Archives de Catégorie: Livre

Indian Creek de Pete Fromm

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« Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j’avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer.
– Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m’expliqua t-il. Fais attention à ça. Tu dois t’en constituer une réserve avant que la neige n’immobilise ton camion.
Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important, je me lançai :
– Heu…c’est quoi, une corde de bois? »

J’ai toujours beaucoup aimé les histoires de trappeurs et d’aventuriers. On y découvre des hommes bien trempés affrontant les périples de la Nature grâce à leur expérience, souvent au prix de grands sacrifices.
Pour un citadin ces histoires sont passionnante et exotique.

Mais le plaisir de lire Indian Creek est autre : ici pas de trappeurs endurcit comme Hugh Glass *, pas de baroudeurs professionnels comme Sylvain Tesson.
Rien de tel, juste un petit étudiant américain de 19 ans, passionné de natation, qui accepte sur un coup de tête, bien vite regretté, une mission de 7 mois en hiver en solitaire dans les Rocheuses.
Armé de sa seule inexpérience, il devra survivre 7 mois aux rigueurs de l’hiver en vivant dans une tente de 3 mètres carrés.

Le récit est prenant dés les premières pages, le narrateurs extrêmement attachant, le récit fluide et drôle (surtout lu bien au chaud dans un bon fauteuil!)

Un livre à conseiller à tous les amoureux de l’aventure, en rangers ou en pantoufles!!!!

Vous trouverez ce livre à la BFM de Beaubreuil, à la côte LIT FRO

* Hugh Glass : trappeur ayant survécu à une attaque d’ours et s’étant traîné blessé et sans armes sur 300 km. Le film Revenant s’inspire de son histoire.

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Cette fille c’était mon frère – Julie Anne Peters

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Cette fille c’était mon frère

Julie Anne Peters

Milan Jeunesse, 2016

 

Publié précédemment en 2005 avec le titre « La face cachée de Luna », ce roman aborde la transidentité d’un adolescent.

Comment supporter ce corps d’homme ? Un corps que l’on déteste, lorsqu’au plus profond de notre être, on sait qu’on est une femme. C’est ce que vit Liam au quotidien.

Et chaque nuit, Liam devient Luna. Elle sort les habits et le maquillage de sa boite à trésors, sous le regard obligé de sa sœur Regan.

Comment continuer à vivre avec ce secret qui est de plus en plus pesant ? Un secret que Regan partage avec Liam et Luna, et qui ronge son existence.

« En me retournant, j’ai marmonné : 
– T’es vraiment pas normale. 
Ses cheveux ont balayé mon oreiller. 
– Je sais, a-t-elle murmuré à mon oreille. Mais toi, Regan, tu m’aimes, pas vrai ? 
Ses lèvres ont effleuré ma joue. Je l’ai repoussée d’une tape. Quand je l’ai entendue s’éloigner d’un pas lourd vers mon bureau – où son coffret à maquillage s’étalait dans toute sa splendeur -, un soupir de résignation s’est échappé de mes lèvres. Ouais, je l’aimais. Je ne pouvais pas m’en empêcher. Cette fille, c’était mon frère. » 
Liam, le frère de Regan, ne supporte pas ce qu’il est. Ce qu’il est en apparence. Car tout comme la lune, sa véritable nature ne se révèle que la nuit, en cachette. Depuis des années, Liam  » emprunte  » les habits et le maquillage de Regan. Dans le secret de leurs chambres, Liam devient Luna. Le garçon devient fille. Un secret inavouable, chaque jour plus invivable.
Comment Luna va t’-elle pouvoir s’épanouir face à son père Jack ; qui rêve que son fils devienne joueur de base-ball ; et sa mère, auto-entrepreneuse sous anti-dépresseurs !
Liam aura t’-il le courage de s’affranchir de toutes les contraintes pour devenir Luna ?
L’auteure nous entraîne dans un univers très peu abordé dans la littérature jeunesse.
Ce livre est un réel coup de cœur. En effet, malgré une famille remplie de stéréotypes, il transmet une multitude d’émotions.
La question de la transition est abordée avec beaucoup de délicatesse et de pudeur.
En 2017, les choses ont-elles évoluées ?

http://www.slate.fr/story/133997/enfants-trans-integration-france

 

 

Le sujet reste aujourd’hui toujours méconnu, et quelques romans sont présentés depuis peu chez les libraires :
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le secret de Grayson – Ami Polonsky – Albin Michel Jeunesse – 2016

Celle dont j’ai toujours rêvé -Meredith Russo – Poket Jeunesse – 2017

George – Alex Gino – Ecole des Loisirs- 2017

Le fils de l’Ursari- Xavier-Laurent Petit -Editions Ecole des loisirs

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Xavier-Laurent Petit merci d’avoir écrit ce texte. Il faudrait qu’il soit lu et analysé dans tous les lycées.

