Archives de Catégorie: Roman

Mock boys

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Mock boys de Marie Leymarie chez Syros

« Raoul et Baptiste se connaissaient depuis la sixième et ils avaient fait toute leur scolarité ensemble au collège Lamartine . Baptiste avait repéré Raoul très vite, car ils n’étaient alors que trois garçons en danse contemporaine -Theo, Raoul et lui.

Raoul était déjà à l’époque plus grand que lui. Dès le premier jour , il avait fait dans la cour une démonstration de hip-hop qui lui avait permis de se mettre une pionne dans la poche, et qui avait beaucoup impressionné Baptiste . »

Raoul est un garçon solaire qui attire, agace aussi mais ne laisse personne indifférent. Il est séduisant , le sait, en joue et fait une consommation effrénée du beau sexe. Pour lui une relation ne peut s’installer dans la durée . Baptiste lui est plus réservé, il est sans se l’avouer sous l’emprise de Raoul et lorsque Sandy apparaît dans sa vie leur complicité vole en éclats.

C’est vraiment un excellent roman. Chaque personnage a ses fêlures, Raoul dans la surenchère permanente, Baptiste qui tente d’exister à côté de son ami si flamboyant et Sandy, repliée sur ses blessures.

Il n’y a pas le happy-end obligatoire dans ce genre de roman, juste des adolescents qui se débattent avec des sentiments trop lourds pour eux.

J’ai adoré.

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A la russe

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« L’Eblouissante lumière de deux étoiles rouges : l’affaire des cahiers de Viktor et Nadia »

David MOROSINOTTO (L’Ecole des Loisirs, 2019)

« 1941. Hitler décide d’envahir l’Union soviétique. Dans la précipitation, on organise l’évacuation vers l’arrière de milliers d’enfants. Viktor et Nadia sont parmi eux. Mais, pour la première fois de leur vie, les voilà séparés. Viktor est envoyé dans un kolkhoze à Kazan, pendant que Nadia se retrouve bloquée à proximité du front des combats. Désormais, Viktor n’a plus qu’une idée en tête : traverser le pays dévasté par la guerre, les bombardements et la faim, pour retrouver sa soeur. Et pour cela, il doit être prêt à tout. Car, dans un pays en guerre, nécessité fait loi. »

Viktor et Nadia sont jumeaux. Ils vivent à Leningrad (alias Saint-Petersbourg) dans un appartement collectif, avec leurs parents qui travaillent au Musée de l’Ermitage.

Ce jour ensoleillé de juin 1941, ils apprennent par la radio que Hitler vient de trahir le pacte de non-agression avec leur pays en bombardant des villes russes :

« Citoyens d’Union soviétique ! ( …) La guerre qui commence aujourd’hui n’est pas imputable au peuple allemand, pas plus qu’aux ouvriers, aux paysans ou aux intellectuels dont nous connaissons les souffrances. Elle est voulue par les fascistes assoiffés de sang qui dominent l’Allemagne et qui ont déjà réduit en esclavage les populations française, tchèque, polonaise, serbe, norvégienne, belge, danoise, hollandaise, grecque et bien d’autres encore.

(…) Ce n’est pas la première fois que notre nation se retrouve à affronter l’attaque d’un ennemi arrogant. Quand Napoléon a cherché à envahir la Russie, notre peuple s’est battu pour la mère patrie, a vaincu Napoléon et l’a renvoyé à son destin. Il en ira de même avec Hitler. »

Dès le début de la guerre, le père de Viktor et Nadia les incite à tenir un journal à deux mains. Toutefois début juillet des trains spéciaux sont frétés pour évacuer les enfants loin de Léningrad. Heureusement pour Viktor et Nadia car bien des enfants n’auront pas le temps de fuir les bombardements puis le tragique siège de la ville, malheureusement ils vont se retrouver dans deux trains séparés, respectivement le 76 et le 77. Ils ont juste le temps de se dire au revoir et de partager leurs cahiers et leurs crayons, bleus pour Nadia, rouges pour Viktor (« la couleur du communisme », déclare-t-il).

Dès lors le lecteur va lire alternativement ces cahiers rouges et bleus tenus jusqu’à la fin novembre 1941.

Le lecteur ? Nous, bien sûr, mais surtout le commissaire du peuple aux affaires intérieures (alias NKVD), le colonel Smirnov chargé en 1946, aux 18 ans des enfants Danilov(a), de déterminer s’ils sont innocents ou coupables des faits qui leur sont reprochés.

« Conjointement à ce document m’ont été remis les deux tampons réglementaires dont l’utilisation sera laissée à ma seule discrétion, au terme de cette enquête. Ils sont identiques, avec une étoile et deux épis de blé de part et d’autre. Seule l’inscription change : INNOCENT, sur le premier. Et sur l’autre, COUPABLE.

