Antigone – Editions Glénat

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Je vous parle d’Antigone et déjà dans vos mémoires resurgissent des souvenirs (douloureux ou pas) de lecture, de compréhension de texte …

Ici rien de tout ça.

Une magnifique B-D réalisée par Régis Penet dans laquelle Antigone, soeur vengeresse transpire la peine et la fatalité très « rock’n roll »  et un Créon, roi tellement épris de justice qu’il se doit de ne pas faillir… Car il y a de l’amour derrière tout ça. De la pure tragédie!

L’une veut enterrer son frère interdit de  sépulture car considéré comme renégat, l’autre suit scrupuleusement la loi de Thèbes.

Ces deux personnages, sous la plume de Régis Penet pourrait être  de vrais acteurs hollywoodiens.

La technique utilisée : bois et plume donne un velouté étonnant aux couleurs ocre, rouge et noir.

A la fin du livre vous pouvez retrouver un dossier qui permet de comprendre ce qu’était le théâtre pour les Grecs, comment l’interprétait-on, le rôle des dieux .

Dans les rayons de la B.f.m. de limoges

 

 

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« La 2 CV, la nuit »

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Est-ce que chacun sait encore ce que cache ce sigle ? On a vu depuis apparaître le B2i, le P2P, etc., mais ce « 2CV » ?

Espérons qu’à défaut d’être un jour monté dedans, question d’âge, chacun a dans sa tête l’image de cette voiture atypique : la « deux chevaux » ou « deudeuche » conçue par Citroën en 1948 ?

On a fait mieux depuis, côté confort du passager, mais c’était une fabuleuse expérience :

« Il n’y a pas de doute, c’est le véhicule parfait pour accompagner ces chemins qui rechignent à sortir des âges anciens. Ce n’est pas la 2 CV qui ira se plaindre des ornières ou des nids de poule. Avec sa suspension de trampoline, elle bondit en raclant au passage le talus hérissé d’herbes sauvages. Elle a un bruit de moteur inimitable, avec une cadence légèrement asthmatique, et il est hors de doute qu’elle roule les R. Elle a su garder quelque chose de l’abri provisoire, de la hutte ou de la tente, la pluie tambourinant sur la capote trouve toujours le moyen de rentrer et de se glisser dans le cou, les demi-carreaux de ses portières avant ont la fâcheuse habitude de se rabattre au moindre cahot, elle tangue à faire peur dans les virages, sa tôle épaisse comme celle d’une boîte à sucre se gondole au premier gnon. On se sent protégé, mais pas trop. Juste ce qu’il faut. A soixante à l’heure, on est grisé de vitesse.

(…) Mais très honnêtement, si on veut vraiment goûter au charme du voyage en 2 CV, il faut qu’il soit enveloppé des mystères de la nuit. »

Qui donc nous gratifie d’un peu plus de cinq pages (sur la centaine que compte le livre) drôles et affectueuses sur cette « vraie bagnole » ?

François PLACE.

Alors là, ne me dites pas que vous ignorez qui est cet auteur ! Quel que soit votre âge, vous avez au moins regardé mais certainement lu un [livre de] François Place.

Si je vous dis :

« C’est au cours d’une promenade sur les docks que j’achetai l’objet qui devait à jamais transformer ma vie : une énorme dent couverte de gravures étranges.
L’homme qui me la vendit en demandait un bon prix, prétextant que ce n’était pas une vulgaire dent de cachalot sculptée, mais une «dent de géant»… »

Bien sûr ! « Les derniers géants »…

Eh bien, François Place nous régale cette fois de ses souvenirs d’enfance.

Et pas de n’importe où. En Corrèze. Bombons le torse…

Pour ceux qui seraient nés de la dernière pluie, certes la Corrèze n’est plus qu’un vague département de la vaste et « nouvelle » Aquitaine, mais pour les autres, la Corrèze faisait partie de nous-mêmes Haut-Viennois, avec la Creuse. Tous trois rassemblés sous la feuille de châtaignier du Limousin, contrée que vous découvriez exotique dès que vous en franchissiez les frontières, assez peu de personnes étant capables de vous la situer sur la carte de France !

Dans une collection dirigée par Martine Laval  et qui s’inspire d’un des titres emblématiques de Jack London : « Ce que la vie signifie pour moi », les Editions du sonneur viennent d’éditer François Place.

