Archives de Catégorie: Films

Little Joe – Film de Jessica Hausner

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Alice est une chercheuse en botanique. Elle est passionnée par sa nouvelle recherche : une plante au parfum extraordinaire qu’elle baptise « Little Joe« . Le souci, c’est qu’elle ne se reproduit pas.

D’étranges manifestations se produisent quand les « cobayes » rencontrent la fleur : Leur personnalité semble s’effacer et un seul objectif les animent : protéger la plante. Alertée par une de ses collaboratrices, Alice doute, mais il va falloir se rendre à l’évidence… Surtout quand de drôles d’incidents surviennent dans le laboratoire, ainsi que chez elle quand son fils, à qui elle avait offert une « Little joe« , s’éloigne.

Sentiment de paranoïa, mêlé à une atmosphère angoissante, on sort de ce film ébranlé : ça pourrait arriver ! et c’est là qu’est la force de la réalisation portée par des acteurs fantastiques.

Et ce film, vous pouvez le découvrir sur la médiathèque numérique (si votre bibliothèque y est associée).

 

« Les quatre filles du docteur March »

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C’est le confinement et j’alterne nouveautés et relectures. N’ayant pas encore vu le film de Greta Gerwig, en attendant que la BFM puisse l’acquérir,

j’ai relu le roman de Louisa May ALCOTT : « Les quatre filles du docteur March » (Gallimard « chefs-d’oeuvre universels », 1996), une édition intégrale, illustrée par Jame’s PRUNIER, avec en contrepoint des images documentaires et des commentaires pour replacer le roman dans le contexte de l’époque.

Louisa May ALCOTT, on en a déjà parlé dans serialblogueuses car sa jeunesse a été marquée par l’environnement intellectuel et idéologique de sa famille qui fréquentait entre autres Henry David Thoreau et Ralph Waldo Emerson, à Concord (Massachusetts).

Dans une famille engagée pour l’abolition de l’esclavage et l’émancipation des femmes, Louisa May Alcott sera elle-même infirmière pendant la Guerre de Sécession.

Dans le roman, le révérend (et non docteur) March est parti, malgré son âge et sa famille, rejoindre en tant qu’aumônier les soldats de l’Union (états du Nord hostiles à l’esclavage) qui se battent contre ceux de la Confédération (états du Sud qui ont fait sécession car leur économie rurale dépend essentiellement de l’esclavage).

Si l’on s’abstrait du côté pieux et moralisateur très daté, le roman demeure très contemporain.

Tout particulièrement par sa vision des femmes, or rappelons-nous qu’il est paru en 1868, mais aux Etats-Unis.

Le chapitre sur le pique-nique avec les amis anglais de Laurie en est un bon exemple.

« L’esprit d’indépendance est de tradition en Amérique. Ici les jeunes filles qui gagnent leur vie sont respectées et admirées. » rétorque M. Brooke à la jeune Anglaise Kate offusquée.

Ou quand Madame March explique à ses filles qu’elle les veut « épanouies et heureuses (…) mariées ou célibataires » et qu’il

« ne s’agit pas d’épouser un homme parce qu’il est riche, et avoir une maison magnifique ne vous rendra pas heureuses si l’amour en est absent. L’argent est une chose utile et précieuse, et peut-être respectable quand on l’utilise à bon escient ; mais je ne veux en aucun cas que vous le considériez comme un bien qu’il faut obtenir à tout prix. »

« (…) Partagez équitablement votre temps entre le travail et les distractions pour que vos journées soient utiles et agréables, et montrez que vous comprenez la valeur du temps en l’employant à bon escient. Ainsi vous ne gâcherez pas votre jeunesse, vous pourrez vieillir sans regret et votre vie sera une réussite malgré le manque d’argent. »

Le personnage de Jo résonne également, Louisa May Alcott en fait un « tomboy », c’est à dire un « garçon manqué », qui nous rappelle presque cent ans après le personnage de Claude dans la série d’Enid Blyton, le « Club des cinq »*.

Le chapitre sur « Amy dans la vallée de l’humiliation » est intéressant à plus d’un titre car il parle de l’éducation mais aussi de la désobéissance. Amy s’est fait confisquer les citrons confits qu’elle voulait offrir à ses camarades, elle doit les jeter par la fenêtre et subir des coups de règle sur la paume de la main avant d’être mise au piquet. Au retour, sa mère lui explique qu’il était normal qu’elle soit punie puisqu’elle avait enfreint une interdiction mais que la méthode du maître est disproportionnée et détestable. Et le jour même, sa soeur va récupérer ses affaires dans la classe où Amy ne reviendra plus.

