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Demain n’est pas un autre jour

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Lane est un lycéen brillant qui a pour objectif d’intégrer la prestigieuse université de Stanford. Il est bien intégré à son lycée, participe à divers clubs et à une petite amie aussi ambitieuse que lui. Mais il attrape une version mutante de la tuberculose et doit être envoyé dans un sanatorium. Tout s’écroule, et si il lutte au début pour garder les habitudes de son ancienne vie, il va petit à petit lâcher prise au contact d’une bande d’amis. Sadie, Nick, Marina et Charlie suivent leurs propres envies au sein de l’établissement qui est très strict. Lane va ainsi goûter à l’interdit, faire ressortir son côté rebelle, apprendre à vivre le moment présent, arrêtant ainsi enfin de se concentrer uniquement sur le futur.

Encore un roman young adult avec des adolescents atteints d’une maladie grave…ce fut ma première pensée à la vue de ce livre. Finalement j’ai pris plaisir à lire Demain n’est pas un autre jour, qui si il n’est pas transcendant, reste un agréable moment de lecture. Les personnages, même secondaires, sont bien écrits. Et la maladie est surtout un prétexte pour voir ce qui se passe si on rassemble des ados qui ne se connaissent pas, en les coupant de leur ancienne vie (même plus le droit au téléphone portable !).

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« The garden of words »

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Comme la nouvelle année scolaire est commencée et qu’on s’achemine vers l’automne, je vous propose un court-métrage japonais de 2013 qui met en scène un lycéen, Takao, qui rêve d’une seule chose : devenir cordonnier…

Il a un petit rituel : chaque matin de pluie, il sèche les cours et va dessiner au jardin public.

Et puis un matin, à sa place habituelle, sous le kiosque, il y a une jeune femme. Elle ne semble pas pressée de se rendre à son travail mais boit des bières (c’est interdit dans le parc) et mange du chocolat…

Cela paraît un peu trivial à Takao.

Et pour tout dire, à nous aussi envoutés par la beauté et la poésie des images de Makoto SHINKAI dans ce « Garden of words« .

Ce matin là, en partant, elle dit un court poème à Takao (on est au Japon, ne l’oublions pas, terre des haïku et des tanka !). Un indice, qu’on comprend plus tard dans le film.

C’est la saison et il va y avoir beaucoup de matinées pluvieuses… Petit à petit, Takao et la mystérieuse jeune femme vont « s’apprivoiser », sans pour autant faire véritablement connaissance.

Jusqu’au jour où…

Objectivement, l’histoire m’a un peu déçue, mais jusqu’à la fin (qui mérite qu’on regarde jusqu’au bout du générique) j’ai été émerveillée par les images. C’est magnifique.

Pour vous donner une idée, voici le site de KAZE et la bande annonce du film.

 

« Hors champ »

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Dans ce roman publié dans leur collection « Encrage » par les éditions La Joie de lire en 2017 , Chiara CARMINATI s’intéresse à ce qui est « hors champ » durant la guerre de 14 dans le Frioul…

Plusieurs raisons pour nous y intéresser à notre tour : la guerre vue d’Italie, en effet jusqu’à présent nous avons – dans le cadre des commémorations du centenaire de la guerre de 1914-1918 – lu un certain nombre de documentaires et de romans français ou anglais voire allemands, mais italiens… guère. Et là où Chiara Carminati nous accroche, c’est qu’elle nous en parle du point de vue des civils, à travers les cinq années de la vie d’une famille dont les trois hommes sont au front ou sur les chantiers proches et, parmi les trois femmes restantes, la mère née à Grado sous domination autrichienne qui devient potentiellement suspecte et internée.

Ses deux filles, Jolanda (la narratrice) et sa petite soeur Mafalda, ainsi que l’ânesse Modestine trouvent alors refuge à Udine chez une « tante », vieille femme désormais aveugle qui a vu naître leur mère.

La guerre est en filigrane, portée par les rumeurs qui circulent, les lettres des soldats, mais aussi les bombardements autrichiens.

