Archives de Tag: amour

In Waves

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Dans In Waves, publié chez Casterman, AJ Dungo raconte son histoire d’amour avec Kristen et la mort de celle-ci à la suite d’un cancer. AJ rencontre Kristen au lycée, et ils se prennent de passion pour le surf. AJ Dungo mêle chapitres sur son histoire avec Kristen, sur le combat contre la maladie qu’elle mène et l’histoire du surf à travers deux pionniers de cette discipline : Duke Kahanamoku et Tom Blake. La combinaison des deux sujets fonctionne très bien, le lien d’amitié et d’admiration unissant les deux surfeurs faisant écho à l’amour que se portent Kristen et AJ. Avec un trait épuré, dans les tons bleus pour l’histoire de Kristen et marrons pour l’histoire du surf, l’auteur réussi à éviter de tomber dans le pathos sur un sujet pourtant pas évident. Avec ce joli roman graphique il rend un bel hommage à Kristen.

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Mock boys

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Mock boys de Marie Leymarie chez Syros

« Raoul et Baptiste se connaissaient depuis la sixième et ils avaient fait toute leur scolarité ensemble au collège Lamartine . Baptiste avait repéré Raoul très vite, car ils n’étaient alors que trois garçons en danse contemporaine -Theo, Raoul et lui.

Raoul était déjà à l’époque plus grand que lui. Dès le premier jour , il avait fait dans la cour une démonstration de hip-hop qui lui avait permis de se mettre une pionne dans la poche, et qui avait beaucoup impressionné Baptiste . »

Raoul est un garçon solaire qui attire, agace aussi mais ne laisse personne indifférent. Il est séduisant , le sait, en joue et fait une consommation effrénée du beau sexe. Pour lui une relation ne peut s’installer dans la durée . Baptiste lui est plus réservé, il est sans se l’avouer sous l’emprise de Raoul et lorsque Sandy apparaît dans sa vie leur complicité vole en éclats.

C’est vraiment un excellent roman. Chaque personnage a ses fêlures, Raoul dans la surenchère permanente, Baptiste qui tente d’exister à côté de son ami si flamboyant et Sandy, repliée sur ses blessures.

Il n’y a pas le happy-end obligatoire dans ce genre de roman, juste des adolescents qui se débattent avec des sentiments trop lourds pour eux.

J’ai adoré.

Ah ! L’amour !

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« Isabelle Samain, Isabelle Samain, Isabelle Samain… Son nom c’est déjà une chanson d’amour avec une métrique parfaite…« 

Etre amoureux fou quand on est adolescent dans les années 70, c’est beaucoup d’émois mais autant de frustrations.  C’est guetter l’élue de son coeur derrière ses carreaux, vite sortir pour respirer son parfum, collectionner des « reliques » comme des cheveux sur un peigne oublié, une soquette perdue, un crayon mordillé… C’est s’inscrire au tennis ou à la natation pour multiplier les chances de la croiser. Mais lui parler, c’est une autre paire de manches quand on est un grand timide !

C’est aussi échanger des « conseils » avec les copains : l’éducation sexuelle n’est pas encore au programme des collèges en ces années-là.

C’est donc beaucoup de fantasmes et de déconvenues (les petites Anglaises !).

C’est tout de même un peu d’audace (ah ! l’échange téléphonique avec Madame Mulot…).

François MOREL nous dévoile avec humour et sensibilité ce souvenir autobiographique  « C’est aujourd’hui que je vous aime » mis en images par son ami Pascal RABATE et publié en 2019 aux éditions des Arènes.

Une BD à découvrir juste avant les vacances !

Coup de foudre à Pékin – Chloé Cattelain – Editions Thierry Magnier

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Chloé Cattelain est une aventurière sans en avoir l’air :

Elle obtient son bac et décide de partir étudier le mandarin en Chine. Elle trouve des petits boulots à Shanghai et découvre la vie tumultueuse des grandes mégalopoles. Elle voyage dans la campagne chinoise, franchit les cinq montagnes sacrées.