« (…) Je jugeais les héroïnes sottes, leurs amoureux fades. Mais il y eut un livre où je crus reconnaître mon visage et mon destin : Little women, de Louisa Alcott. Les petites March étaient protestantes, elles avaient pour père un pasteur et comme livre de chevet, leur mère leur avait donné non l’Imitation de Jésus-Christ, mais The Pilgrim’s Progress : ce recul ne faisait que mieux ressortir les traits qui nous étaient communs. (…) Je m’identifiais passionnément à Joe, l’intellectuelle. Brusque, anguleuse, Joe se perchait, pour lire, au faîte des arbres ; elle était bien plus garçonnière et plus hardie que moi ; mais je partageais son horreur de la couture et du ménage, son amour des livres. Elle écrivait : pour l’imiter je renouai avec mon passé et composai deux ou trois nouvelles. (…) Les rapports de Joe et de Laurie m’allèrent au coeur. Plus tard, je n’en doutais pas, ils s’épouseraient ; il se pouvait donc que la maturité accomplît les promesses de l’enfance au lieu de la renier ; cette idée me comblait d’espoir. Mais ce qui m’enchanta surtout, c’est la partialité décidée que Louisa Alcott manifestait à Joe. »

C’est Simone de Beauvoir qui l’écrit dans « Mémoires d’une jeune fille rangée ».

De la même manière, la réalisatrice Greta Gerwig a déclaré lors de la remise du USC Scripter Award : « Ce que je suis aujourd’hui serait totalement inimaginable sans Louisa May Alcott. (…) Sans Louisa, je n’aurais jamais écouté cette petite voix intérieure qui me chuchotait d’écrire. ». Quant à la productrice du film, Amy Pascal, elle aurait « aimé que Louisa May Alcott soit ici pour accepter ce prix et pour voir à quel point ses paroles sont légendaires. (…) pour beaucoup d’entre nous, il nous a donné le courage d’être ce que nous n’osions pas être en tant que femmes. » (cf. ActuaLitté, 27/01/2020)

(*) Et bien avant le film éponyme de Céline Sciamma en 2011.

Alors survint le Jabberwock…

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Si vous avez regardé « Le mystère des pingouins » de Hiroyasu ISHIDA  (d’après une oeuvre de Tomihiko MORIMI), vous avez vu des Jabberwock apparaître dans le ciel et fondre sur vous.

Vous avez également vu des canettes de soda jetées en l’air se transformer en pingouins et autres phénomènes totalement ahurissants.

Le « Mystère des pingouins » est un film d’animation japonais sorti dans les salles en 2019.

Aoyama est un jeune garçon posé et réfléchi ; bon élève de CM1, il compte le nombre de jours qui le séparent de l’âge adulte, quand il pourra devenir « quelqu’un de bien ». Sa passion, ce sont les sciences et lorsque des multitudes de pingouins apparaissent sans aucune raison valable dans sa ville, il va mener l’enquête avec son meilleur copain et sa rivale au jeu d’échecs.

Une autre passion va bientôt naître, platonique certes mais turbulente, pour l’une des jeunes assistantes du cabinet dentaire, qui se révèle rapidement liée à – sinon responsable de – ces événements surnaturels.

Un film totalement absurde au sens littéraire du terme, renforcé par l’irruption des Jabberwock dans la ville, le Jabberwocky faisant référence à un poème de Lewis CARROLL extrait du premier chapitre de « De l’autre côté du miroir« .

L’année dernière, les éditions Grasset-jeunesse ont édité intégralement ce texte, dans la classique traduction d’Henri PARISOT mais avec des illustrations décoiffantes de Nicole CLAVELOUX, quarante-cinq ans après ses illustrations d’ « Alice au pays des merveilles » (réédité cependant en 2013).

L’occasion de découvrir ou redécouvrir ces deux textes jubilatoires de Lewis CARROLL.

Et de re-découvrir également le style original de Nicole Claveloux, prolifique illustratrice jeunesse mais également créatrice de bandes dessinées mise à l’honneur cette année 2020 à Angoulême.

Et pour en revenir à l’atmosphère fantastique du « Mystère des pingouins », signalons également ce très bel album

de CORNELIUS (alias Davide CALI) et Tommaso CAROZZI :

Le jour des baleines

(paru aux Editions Chocolat lui aussi en 2019)

 

 

 

Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn – Réalisé par Cathy Yan

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Harleen Quinzel est psychiatre à l’asile d’Arkham à Gotham city. Elle tombe amoureuse du Joker et se transforme en ce personnage d’Harley Quinn habillé en Harlequin.

