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« L’esprit des choses »

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Profitez des vacances de février pour visiter l’exposition en cours du Musée d’arts naïf, brut et singuliers Cécile Sabourdy à Vicq sur Breuilh (Haute-Vienne) :

« Aux côtés des oeuvres d’art sacré chrétien, l’exposition « Spirit » réunit des pièces rares, exceptionnelles et insolites, investies elles aussi d’une dimension rituelle – voire mystique ou magique : une collection ethnographique inédite d’Amérique centrale, les statuettes guérisseuses du Panama, un fonds gallo-romain conservé au Musée de Senlis, les ex-voto du temple d’Halatte, des oeuvres marquantes issues des églises de notre territoire (…) et le travail des artistes contemporains Aurélien Lortet et IR Denise. » (cf. flyer de présentation de l’exposition)

Les amateurs de miniatures et / ou maisons de poupées seront sensibles aux nombreuses boîtes contenant des maquettes de cellules de nonnes destinées à leurs familles où elles se montraient dans leurs activités quotidiennes au sein du monastère et aux boîtes de dévotion mettant en scène des épisodes de la vie des saints dans des décors exquisement « kitsch ». Ces petits théâtres intimes donnent envie de créer les nôtres, tout profanes soient-ils.

De même, toujours dans le cadre des ateliers du musée, vous pourrez vous adonner à la technique du « quilling », cet art très ancien qui consiste à fabriquer des petits décors en fines bandelettes de papier roulé.

 

Quant aux statuettes du Panama, très émouvantes, découvrez leur étonnante confection : c’est le nez qui est sculpté en premier, avant le torse et les jambes…

Enfin, dans la salle du second étage, sous la belle charpente, les deux têtes imaginées par Aurélien Lortet font penser à des petits cabinets de curiosité. Qui, enfant, n’a pas eu envie de mettre en valeur l’oursin rapporté du bord de mer ou le fossile arraché au tuf calcaire ?

Une exposition qui ne peut que nourrir votre imagination et votre créativité !

 

 

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Livres animés

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Si vous êtes fan de pop up mais aussi de films d’animation, ce livre est pour vous :

Gaëlle PELACHAUD : Livres animés. Entre papier et écran

(Pyramyd, 2016)

« Depuis des siècles, les lecteurs de tout âge sont fascinés par les livres hors norme, qui brisent les deux dimensions de la page et font entrer le tactile et l’interactivité dans l’univers du livre.

L’auteure nous présente ici l’histoire incroyable du livre animé, de l’astronomie au livre magique, du livre de navigation à celui pour enfants. Elle détaille ensuite les procédés techniques permettant de créer ces animations, et les explique pas à pas. Enfin, elle dresse un panorama riche et détaillé de ce qui se fait de mieux dans la création papier contemporaine, du livre d’artiste à la production jeunesse.

La seconde partie du livre est consacrée à l’animation sur écran, aux liens entre livres animés et cinéma, aux applications numériques et à ce que les créateurs papier peuvent apprendre aux artistes des nouvelles technologies. Là encore, l’histoire, les procédés techniques et les créations contemporaines servent le propos pédagogique et culturel.

L’ouvrage est par ailleurs parsemé de témoignages, de rencontres et d’études de cas. Libraire spécialisé, ingénieur papier, médiathécaire du numérique, créateur de livre, etc. nous offrent leur point de vue, leur expérience et leur expertise. » (cf. Présentation éditeur)

Gaëlle PELACHAUD ne se contente effectivement pas de nous faire un historique et un descriptif passionnant des livres animés, mais donne des idées pour se lancer dans la fabrication de pop up, diorama, leporello, etc.

Elle explique également comment fonctionne une image en mouvement et tout le parti qu’on peut tirer d’un support numérique grâce aux interactions possibles.

Deux cent trente pages illustrées de façon remarquable, faisant référence à de nombreux documents que vous pouvez trouver dans votre médiathèque préférée !

N’hésitez pas à regarder son site qui est lui aussi une mine.

De l’oeuvre d’art contemporaine

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La grosse bévue !

(C’est un euphémisme, si je vous en parlais en tête à tête, j’aurais employé un terme plus fort… mais plus vulgaire)
Bref, le truc dont on pense qu’on ne va jamais s’en remettre.

Imaginez, vous faites en remplacement le ménage dans un musée et, un soir, vous tombez sur une pièce « remplie avec un tas d’ordures au milieu duquel le visiteur devait se frayer un étroit chemin, à travers des cadavres de bouteilles, des emballages de paquets de nourriture, des miettes de gâteaux, des bouts de tissus déchirés et crasseux, des tessons de verre et des morceaux de plastique déchiquetés et tordus, des trognons de fruits aussi… Avec quelques chaises de jardin renversées (…) ».