N’y cherchez pas ses habituelles illustrations colorées, précises et fouillées, toutefois une bonne quinzaine de petits croquis en noir et blanc de 2 CV parsèment le livre.

Rassurez-vous, il n’y parle pas que de la « deuche », il raconte ses souvenirs de petit citadin des années 60 qui passait ses vacances dans la famille maternelle, quelque part sur le plateau de Millevaches.

Alors si vous voulez comprendre ce monde révolu qu’ont connu vos grands-parents, lisez « La 2CV, la nuit« . C’est admirablement détaillé mais on ne s’y ennuie pas, nous. Car lui l’avoue vers la fin du récit :

« On pourrait donc croire que de telles vacances sont bien remplies. Pas de télévision, et des journées entières au-dehors, dans un terrain de jeux et d’aventures sans limite.

Eh bien, soyons honnêtes : souvent, on s’ennuie. »

Réjouissons-nous de cet ennui qui fut productif pour nous, ses futurs lecteurs, car pour se désennuyer, il dessine…

 

 

Tortues à l’infini

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Aza a seize ans et un gros soucis : elle a des TOCS. Elle est persuadée qu’elle va attraper une bactérie mortelle, ses pensées reviennent sans cesse autour de ça. Elle nourrit son obsession pour cette bactérie par un maximum de lectures sur le sujet. Malgré ce problème, elle mène une vie de lycéenne plutôt normale, avec sa meilleure amie Daisy qui l’accepte telle qu’elle est.

Un milliardaire disparaît, prend la fuite pour éviter une enquête. Il y a 100.000 dollars de récompense pour quiconque est en mesure de fournir des infos à ce sujet. Quand Daisy apprend qu’Aza a connu le fils du fugitif dans son enfance, il n’en faut pas plus à Daisy pour motiver à Aza à mener une enquête…

Il est difficile de résumer ce livre, qui est une histoire d’amitié, d’amour, une enquête et la partie la plus intéressante pour moi :Aza. Le combat d’une ado contre ses pulsions, ses obsessions, contre ses pensées qui prennent le contrôle de sa vie. On retrouve le style de John Green : le personnage principal est inadapté socialement, des adolescents sont perdus face à leurs questionnements, à leurs vies, une histoire d’amour improbable, de l’humour et de la mélancolie. Un bien joli cocktail, pas désagréable mais avec une forte impression de déjà vu…

Du même auteur j’avais adoré Qui es tu Alaska ?

« L’île de Giovanni »

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« 1945 : Après sa défaite, le peuple japonais vit dans la crainte des forces américaines. Au nord du pays, dans la minuscule île de Shikotan, la vie s’organise entre la reconstruction et la peur de l’invasion. Ce petit lot de terre, éloigné de tout, va finalement être annexé par l’armée russe. Commence alors une étrange cohabitation entre les familles des soldats soviétiques et les habitants de l’île que tout oppose, mais l’espoir renaît à travers l’innocence de deux enfants, Tanya et Jumpei… »

Ce film : « L’île de Giovanni » réalisé par Mizuho NISHIKUBO en 2014 traite d’un thème peu connu de l’histoire du Japon lorsque après la défaite de 1945, les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki et l’occupation américaine, les septentrionales Iles Kouriles vont, elles, se retrouver sous occupation soviétique et ce, jusqu’à nos jours, sujet constant de friction entre le Japon et la Russie.

En1946, les habitants en seront finalement déportés vers des camps du Kazakhstan et de l’Ouzbekistan avant de rejoindre progressivement le Japon et ne reviendront jamais sur leurs îles natales.

Le film de Nishikubo présente une chronologie précise de cette période à travers la vie d’une famille déjà éprouvée par le sort, puisque la maman des deux petits garçons est morte. Le papa puise son énergie à la fois dans sa fidélité au Japon et dans la lecture qu’il fait faire chaque jour à Junpei et Kanta de la nouvelle « Train de nuit dans la Voie lactée » de Kenji Miyazawa, qu’aimait beaucoup leur mère, au point de surnommer ses enfants Giovanni et Campanella, du nom des deux héros de cette nouvelle.