Action : le film débute alors qu’Harley vient de se faire laisser tomber par le Joker. Elle déprime. Mais quand la cité apprend qu’elle n’est plus protégée, tous ceux qui la détestaient vont vouloir se venger. Et c’est parti pour des boum, des bangs, des pschitts.

La bascule : Un avis de recherche est lancé contre une ado cleptomane. Harley se met à sa poursuite car c’est son ticket de survie contre les menaces de Roman Sionis : fou + riche + égocentrique.

Déjanté, coloré, dopé à l’adrenaline, ne pas hésiter à le prendre quand il arrivera à la Bfm ( attention interdit au – de 12 ans scènes trash). En tout cas il y a les comics .

……………Et c’était ma dernière virée au cinéma avant le C19. Bouh……………………………………….

#Restonsencontact

« Liz et l’oiseau bleu »

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Il y a quelques mois, Moustik nous avait parlé de « Silent voice« .

Naoko YAMADA a, depuis, réalisé un autre anime : « Liz et l’oiseau bleu » (Kyoto animation, 2018 au Japon, 2019 pour la sortie française).

« Une émouvante et délicate histoire d’amitié entre deux lycéennes, Nozomi et Mizore, toutes deux musiciennes, aussi proches que différentes… Nozomi est une jeune femme extravertie et très populaire auprès de ses camarades de classe, doublée d’une talentueuse flutiste. Mizore, plus discrète et timide, joue du hautbois. Mizore se sent très proche et dépendante de Nozomi, qu’elle affectionne et admire. Elle craint que la fin de leur dernière année de lycée soit aussi la fin de leur histoire complexe, entre rivalité musicale et admiration. Les deux amies se préparent à jouer en duo pour la compétition musicale du lycée Kita Uji. Quand leur orchestre commence à travailler sur les musiques de Liz et l’oiseau bleu*, Nozomi et Mizore croient voir dans cette oeuvre bucolique le reflet de leur histoire d’adolescentes. La réalité rejoindra-t-elle le conte ? »

« Liz and the blue bird » a fait partie de la sélection officielle d’Annecy 2018.

(*) Librement inspiré de « L’oiseau bleu » de Maurice Maeterlinck

Someone you love – Film de Pernille Fischer Christensen

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Thomas Jacob (Mikael Persbrandt) revient au Danemark pour enregistrer un nouvel album. C’est l’occasion de revoir sa fille Julie et son petit-fils Noa. Rencontre difficile quand aucun lien n’a jamais été tissé.

Julie est borderline, remplie de vide et de cocaïne, noyée dans la douleur abyssale qui existe quand on ne se sent pas aimé.  Noa est un jeune garçon qui ne fait pas de bruit, qui intériorise ses sentiments.

La relation entre le grand-père et son petit-fils va évoluer à l’occasion d’un drame. Thomas va devoir briser l’armure qu’il s’est fabriquée.

La musique qui porte le film est tout simplement sublime. Pas de chance on ne l’a trouve pas en B-O.

Petit conseil : un ou deux mouchoirs seront nécessaires.

A la Bfm de Limoges

 

 

Le merveilleux jardin secret de Bella Brown – Simon Aboud

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« Le bonheur se cultive chaque jour ».

… Et c’est bien ce que j’ai fait en regardant ce merveilleux film tout en tendresse et en émotion.

 

Bella est une jeune femme atypique avec tics et tocs. Bibliothécaire, elle aspire à devenir auteure.

Blottie dans son monde imaginaire elle percute la vie réelle quand on lui demande de remettre en état le jardin qu’elle a laissé à l’abandon sinon… c’est l’expulsion. Enorme challenge pour elle car la végétation, les plantes lui font peur. Pourtant, c’est grâce à ce jardin que vont se créer de belles et surprenantes amitiés.

 

Dans la veine des feel good movies britanniques c’est un joli moment poétique (à ne pas laisser entre les mains des esprits ronchons) avec de magnifiques lumières et de très bons acteurs : Jessica Brown Findlay (la jolie Sybil de la série Downton Abbey, Le cercle littéraire de Guernesey, Tom Wilkinson ( La jeune fille à la perle, Full Monty, The Grand Budapest Hotel…) Andrew Scott (l’affreux Moriarty dans la série Sherlock).

 

A la bfm de Limoges