Archives de Tag: Aventure

Golden Kamui

Par défaut

Golden Kamui/ Satoru NODA / Éditions Ki-oon

série en cours, 21 volumes au Japon, 17 en France

Saichi Sugimoto est une véritable légende de la guerre russo-japonaise du début du XXe siècle. Surnommé “l’Immortel”, il a survécu aux pires batailles menées dans les régions les plus sauvages qui soient. Mais quand le conflit se termine, il se retrouve seul et sans le sou… C’est alors qu’il apprend l’existence d’un fabuleux trésor de 75 kilos d’or accumulé par les Aïnous, peuple autochtone vivant en harmonie avec la nature. Hélas, le magot a été volé, puis caché par un homme désormais enfermé dans la pire prison d’Hokkaido. Les seuls indices menant au butin sont de mystérieux tatouages inscrits sur la peau de criminels évadés…
Pour Sugimoto, la chasse au trésor est lancée… Cependant, seul, il a peu de chances de s’en sortir. À peine sa quête commence-t-elle qu’il manque de se faire déchiqueter par un ours brun ! Il ne doit la vie qu’à l’intervention providentielle d’Ashirpa, jeune indigène liée aux propriétaires légitimes du butin. Ils décident de faire équipe pour affronter les nombreux dangers qui les guettent sur la route de l’or des Aïnous…

Le froid du Nord du Japon, après la guerre russo-japonaise de 1905.

Au cœur des immensités sauvages de l’île d’Hokkaido, en terre autochtone Aïnou, une aventure épique va commencer.

Chasse au trésor, complots divers, manuel de survie en pleine nature, guide culinaire et culturel Aïnou, Histoire du Japon, tout est concentré dans ce manga incroyable, primé de nombreuses fois, aux nombreuses intrigues et à l’humour piquant, le tout servi par un dessin à la fois incroyablement précis et à l’identité forte. Une réussite totale, qui vous apprendra également la bonne façon de faire un Chitatap.

20th Century Boys

Par défaut

20th CENTURY BOYS / Naoki URASAWA / Panini

série complète en 22 volumes

1997, Kenji dirige un convini (supérette) et porte constamment sur le dos le bébé que sa sœur lui a confié avant de disparaître mystérieusement. La mort d’un ami d’enfance va réunir la bande de copains qui, lorsqu’ils avaient dix ans, construisaient le monde avec des yeux d’enfants. Ami, le gourou d’une secte, va croiser le chemin de nos amis sans raison apparente… mais pourtant il semble être en étroite relation avec leur passé.

C’est une œuvre majeure de URASAWA-sensei !

Après Master Keaton, Monster, Pluto,et bien d’autres, Naoki URASAWA nous livre ici un thriller qui se déroule sur plusieurs époques.

En suivant un groupe de copains (de l’enfance à l’âge adulte), on se plonge dans une histoire qui, à partir de l’élément déclencheur qu’est le décès d’un ami d’enfance, nous interroge sur les choix que l’on fait, sur l’influence que l’on a sur les événements, et sur la possibilité de retrouver sa « voie » lorsque l’on s’est perdu dans le tourbillon de la vie.

Épopée fantastique aux multiples rebondissements, véritable page-turner, ce manga de 20 ans déjà est un incontournable ! A lire absolument !

(et à voir aussi : Nippon Television Network Corporation proposa une adaptation sous forme de trilogie, fait rarissime au Japon, donnant ainsi naissance à l’une des plus grandes épopées cinématographiques japonaises).

Kurokami

Par défaut

 

Kurokami / LIM Dall young, PARK Sung woo / Editions Ki-oon

(série complète en 19 volumes)

En rentrant chez lui après une soirée arrosée, Keita, jeune programmeur, s’arrête pour avaler un bol de ramen. Il est contraint de céder son repas à une jeune fille affamée. Il ignore qu’il s’agit d’une mototsumitama – une gardienne de l’équilibre de ce monde. Pris entre deux feux quand surgit un mystérieux agresseur, il perd un bras dans l’affrontement. Pourtant, en se réveillant le lendemain matin, il trouve son corps intact… mais à qui est réellement ce bras ?

L’éditeur Square Enix fait appel en 2005 à deux auteurs coréens pour cette création originale à destination des lecteurs japonnais. Graphiquement très aboutie (les dessins de PARK Sung Woo sur tablette graphique sont incroyables de dynamisme), cette aventure fantastique nous emmène dans un monde sacré, où les Mototsumitama, gardiens de la Terra, flux de toutes choses en ce monde, se livrent une lutte acharnée.

Seule la force des liens qui uniront Keita, simple humain égocentrique appelé à changer, et Kuro, descendante des gardiens légendaires, pourra rétablir l’équilibre du monde et éviter sa destruction. Une fable bourrée d’action et de combats épiques, qui par certains aspects thématiques n’est pas sans rappeler le film Princesse Mononoke de Miyazaki.

