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Fantastiques robinsons

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Ils ont deux cents ans d’écart et bien d’autres différences, toutefois j’ai envie de vous parler des deux en même temps.

« Le Robinson suisse » qui a peut-être fait rêver enfants, vos parents et grands-parents, vient d’être réédité par les éditions La Joie de Lire dans une version adaptée par Peter STAMM, traduite par Lionel Felchlin et illustrée par Hannes BINDER dont les gravures en noir et blanc lui conviennent superbement.

Le texte originel, édité en 1812, avait été écrit par un pasteur suisse, Johann David WYSS pour ses quatre garçons. A la différence du Robinson de Daniel De Foe, adulte et solitaire – du moins jusqu’à l’arrivée de Vendredi -, J.D. Wyss fait échouer une famille entière sur une île déserte.

« Une famille suisse – le père, la mère Katharina et leurs quatre fils (Fritz, Ernst, Jack et Franz) – s’échoue sur une île déserte. Seuls survivants d’un naufrage, ils parviennent à sauver un certain nombre d’animaux et d’objets de l’épave. Ils vont vivre de chasse, de pêche et de cueillette, mais aussi domestiquer des animaux sauvages, cultiver des champs et construire toutes sortes d’outils, de bateaux et de cabanes. Ils vont aussi devoir affronter des animaux dangereux – boa, lion, tigre, ours… Au fil des années, ils font de cette île sauvage un petit paradis. Dix ans plus tard, ils y rencontrent une jeune Anglaise naufragée, Miss Jenny. Un navire aborde finalement dans l’île et la famille doit choisir : rester et fonder la colonie de la Nouvelle-Suisse, ou tout abandonner et rentrer en Europe… » (Présentation éditeur)

Peter STAMM a pris quelques libertés avec le texte qui nous le rendent plus fluide à lire, deux cents ans après. Il a condensé les 59 chapitres, supprimé quelques animaux et quelques plantes improbables sur l’île, imaginé la rencontre de Fritz avec un autre naufragé, mais l’esprit de J.D.Wyss demeure :

« entreprise formatrice d’un précepteur éclairé au sein de sa famille. Tandis que les jeunes écoutaient attentivement l’histoire captivante, il leur disait ses quatre vérités. (…) Pour lui, l’homme est prédisposé au bien et à la raison. Ces prédispositions se développent à travers l’enseignement et l’exemple de vie. Dans le roman, les parents agissent ainsi envers leurs enfants, et le pasteur Wyss l’a fait avec ses fils par le biais du roman. La raison et la sagesse, l’habileté et l’imagination distinguent l’esprit sensé. Ces qualités lui permettent de survivre dans la forêt vierge. Mais la bonté tout aussi naturelle de l’être humain prévient la querelle et la jalousie ; elles font place, sous les encouragements attentionnés des parents, à la concorde et à la serviabilité. » (cf. postface de Peter von Matt)

La famille tire parti de tout ce qu’elle découvre, grâce à l’extrême ingéniosité de chacun, ses souvenirs, son expérience, mais également grâce à la bibliothèque sauvée du naufrage :

« Nous possédions un assez grand nombre de livres qui avaient appartenu en partie à nous-mêmes, en partie au capitaine ou aux officiers. La plupart d’entre eux étaient des récits de voyage et des ouvrages d’histoire naturelle, illustrés en couleurs, qui nous permettaient d’apprendre beaucoup de choses. Il y avait en outre quelques cartes marines, des instruments mathématiques et astronomiques, et même un globe terrestre. Nous avions aussi pris sur l’épave des dictionnaires et des romans en plusieurs langues. Nous passions les longs jours de pluie à nous familiariser avec différentes langues pour nous faire comprendre si, un jour, un bateau devait aborder notre île. Tout le monde apprenait le français. Katharina et les deux aînés s’intéressaient aussi à l’anglais et au hollandais. Ernest avait déjà eu des cours de latin à l’école et poursuivait ses études ici. Cette langue rendait surtout service pour lire des livres scientifiques et médicaux. »

Bibliothèque et petit musée d’histoire naturelle constitué au fil des découvertes de la faune, la flore et la géologie de l’île, tout cela prend place dans les différentes « résidences » de la famille.

Au départ simple abri de toile avec des matelas de mousses et d’herbes, puis la fameuse cabane dans les arbres qui a fait rêver des générations d’enfants mais sera remplacée après la saison des pluies par la maison dans la grotte, plus tard agrémentée d’une galerie et d’un bassin avec sa fontaine ; belvédère, cahute, pont-levis, poste de garde, fortifications complètent les différents espaces conquis sur la nature avec leurs plantations, jardins, chemins et abris pour les animaux domestiqués.

Lorsque l’arrivée, pourtant si longtemps espérée, d’un navire va bouleverser leur existence, les quatre garçons sont devenus de jeunes hommes d’une vingtaine d’années et deux d’entre eux décideront de quitter l’île pour retourner en Europe.