Une autre originalité du livre, c’est que chaque chapitre s’ouvre ou se clôt sur une photo… dont seule la légende extrêmement précise permet d’en imaginer le sujet.

C’est à la fois très frustrant et très inspirant. Chacun de nous a eu entre les mains un vieil album de photos en noir et blanc encadrées d’un étroit liseré crème, avec ses thématiques communes, par exemple l’image de la mère de famille assise entourée des enfants, le plus jeune sur ses genoux, photo destinée au mari et père, alors soldat dans les tranchées.

A nous donc, avec nos références ou notre imagination et les indices donnés par le texte de Chiara Carminati, de reconstituer les treize photos.

Enfin, intrigue supplémentaire, les deux jeunes filles vont découvrir l’existence de leur grand-mère maternelle…

Un récit enlevé, un secret, un jeu autour des images, la naissance d’un amour et d’une vocation, servent avec bonheur ce texte sur les « hors champ » de la guerre de 14, ce « fuori fuoco » traduit par Bernard Friot.

 

 

« Le groupe »

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Parmi les [bonnes] résolutions de rentrée, il y a les nouvelles activités auxquelles on va s’inscrire, par intérêt pour la chose, pour suivre copain ou copine ou par bravade… C’est un peu tout cela qui pousse dix élèves de terminale et deux profs à monter un atelier d’écriture qui va durer jusqu’aux vacances d’été.

« François Roussel, professeur d’anglais et écrivain, se laisse convaincre de monter un atelier d’écriture pour les terminales de son lycée. Il se demande tout de même qui cela pourrait bien intéresser. Et puis les premiers inscrits arrivent : Léo, Émeline, Nina… et même Boris, le rigolo de la terminale ES. Ils seront douze au total, dix élèves et deux profs, réunis une heure par semaine dans un monde clos pour écrire. Pour tous, c’est un grand saut dans l’inconnu. Les barrières tombent, ils seront tous au même niveau, à découvert. Un groupe à part. Avec des révélations, des révoltes, des secrets qu’on dévoile. Des chemins qui se dessinent… » (Présentation éditeur : Actes sud junior, 2017)

Jean-Philippe BLONDEL est lui-même écrivain et prof’ (il enseigne l’anglais à Troyes) et l’on peut facilement imaginer que ce petit livre de cent vingt-cinq pages est tiré d’une expérience personnelle.

Le groupe, ce sont donc les deux profs et ces dix filles et garçons de terminale, littéraires souvent, mais pas seulement… qui s’engagent à/dans l’aventure pour six mois et vont vraiment jouer le jeu.

Les consignes… elles sont variées, elles vont crescendo, sept d’entre elles figurent dans le livre.

Quant aux textes :

« Je leur ai aussi demandé la permission d’utiliser leurs écrits. Certains ont souhaité les retoucher. Au départ, je n’y étais pas favorable. Je voulais que les textes restent bruts, dans l’état où ils avaient été livrés pendant les séances – mais finalement je me suis dit que c’était leurs phrases, leurs paragraphes, leurs fictions mêlées à leurs vies, alors j’ai cédé.« 

En voici un extrait :

« Nina

On a tous été très secoués.

Par toutes les histoires. Les fausses. Les vraies. C’est comme si nous avions été projetés à l’intérieur d’un film très réaliste. Comme quand on lit un roman et que, d’un seul coup, le monde extérieur cesse d’exister. Juliette et Camille s’essuyaient les yeux. Boris fixait le plafond, ce qui est sa façon de contrer l’émotion. Mais le plus troublant, c’était Mme Grand. Alors, elle, toutes les digues ont lâché. Elle était carrément en PLS. C’est bizarre de voir un adulte pleurer. Et nous, on était un peu décontenancés. On avait envie d’aller la voir et de la prendre dans nos bras, mais un élève, ce n’est pas censé agir comme ça avec un prof. Finalement M. Roussel lui a murmuré quelques phrases à l’oreille et elle est sortie précipitamment. Ensuite, il a esquissé une moue et il nous a simplement remerciés. Sauf que personne ne s’est levé. Dehors il faisait presque nuit. Il fallait aller dans le froid à l’arrêt de bus, reprendre le cours de nos existences, tout en gardant au chaud toutes ces vies croisées l’espace d’un atelier, toutes ces intimités dévoilées – c’était plus que nous n’en étions capables. Nous voulions rester là, dans le lycée, à réfléchir et à nous parler.« 