Fullmetal Alchemist – Manga

Par défaut

Fullmetal Alchemist / Hiromu ARAKAWA / Kurokawa

En voulant ressusciter leur mère, Edward et Alphonse Elric vont utiliser une technique interdite relevant du domaine de l’Alchimie : la transmutation humaine. Seulement, l’expérience va mal tourner : Edward perd un bras et une jambe et Alphonse son corps, son esprit se retrouvant prisonnier d’une armure.

En effet, l’Alchimie est une science régie par le concept de l’échange équivalent: la compréhension de la matière, sa décomposition et sa restructuration. Toute chose ne peut être acquise qu’au prix d’un sacrifice, il est impossible de créer à partir du néant.

Devenu un alchimiste d’État, Edward, surnommé « Fullmetal Alchimist », se lance, avec l’aide de son frère, à la recherche de la pierre philosophale, leur seule chance de retrouver leur état initial. Ils commencent à enquêter sur un étrange homme, « le fondateur » qui passe pour un faiseur de miracles…

Ceci est une perle ! Publiée à partir de 2002 (bientôt 20 ans!!!), cette série reste une référence absolue du shonen. Un dessin magnifique (merci madame ARAKAWA), des personnages attachants, de l’action, de l’aventure, beaucoup d’humour, et une intrigue palpitante qui vous emporte littéralement, forment ici un cocktail explosif qui vous fera oublier le monde autour de vous une fois le livre entre les mains.

Un manga qui a marqué une époque, jusque dans la chair de certains fans : le tatouage de Scar sur de vraies personnes, c’est la maxi classe !

De plus, le manga a été décliné en 2 séries animées et un film, plusieurs romans et de nombreux CD drama (au Japon), de quoi prolonger le plaisir d’être en compagnie des frères Elric.

 

Arts premiers

Par défaut

Serialblogueuses a parlé à plusieurs reprises de cette collection initiée par Le Louvre et les éditions Futuropolis : à propos de Matsumoto, Chavouet, Taniguchi, Bilal…

Cette fois, il s’agit de Christian LAX qui entremêle harmonieusement l’histoire d’une sculpture malienne représentant une maternité et celle d’un jeune migrant, Alou, tentant de rejoindre l’Europe.

Harmonieusement mais sans édulcorer le contexte.

Christian LAX : Une maternité rouge

(Louvre / Futuropolis, 2019)

« Au Mali, une Maternité rouge, sculpture datant du XIVe siècle, est sauvée de la folie destructrice des islamistes par Alou, un jeune chasseur de miel. En compagnie d’autres migrants, sœurs et frères d’infortune, Alou prend tous les risques pour rejoindre l’Europe. Son but et son obsession : confier la précieuse statuette au musée du Louvre !

Alou, chasseur de miel, se dirige vers les ruches sauvages d’un baobab. Circulant en 4×4, armés jusqu’aux dents, une bande d’islamistes radicaux foncent sur lui et font exploser le baobab sacré.
Parmi les débris du baobab, Alou découvre, intacte, une statuette représentant une femme enceinte. Encouragé par son père, il se rend dans le pays Dogon présenter la statuette au sage du village, le hogon, respecté de tous pour sa culture. Le hogon reconnaît aussitôt cette Maternité rouge . Elle est l’œuvre, selon lui, du maître de Tintam, dont une première Maternité se trouve déjà au Louvre, au Pavillon des Sessions. Pour le vieil homme, la sculpture, en ces temps de barbarie, sera plus en sécurité au Louvre, près de sa sœur, qu’ici, au Mali.
Confier la statuette au musée parisien, c’est la mission d’Alou. Et pour la mener à bien, le jeune homme prendra tous les risques en traversant déserts et mers, en compagnie de migrants, ses sœurs et frères d’infortune.

Christian Lax rejoint la collection Louvre avec un récit engagé, aux côtés de celles et ceux qui subissent la violence, la misère et la guerre et tentent de rejoindre nos côtes dans l’espoir d’une vie meilleure… » (cf. Présentation Louvre)

Actuellement on discute beaucoup de la nécessité de rendre aux pays anciennement colonisés les oeuvres d’art qui leur avaient été « soustraites » (c’est un euphémisme et les premières pages de la BD le montrent bien) pour enrichir nombre de musées européens. Certaines de ces oeuvres ont déjà regagné leurs pays d’origine.

C’est un autre point de vue que nous propose Christian Lax, sans polémiquer. De même lorsqu’il évoque le parcours du hogon, ancien instituteur du village dogon et la quête originale et somme toute décevante de Alou.

Les illustrations sont très belles, très fortes grâce à l’économie de couleurs : un album à ne pas manquer !

Et pour compléter, ne vous privez pas de lire le dossier pédagogique que le Musée du Quai Branly avait réalisé en 2011 pour l’exposition Dogon.

Alors survint le Jabberwock…

Par défaut

Si vous avez regardé « Le mystère des pingouins » de Hiroyasu ISHIDA  (d’après une oeuvre de Tomihiko MORIMI), vous avez vu des Jabberwock apparaître dans le ciel et fondre sur vous.

