Archives de Catégorie: DVD

DVD – Voyage en Chine – Zoltan Mayer

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Liliane (Yolande Moreau) part en Chine pour ramener le corps de son fils décédé dans un accident.

C’est plongée dans sa peine et dans les regrets qu’elle découvre ce pays et ses habitants. Sans savoir parler le chinois, elle traverse villes et villages pour arriver jusqu’au lieu du drame.

Cette mère qui n’avait plus de raison de vivre,  qui était ancrée dans une espèce de fatalité, va revivre grâce aux personnes, aux amis qui entouraient Christophe. Ensemble, ils vont faire le deuil de cet homme qui a su s’extirper d’une vie qui était écrite pour lui pour s’en fabriquer une autre – quitte à faire des milliers de kilomètres.

Peut-être que Liliane aussi saura transformer sa vie grâce à ce voyage initiatique.

Encore une fois Yolande Moreau est bouleversante. Son regard est si expressif, oscillant entre peine et joie, son corps sait jouer le désespoir ou la force.

Le film réalisé par Zoltan Mayer est une petite pépite dans laquelle le dialogue est justement dosé, les silences sont parlants, on se laisse porter par la mélancolie et les beaux paysages.

A la bfm

Noureev – DVD

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Biopic sur Rudolf Noureev réalisé par Ralph Fiennes, le film évoque l’enfance de ce grand danseur russe et  son arrivée à Paris pour une série de ballets en 1961 qui va lui permettre de rencontrer le monde occidental.

Né dans un train au fin fond de l’URSS, enfant chétif et timide, il se construit grâce à son instinct, son ambition et son assurance.

Entre esprit libre et surveillance du KGB, « Rudi » va devoir faire un choix irrévocable : fuir.

Etonnant personnage qui fascine autant qu’il énerve, ce film nous permet de comprendre, à partir de ses origines, son parcours, ses attitudes, ses choix.

Beau panel d’acteurs : Ralph Fiennes, Adèle Exarchopoulos et Raphaël Personnaz.

A la bfm

 

… Et d’autres documentaires sont à votre disposition.

Oasis – Supersonic

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Mat Whitecross a réalisé en 2016 un très bon documentaire sur le groupe Oasis. Il retrace à grand renfort d’images d’archives les débuts du groupe jusqu’à son apogée en août 1996 où le groupe donna deux concerts devant 250.000 personnes (par soir !) à Knebworth… Les tickets se sont vendus très rapidement, le groupe aurait facilement pu faire une semaine complète sold out…sachant qu’environ 4% de la population anglaise a essayé d’avoir des tickets ! C’est dire l’ampleur du phénomène Oasis dans les années 90. Mat Whitecross place au coeur de son documentaire la relation houleuse (le mot est faible) entre les deux frères Gallagher. Comme le dit Noël dans le documentaire : « La plus grande force d’Oasis ce fut moi et Liam. Ce fut également ce qui tua le groupe. » Les deux frères ont vraiment du mal à travailler ensemble, avec chacun des caractères très différents…ils en viennent aux mains assez régulièrement, ce qui fait le délice des tabloïds et ce qui conduisit le groupe a se séparer définitivement en 2009 à quelques minutes de monter sur scène à Rock en Seine. Le documentaire est très riche, il est intéressant de voir le cheminement du groupe des quartiers ouvriers de Manchester jusqu’au titre de second meilleur groupe anglais de tout les temps (les Beatles étant évidemment numéro 1 !).

 

 

Fantastiques robinsons

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Ils ont deux cents ans d’écart et bien d’autres différences, toutefois j’ai envie de vous parler des deux en même temps.

« Le Robinson suisse » qui a peut-être fait rêver enfants, vos parents et grands-parents, vient d’être réédité par les éditions La Joie de Lire dans une version adaptée par Peter STAMM, traduite par Lionel Felchlin et illustrée par Hannes BINDER dont les gravures en noir et blanc lui conviennent superbement.

Le texte originel, édité en 1812, avait été écrit par un pasteur suisse, Johann David WYSS pour ses quatre garçons. A la différence du Robinson de Daniel De Foe, adulte et solitaire – du moins jusqu’à l’arrivée de Vendredi -, J.D. Wyss fait échouer une famille entière sur une île déserte.

