Archives de Catégorie: Roman

Tenir jusqu’à l’aube – Carole Fives – Collection L’arbalète/ Gallimard

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Carole Fives écrit  pour les ados et adultes .

Ce dernier roman nous amène dans la vie d’une mère célibataire et son jeune garçon.

Elle est surprotectrice, l’enfant est vampirique. Ces deux personnages vivent l’un sur l’autre et le seul moyen, pour la mère,  de ne pas étouffer, c’est de s’échapper quelques minutes, puis quelques heures, la nuit dans les rues de Lyon.

Parfois elle fait le bilan : sa vie de femme est oubliée, son travail de graphiste free-lance supplanté par le quotidien. Elle s’enfonce mais résiste… encore pour longtemps?

Très beau texte qui parle de l’intimité de ces femmes qui assument seules l’éducation et l’avenir de leurs enfants.

A la bfm

 

 

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Mes nuits à la caravane – Sylvie Deshors

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Lucile a perdu sa mère et depuis vit seule avec un père qui dérive.

Cette situation est si lourde qu’elle décide d’emménager dans la caravane où sa mère venait peindre.

Ben, Léna et Djoul sont là pour l’aider, quant à son père, il reste mutique.

Reste dans l’ombre la raison pour laquelle le restaurant de ses parents a brûlé il y a quelques années, tragédie qui a définitivement fait tomber son père dans l’alcoolisme.

Lucile va faire sa petite enquête et découvrir la jeunesse de ses parents.

Génial roman où l’on découvre l’amitié, la vie d’adolescents à la campagne… Bellac : 4000 habitants, la foi en l’avenir, la conquête de l’indépendance.

Une belle bande de copains, solidaires et qui croquent la vie : ça fait du bien !

 

A la Bfm .

« Bacha posh »

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Peut-être avez-vous déjà entendu parler des « bacha posh »  en Afghanistan ou au Pakistan?

Dans le cas du roman de Nadia HASHIMI, l’histoire se passe en Afghanistan à l’heure actuelle, Obayda est une fillette, la dernière de sa famille. Leur père est policier, leur mère reste à la maison comme la plupart des femmes afghanes.

Un drame vient bouleverser l’ordre des choses : leur père est victime d’un attentat à la voiture piégée alors qu’il n’est pas en service. Il y perd une jambe et son travail…

La famille doit alors quitter sa vie « normale » à Kaboul pour vivre à la campagne dans la famille du père, dans un village sous la coupe d’un de ces « seigneurs de la guerre » violents et corrompus, installés par plusieurs décennies de guerre, d’interventions étrangères et d’anarchie politique.

« A Kaboul, toutes les familles envoyaient leurs filles à l’école. Dans le village, en revanche, il y a deux sortes de familles. Celles qui scolarisent leurs filles, et celles qui ne le font pas. Certains parents pensent que leurs filles sont destinées à devenir des épouses et des mères, qu’elles n’ont pas à se soucier des livres. Je suis triste pour ces filles parce qu’elles passent à côté d’un tas de choses. Tout ce qu’elles peuvent compter, c’est combien de tasses de riz il faut mettre dans la casserole, et elles sont incapables de distinguer la lettre kof de la lettre gof. Il y a aussi des parents comme les nôtres, qui pensent que leurs filles doivent être capables d’écrire leur nom, de lire, de compter. Ils souhaitent aussi les voir se marier, mais comme ma mère aime le répéter, une enfant intelligente deviendra une femme encore plus intelligente. »

Toutefois, n’ayant pas de frère, sous la pression d’une de ses tantes, Obayda va devenir Obayd, une « bacha posh », c’est à dire une fille « déguisée » en garçon.

 » (…) Un garçon, ça peut travailler et gagner de l’argent. Un garçon, ça porte bonheur. Un garçon, ça amène d’autres garçons dans la famille. Les filles ne peuvent rien faire de tout cela. Tu n’es plus à Kaboul, ma chère. Ce village est dirigé par Abdul Khaliq, l’horrible seigneur de la guerre, et si on ne se prosterne pas à ses pieds, il est difficile de s’en sortir. Il est temps d’agir pour ta famille. Tu ne veux pas que tes filles aient faim, hein ?