Vous vous dites que franchement c’est « nase », en pensant que le cocktail a tourné à l’orgie, mais vous êtes payé(e) pour nettoyer, alors vous vous y mettez courageusement.

Sauf que – et ce roman est inspiré d’un fait réel – c’était une installation en cours, c’est à dire une oeuvre d’art pas tout à fait terminée, qu’en quelques minutes vous avez fichue en l’air.

Hubert BEN KEMOUN a librement brodé autour de ce fait divers et nous raconte, dans « Ma mère, la honte » (paru chez Flammarion jeunesse en 2018), à travers le récit de Mélanie, comment en quelques jours leur vie devient apocalyptique.

Leur vie à toutes les deux, car même « au bahut, deux camps s’étaient formés à mon sujet. Un groupe qui ne m’accordait aucune circonstance atténuante et dans lequel Timothée avait pris une place de choix. Et un autre, moins fourni, qui s’offusquait que les erreurs de maman rejaillissent sur ma petite personne. »

Entre les « cultivés » (!) qui lui font remarquer que l’anagramme de Mélanie, c’est « laminée », son charmant copain Timothée qui la largue en la traitant d’ « inutile », un inconnu qui tague le nom de leur rue du « Bon Sauveur » en « bonne sauvage« , un futur candidat aux élections municipales qui tente d’utiliser le buzz, etc., on voit comment peut réagir cruellement une petite ville de province.

C’est d’autant plus troublant qu’une bonne partie de ces « braves gens » (merci Brassens !) seraient ordinairement les premiers à conspuer l’art contemporain, qu’ils considèrent comme hermétique et provocateur, leurs concepteurs obsédés par l’argent, et qualifient généralement l’ensemble de « foutage de gueule » !

Ce qui m’est venu à l’esprit dès le début du livre c’est ce que Mélanie, qui arrive à trouver des forces en elle-même du fait des événements tragiques qui vont crescendo, finira par cracher à la figure de la personne qui la reçoit, au staff de l’artiste :

« Comment un directeur de musée traite son personnel comme des esclaves. Sans que lui vienne à l’esprit la simple idée de leur parler des expositions qui se préparent dans les salles qu’ils ne sont bons qu’à briquer. Sûrement pas dignes d’apprécier l’art moderne, ces larbins. Pas assez cultivés. (…) Trop « petit personnel » ou sans doute trop « bas de gamme »… »

Un roman coup de poing, très court.

Et si la toute fin est un peu trop « fleur bleue » à mon goût, le traitement du personnage de l’artiste est intelligent. On ne sonnera pas l’hallali.

Contes de fées

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Ce n’est pas la première fois que je vous suggère de faire le déplacement jusqu’à Moulins, dans l’Allier où plusieurs sites proposent des expositions intéressantes.
Cette fois encore, et jusqu’au 16 septembre 2018, le Centre National du Costume de Scène nous en met plein les yeux avec sa nouvelle exposition sur « les contes de fées » :

Peut-être allez-vous penser que les contes de fées… hum… il y a un moment que vous n’en avez pas lu…

Eh bien, justement ! C’est le moment de voir comment des costumiers et des chorégraphes ont interprété les personnages aussi célèbres que le Petit Prince de Saint-Exupéry ou Peau d’âne de Perrault, le Prince de Motordu de Pef ou l’Enfant et les sortilèges de Colette, etc., à travers 150 costumes, images et vidéos et c’est souvent époustouflant !

« Le Songe d’une nuit d’été » (de Shakespeare) prend des airs elfiques.

Quant à la Belle qui apparaît dans une bulle de plastique transparent bientôt crevée par les soupirants, c’est surprenant mais à bien réfléchir :

« La Belle, c’est l’histoire d’une enfant tellement aimée et protégée par ses parents qu’elle arrive dans le monde et la vie sans rien savoir de sa cruauté. Quand la Belle sort de sa bulle et qu’elle rencontre pour la première fois du monde, à savoir ces princes qui sont là pour la séduire, elle vit ça comme une agression, presque comme un viol. » explique le chorégraphe Jean-Christophe Maillot

La fée Carabosse, rôle traditionnellement tenu indifféremment par un danseur ou une danseuse, est totalement « déjantée » dans la version présentée en 2000 à l’Opéra de Bordeaux.

