Gloria – Martine Pouchain – Editions Sarbacane

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Un roman émouvant dans lequel Gloria,  va grandir entre chagrins et désespoirs et pourtant, au bord de la falaise, retrouvera toujours une flamme, une énergie vitale.

1/ On choisit pas sa famille.

« Comment lutter avec la perfection glacée d’un mort de 8 ans (son frère) dont le souvenir imprégnait chaque recoin de la maison, tapi, prêt à surgir pour servir de mètre étalon à leur mère?

Gloria va essayer tout au long de sa jeunesse de conquérir l’amour de sa mère en ayant les meilleures notes, en tentant d’être la plus parfaite. Sans espoir. Commence alors un travail de dénigrement de soi et une quête de reconnaissance qui passera par son choix de vie : devenir actrice.

2/ des rencontres qui vous enfoncent.

Son prof de théâtre qui la met enceinte. Puis un metteur en scène qui ne l’aime que pour sa belle plastique.

3/ résistance face à un destin qui s’acharne.

Elle est obligée de prendre des décisions seules pour éviter de s’effondrer : Enceinte de son prof, elle fera adopter son bébé pour partir à Los Angeles et trouver des rôles.

Petites pilules colorées pour éviter la douleur quand elle apprend qu’elle ne pourra plus jamais avoir d’enfant.

Spirale infernale pour retrouver son enfant.

 

Lorsqu’on referme le livre: ouah!

A la bfm

 

 

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« Vol 508, à la vie à la mort »

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Inspiré de l’histoire vraie de Juliane Koepcke, 17 ans, seule rescapée d’un avion qui s’était écrasé au Pérou, entre Lima et Pucallpa, le 24 décembre 1971, le roman de Pascale PERRIER (publié chez Oskar éditeur dans la collection « suspense » en 2017) est très impressionnant.

« Vol 508, à la vie à la mort« 

« Lima, 24 décembre 1971.

Juliane, 17 ans, et sa mère, viennent de décoller.

Mais l’avion est pris dans un orage tropical et s’écrase dans la forêt péruvienne. Juliane se réveille attachée à son siège d’avion. Elle semble être la seule rescapée. Malgré ses blessures, la jeune fille erre à travers la jungle en attendant les secours. Mais comment survivre, piégée dans cette forêt équatoriale hostile alors que l’épuisement et le désespoir la gagnent ? » (cf. 4ème de couverture)

Blessée, en robe légère, avec une seule sandale, sans ses lunettes perdues dans l’accident d’avion, Juliane va tenter de survivre dans un environnement effrayant.

Sa seule chance c’est d’avoir déjà vécu un an et demi dans la forêt amazonienne.

« Une fois, papa m’avait dit : « Tout ce que mange un singe convient généralement à l’être humain. » Alors dès que j’en vois un, je l’observe. Peut-être me conduira-t-il à une manne ? Le problème, c’est qu’ils grignotent souvent des aliments qu’ils trouvent en hauteur. Impossible de grimper en haut des arbres pour récupérer quelque chose, surtout avec mes blessures ! Alors je me contente de sucer des racines ou des fougères. C’est très mauvais mais je sais que, au moins, celles que je mange ne sont pas toxiques. »

Par deux fois, elle entend un avion survoler la zone, mais ils ne peuvent pas la voir au milieu de toute cette végétation. Alors elle marche, en espérant rencontrer des secours.

Elle va marcher pendant dix jours, la peur au ventre, avec ses blessures qui s’infectent et la faim qui la tenaille.

Le livre est court, à peine cent cinquante pages, mais totalement prenant.

Le survivalisme en mode réel…

En 2000, le réalisateur Werner Herzog reviendra avec Juliane sur les lieux de l’accident pour un film documentaire qu’il intitulera « Les ailes de l’espoir« .

L’été fantôme

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Louison part en vacances au bord de la mer chez sa grand-mère avec sa soeur et ses cousines. Mais depuis l’été dernier, les choses ont changé. Sa soeur et ses cousines sont en plein dans l’adolescence, délaissant les jeux dans le sable pour la drague et les cigarettes fumées en cachette. Louison est encore dans le monde de l’enfance, et un fossé la sépare des préoccupations du reste du groupe. Elle croise un jour dans la grande maison une jeune fille qui est elle aussi restée en enfance…définitivement. C’est sa grande tante, la soeur de sa grand-mère qui est décédée quand elle était enfant. Son fantôme devient rapidement le compagnon de jeu de Louison pour cet été…

Une jolie bande dessinée, aussi bien au niveau des illustrations que de l’histoire. Les couleurs rendent bien ces longues journées d’été passées dans le Sud, la plage, les marchés… L’auteur, Elizabeth Holleville raconte ce délicat passage entre l’enfance et l’adolescence.

