notre réseau !

A bientôt 😉

 

La couleur des sentiments Kathryn Stockett

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Je me souviens encore quand j’étais allé voir « The Help », son titre en VO :

C’était la dernière séance d’un dimanche triste, morne et pluvieux … La sinistrose était de sortie, j’ai donc abandonné livres et révisions pour aller me divertir un peu ; je n’ai pas été déçu !

Ce fut le film où j’ai le plus ri de l’année. Une réalisation sans défaut, de l’humour, de l’humain, la critique d’une société d’un autre temps (quoique). [La honte de ne pas avoir lu le bouquin auparavant. ^^]

Car qui n’a pas eu le temps, l’envie, la motivation, l’argent (rayer la ou les mentions inutiles) de lire, avant de se poser devant un écran ? Aussi c’est un peu avec plaisir et appréhension que je me suis saisi à la BFM de Limoges, de ce sésame vers Jackson, Mississipi en 1962, chez les blancs et leurs femmes à tout faire noires.

Skeeter, jeune femme érudite au physique ingrat, selon les canons de la beauté de la société blanche de l’époque, désespère sa mère … Malgré un compte en banque bien garni et connu de tous, les efforts désespérés de Môman pour la marier à un bon mari, cette naïve revient au foyer, une plantation de champs de coton, après avoir brillement réussi ses études.

Intégrée dans le Gotha municipal, elle aurait tout pour devenir la prochaine Samantha Stevens (exceptée qu’elle ne soit pas une sorcière), pour autant, cette indigne gamine préfère rêver de journalisme, plutôt qu’une vie de (desperate) housewife de l’époque.

Confrontée à la misogynie, à un ordre établi, Skeeter va donc par le truchement de son amour pour son « amie » de toujours à la maison, sa domestique, disparue sans laisser d’adresse ni raison, se rapprocher des autres « bonnes noires » au service de son cercle de connaissances.

« Promue » à la tâche ingrate de Madame Propre du journal local, n’ayant jamais utilisé ses doigts pour frotter, elle va se rapprocher de la bonne de sa meilleure amie pour ses conseils : Abileen …

Et, petit à petit comprendre, à quel point, dans son milieu doré, les méchancetés de son monde : Les bonnes ont des sentiments, colère, dépression, désespoir, vengeance, amour de la cuisine, amour des enfants, amour de leur métier. L’aventure de Minny (l’une des amies d’Abileen et évidemment bonne car noire) est la raison même de cette histoire.

 

Un petit rappel historique, Martin Luther King et la dénonciation de la ségrégation noir/blanc en était à ses balbutiements. Pour les plus curieux de ce pan de l’histoire, je vous recommande d’ailleurs le film le Majordome, une perle et louable à la BFM!

J’avais peur de ne pas retrouver le plaisir (évidemment la perte de la surprise de l’intrigue) que j’ai éprouvé au cinéma, d’autant plus qu’il s’agit d’un premier roman de l’auteur … Et bien absolument pas.

Les séquences d’échanges entre Abileen et sa « Baby Girl », Mae Mobley, la fille de sa patronne sont adorables, n’étaient pas aussi détaillées dans le film. Et ce n’est qu’un exemple.

Aussi, si vous aussi, aviez un doute sur la nécessité de lire ce roman après vu le film ; n’hésitez pas ! Je viens de le rendre à la BFM ^_^ Et pour les cinévores, il est aussi disponible en DVD 😉

 

A bientôt ! 😉