C’est l’histoire de Ciprian et sa famille. Ils sont Roms.   En France on les appellerait des « intermittents du spectacle » chez eux ce sont des voleurs de poules. Leur métier? de génération en génération ils sont montreurs d’ours et font leur spectacle sur les marchés. Il y a Daddu le père, M’man, et les 3 enfants Dimitriu, Vera et Ciprian… la grand-mère et Gaman, l’ours.

Panne de voiture, ils débarquent à Tamasciu et installent leur caravane. Mais on ne veut pas d’eux. Résultat : voiture brûlée par un groupe de la Ligue nationaliste emmené par le charcutier du coin.

Arrivent alors deux mafieux qui leur proposent de partir à Paris. Pour les frais? La famille travaillera et les remboursera.

Voilà ce petit monde qui débarque dans un bidonville parisien géré par deux brutes qui ponctionnent l’argent… pour le remboursement ! : Karoly et Dragoï.

Langue inconnue et découverte de ce monde si différent.

Mendicité (pour Vera), vol (Dimitriu et Ciprian), bricolage deviennent le lot quotidien de « ses enfants de  l’empereur Sigismond » mais pour Ciprian il n’y a rien de mal. C’est de l’emprunt, et une question de survie, dans un pays où tout le monde à tout et ne partage rien … même pas les logements vides.

La vie de Ciprian change réellement le jour où il  arrive jusqu’au jardin du Luxembourg. Ils voient des gens attablés en train de jouer aux échecs. Lui il ne connaît pas mais reste tous les jours, fasciné, devant un couple qu’il a surnommé Madame Baleine et Monsieur Enorme. Il mémorise chaque partie… Mais ne gagne plus d’argent.

Menace et violence. Reste la main tendue par Madame Baleine… Et l’espoir.

Je le répète mais c’est un très beau livre sur la tolérance et l’acceptation de l’autre dans sa différence.

 

Podul de piatra sa dramat

A venit apa si la luat

Vom face altul pe riu, in jos…

Le pont de pierre s’est écroulé

L’eau est venue et l’a emporté

On en construira un autre sur la rivière

 

A la BFM de Limoges

 

 

« Indian Creek »

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L’hiver approche…

Nous sommes dans l’Idaho, à la frontière du Montana.

Pete FROMM est étudiant en première année de biologie au Montana et partage sa chambre avec un étudiant qui chasse et lit énormément, deux passions que Pete Fromm ne partage pas.

Toutefois, dit-il, à force d’entendre Rader « siffler d’admiration ou partir d’un grand éclat de rire, (…) je commençai à ramasser ses livres une fois qu’il les avait terminés. Rader était en passe de lire toute la collection de récits de trappeurs de la bibliothèque et, au Montana, cette collection est gigantesque. Il y avait Jim Beckworth et ses histoires à dormir debout : comment il était devenu chef Crow et avait réussi à botter tout seul les fesses de toutes les tribus du Nord-Ouest. Il y avait l’extraordinaire épopée du Lord Grizzly de Hugh Glass qui, après s’être fait attaquer par un ours, avait rampé sur des centaines de miles et qui, alors qu’il était étendu dans les ruisseaux, avait senti les vairons se nourrir des asticots qu’il avait sur le dos. Ce genre d’exploits commençait à me faire rêver. J’appris dans ces ouvrages les multiples usages que font du couteau Green River les hommes des montagnes, sans parler des carabines Hawken que l’on chargeait par le canon. »

Quelques mois plus tard, il s’engage – un peu à la légère – pour un travail de sept mois dans l’Idaho, « un emploi qui impliquait de passer l’hiver seul dans les montagnes. Un job en rapport avec des oeufs de saumon. »

poche og1(Pete FROMM : Indian Creek / Gallmeister « Totem », 2010)

« Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j’avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer. — Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m’expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t’en constituer toute une réserve avant que la neige n’immobilise ton camion. Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important, je me lançai : — Heu… C’est quoi, une corde de bois ? 

Ainsi débute le long hiver que Pete Fromm s’apprête à vivre seul au cœur des montagnes Rocheuses, et dont il nous livre ici un témoignage drôle et sincère, véritable hymne aux grands espaces sauvages. » (cf. présentation éditeur)

Elans, cerfs, lynx, ours, puma… neige, gel, solitude… Pete Fromm va devoir affronter tout cela sous la tente des Eaux et Forêts qui lui servira de maison pendant ces sept mois. Avec pour seul bagage les récits de trappeurs grâce auxquels il va apprendre, avec plus ou moins de succès, à se fabriquer des mocassins, tanner les peaux et saler la viande de ses chasses. Bref, survivre pendant tout ce temps avec sa chienne Boone et les visites-éclair des gardes-forestiers ou de quelques chasseurs.

Un magnifique récit initiatique.