A quoi tu ressembles? Magali Wiéner- Editions Rouergue

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9 garçons 1 fille tous dans la même classe de 3e. C’est leur dernière année ensemble. Chaque chapitre est un mois dans lequel un personnage va vivre un moment fort, entreprendre un cheminement intérieur, Déception, joie, peur, angoisse. Pleurer ou rire… mais c’est certain : grandir.

 

Le dernier chapitre sur le père de Benjamin est une jolie pépite. « Extrait : … J’aimerai juste leur dire que c’est bien moi, que je suis comme je suis… pas celui sorti du scénario qu’ils – mes parents – avaient fabriqué pour moi. J’ai fait péter le cadre »

 

A la Bfm

L’homme gribouillé

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A cause d’un dégât des eaux, Betty vit temporairement chez sa mère Maud avec sa fille Clara. Un matin où Betty est à son travail, Maud fait un AVC et Clara se fait agresser dans l’appartement par un homme très étrange qui cherche Maud. L’homme, masqué et costumé de plumes noires, dit s’appeler Max et ordonne à la jeune fille de remettre un paquet que Maud était censée lui donner aujourd’hui. Suite à cette terrifiante rencontre, Betty et Clara commence à chercher pour trouver qui est Max et pourquoi Maud lui vire chaque année 10.000 euro. Elles ne sont qu’au début d’un long voyage sur leurs passés et leurs origines.

Serge Lehman écrit un conte fantastique passionnant, avec de nombreux rebondissements. Frederik Peeters illustre parfaitement ce conte, avec un trait noir et vif. Une très bonne BD, avec un petit bémol sur le dénouement qui arrive trop vite et facilement.

Colorado train

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Colorado train

de Thibault Vermot

chez Sarbacane

 » Ils approchent… eh, eh…!voici des bruits de pas.

Ils longent les quais solitaires, par groupes de trois, quatre, ils rient ; ou bien ils sont seuls, et c’est la nuit- je les préfère enfants, la chair élastique.

Moi, je me coule dans l’ombre d’un wagon, dans l’ombre grise… j’aiguise mes ongles et j’affûte mon sourire, mille lames plus coupantes qu’un méchant soleil.

Patience… !

Patience, ma bouche hérissée, râteau d’épouvantail. Patience, mon ventre à la tripe creuse et racornie !

Ils viennent… ils ne se méfient pas ! La main du gosse sort de sa poche pour y fourrer le jouet qui traîne sur le quai…

Et je viens preste comme un ressort. « 

Dans l’ombre des Rocheuses, il y a Durango, petite ville américaine typique qui savoure la sérénité de l’après guerre. Pourtant il y a quelques années un crime sordide a soudé la communauté dans le même effroi : le meurtre d’une petite fille, éventrée.

Le père de Suzy, policier, ne s’en s’est pas remis et se soûle de violence en détruisant sa femme et sa fille.

Heureusement Suzy n’est pas seule : il y a Don, George, Durham, Michael et Calvin son frère.

Malgré leur jeune age, ils ont chacun connu le rejet, la souffrance.

En marge de leur propre famille ils ont créé un cocon protecteur, la cabane qu’ils ont aménagée, dans laquelle ils peuvent redevenir des enfants loin de ces adultes peu fiables.

Mais un jour, Moe, un de leur condisciple, disparaît.

Toutes les hypothèses convergent vers un scénario plausible et surtout rassurant : la fugue.

Jusqu’à ce qu’on retrouve le corps de l’adolescent en partie dévoré.

Et le constat est sans appel c’est bien une mâchoire humaine qui a dépecé Moe …

Le groupe happé par ce fait-divers, à la fois terrifié et fasciné, va se lancer dans une enquête qui va le mener aux frontières de l’horreur et de la mort.

Un très, très bon roman effrayant et terriblement efficace.

J’ai adoré !

La bibliothèque c’est ma maison et autres histoires – Editions quart monde

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« Lire nuit gravement aux préjugés« .

10 histoires en bande dessinée pour évoquer la pauvreté, le racisme, l’intolérance, sous la plume d’auteurs-illustrateurs tels que Tito, Greg Newman, Claire Gosnon. Pas forcément exprimés sur un ton dramatique les sujets sont néanmoins réels.

Qui n’a pas galéré à trouver un travail et s’entendre dire : « si on veut on trouve ! » Personne n’a jamais entendu ? : « Avec le RSA on ne vit pas trop mal« … Chaque histoire dénonce un préjugé et amène une réfléxion sur les véritables causes de la misère.

 

Ouvrir les yeux, faire confiance, une main tendue, un sourire pour faire tomber les barrières c’est à son niveau ce que cette B-D peut offrir et c’est déjà beaucoup!!

Alors bonne lecture !

A la bfm