Et le Prince des noix dans « Casse-Noisette »… « écorché » coiffé d’un bonnet intégral hérissé de piques orangées !

« Lorsque j’ai annoncé que je ne voulais pas faire Noël comme c’est écrit dans le livret, on m’a pris pour un fou. On connaît tellement bien les musiques et les images qui y sont associées que je ne voulais absolument pas aller dans cette direction. J’ai gardé l’esprit de Noël, mais j’ai voulu une ambiance proche de « The nightmare before Christmas » avec Tim Burton, avec un côté festif, surréaliste mais aussi obscur. » (Jeroen Verbruggen)

Sans parler du « Coq d’or », opéra de Rimski-Korsakov d’après un conte de Pouchkine, dont la mise en scène et les costumes qui nous sont montrés ont été réalisés par un grand maître du kabuki : « L’oeuvre deve[nant] ainsi une cérémonie de théâtre japonais » !

Cerise sur le gâteau, de nombreux rendez-vous autour de l’exposition sont proposés pour tous les publics. Le 10 juin, par exemple, c’est stage textile : « Pimp my tote bag » pour les plus de 15 ans. Vous pourrez faire aussi une visite costumée de l’exposition certains mercredis. Le 14 juillet c’est « chasse au trésor dans le musée » et grand défilé costumé. Quatre fois dans l’été, il y aura des « nocturnes enchantées » (récital suivi d’une projection en plein air), etc. Le programme est à retrouver sur http://www.cncs.fr

 

 

 

 

Un petit doigt tordu…

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Les vacances, moment propice pour découvrir d’autres régions !

Et si vous partiez pour l’Ardèche

« A  la découverte de la grotte Chauvet Pont d’Arc »  ?

grâce aux explications de Sébastien GAYET et aux illustrations de Julien BILLAUDEAU

(Actes sud junior, 2016)

« En 1994, trois spéléologues découvrent près du Pont d’Arc, en Ardèche, une magnifique grotte ornée. Ils ne se doutent pas alors que les fresques qui se présentent à leurs yeux ont été peintes il y a 36 000 ans.

Bisons, aurochs, chevaux, mais aussi lions et ours y apparaissent dans toute leur splendeur, dessinés par de vrais artistes, les peintres aurignaciens, au savoir comparable à celui de Michel Ange.

Ce bestiaire ancestral témoigne de la culture et de la vie d’une civilisation très ancienne, maîtrisant le feu et aimant la musique. Une mine de renseignements pour les archéologues,

un plaisir pour les amateurs d’art. Et un voyage incroyable dans le temps, à la rencontre de nos ancêtres… » (Présentation 4ème de couverture)

Ce documentaire a obtenu en 2016 le Prix Amerigo-Vespucci (décerné par le Festival International de Géorgraphie de Saint-Dié des Vosges).

La grotte est désormais protégée, afin d’éviter les erreurs commises à la grotte de Lascaux dont les peintures ont été abîmées par vingt ans de visites qui ont bouleversé son équilibre naturel, toutefois deux campagnes scientifiques s’y déroulent chaque année menées par des spécialistes (archéologues, pariétalistes, géomorphologues, hydrologues, paléontologues et autres experts en préhistoire) qui « inspectent et scrutent la grotte dans ses moindres détails. Chaque trouvaille, une crotte, un bout d’os ou une touffe de poils, peut donner de précieux indices… L’objectif est de comprendre qui étaient ces femmes et ces hommes qui vivaient sur notre territoire il y a 36 000 ans ». (cf. p. 18 op. cité)

La grotte Chauvet a également été inscrite en 2014 au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Mais vous pouvez toutefois découvrir ses richesses grâce à une copie à l’identique, construite à Vallon Pont d’Arc, et ouverte en 2015.

Vous y apprendrez, entre autres, que les hommes n’ont pas vécu dans cette grotte humide et dangereuse à la différence de l’ours des cavernes qui y venait hiberner ou mettre bas.

Les hommes attendaient le printemps, quand les ours quittaient la grotte, pour dessiner sur ses parois. Une vingtaine d’empreintes de pieds ont été découvertes dont celles d’un enfant ou d’un adolescent, ainsi que les empreintes d’un chien (ou d’un loup ?).

Et, parmi les artistes qui ont laissé leurs traces sur les parois de la grotte, les pariétalistes ont pu identifier une femme de petite taille (ou un adolescent) et un adulte d’environ 1,80 mètre au petit doigt tordu…

Le livre de Sébastien Gayet et Julien Billaudeau donne beaucoup d’autres renseignements sur le bestiaire peint ou gravé de cette grotte et la vie des Aurignaciens en général.

