Incroyables expériences -Rob Beattie/ Sam Peet – Editions Le Pommier

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Savez-vous faire flotter le m du m&m’s? Y-a-t-il vraiment du fer dans nos céréales? Est-ce qu’on peut marcher sur des oeufs?

C’est ce type d’expériences scien-ti-fi-ques que vous pourrez réaliser dans votre cuisine avec du matériel simple ou facile à trouver grâce à ce documentaire très sympa.

Le style est un peu à rapprocher de feue l’excellente émission de france 5 « On n’est pas que des cobayes« .

J’adore !

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Coeur de bois

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Cœur de bois

de Henri Meunier et Régis Lejonc

Une église, quelques maisons écrasées par un ciel plombé. Il fait froid et l’on devine les habitants repliés dans la chaleur de leurs maisons.

Dans l’une d’elles, Aurore se prépare. Nous l’apercevons de dos et c’est le miroir qui nous envoie le reflet de cette femme .

Elle se regarde, sûre d’elle .

Qui est-elle? avec son béret noir, elle ressemble à Bonnie Parker. Elle est mystérieuse et séduisante, peut être dangereuse. Est-ce une belle espionne ? une actrice ? Une femme en fuite qui reprend sa respiration après une course sans fin ?

Elle a rendez-vous .

Elle gare sa petite voiture rouge à l’orée des grands bois noirs figés par le froid et disparaît entre les troncs . Elle marche, le ruban du paquet d’un carton de pâtissier passé à son bras. Elle a pensé à acheter une galette car oui, elle est attendue et c’est à l’évidence un moment heureux, elle a le sourire aux lèvres, elle avance sans peur.

Nous nous étions donc trompés, tout va bien, elle rejoint des amis, une personne aimée peut-être .

Mais une maison apparaît, sombre, délabrée.

Aurore entre, interpelle le locataire inconnu, fait un peu de ménage, prépare le goûter. Il y a comme une étrange familiarité entre désinvolture et mépris . Enfin, il apparaît : surprise, c’est le monstre, le grand prédateur mais il n’est plus que le roi déchu de la fable.

 »  Aujourd’hui vous êtes seul, et je ne le suis pas. Vous êtes malheureux, et je ne le suis pas. Vous êtes fragile, et je ne le suis plus. Vous m’avez dévorée hier. Je viens me promener avec vous aujourd’hui. C’est que j’aime profondément la foret, l’odeur du sous-bois, le soupir des arbres, le vol fou des geais. Vous ne m’avez pas pris cela. J’ai des lendemains radieux.

Je vous rends visite parce que je suis là. Debout. Malgré vous. Je veux croire qu’il est possible de devenir grand sans devenir méchant. Et je prends soin de vous pour le croire toujours.

Je veux être forte pour pouvoir aimer. »

Même vous. »

On sait tous ce qui est arrivé au petit chaperon rouge, et chaque lecteur abordera ce livre avec une analyse et une sensibilité particulière mais ce sont là, les paroles d’une survivante à son bourreau, les paroles d’une femme qui a subi et s’est relevée et qui enfin peut, parce qu’elle le décide, côtoyer celui qui un jour a voulu la soumettre.

C’est un album absolument superbe, il y a cette évidente connivence entre le texte et les illustrations. C’est beau, subtil, magnifique. Merci aux auteurs !

Un détective très très très spécial – Romain Puertolas – La joie de lire

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Un livre qui se lit d’une traite.

Nous entrons dans la vie de Gaspard, trisomique de 30 ans qui travaille en alternance comme vendeur dans une boutique de souvenirs de Montmartre et comme « nez » d’aisselles pour une entreprise de déodorant.

On découvre ses logiques, sa mémoire fantastique, ses petites joies mais un tragique accident va tout faire capoter. Le voilà sans emploi. Son envie : devenir détective privé… Et résoudre l’énigme d’A. Einstein.

Il obtient sa première enquête et va intégrer une maison de soins pour handicapés afin de découvrir l’auteur d’un meurtre.

Outre le fait que le roman est très bien écrit, rempli d’humour, on entre d’une manière légère dans le quotidien des handicapés mentaux.

Quand certains n’ont dans leur vie qu’une succession de ronronnements, Romain Puertolas a déjà à son actif plusieurs vies : interprète, policier, compositeur. Ce qui explique surement la fantaisie de ce livre ainsi que les autres, comme « L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa » .

Ses livres sont à la BFM… ainsi que dans vos librairies!

Une famille nombreuse…

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Si vous avez regretté un jour de ne pas avoir de frère(s) ou de soeur(s), lisez « Famille nombreuse » de Chadia CHAIBI LOUESLATI chez Marabout (Marabulles, 2017) :

ce premier roman graphique va vous aider à relativiser !

Chadia Chaibi Loueslati n’en est pas à son coup d’essai car elle a déjà illustré des livres pour enfants, mais cette BD pleine d’humour et de tendresse est sa première. J’espère d’ailleurs qu’il y aura au moins un second volume car on s’amuse bien à lire les aventures quotidiennes de cette famille franco-tunisienne… très nombreuse.

Outre la vie au jour le jour quand on est onze enfants et qu’on habite un F5, ce qui rend la chose parfois assez drôle, parfois plus compliquée, c’est également un bel hommage à ses parents que Chadia dessine là.