– Bien sûr que non, murmure ma mère d’une voix chevrotante. »

Au début, c’est difficile pour Obayda qui a déjà une dizaine d’années et s’assume bien comme fille, mais elle va vite apprécier la liberté que lui offre ce statut de garçon. Statut tout provisoire car à la puberté, les « bacha posh » redeviennent des filles… c’est cela que nous raconte Obayd(a) dans « Ma vie de bacha posh » (paru aux éditions Castelmore en 2017).

Même si l’on peut être déçu par ce roman écrit par une Afghane d’origine et qui aurait pu aller plus loin dans la psychologie des personnages, il a le mérite d’aborder – même trop rapidement – quelques-uns des problèmes de l’Afghanistan, comme la condition des femmes, l’inégalité entre filles et garçons, les mariages d’enfants et la violence générale.

On peut cependant lui préférer « Bacha posh » de Charlotte ERLIH (paru chez Actes sud en 2013), également à la médiathèque.

 

Blanche

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« Blanche« , c’est du lourd ! 874 pages.

Mais bon, une fois embarqué, on n’a plus trop envie de lâcher les basques de l’héroïne qui nous balade dans des histoires plus invraisemblables les unes que les autres, sur fond de guerre de 1870 et de répression de la Commune de Paris.  Oups ! Déjà 14-18, ça paraît si loin !

On circule en fiacre, on s’évade en ballon et on communique par pigeon-voyageur.

On croise de vrais personnages historiques : le photographe Nadar, l’illusionniste Houdin, la tragédienne Sarah Bernhardt, un chirurgien tueur en série, le président Thiers et bien d’autres.

On assiste à la création de Carmen et on rencontre Georges Bizet. On pénètre dans la clinique du Dr Blanche à Passy, etc.

Pourtant ce n’est ni un roman historique, ni tout à fait une uchronie, du « steampunk » diront certains.

En tout cas, on est séduit par le personnage de Blanche, jeune bourgeoise intelligente du 19ème siècle qui a des convictions, des envies, de l’obstination et, surtout, n’a pas froid aux yeux.

« « Je m’appelle Blanche. J’ai 17 ans. Paris est assiégée par les Prussiens. Impossible de rejoindre ma famille. Mon oncle, commissaire de police, est sur la piste d’un tueur de tatoués. Je m’appelle Blanche. J’ai 17 ans. Les bombes tombent sur Paris. Et je traque le tueur, moi aussi. »

Auteur renommé, Hervé Jubert a beaucoup œuvré dans les littératures de l’imaginaire. Les enquêtes de Blanche sont réunies ici en intégrale avec une aventure inédite (Le mystère de la femme sans bras). L’auteur de la trilogie Morgenstern, de Vagabonde, de M.O.N.S.T.R.E. et de Beauregard est à son meilleur avec une héroïne aussi attachante qu’intrépide… » (Présentation éditeur :  ActuSF – Naos, 2018)

En fait, les trois premières enquêtes de Blanche ont d’abord paru séparément, ce qui explique le léger « décalage » qui perturbe un peu la lecture de ce gros volume. Mais l’intrigue est chaque fois si prenante, mêlant le suspense du roman policier à un soupçon de fantastique…

Personnages féminins et masculins ont de l’étoffe, sans caricature. Et chacun mène son enquête avec sa sensibilité, son intuition ou ses techniques.

« La fièvre de l’enquête…

Blanche était atteinte au dernier degré.

Attention, l’avait prévenue Gaston. Si tu te lances sur cette voie, tu ne t’en écarteras jamais.

La jeune fille avait alors quinze ans.

Tu serais une enquêtrice hors pair. Malheureusement ce métier n’accepte pas les femmes.