Courte période, mais qui marquera à jamais l’aîné des garçons, à la fois amoureux de la fillette russe qui habite désormais leur maison réquisitionnée et en même temps éperdu de rage et de douleur quand son papa sera envoyé au goulag par le propre père de la jeune Tanya…

Un peu moins tragique que « Le tombeau des lucioles » de Isao Takahata dont il n’a sans doute pas la force, « L’île de Giovanni » a toutefois recueilli plusieurs récompenses dont une mention du jury à Annecy en 2014. Grâce, peut-être également, aux images de son directeur artistique Santiago Montiel.

 

L’épouvantable peur d’Epiphanie Frayeur

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Cette B-D éditée dans la collection Métamorphose chez Soleil est une collaboration entre Sèverine Gauthier et Clément Lefèvre.

Epiphanie est une petite fille de 8ans. Elle a, accrochée à elle, sa peur. Elle n’arrive pas à s’en débarrasser et va chercher de l’aide.

Le texte est semé de jolis dialogues à la Raymond Devos :

… « -Puis-je vous poser une question?

-Une question! mon Dieu! je n’ai pas répondu à une question depuis des années. Est-ce une question bizarre? ou blessante? une question pointue? épineuse?… Avez-vous fait le tour au moins?

-le tour de quoi?

-Le tour de quoi?! mais… Le tour de la question! »

La patine sombre des couleurs, comme aquarellisées, donne un charme supplémentaire à l’univers rempli de personnages étranges : Docteur Psyche qui la diagnostique « malade de peur », un chevalier sans peur et sans reproche, le célébre dompteur du cirque de la 12e nuit…

La peur grandit, l’handicape. La petite fille ne trouve pas d’aide mais si la solution venait d’elle?

Intéressante fiction qui parle des peurs, des phobies, et de la manière dont on peut les affronter.

Dernier élément à la fin de la B-D: le petit précis de psychiatrie  avec lequel j’ai appris la définition de la Gravisinevolophobie : peur de manquer de sérieux et de gravité à un point tel qu’on flotte dans les airs sans pouvoir jamais redescendre.

 

 

 

 

 

Zarbie les yeux verts

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Franky est une adolescente qui a une vie de rêve: une belle maison, un père ancien sportif adulé devenu journaliste sportif, une maman femme au foyer et artiste, une petite sœur et un demi frère.

Mais sous le vernis des apparences, Zarbie les yeux verts, la version rebelle que Franky s’est forgée, sent qu’il se trame quelque chose. Sa mère porte de plus en plus souvent un foulard autour du cou… des manches longues, et les éclats de voix qu’elle entend le soir, serait-ce son père et sa mère qui se disputent ? C’est impossible, son père les aime et après tout, il est Reid Pierson. Il ne pourrait pas faire de mal à quelqu’un, encore moins à sa mère… Il faudra du courage à Franky pour ouvrir les yeux et découvrir ce qui se passe véritablement sous le toit de sa maison…

Encore un très bon roman pour ado de Joyce Carol Oates. Cette histoire de violence, de manipulation est prenante, les personnages très réussis.

California Dreamin’

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California dreamin’ / Pénélope Bagieu

Gallimard, 2015

 

Je ne vais pas refaire un article sur cette BD qui est mon coup de cœur du moment. Par contre, je me suis intéressé à la chanson !

The Mamas and the Papas est un groupe de rock américain des années 60.  Le groupe était composé de John Phillips, Cass Elliot (« Mama Cass »), Denny Doherty et Michelle Phillips.

La chanson California dreamin’ est enregistrée en 1965. Elle est interprétée dans un bar et ne passe pas inaperçue pour Barry Mc Guire et le label Dunhill Records.  Dès sa sortie, le morceau rencontre un énorme succès commercial, aux États-Unis mais aussi en Angleterre.

Le rêve californien y est évoqué. C’est le destin de Michelle Phillips, qui quitte la Californie avec son mari, pour New York. L’objectif est d’arriver à percer dans le milieu folk. Michelle à « le mal du pays », et pour la consoler, John lui compose California dreamin’ en une nuit !

C’est le début d’une grande aventure, faîte de succès, et d’une succession de concerts.

 

 

 

Gold / The Mamas & the Papas

Édition: Geffen, P 2005 : 2 Disques compacts

 

En 2015, le réalisateur Brad Peyton annonce la sortie de son film  « San Andreas ». La chanson de la bande annonce sera ….   California dreamin’ et sera interprétée par la chanteuse Sia.

Comme la littérature, la musique traverse les époques. Elle est souvent réadaptée, mais ses origines ne sont jamais oubliées !