Allez, un autre…

« Emeline

Pendant les premières séances, il y avait de l’appréhension. Est-ce qu’on allait parvenir à répondre aux exigences ? Est-ce qu’on n’allait pas se ridiculiser . Maintenant il n’y a plus que l’envie. Qui monte, tandis que nous écrivons nos première et dernière lignes, les noms d’un personnage, d’un lieu et des mots tirés de la première page. On s’observe. On se comprend. Je ne sais pas comment expliquer ce qui se passe avec ce groupe. Maintenant, chaque fois que je franchis la porte du lycée, je suis heureuse parce que je vais les retrouver. Et je me moque de la note que je vais avoir en histoire-géo ou du fait que je sois encore et toujours célibataire – je vais les retrouver et c’est tout ce qui compte. Nous avons d’autres amis, bien sûr, nous ne passons pas la journée collés ensemble, mais chaque fois que nous nous croisons, nous nous sourions et nous nous embrassons. C’est chaleureux. C’est rassurant. J’ai l’impression que s’il arrivait quelque chose de grave à l’un d’entre nous, alors nous nous mobiliserions. Je suis consciente que c’est sans doute une illusion – mais j’ai envie de vivre cette illusion-là.« 

Voilà… J’espère vous avoir donné envie de lire ce livre mais surtout d’avoir la chance de participer vous aussi à un atelier d’écriture.

J’ai avalé un arc-en-ciel

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J’ai avalé un arc- en-ciel

de Erwan Ji

chez Nathan

Dans tous les collèges et les lycées du monde il y a des usages à respecter : ignorer superbement les « bébés » qui arrivent, pendant que ceux-ci lorgnent, envieux, les « affranchis » prêts a partir vers d’autres horizons.

Qui n’a pas déjà regardé, attendri, un minuscule « sixième » le jour de la rentrée avec la tête qui dépasse à peine ou pas du tout d’un énorme sac de classe ?

Donc dans le lycée de Capucine il y a :

-Les freshmen autant dire les nouveaux-nés ;

-Les sophomores déjà dégourdis ;

-Les juniors sur l’avant-dernière marche du podium ;

-Et enfin les seniors, ceux qu’on admire de loin.

« Ça me fait drôle  de repenser à ça, parce que cette année c’est mon tour. Cette année, je serai tout en haut de l’échelle alimentaire. Être senior, ça va être un peu comme si on était des ours bruns. On sera des prédateurs alpha, on mangera beaucoup, on sera léthargiques pendant l’hiver, et puis on verra souvent deux mâles se battre pour une femelle. »

Capucine, dite Puce, a 17 ans. Elle est née en France et habite l’Etat du Delaware  aux États-Unis, rien d’exaltant mais comme elle dit fort justement :

« Faut pas exagérer. On ne peut pas se plaindre de vivre dans le Delaware quand il y a des endroits qui s’appellent Gaza, Soudan ou Corée du Nord. »

Elle a :

-Un père français, so cute, auteur culinaire ;

-Une mère américaine, amazing, prof de français ;

-Un chien, Hercule, such a cutie ;

-Et a nice little cat, Sacrebleu.

(Et je suppose que les puces de Sacrebleu et d’Hercule sont également adorables !)

Elle va dans un magnifique « college prep » aux tarifs prohibitifs, mais cette brave petite a obtenu une bourse au mérite qui lui permet de frayer avec l’élite.

Ses ami(es) sont formidables, seule ombre au tableau : le beau Ben, dont elle était amoureuse, a dû déménager.

Alors me direz-vous, pourquoi 383 pages pour décrire un bonheur sans nuage, n’est-ce pas un peu crispant ?