Alors, jouons à faire semblant ? avait proposé Blanche.

Mais ce n’est pas un jeu ! s’était insurgé Gaston en fronçant les sourcils. Tu crois que je passe mes journées à jouer ?

Blanche avait vigoureusement hoché la tête et Gaston avait eu toutes les peines du monde à lui prouver le contraire.

Bien sûr, Blanche ne serait jamais fonctionnaire de police. Elle fonderait une famille et élèverait ses enfants. N’empêche, assimiler les principes de la chimie, faire parler une pièce à conviction, interroger les traces infimes sur une scène de crime pouvaient se révéler des activités autrement excitantes que le point de croix ou l’aquarelle. En théorie en tout cas. Car cette passion n’avait jamais pris que la forme de conversations à bâtons rompus avec l’oncle Gaston.

Pour ses quinze ans, il lui avait offert un exemplaire du Dictionnaire de police, la bible de l’investigateur, et une médaille d’inspecteur. La jeune fille s’était vite enfermée dans sa chambre pour se plonger dans l’ouvrage. Depuis, elle mettait un point d’honneur à lire un article chaque soir avant de s’endormir. » (pp.20-21)

Au cours de ces huit cents pages, vous constaterez comme moi qu’elle a subtilement mis tout cela à profit !

Pourtant il faudra attendre un siècle de plus (!) pour que les premières femmes accèdent au poste de commissaires de police.

Bonne lecture.

Et pour ceux qui aiment les petits plus : jusqu’au 3 février 2019, vous pouvez visiter à la Bnf (à Paris) l’exposition « Les Nadar, une légende photographique », et y découvrir par exemple « Sarah Bernhardt dans Pierrot assassin » ou « Autoportrait avec Ernestine en nacelle ».  Sans aller jusqu’à Paris, l’exposition virtuelle : http://expositions.bnf.fr/les-nadar/

 

 

Heart Breakers

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Heart Breakers

de Ali Novak chez Bayard

« Mon cerveau est entré en surchauffe. J’avais flirté avec un des membres du boys band préféré de ma sœur ! Avec un mec célèbre !

Je ne veux pas qu’il se souvienne de moi, ai-je soudain réalisé. Je lui avais dit que j’étais venue à Chicago pour voir une galerie de photo, pas pour rencontrer les Heartbreakers ! En me voyant plantée devant lui pour lui réclamer un autographe, il allait me prendre pour une de ses fans débiles... »

Stella et son frère Drew ont décidé d’offrir à leur sœur gravement malade un autographe de son groupe préféré : les Heartbreakers.

Pour cela ils doivent assister à un concert de ce groupe, honni par ces deux fans de musique underground, mais adoré par des milliers d’adolescentes prépubères qui expérimentent leurs premiers fantasmes en se trémoussant sous le regard complaisant du quartet sautillant, miam miam !

Mais joie, bonheur, exultation, Stella reconnaît dans le groupe le bel inconnu, rencontré dans un café, qui lui avait provoqué une montée de température intense (le garçon, pas le café !)

Et donc Oliver, puisqu’il s’appelle Oliver, est le bad boy du boys band et Stella en tombe raide amoureuse : mais cette folle passion a-t-elle un sens, un avenir, une existence, alors que des milliers de groupies n’attendent qu’une occasion pour sauter sur le bel Apollon ??????

Bon comme dirait Didier Deschamps : « Là, j’ai fait simple« , le meilleur arrivant ensuite.

Car Stella lutte très très très fort pour ne pas céder au bad boy et c’est troooop difficile, parce que…

-son « contact la laisse pantelante »

-et qu’elle a l’impression « qu’on lui injecte du béton dans les veines »

-et que quand elle le voit elle sent que « ses oreilles la brûlent comme si elle avait pris un coup de soleil »

-et que « quelque chose s’allume en elle » …

Un doliprane, vite, pour moi pas pour elle.