A l’heure actuelle elle est revenue sur les terres gauloises.

« Coup de foudre à Pékin » est une très romantique entrée en matière si vous voulez découvrir la culture chinoise, l’éducation des adolescents si éloignée de nos coutumes.

Clémence part avec sa mère mutée à Pékin. Elles laissent frère et père.

La jeune fille débarque dans son lycée et va devoir se plier au rythme des cours, des séances de gymnastique, de la rigueur des professeurs.

Heureusement il y a les fous rires avec son amie Li-Mei, fille de hauts dirigeants véreux, l’amour avec Yonggui et une vision poétique de la Chine avec Madame Zhou professeure rebelle et subversive.

 

Pour faire écho à ce texte, un film-documentaire poignant  du réalisateur Lixin Fan – Le dernier train » qui en dit long sur la condition des ouvriers en Chine, de la famille, et.. de l’adolescence.

 

Heart Breakers

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Heart Breakers

de Ali Novak chez Bayard

« Mon cerveau est entré en surchauffe. J’avais flirté avec un des membres du boys band préféré de ma sœur ! Avec un mec célèbre !

Je ne veux pas qu’il se souvienne de moi, ai-je soudain réalisé. Je lui avais dit que j’étais venue à Chicago pour voir une galerie de photo, pas pour rencontrer les Heartbreakers ! En me voyant plantée devant lui pour lui réclamer un autographe, il allait me prendre pour une de ses fans débiles... »

Stella et son frère Drew ont décidé d’offrir à leur sœur gravement malade un autographe de son groupe préféré : les Heartbreakers.

Pour cela ils doivent assister à un concert de ce groupe, honni par ces deux fans de musique underground, mais adoré par des milliers d’adolescentes prépubères qui expérimentent leurs premiers fantasmes en se trémoussant sous le regard complaisant du quartet sautillant, miam miam !

Mais joie, bonheur, exultation, Stella reconnaît dans le groupe le bel inconnu, rencontré dans un café, qui lui avait provoqué une montée de température intense (le garçon, pas le café !)

Et donc Oliver, puisqu’il s’appelle Oliver, est le bad boy du boys band et Stella en tombe raide amoureuse : mais cette folle passion a-t-elle un sens, un avenir, une existence, alors que des milliers de groupies n’attendent qu’une occasion pour sauter sur le bel Apollon ??????

Bon comme dirait Didier Deschamps : « Là, j’ai fait simple« , le meilleur arrivant ensuite.

Car Stella lutte très très très fort pour ne pas céder au bad boy et c’est troooop difficile, parce que…

-son « contact la laisse pantelante »

-et qu’elle a l’impression « qu’on lui injecte du béton dans les veines »

-et que quand elle le voit elle sent que « ses oreilles la brûlent comme si elle avait pris un coup de soleil »

-et que « quelque chose s’allume en elle » …

Un doliprane, vite, pour moi pas pour elle.

Mais je n’ai pas regretté la lecture de ces 408 pages d’inepties hautement prévisibles lorsque j’ai lu le texte de la chanson qu’Oliver dédie à sa dulcinée.

« Tu t’es installée dans mes poumons

Et tu t’es blottie dans mon cœur.

Tu es dans tous les mots que je chante

Tu es mon étoile dans la nuit. »

?????!!!!

La, on est sûr qu’il n’a pas fait médecine…

 

Brexit romance

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« – Il va jouer avec elle et la laisser tomber et elle aura le cœur brisé.
– Mais non, il est pas si … Comment on dit ‘evil’ en français ?
– ‘Britannique’. »

 

2017, un an après le Brexit… Marguerite Fiorel, jeune soprano française de 17 ans se rend à Londres avec son professeur Pierre Kamenev. Marguerite doit chanter dans Les noces de Figaro, et ils repartiront après cette représentation. Ca ce qui est prévu… Mais ils vont croiser sur leur route Cosmo Carraway un séduisant Lord anglais et la pétillante Judith Dodgson. Celle-ci vient de monter une start-up de mariages un peu particuliers… Elle propose des mariages arrangés entre les deux côtés de la Manche pour pouvoir obtenir des passeports européens. Tous ces personnages vont se croiser et croiser une foule d’autres personnages tous plus azimutés les uns que les autres.