Arriver dans un pays étranger dont on ne lit pas la langue, c’est déjà une aventure, mais y élever avec amour et rigueur onze enfants, c’est une autre aventure. D’autant que voisins, camarades de classe, parents d’élèves, enseignants, tous ne sont pas forcément bienveillants et on imagine que certaines réflexions entendues par les enfants ont dû faire mal.

Chadia, sixième de cette fratrie, dresse un merveilleux portrait de sa mère, que tous appellent Omi et qui, loin d’être effacée et envahie par sa progéniture, passe son permis au début des années 1980, prend chaque soir un peu de temps pour elle (enfin… tout est relatif !), a le cran d’aller récupérer leurs économies auprès d’un agent immobilier véreux, etc.

Le « daron », les dix frères et soeurs avec chacun sa personnalité bien affirmée, ne sont pas oubliés : on rit, on s’émeut, on s’y retrouve aussi parfois malgré un parcours différent.

Et on a bien envie de continuer à avoir des nouvelles de toute la famille !

Cerise sur le gâteau, si vous regardez la courte vidéo où Chadia présente cette BD, vous constaterez que la bibliothèque municipale qu’elle a fréquentée depuis l’enfance a beaucoup compté pour elle.

Petite Miss – Momo Géraud/ Juliette Laude – Editions Utopique

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Un album qui traite de l’hyper-féminisation des petites filles.

Lolita a dix ans et comme beaucoup de petites filles elle aime faire comme les grandes et devenir une princesse en essayant des tenues, en se maquillant.

Elle va être introduite dans le monde des adultes par le biais d’un concours de mini-miss, et victime du regard de certains.

« Moi, je me suis mise à pleurer…; C’était ma peur qui s’écoulait enfin. Et j’ai tout raconté : le scooter, les sifflets, les mots sales…« .

Un très bel album simple à lire et qui permet d’ouvrir la discussion sur ce que c’est que d’être enfant dans une société de marketing et les dangers que cela implique.

A la Bfm de Limoges.

L’enfant et la rivière

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A la librairie, regardant la table des nouveautés BD, j’aperçois une belle couverture de Xavier COSTE et son titre : L’enfant et la rivière, d’après le roman d’Henri BOSCO

Aussitôt me viennent des images sur un magnifique texte qui avait enchanté un de mes étés. Je feuillette l’album, étonnement : pratiquement pas de texte !

Curieuse, les illustrations me plaisant, j’achète la BD et me dis que je vais en profiter pour relire le texte avant de passer à la bande dessinée.

Eh bien, Xavier COSTE a réussi à éviter les écueils d’un texte qui a malgré tout un peu vieilli, son illustration est intemporelle et le – peu de – texte qu’il a retenu suffit à recréer l’atmosphère poétique du roman. En clair, j’ai beaucoup aimé cette adaptation.

Puisse-t-elle faire connaître ce roman idéal pour les beaux jours qui s’annoncent. Fraîcheur, mystère, action et en même temps patience et longueur de ces journées passées sur la rivière à faire un feu discret pour griller le poisson pêché, à se cacher dans les criques reculées, à observer les animaux et parfois se faire peur …

« La barque reposait tout près de l’île. Du rivage, on ne pouvait pas l’apercevoir. L’ombre des arbres la couvrait.

Je m’étais installé au banc de proue. De là je pouvais commodément surveiller le rivage.

Rien n’y bougeait.

L’attente fut longue, mais je n’avais pas envie de dormir. Je voulais, moi aussi, même de loin, voir quelque chose.

L’âme se manifesta vers minuit. Elle marcha le long du rivage, écarta un buisson et descendit sur la grève. Elle m’y apparut comme une petite blancheur. Cette blancheur erra un moment, puis s’approcha de l’eau. C’est alors que je perdis la tête. Je détachai la barque du mouillage et, tout doucement, à la perche, je la poussai. Elle m’obéit et se mit à glisser sur l’eau noire. »

Xavier COSTE – Henri BOSCO : l’Enfant et la rivière (Sarbacane, 2018)

 

 

Irena – Morvan/ Evrard/ Tréfouël/ Walter

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L’héroïne est Irena Sendlerowa. Le 12 mai on célébrera les 10 ans de sa mort.

 

Par l’intermédiaire de la bande-dessinée, on découvre la vie de cette femme courageuse qui a sauvé de nombreux enfants juifs  du ghetto de Varsovie pendant la 2e guerre mondiale.

Elle organisera avec l’aide de résistants et du groupe Zegota une 2e vie à ces enfants grâce à de faux papiers et leur adoption temporaire dans des familles .

Cela lui vaudra d’être torturée par les nazis.

Le scénario ne s’arrête pas à la seule époque de 39/45 puisqu’on voit évoluer Irena dans différents temps: enfant, jeune femme puis à l’automne de sa vie. Son histoire croise différents moments de la grande Histoire. S’entremêlent également les souvenirs de ceux qu’elle a croisé.

La lecture a été dure car on y voit la cruauté et la barbarie de l’humain.  Mais l’espoir est là.

Une B-D à lire pour échanger sur l’Histoire et sur notre avenir.