« Une famille suisse – le père, la mère Katharina et leurs quatre fils (Fritz, Ernst, Jack et Franz) – s’échoue sur une île déserte. Seuls survivants d’un naufrage, ils parviennent à sauver un certain nombre d’animaux et d’objets de l’épave. Ils vont vivre de chasse, de pêche et de cueillette, mais aussi domestiquer des animaux sauvages, cultiver des champs et construire toutes sortes d’outils, de bateaux et de cabanes. Ils vont aussi devoir affronter des animaux dangereux – boa, lion, tigre, ours… Au fil des années, ils font de cette île sauvage un petit paradis. Dix ans plus tard, ils y rencontrent une jeune Anglaise naufragée, Miss Jenny. Un navire aborde finalement dans l’île et la famille doit choisir : rester et fonder la colonie de la Nouvelle-Suisse, ou tout abandonner et rentrer en Europe… » (Présentation éditeur)

Peter STAMM a pris quelques libertés avec le texte qui nous le rendent plus fluide à lire, deux cents ans après. Il a condensé les 59 chapitres, supprimé quelques animaux et quelques plantes improbables sur l’île, imaginé la rencontre de Fritz avec un autre naufragé, mais l’esprit de J.D.Wyss demeure :

« entreprise formatrice d’un précepteur éclairé au sein de sa famille. Tandis que les jeunes écoutaient attentivement l’histoire captivante, il leur disait ses quatre vérités. (…) Pour lui, l’homme est prédisposé au bien et à la raison. Ces prédispositions se développent à travers l’enseignement et l’exemple de vie. Dans le roman, les parents agissent ainsi envers leurs enfants, et le pasteur Wyss l’a fait avec ses fils par le biais du roman. La raison et la sagesse, l’habileté et l’imagination distinguent l’esprit sensé. Ces qualités lui permettent de survivre dans la forêt vierge. Mais la bonté tout aussi naturelle de l’être humain prévient la querelle et la jalousie ; elles font place, sous les encouragements attentionnés des parents, à la concorde et à la serviabilité. » (cf. postface de Peter von Matt)

La famille tire parti de tout ce qu’elle découvre, grâce à l’extrême ingéniosité de chacun, ses souvenirs, son expérience, mais également grâce à la bibliothèque sauvée du naufrage :

« Nous possédions un assez grand nombre de livres qui avaient appartenu en partie à nous-mêmes, en partie au capitaine ou aux officiers. La plupart d’entre eux étaient des récits de voyage et des ouvrages d’histoire naturelle, illustrés en couleurs, qui nous permettaient d’apprendre beaucoup de choses. Il y avait en outre quelques cartes marines, des instruments mathématiques et astronomiques, et même un globe terrestre. Nous avions aussi pris sur l’épave des dictionnaires et des romans en plusieurs langues. Nous passions les longs jours de pluie à nous familiariser avec différentes langues pour nous faire comprendre si, un jour, un bateau devait aborder notre île. Tout le monde apprenait le français. Katharina et les deux aînés s’intéressaient aussi à l’anglais et au hollandais. Ernest avait déjà eu des cours de latin à l’école et poursuivait ses études ici. Cette langue rendait surtout service pour lire des livres scientifiques et médicaux. »

Bibliothèque et petit musée d’histoire naturelle constitué au fil des découvertes de la faune, la flore et la géologie de l’île, tout cela prend place dans les différentes « résidences » de la famille.

Au départ simple abri de toile avec des matelas de mousses et d’herbes, puis la fameuse cabane dans les arbres qui a fait rêver des générations d’enfants mais sera remplacée après la saison des pluies par la maison dans la grotte, plus tard agrémentée d’une galerie et d’un bassin avec sa fontaine ; belvédère, cahute, pont-levis, poste de garde, fortifications complètent les différents espaces conquis sur la nature avec leurs plantations, jardins, chemins et abris pour les animaux domestiqués.

Lorsque l’arrivée, pourtant si longtemps espérée, d’un navire va bouleverser leur existence, les quatre garçons sont devenus de jeunes hommes d’une vingtaine d’années et deux d’entre eux décideront de quitter l’île pour retourner en Europe.

« Il me tenait le plus à coeur de laisser partir mes fils en leur témoignant tout mon amour.  (…) Peu importe  à quelle distance nous sommes les uns des autres, leur dis-je finalement, nous vivons sous le même ciel. Et chaque fois que j’observerai les étoiles, je serai en pensée avec vous. Je vous ai appris ce que je pouvais vous apprendre. A l’avenir, vous devrez compter sur votre propre raison. Mais je suis sûr que vous ferez votre chemin et trouverez votre bonheur.« 

C’est à cette conclusion qu’arrivera également Ben (Viggo Mortensen) dans « Captain fantastic » de Matt ROSS.

Mais son cheminement intérieur aura été laborieux.

Ses six enfants n’ont pas été contraints par un naufrage impliquant toute la famille dans les premières années du 19ème siècle, ils apparaissent plutôt comme les « otages » de parents opposés à la société de consommation du 21ème siècle, qui décident de leur faire vivre une utopie au fin fond d’une forêt d’Amérique du nord.

Comme les quatre fils Wyss, les six enfants de Ben vivent une « robinsonnade », ils habitent une cabane, se lavent à la rivière, mangent les produits de leur chasse ou de leur potager. Comme eux, ils lisent beaucoup et n’ont pas d’autre lien avec le monde.

Disons que les premières scènes du film de Matt Ross comme l’impressionnant moment de chasse, le rude entraînement sportif quotidien, les « missions » ou l’accident d’escalade, permettent de « mettre des images » contemporaines sur le récit de J.D. Wyss.