Un roman drôle, où Clémentine Beauvais livre à la fois une étude de moeurs sur les millenials, des dialogues hilarants, une analyse du Brexit et de ses répercutions, une formidable comédie humaine où elle met en lumière les travers des français et des anglais. Et aussi un peu de romance, forcément !

 

The hate U give

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The hate U give

de Angie Thomas chez Nathan

 

« Tupac disait que le nom de son groupe « Thug Life », la vie de gangsta, ça voulait dire :

«The Hate U Give Little Infants Fucks Everybody, la haine qu’on donne aux bébés fout tout le monde en l’air.

Je hausse les sourcils.

– Quoi ?

Écoute bien. The Hate U – « you « , mais avec la lettre U-Give Little Infants Fucks Everybody. T-H-U-G-L-I-F-E. Ce qui veut dire que ce que la société nous fait subir quand on est gamins lui pète ensuite à la gueule. Tu piges ? »

Une soirée : des adolescents qui dansent, boivent, ébauchent des histoires d’amour ou de haine. Il y a dans l’air un goût de « trop », trop d’alcools, trop d’herbes, trop d’hormones mais c’est le Spring Break et tous sont à l’orée de leur vie.

Un des leurs va mourir dans quelques minutes, abattu par un policier blanc sous les yeux de son amie Starr qu’il ramenait chez elle.

Starr est le témoin clé mais est-elle prête à s’exposer pour porter la voix de Khalil mort, devant son assassin ?

Avant tout autre commentaire, ce roman est remarquable. Remarquable car lucide, documenté, engagé bien sûr, mais sans manichéisme.

Starr devrait être une ado comme les autres, elle aime Beyoncé, Taylor Swift, elle regarde en boucle les vieux épisodes du Prince de Bel-air, craque sur les marques de baskets, est amoureuse…

Mais elle est aussi noire, vit dans un ghetto, Garden Heights, gangrené par les guerres de gang, la drogue, les violences familiales.

Son père faisait partie des « King Lord », il s’en est sorti mais demeure viscéralement attaché à son quartier. Contre l’avis de sa femme qui souhaite un environnement moins dangereux pour ses enfants, il s’acharne à démontrer qu’il existe une alternative à la violence et à l’échec social.

Mais tous ses enfants sont scolarisés dans un « lycée de blancs » loin de Garden Heights.

Son oncle est policier tout en étant parfaitement conscient, témoin, victime du racisme de ses collègues.

Starr a 16 ans mais a côtoyé la mort à plusieurs reprises : son amie Natacha est morte à 10 ans, sous ses yeux, d’une balle perdue, son cousin a été tué pendant un braquage, Khalil est assassiné sous ses yeux.

Tous ces traumatismes, qui ne suscitent d’ailleurs aucun écho à l’extérieur du quartier semblent n’être que les paramètres, navrants mais attendus de la vie d’un citoyen afro-américain.

Car tout concourt à un échec programmé : quartier déshérité, écoles sous-équipées, chômage, économie parallèle mise en place par les gangs qui attirent ceux qui sont restés sur le carreau de la prospérité.

Au terme d’une parodie de justice le policier est bien entendu acquitté. La population se mobilise, la police intervient, le quartier est dévasté puis un calme précaire revient. Jusqu’à la prochaine « bavure ».

La question est : combien de temps peut-on tenir cette ligne de défense ? Cet homme n’est pas coupable parce qu’il est policier, parce qu’il est blanc et qu’il est légitime de tirer « avant » puisqu’on ne risque rien « après ».

A lire absolument !