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Les mémoires d’un chat

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Il vient du Japon, mais ce n’est pas un manga…

C’est un roman. Un roman sur l’amitié, écrit par une auteure japonaise : Hiro ARIKAWA, plutôt versée jusque-là dans la « light novel » et édité par Actes Sud en juin 2017.

C’est un roman à plusieurs voix, essentiellement celle de Nana « un chat de gouttière au franc-parler et rompu au langage des humains [qui] a pris ses quartiers dans le parking d’un immeuble de Tokyo. Pour rien au monde il ne troquerait sa liberté contre le confort d’un foyer. Mais un jour où une voiture le percute, il est contraint d’accepter l’aide de Satoru, un [jeune] locataire de l’immeuble, qui le soigne, lui attribue [son] nom et lui offre la perspective d’une cohabitation durable. »

Cependant, cinq ans après, Satoru est obligé de se séparer de Nana. « Anxieux de lui trouver un bon maître, il se tourne vers d’anciens camarades d’études, disséminés aux quatre coins du Japon. Commence alors pour les deux compères une série de voyages et de retrouvailles qui sont pour Nana [et nous, lecteurs] autant d’occasions de découvrir le passé de Satoru et de nous révéler – à sa manière féline – maints aspects de la société japonaise. »

S’entremêlent alors toutes sortes de voix, toutes sortes de sentiments, toutes sortes de paysages et de plus en plus d’émotion pour nous qui comprenons par petites touches le pourquoi des événements.

Une belle histoire d’adoption et d’amitié qui devrait plaire à ceux qui aiment les chats, certes, mais pas seulement. C’est aussi une belle leçon de vie, une sorte de récit initiatique a posteriori.

Pas du tout dans le même registre que « Le chat du rabbin » de Joann SFAR, mais je n’ai pu m’empêcher d’y penser du fait de l’humour de ces chats qui nous parlent de « leurs » humains !

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Dix choses que nous n’aurions pas dû faire

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April, dix-sept ans, et sa meilleure amie Vi, exultent. Elles habiteront ensemble pendant six mois sans adulte pour les surveiller. Par un habile mensonge, April a fait croire à son père obligé de déménager pour son nouveau poste, qu’elle va vivre chez Vic sous la surveillance de sa mère, laquelle se trouve en voyage. Les filles établissent une liste de dix choses interdites et saugrenues. Comme adopter un chat et l’appeler Donut, acheter un jacuzzi, organiser une fête avec plein de monde où tout est permis, peu importe qu’April ait déjà un petit copain. De petits mensonges en quiproquos, d’habiles dissimulations en fous rires alcoolisés, April va apprendre au gré de quelques nuits blanches et de maux de tête au réveil, le vrai prix de l’indépendance, mais sans perdre le sourire.

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Voilà un livre que j’avais envie de lire depuis quelques temps déjà. Un livre détente avec une jeune écervelée qui fait la fête, a un petit copain trop génial et des amies trop cool. Un livre qui se lit vite (deux jours environ) et dont je ne me souviendrai pas dans trois mois.

April a encore 16 ans lorsque son père lui annonce qu’ils vont devoir partir vivre, avec sa belle-mère Perry, à Cleveland, loin de Westport. Sa mère vivant à Paris depuis le divorce de ses parents, il est normal qu’April les y accompagne. Sauf qu’elle ne veut pas abandonner sa jolie petite vie, ni ses amis, ce qui est compréhensible. Elle va donc monter un plan loufoque avec Vi pour qu’elle puisse aller habiter chez elle pour le semestre. Sauf que les choses ne vont pas forcément se passer comme prévu…

L’histoire est séparée en dix chapitres, les dix choses qu’elle n’aurait jamais dû faire. C’est clair, mais on est un peu spoilés de ce qui se passe dans le chapitre.  On trouve tout au long de ces chapitres de nombreux flashbacks qui nous expliquent pourquoi  April, l’héroïne, agit comme elle le fait.

On se rend vite compte qu’April est une jeune fille qui a tout à apprendre de la vie sans adulte (ou presque) : elle ne sait pas faire la lessive, elle est émerveillée au moment d’aller faire les courses puisqu’elle n’y va jamais et elle ne sait pas qu’il y a des factures à payer. Son père qui lui verse une grosse somme mensuelle ne se rend absolument pas compte qu’elle fait n’importe quoi avec son argent (comme acheter un jacuzzi par exemple). C’est une jeune fille assez irresponsable dans le fond.
De même, elle n’a qu’une idée en tête maintenant qu’elle est indépendante : faire l’amour avec Noah, son petit-ami depuis deux ans. Cela devient une véritable obsession pendant tout un moment, ce qui rend April assez exaspérante. On voit cependant que quelque chose se cache sous la surface, ce qui m’a poussé à continuer ma lecture.

J’ai bien aimé ce livre pour ses personnages attachants (après tout April, est une fille comme une autre), son histoire loufoque et peu prise de tête, son écriture simple. On se rend compte au cours de la lecture que sous couvert d’un livre léger, on trouve un livre qui montre les souffrances des adolescents (dans une certaine mesure), leur besoin d’amour, leur conflits avec leurs parents…

Dix choses que nous n’aurions pas dû faire, Sarah Mlynowski

Paco Roca

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« La tête en l’air », ce titre vous dit peut-être quelque chose ?