Mais la comparaison s’arrête là et si l’éthique de la famille Cash est responsable et s’appuie sur une réflexion solide, l’écrasante personnalité, l’intransigeance et le dogmatisme de Ben m’ont paru insupportables. Certes il enseigne à ses enfants à défendre leur point de vue et développer leur esprit critique (le passage à propos de « Lolita » de Nabokov et la conversation qui s’ensuivra est un morceau d’anthologie), mais il interdira violemment à ses filles de parler entre elles en espéranto (qu’il réprouve ou simplement qu’il ne comprend pas ?) sans leur donner d’explication convaincante…

Il faudra la mort tragique de sa femme atteinte de troubles bipolaires, suivie de nombre d’événements qu’il ne maîtrise plus pour qu’il (ré)fléchisse et accepte, outre la confrontation des enfants avec ce monde qu’il rejette – dont l’école -,  le départ de son aîné, Bodevan.

 

 

 

 

« L’île de Giovanni »

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« 1945 : Après sa défaite, le peuple japonais vit dans la crainte des forces américaines. Au nord du pays, dans la minuscule île de Shikotan, la vie s’organise entre la reconstruction et la peur de l’invasion. Ce petit lot de terre, éloigné de tout, va finalement être annexé par l’armée russe. Commence alors une étrange cohabitation entre les familles des soldats soviétiques et les habitants de l’île que tout oppose, mais l’espoir renaît à travers l’innocence de deux enfants, Tanya et Jumpei… »

Ce film : « L’île de Giovanni » réalisé par Mizuho NISHIKUBO en 2014 traite d’un thème peu connu de l’histoire du Japon lorsque après la défaite de 1945, les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki et l’occupation américaine, les septentrionales Iles Kouriles vont, elles, se retrouver sous occupation soviétique et ce, jusqu’à nos jours, sujet constant de friction entre le Japon et la Russie.

En1946, les habitants en seront finalement déportés vers des camps du Kazakhstan et de l’Ouzbekistan avant de rejoindre progressivement le Japon et ne reviendront jamais sur leurs îles natales.

Le film de Nishikubo présente une chronologie précise de cette période à travers la vie d’une famille déjà éprouvée par le sort, puisque la maman des deux petits garçons est morte. Le papa puise son énergie à la fois dans sa fidélité au Japon et dans la lecture qu’il fait faire chaque jour à Junpei et Kanta de la nouvelle « Train de nuit dans la Voie lactée » de Kenji Miyazawa, qu’aimait beaucoup leur mère, au point de surnommer ses enfants Giovanni et Campanella, du nom des deux héros de cette nouvelle.

Courte période, mais qui marquera à jamais l’aîné des garçons, à la fois amoureux de la fillette russe qui habite désormais leur maison réquisitionnée et en même temps éperdu de rage et de douleur quand son papa sera envoyé au goulag par le propre père de la jeune Tanya…

Un peu moins tragique que « Le tombeau des lucioles » de Isao Takahata dont il n’a sans doute pas la force, « L’île de Giovanni » a toutefois recueilli plusieurs récompenses dont une mention du jury à Annecy en 2014. Grâce, peut-être également, aux images de son directeur artistique Santiago Montiel.

 

Le premier cri : documentaire (dvd)

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Le premier cri

Film documentaire

Réalisateur : Gilles de Maistre

sorti sur les écrans en 2007

 

Gilles de Maistre réalise un documentaire simple et touchant. Il suit plusieurs femmes qui ont un point comment : celui d’accoucher au moment de l’éclipse totale de lune.

Ce n’est pas un simple documentaire , mais c’est surtout un éventail culturel sur la naissance et son environnement.

En effet, on retrouve des couples et des familles au Mexique, en Amazonie, en Inde, en Sibérie, au Canada, en France, au Vietnam, chez les Massaï du Kenya, au Japon, et chez les touaregs au cœur du Sahara.

On découvre la dure réalité, par des images saisissantes, des conditions au Vietnam, en Afrique ou en Amazonie. On prend toute la mesure du rôle des sages-femmes traditionnelles, et des conditions d’hygiène.

Par exemple chez les touaregs, l’accouchement est accompagné de certains rituels.

En Inde, mettre au monde une fille va « coûter » de l’argent aux parents, puisqu’il faudra une dot. Il n’est même pas envisageable de consulter un médecin et on s’angoisse en  espérant que l’accouchement se passe bien.

Il y a aussi le choix d’une future maman d’accoucher dans l’eau avec les dauphins au Mexique. Le lien entre l’ animal et la maman est étonnant.

On assiste également à un accouchement auto-assisté au Canada.

C’est 1H40 de découverte et de plaisir. Le tout en image et sans aucun parti-pris. Pour ma part ce sentiment reste mitigé. Le réalisateur expose les conditions très difficiles pour certaines femmes, ne laissant pas insensible.