Il n’y aura qu’une sentence. Il n’y aura qu’un jugement. Pour la gloire du Parti. »

Le roman de Davide MOROSINOTTO est une extraordinaire épopée « à la russe », comme ces récits de propagande destinés à l’édification des jeunes Soviétiques. Le génie de Morosinotto est d’avoir intercalé les commentaires de Smirnov avec le récit des enfants.

Le journal de chacun des jumeaux permet de découvrir le tragique quotidien de cette « grande guerre patriotique », selon l’expression de l’Union soviétique. Les commentaires de Smirnov reflètent la voix du Parti, les mensonges et la propagande utilisée lors du Siège de Léningrad, affamée près de neuf cents jours par les troupes nazies .

Ils permettent également de sérier les informations, la fiction imaginée par Morosinotto pour nous tenir en haleine jusqu’au bout de ce roman de 520 pages et la « réalité » des faits. Fiction habilement illustrée de « documents d’époque ».

Passionnant récit mi-initiatique mi-historique qu’on dévore d’une traite.

Prunelle de mes yeux. Marion Muller-Colard – Editions Gallimard

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Prunelle étouffe à cause de sa mère. Elle ne peut pas sortir seule du collège, elle ne peut rien faire sans que sa mère soit au courant (en plus elle est psy!).

Heureusement son père est là (mais il ne peut pas faire grand chose pour changer l’état d’esprit de sa femme) et il y a sa tante, reporter photographe qui ne tient pas en place : une bouffée de liberté sur pattes.

Un jour Prunelle explose !

 » J’ai peur de dire des horreurs que je pourrais regretter. J’ai presque peur de la tuer. Alors je me tais. »

Et  elle apprend…

Je ne veux pas spoiler la lecture. Mais jolie narration sur l’identité et la famille.

Livre réédité en poche pour une lecture facile sur la plage!

A la Bfm

 

 

 

Emmurées

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 Emmurées d’Alex Bell chez Milan

 »  Les fille jouaient encore avec les poupées Frozen Charlotte.

– Qu’êtes vous en train de faire ? demanda la directrice .

Les élèves levèrent la tête vers elle.

– Nous organisons un enterrement pour les Frozen Charlotte, mademoiselle Grayson.

– Arrêtez immédiatement, ordonna l’enseignante. Je n’ai jamais rien entendu de si macabre.

– Mais, mademoiselle Grayson, répondit l’une des jeunes filles, elles aiment être mortes. C’est elles qui nous l’ont dit. »

Jay, le meilleur ami de Sophie a téléchargé une planche Ouija sur son téléphone portable. La planche Ouija est sensée correspondre avec l’au delà : il faut lui poser des questions précises et un curseur se déplace sur l’alphabet.

Bien qu’ils soient dans l’environnement rassurant d’un bar, à manger des frites, la planche, à la grande surprise et à l’effroi de Jay et Sophie répond. Elle dit être Rebecca Craig, cousine de Sophie, accessoirement décédée depuis quelques années. Jay ayant la mauvaise idée de demander la date de sa mort, la planche lui révèle qu’il va mourir le lendemain ce qu’il ne manque pas de faire en tombant dans le canal .

Sophie inconsolable est envoyée changer d’air en Ecosse chez son oncle. Elle a trois cousins : Piper, Cameron et Lilia.

Des son arrivée elle ne se sent pas à sa place, si Piper l’accueille chaleureusement, Cameron est détestable. Il est vrai que pianiste virtuose il a eu la main brûlée dans un mystérieux incendie et ne peut plus depuis, exercer son art. Quant à Lilia une bonne thérapie ne serait pas de trop !!!

Mais de curieuses poupées hantent la maison.

«  Tout à coup, quelque chose me mordit l’intérieur de la bouche. Fort. Je sentis des petites dents aiguisées qui n’étaient pas les miennes se planter dans ma joue. Ma chair se déchira et je sentis le gout du sang sur ma langue.

Je plongeai mes doigts dans ma bouche, attrapai la chose qui m’avait mordue .

C’était une des poupées, dont la peau de porcelaine blanche était couverte de sang. »

A ce moment précis toute personne normalement constituée prend un billet pour Nexon et se planque dans le wagon jusqu’au terminus.

Mais Sophie s’entête, il y a des fantômes, du sang, des larmes, c’est gore, j’adore !!!

Boys don’t cry de Malorie Blackman

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« J’ai fixé Mélanie.

Elle n’avait pas 17 ans. Comment avait-elle pu être assez stupide pour tomber enceinte? Elle n’avait jamais entendu parler de la pilule ?

-Dante tu m’écoute ?

-Hein ?

J’essayais encore d’intégrer que Mélanie était mère quand elle a pris une grande respiration , puis une autre.

-Dante,c’est toi le père. Emma est ta fille.« 

 

Dante attend les résultats de ses examens avec impatience. Le courrier qui lui ouvrira les portes de l’université. De sa future vie.