Pour prolonger la visite, vous pourrez jouer avec vos frères et soeurs au passionnant et très pédagogique « jeu des 7 familles de la grotte Chauvet Pont d’Arc« , créé par Antoine, Juliette et Nelly Combier et édité en 2017 grâce au collectif  « Traverse d’imaginaires » et à une souscription :

 

 

 

 

 

 

 

Miles Hyman

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Miles HYMAN est un illustrateur américain que vous connaissez certainement : outre le fait qu’il a illustré de nombreuses couvertures chez des éditeurs comme Gallimard, Actes Sud, Le Seuil, Hachette, etc., que j’ai déjà parlé ici du livre de Dylan Thomas : « Un Noël d’enfant au Pays de Galles » illustré par lui pour Denoël Graphic,

que vous avez vu ses illustrations, à la fois figuratives et très poétiques également dans « L’histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler » de Luis Sepulveda ainsi que dans d’autres livres que possède la BFM,

vous avez rencontré ses affiches pour des films comme « 38 témoins » de Lucas Belvaux.

Eh bien, jusqu’au 18 juin 2017, vous pouvez voir près de deux cents originaux de Miles HYMAN au Musée de l’Illustration Jeunesse à Moulins (dans l’Allier) :

Allez-y, c’est superbe !

Cette rétrospective réunit des oeuvres exécutées depuis près de trente ans dans des domaines aussi variés que la presse, l’édition jeunesse et adulte ou les affiches de films et, chaque fois, même si l’on ignore tout de l’histoire, le dessin de Miles Hyman nous entraîne dans l’univers particulier de cette histoire, inquiétante, magique ou intimiste.

Si vous ne pouvez pas vous rendre à Moulins, empruntez les livres de la BFM et, parallèlement, lisez le très intéressant dossier de presse

accompagné de ses nombreux visuels, dans lequel la commissaire de l’exposition, Emmanuelle Martinat-Dupré donne la parole à Miles Hyman à propos de son travail.

Une lecture éclairante pour quelqu’un dont les illustrations baignent dans une intense lumière ! 😉

 

Eurêk’art !

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Après les jeux d’écriture proposés il y a quelques mois, un livre pour jouer encore, mais avec des oeuvres d’art…

livre_grand_242(Philippe Brasseur : Eurêk’art ! Le livre-jeu du regard

Palette…, 2016)

« Voici un livre pour jouer à regarder les œuvres d’art, seul ou à plusieurs. Un livre où c’est le spectateur qui est au centre : ce qu’il voit, ce qu’il pense, ce qu’il ressent face à une œuvre d’art. Comment ? Par le jeu et l’imaginaire, deux clés en or pour entrer dans le monde de la création.

Un livre dont VOUS êtes l’acteur, où c’est VOUS qui écrivez l’histoire en racontant ce que VOUS y voyez.

Le principe du livre : les pages sont coupées en deux

– En haut, choisissez l’image qui vous plaît parmi 30 chefs-d’œuvre.

– En bas, choisissez parmi 30 consignes créatives vous invitant à porter un regard personnel et décalé sur ces images.

– Découvrez 900 regards sur l’art ! » (cf. Présentation éditeur)

Philippe BRASSEUR travaille sur la lecture de l’image depuis de nombreuses années, tant avec des adultes que des enfants. Riche de ces expériences, il nous propose un livre original et ludique.

Vous avez compris le principe : vous ouvrez le livre au hasard, vous découvrez une oeuvre d’art (essentiellement des reproductions de tableaux) et vous choisissez une consigne. Certaines sont insolites, comme « Cette image représente peut-être un de vos défauts. Qu’y voyez-vous que vous n’aimez pas chez vous ? » ou bien « Regardez cette oeuvre à l’envers. Voyez-vous une autre image apparaître ? » ou encore « Qu’est-ce que l’artiste a choisi de ne pas représenter ?« …

Certaines sont techniques ou plus classiques, certaines s’adaptent mieux à une oeuvre qu’à une autre, mais toutes favorisent un vrai questionnement – même à propos d’oeuvres qu’on croit connaître et qu’on n’a, en fait, jamais regardé aussi attentivement.

C’est simple, mais efficace. On peut jouer seul ou avec des copains, on peut y passer quelques minutes ou se laisser prendre au jeu et on peut même inventer de nouvelles consignes…

Un livre indispensable pour les prochaines vacances !