Mais je n’ai pas regretté la lecture de ces 408 pages d’inepties hautement prévisibles lorsque j’ai lu le texte de la chanson qu’Oliver dédie à sa dulcinée.

« Tu t’es installée dans mes poumons

Et tu t’es blottie dans mon cœur.

Tu es dans tous les mots que je chante

Tu es mon étoile dans la nuit. »

?????!!!!

La, on est sûr qu’il n’a pas fait médecine…

 

Maintenant qu’il est trop tard

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Maintenant qu’il est trop tard

de Jessica Warman chez Pocket Jeunesse

« A le regarder, je me sentais plus curieuse qu’autre chose. Je n’avais pas peur, pas encore. Nous étions à l’abri de l’autre côté des portes vitrées et nos parents n’étaient qu’à quelques mètres. Personne ne nous ferait de mal, surtout pas lui. Enfin, je savais que ce n’était pas le vrai père Noël, je n’étais même pas certaine qu’il existe vraiment. Mais une enfant de sept ans a une certaine perception de la réalité. Le père Noël est maigre, maintenant ? Et dans mon jardin ? C’est étrange mais d’accord. »

Une nuit de Nouvel An, Tabitha quatre ans, baptisée Tortue par toute la famille, disparaît.

Tabitha, Samantha sa sœur, et Remy le meilleur ami de celle-ci étaient couchés près de la porte du jardin. C’était une nuit de fête, à moitié endormis, en sécurité, les enfants entendaient au-dessus de leurs têtes leurs parents rire et chanter.

Une présence silencieuse et menaçante, une porte déverrouillée, et la fête se transforme en cauchemar.

Mais Samantha est formelle, elle a reconnu Steven, l’ex-petit ami de sa sœur Gretchen. Steven a eu un accident et a beaucoup changé. Il est parfois agressif, son comportement est incohérent.

Et même s’il nie toute participation à cet enlèvement, il est déclaré coupable et condamné à mort.

Dix ans après, Tortue n’a jamais été retrouvée et Samantha raconte le quotidien d’une famille détruite par la tragédie.

Comment trouver sa place après un tel drame ? Une petite fille est née, Hannah, et c’est la seule qui ne soit pas « infectée » par le désespoir qui mine tous les membres de la famille.

Ils vivent côte à côte, solitaires, gérant leur douleur comme ils le peuvent : dans la drogue, l’alcool, les anti-dépresseurs.

Samantha observe, se souvient, elle avait sept ans et c’était Steven c’est sûr, ça ne pouvait être que lui et d’ailleurs quand elle l’a dit aux policiers, aux parents, à tous les adultes présents, ils étaient tous d’accord et Remy aussi a reconnu le garçon. Mais le doute s’installe et ronge.

Qui a vraiment enlevé Tabitha ?

Au-delà de la tragédie elle-même, le roman raconte l’après-enlèvement : l’emballement médiatique, les voisins très, trop présents qui peu à peu espacent leurs visites, les caméras, les micros tendus pour saisir une miette de douleur supplémentaire, l’extrême solitude de la famille.

C’est un bon roman qui tient en haleine jusqu’aux dernières pages.

De l’autre côté – Stefan Casta – Editions Thierry Magnier

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Etrange roman qui oscille entre réalité et mysticisme.

Elina vit avec son père Jörgen et sa presque mère Vanessa.

Un renard, un accident de voiture. Vanessa meurt tandis qu’Elina et Jörgen sont indemnes.

Des gens meurent d’autres vivent. Le deuil est difficile à faire. On se raccroche aux souvenirs, on parle aux morts.

La vie est plus forte. Les projets sont là pour se reconstruire.

Elina et Jörgen partent habiter à la campagne. La jeune fille va découvrir une nouvelle manière d’exister, contemplative, simple et à l’écoute de la nature.

« La vie n’est peut-être qu’un film que les morts regardent ».

Roman lumineux écrit par l’écrivain suédois Stefan Casta qui a remporté en 2002 le prix Astrid Lindgren pour l’ensemble de son oeuvre.

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