Il s’agit de l’adaptation en dessin animé du roman graphique éponyme de Paco ROCA paru chez Delcourt en 2013 :

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Le sujet n’en est pas spécialement drôle : parce qu’il souffre de la maladie d’Alzheimer, Ernest est placé par son fils et sa bru dans une maison de retraite. Un résident débrouillard et en bonne forme le prend sous son aile et l’aide à se battre afin de ne pas sombrer trop tôt et déménager à l’étage des « assistés ». Avec beaucoup de réalisme mais aussi d’humour et de tendresse, Paco Roca nous introduit dans ce monde captif que sont les résidences pour personnes plus ou moins dépendantes.

Après l’Espagne et deux Goya, le long métrage d’animation a obtenu plusieurs prix en France en 2012 :  l’ « Opera prima » prix du meilleur premier film au festival du film espagnol de Nantes  et une mention spéciale au Festival du film d’animation d’Annecy.

L’ Espagnol Paco ROCA n’est pas un débutant en bande dessinée et plusieurs de ses histoires ont déjà été édités en France, comme « L’ange de la Retirada » en 2010 chez « 6 pieds sous terre » ou « Le phare » en2004.

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« Derniers jours de la guerre civile en Espagne, presque tout le pays est aux mains des troupes franquistes. Francisco, un jeune militaire républicain de dix-huit ans, essaye de rallier la frontière Française pour sauver sa vie. Blessé pendant sa fuite, il arrive à un vieux phare perdu sur un masse rocheuse solitaire. Telmo, le vieux gardien du phare est le seul habitant des lieux et hébergera Francisco. Le gardien est un vieil original qui vit dans son propre monde tout en s’occupant avec une scrupuleuse routine de son phare. Avec ses histoires d’aventurier sillonnant les mers lointaines et découvrant des endroits merveilleux, Telmo essaye de redonner le goût de vivre au jeune soldat. Il lui raconte ainsi les histoires du capitaine Nemo qui ne reconnaît ni roi ni patrie, ou d’Ulysse. Il lui parle de l’île de Laputa, lieu paradisiaque ou l’on peut redémarrer une nouvelle vie. Francisco est émerveillé par ces histoires qu’il croit authentiques. Il rêve d’arriver sur l’île de Laputa. Avec l’aide de Telmo, il construira un bateau pour réaliser son rêve… » (présentation de l’éditeur)

Une très belle histoire qui montre l’importance du rêve et des livres… grâce à la richesse du personnage de Telmo, dont on découvre à la fin le mystère.

Quatre Filles et un jean : pour toujours

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Quatre Filles et un jean : pour toujours

de Ann Brashares

traduit de l’américain par Vanessa Rubio-Barreau

Gallimard jeunesse – mai 2012

Carmen, Lena, Bridget et Tibby ont grandi, s’apprêtent à fêter leurs 30 ans. Elles se sont un peu éloignées, selon des trajectoires très différentes : Carmen est désormais une actrice en vue prête à se marier sans amour, Lena passe son temps à regretter Kostos, Bee papillonne en Californie, et Tibby a accompagné Brian jusqu’en Australie. C’est cette dernière des quatre copines qui va proposer des retrouvailles en Grèce, dans la maison des grands-parents de Lena.

On savait qu’Ann Brashares excellait à dépeindre avec naturel et vivacité les sentiments – amitié, amour et toutes leurs conséquences – pour les adolescents, et aussi pour les jeunes adultes (Toi et moi à jamais…). Elle réussit donc pleinement cet exercice de la suite à dix ans de distance, reprenant et affinant la personnalité de ses héroïnes. Elle a le bon goût de ne pas leur avoir inventé des parcours dans la droite ligne du lycée et de l’université, mais d’avoir nuancé, tourné et détourné les traits de caractère qu’on leur connaît déjà. Tout s’accélère, le temps des choix arrive, susceptible de conditionner le reste de leur existence.

De fait, mort et naissance, inconscience et responsabilité, joies et peines vont se mêler inextricablement pour former le fantastique bazar de la vie. Il y a les hommes, de plus en plus présents même s’ils parlent et agissent peu, points de repère des quatre copines (Ann Brashares les a choisies toutes hétérosexuelles, pour le coup). J’ai juste regretté de ne pas les voir travailler au quotidien, à part Carmen dans les séries télévisées… on y perd un petit peu en crédibilité. Mais on y rêve mille fois plus, et la lectrice aimant les rires, les pleurs, les frissons ne peut que s’y retrouver, encore et encore.

S’identifie-t-on à une des quatre filles en particulier ? Peut-être, ou bien on prend le petit groupe à bras le corps, oscillant de l’une à l’autre selon l’humeur et le récit ; avec un narrateur externe mais souvent du discours indirect libre, l’auteure suit chacune des amies tour à tour, avec une préférence pour la solide et pétulante Carmen. Rythmé autour d’un événément-clé – que je vous tairai ! – qui intervient dans le premier tiers du roman, coupé de citations bien choisies (comme pour montrer le côté universel de ces quatre vies), Quatre Filles et un jean : pour toujours se déguste et se dévore dans la quasi-extase d’une lecture à la fois simple et de qualité. Ca se passe presque de mots, ça se vit. On quitte ces amies pas comme les autres à regret, mais gonflé à bloc pour sauter à pieds joints dans ses propres projets.

Une petite remarque : quid du lectorat ? Evidemment, vous pouvez avoir grandi avec les Quatre Filles, à la façon de ceux qui ont suivi Harry Potter. Mais Pour toujours peut presque se lire indépendamment si on accepte de perdre un petit bout de la saveur des relations entre les personnages. Une trentenaire se régalera de toute façon avec l’ensemble de la série, dont les débuts lui permettront de faire un petit retour en enfance… A contrario, je ne suis pas sûre qu’une jeune adolescente appréciera la profondeur de ce tome, en tout cas sans avoir lu les précédents.  Bref, c’est un peu délicat à mon avis.