Celle dont il a toujours rêvé.

Mais quand on sonne enfin à la porte, ce n’est pas le facteur , c’est Mélanie. Son ex-copine, dont il n’a plus entendu parler depuis des mois. Avec un bébé: le sien.

Le leur.

Être père à 17 ans? Il y a de quoi pleurer.

Mais les garçons ne pleurent jamais…

 

 

Un magnifique roman original car habituellement dans la littérature ce ne sont pas des garçons qui sont confrontés à cette situation. Il est aussi très bien écrit par Malorie Blackman (Entre chiens et loups) car il nous plonge dans la vision de deux personnages : le personnage principal Dante et son frère Adam.

Il y a plein de sujets abordés dans ce livre comme le passage de l’âge adolescent à l’âge adulte, l’amour, l’homosexualité et la vie de famille.

C’est un roman très émouvant avec des hauts et des bas dans la vie des personnages ce qui les rend attachants.

Je conseille ce roman à des adolescents ou à des adultes qui veulent ressentir beaucoup d’émotions fortes dans une histoire qui pourrait être vraie.

J’ai adoré ce livre pour plusieurs raisons: le style d’écriture avec la vision de deux personnages et l’histoire peu banale qui donne envie de terminer l’histoire d’un seul coup !

Rouille

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Rouille de Floriane Soulas

chez Scrineo

Paris, 1897, Violante, surnommée Duchesse est une des prostituées vedettes des  » Jardins mécaniques  » maison close de luxe.

 » Elles débouchèrent dans le patio qui avait donné son nom à la maison close. Un jardin de cuivre et d’étains s’y épanouissaient sous un imposant chandelier de fer et de cristal. Ca et la, des arbres mécaniques bruissaient doucement tandis que des fleurs à rouages déployaient leurs corolles articulées, exhalant de subtiles senteurs artificielles. »

Elle a été trouvé errant dans la ville sans mémoire.

Paris est une ville, ou les plus aisés vivent sous le Dôme, ont leur résidence secondaire sur la lune, et ou les autres survivent dans les mécabourgs hantés par des bandes d’enfants abandonnés.

Bientôt enfants et prostituées disparaissent. On retrouve leurs corps affreusement mutilés.

 » La prostituée était recouverte de bleus et de contusions. Violante laissa son regard errer sur les moignons sanguinolents de ce qui avaient été les mains de Satine. Elle se fit violence pour détailler le visage abimé de son amie. A travers l’expression de douleur qui tordait sa bouche, Violante devina les trous laissés par ses dents manquantes, arrachées elles aussi.  »

Qui est responsable de cette débauche de sadisme ? y-a-t-il un lien avec l’apparition de la « rouille » cette drogue mystérieuse.

Duchesse dont le meilleure amie Satine fait partie des victimes décide de se lancer à la poursuite des assassins tout en essayant de retrouver des traces de son passé.

Miam, miam : excellent roman, saignant à point, avec un univers à la foi  glaçant et merveilleux.

A consommer sans modération !!!

Mémoire en eaux troubles – Joëlle Van Hee – éditions du Jasmin

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Ce livre, lu par une belle journée ensoleillée, m’a fait pleuré.

L’auteure évoque la relation tendre d’un grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer et son petit-fils Antonin.

Jour après jour l’adolescent vient le voir à l’hôpital, d’abord contraint puis avec plaisir.

« Pourquoi est-ce si difficile d’avouer que je sens que Papy nous quitte su le fil de sa mémoire émoussée et que j’ai envie de profiter de ses derniers instants de lucidité funambule?… Lui non plus n’aurait pas voulu finir comme il est en train de finir… Il aurait détesté le mec qu’il est en train de devenir »

Il y fait la connaissance  d’autres « Schmouls » : Popeye, le Doux Gentleman, le Teigneux, Madame Pata… Ils les aiment bien.

Et puis un jour c’est le délire : une Maria Debruyne surgit de la tête du grand-père et une expression apeurée dans sa bouche : « les oiseaux saignent de peur « .

Antonin remonte le fil de l’histoire du patriarche et échange avec lui lors des moments de lucidité. Sa recherche commence mais a-t-il vraiment envie de connaître la vérité?

Quel était son rôle pendant la guerre, le jeune homme va-t-il pouvoir apaiser le tourment de son papy avant la fin?

Joëlle Van Hee nous raconte la peur qu’évoque cette maladie, l’angoisse de se retrouver seul face à ses démons avec une écriture émouvante.

« Devenir poisson, c’est se souvenir qu’on était libre quand on était oiseau. C’est le regarder, cet oiseau, et ressentir encore l’ivresse de quand on déployait les bras pour glisser sur les ailes du vent. Etre poisson, c’est être incapable de hurler son impuissance liquide… »