Point du tout ma bonne dame ! D’abord parce que parfois l’humour, la tendresse, l’amour sont bienvenus (et là pour le coup pas d’inceste, ni de viol, pas de drogue ni de suicide, pas de harcèlement ni de dépression) et ouf ça fait du bien parfois !

Et que  Puce tient un blog qui nous raconte sa dernière année de lycée, la nostalgie de ces mois d’insouciance avant le grand saut dans l’inconnu : l’université.

Les ami(es) vont s’éparpiller dans le pays voire dans le monde, et ceux qu’on côtoyait tous les jours vont devenir de vagues souvenirs.

Certains vont réussir leurs études, d’autres vont rester sur le bord du chemin, certains vont fonder des familles et d’autres resterons seuls, et ce qui les réunira sera le souvenir de ces quelques années qu’ils ont passées ensemble dans la sécurité de ce lycée.

Et puis… Il y a l’histoire d’amuuuuuuurrrr !

Et rien que pour elle j’ai aimé ce roman.

Nulle et Grande Gueule

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Joyce Carol Oates est un auteur très prolifique. Vesperr avait adoré Nous étions les Mulvaney et j’avais beaucoup aimé deux de ses romans pour ados : Sexy et Ce que j’ai oublié de te dire. La lecture de Nulle et Grande Gueule (même si je trouve le titre complètement raté …) ne m’a pas déçue !

Ursula est une lycéenne. Elle est mal dans sa peau, notamment à cause de sa grande taille. Cela lui permet pourtant de briller au basket, sa passion. Elle s’est forgée un personnage qu’elle surnomme La Nulle, une carapace contre l’extérieur. Totalement solitaire, elle se contrefiche de l’avis de tout le monde : profs, parents, coéquipières de baskets, camarades de lycée… Matt, lui est toujours bien entouré. Il fait parti d’une bande d’élèves populaires, écrit pour le journal, aime faire rigoler les autres… Jusqu’au jour où il est accusé d’avoir posé une bombe au lycée et planifié une tuerie de masse. Si il se dit un premier temps qu’il va être facile pour lui de prouver que ce n’est pas le cas, il va vite déchanter… Il se retrouve isolé face aux rumeurs, au harcèlement. Jusqu’au moment où Ursula, qui ne cède pas face à l’effet de groupe, décide de lui tendre la main…

Encore un très bon roman de Joyce Carol Oates. La société lycéenne est très bien dépeinte, ainsi que l’hystérie qu’entraîne ce genre d’événement : l’emballement médiatique, les personnes misent du jour au lendemain au ban de la société… Comment une petite phrase peut déclencher une avalanche de problèmes pour soi, et son entourage.

 

13 reasons why

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13 reasons why est le succès Netflix de ce printemps. Intriguée je me suis plongée dans cette série de 13 épisodes, tirée du livre éponyme de Jay Asher disponible à la Bfm : Treize raisons de Jay Asher

 

 

Hannah Baker est la narratrice de la série. Elle s’est suicidée, et a enregistré 7 cassettes audio avant sa mort. Une personne par face, où elle parle de sa relation avec cette personne et de la série d’événements qui l’ont conduit au suicide. Les 13 personnes concernées reçoivent les cassettes à tour de rôle, chacun jugeant les autres, se disant que ce qu’ils ont fait n’est pas très grave… Jusqu’au jour où Clay Jensen, ami d’Hannah les reçoit…

Cette série pour ado fut une bonne surprise. Elle aborde des thèmes très difficiles : harcèlement, slut-shaming, agression sexuelle et  suicide. Les réalisateurs ne prennent pas de pincettes, pour un rendu très réaliste (et parfois difficile). Il y a bien évidemment les personnages clés des séries se déroulant dans un lycée : les sportifs, les pom pom girls, le nerd… mais la série évite les clichés sur le suicide et montre bien la puissance que peut avoir le harcèlement…juste quelques mots, rien de grave pour le harceleur mais l’accumulation, la répétition peut avoir des conséquences dramatiques pour la victime.