Vous avez également vu des canettes de soda jetées en l’air se transformer en pingouins et autres phénomènes totalement ahurissants.

Le « Mystère des pingouins » est un film d’animation japonais sorti dans les salles en 2019.

Aoyama est un jeune garçon posé et réfléchi ; bon élève de CM1, il compte le nombre de jours qui le séparent de l’âge adulte, quand il pourra devenir « quelqu’un de bien ». Sa passion, ce sont les sciences et lorsque des multitudes de pingouins apparaissent sans aucune raison valable dans sa ville, il va mener l’enquête avec son meilleur copain et sa rivale au jeu d’échecs.

Une autre passion va bientôt naître, platonique certes mais turbulente, pour l’une des jeunes assistantes du cabinet dentaire, qui se révèle rapidement liée à – sinon responsable de – ces événements surnaturels.

Un film totalement absurde au sens littéraire du terme, renforcé par l’irruption des Jabberwock dans la ville, le Jabberwocky faisant référence à un poème de Lewis CARROLL extrait du premier chapitre de « De l’autre côté du miroir« .

L’année dernière, les éditions Grasset-jeunesse ont édité intégralement ce texte, dans la classique traduction d’Henri PARISOT mais avec des illustrations décoiffantes de Nicole CLAVELOUX, quarante-cinq ans après ses illustrations d’ « Alice au pays des merveilles » (réédité cependant en 2013).

L’occasion de découvrir ou redécouvrir ces deux textes jubilatoires de Lewis CARROLL.

Et de re-découvrir également le style original de Nicole Claveloux, prolifique illustratrice jeunesse mais également créatrice de bandes dessinées mise à l’honneur cette année 2020 à Angoulême.

Et pour en revenir à l’atmosphère fantastique du « Mystère des pingouins », signalons également ce très bel album

de CORNELIUS (alias Davide CALI) et Tommaso CAROZZI :

Le jour des baleines

(paru aux Editions Chocolat lui aussi en 2019)

 

 

 

François PLACE

Par défaut

La première fois que je vous ai parlé de François PLACE, c’était en 2012, mais nous le connaissions depuis longtemps, vous et moi… Sans doute depuis « Les derniers géants » parus en 1992 et souvent étudiés en classe depuis. Peut-être même aviez-vous déjà emprunté en bibliothèque des documentaires Gallimard illustrés de ses dessins soignés et détaillés.

Son dernier roman « La reine sous la neige » est une histoire assez folle, où se mêlent fantastique, intrigue policière, sujets de société comme le harcèlement, les réfugiés, l’art contemporain, les adolescents et l’amour, autour du personnage de Sam.

Samantha est une jeune métisse dont les parents divorcés vivent entre l’Afrique du sud et les Pays-Bas.

Comment se retrouve-t-elle coincée à Londres, sans son portable qu’on vient de lui voler, précisément le jour où la Reine Elisabeth décède ? A vous de le découvrir…

 

François PLACE : La reine sous la neige (Gallimard, jeunesse 2019)

« Une tempête en plein ciel, un avion dérouté, un vol de portable, un coup de foudre,

deux amoureux,

une reine morte, un enfant perdu, un tigre évadé du zoo, une statuette de plastique, une enquête impossible, Londres sous la neige… » (cf. 4ème de couverture)

 

Les objets tiennent une grande place dans ce roman, tout particulièrement ces petites « boules à neige » qu’adorent les enfants.

« Sam ne savait laquelle choisir. Même collier de perles, même petit sac à main un peu ridicule, même coupe de robe, même va-et-vient de la main, mais la palette de couleurs allait du bleu layette au rose pastel. Il y avait un côté un peu effrayant dans leur façon de bouger en rythme. Alignées comme des petits soldats, elles auraient pu servir de public souriant à un défilé militaire en Corée du Nord.

(…) Sam choisit la troisième à partir de la gauche, bleu pervenche. Souriante sous son chapeau cloche, la figurine se tenait au garde-à-vous, raide et endimanchée. Sa main droite à hauteur de l’épaule, doigts réunis et gantés de blanc, oscillait avec une régularité de métronome. Elle semblait dire : « Allez-y, vivez votre vie, faites ce que bon vous semble, chantez, dansez, pleurez, dans tous les cas je vous dirai bonjour, du matin au soir, ou bye-bye si vous préférez, c’est comme vous voulez, ça n’a aucune importance, parce que de toute façon l’Angleterre sera toujours l’Angleterre, et moi, la reine, je serai toujours la reine, et God save the Queen. »

D’ailleurs, est-ce bien Sam l’héroïne de ce roman ? Ne serait-ce pas plutôt la Reine, même morte ?

François Place a écrit là une histoire assez déjantée, je doute que le futur décès d’Elisabeth II engendre autant de drôlerie et d’événements surréalistes. Quant à sa succession… Le chapitre à propos du Prince Charles est assez comique, mais on voudrait y croire.

Un bon moment de lecture, original et joyeux.