« Il me tenait le plus à coeur de laisser partir mes fils en leur témoignant tout mon amour.  (…) Peu importe  à quelle distance nous sommes les uns des autres, leur dis-je finalement, nous vivons sous le même ciel. Et chaque fois que j’observerai les étoiles, je serai en pensée avec vous. Je vous ai appris ce que je pouvais vous apprendre. A l’avenir, vous devrez compter sur votre propre raison. Mais je suis sûr que vous ferez votre chemin et trouverez votre bonheur.« 

C’est à cette conclusion qu’arrivera également Ben (Viggo Mortensen) dans « Captain fantastic » de Matt ROSS.

Mais son cheminement intérieur aura été laborieux.

Ses six enfants n’ont pas été contraints par un naufrage impliquant toute la famille dans les premières années du 19ème siècle, ils apparaissent plutôt comme les « otages » de parents opposés à la société de consommation du 21ème siècle, qui décident de leur faire vivre une utopie au fin fond d’une forêt d’Amérique du nord.

Comme les quatre fils Wyss, les six enfants de Ben vivent une « robinsonnade », ils habitent une cabane, se lavent à la rivière, mangent les produits de leur chasse ou de leur potager. Comme eux, ils lisent beaucoup et n’ont pas d’autre lien avec le monde.

Disons que les premières scènes du film de Matt Ross comme l’impressionnant moment de chasse, le rude entraînement sportif quotidien, les « missions » ou l’accident d’escalade, permettent de « mettre des images » contemporaines sur le récit de J.D. Wyss.

Mais la comparaison s’arrête là et si l’éthique de la famille Cash est responsable et s’appuie sur une réflexion solide, l’écrasante personnalité, l’intransigeance et le dogmatisme de Ben m’ont paru insupportables. Certes il enseigne à ses enfants à défendre leur point de vue et développer leur esprit critique (le passage à propos de « Lolita » de Nabokov et la conversation qui s’ensuivra est un morceau d’anthologie), mais il interdira violemment à ses filles de parler entre elles en espéranto (qu’il réprouve ou simplement qu’il ne comprend pas ?) sans leur donner d’explication convaincante…

Il faudra la mort tragique de sa femme atteinte de troubles bipolaires, suivie de nombre d’événements qu’il ne maîtrise plus pour qu’il (ré)fléchisse et accepte, outre la confrontation des enfants avec ce monde qu’il rejette – dont l’école -,  le départ de son aîné, Bodevan.

 

 

 

 

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Jirô Taniguchi

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« S’il avait pu être mené jusqu’à son terme, le projet dans sa globalité aurait sans doute été l’aboutissement de ce que souhaitait réaliser depuis plusieurs années Jirô Taniguchi : raconter, dans un ouvrage à mi-chemin entre manga et bande dessinée [franco-belge], une histoire susceptible d’éveiller les consciences à la nécessité pour l’être humain d’instaurer une relation harmonieuse avec son environnement naturel. »  (cf. postface « les racines du projet » – éditions Rue de Sèvres, 2017)

Jirô TANIGUCHI « La forêt millénaire »

(Rue de Sèvres, 2017)

« Après un terrible séisme, une forêt depuis longtemps disparue émerge dans les environs de Tottori*. Un jeune garçon tout juste arrivé de Tokyo perçoit les vibrations de cette forêt et entend même les murmures de ceux qui la peuplent. »

(*) région natale de Taniguchi

Surprenant par son format à l’italienne de 24 sur 30 cm, relié, cahiers cousus, couvert d’une jaquette sur beau papier grainé, pages de garde décorées, cet album posthume (Jirô TANIGUCHI est mort en février 2017 à 69 ans) est absolument magnifique. Magnifique et terriblement frustrant… car Taniguchi et son éditeur Rue de Sèvres avaient prévu de développer l’histoire en cinq albums. Or le récit, à peine commencé, tient en une cinquantaine de pages. Heureusement la postface « Les racines du projet » de Corinne Quentin (traductrice et directrice de l’agence littéraire) et Motoyuki Oda (éditeur chez Shogakukan et responsable de la publication au Japon) et quelques pages de croquis extraites des carnets de dessin de Taniguchi adoucissent  – un peu – notre déception.

Angoulême l’avait reçu en 2015, plusieurs posts ici ont parlé de ses mangas, il nous reste à les relire inlassablement…

Juste avant cet album, j’avais lu le dernier livre d’Aharon APPELFELD traduit pour L’Ecole des Loisirs au printemps 2017 :  « De longues nuits d’été » et les deux récits se sont un peu catapultés dans ma tête.

[Oui ! Oui ! Vous avez bien reconnu sur la couverture la patte de Mélanie RUTTEN, illustratrice à laquelle le secteur jeunesse de la BFM a rendu hommage en 2016. Bravo !]

A priori, le sujet n’a rien à voir :

« Papi Sergeï, un ancien soldat devenu aujourd’hui un vieil homme aveugle, et Janek, un garçon juif placé sous sa protection, effectuent un long voyage. En toile de fond, la Seconde Guerre mondiale qui fait rage. Les deux compagnons vont de village en village pour mendier et luttent pour leur survie.

« Ce couple de héros peut faire penser, bien sûr, à une variation sur le thème “Le vieil homme et l’enfant”. On pense beaucoup aussi à La Route, de Cormac McCarthy, pour la profondeur et la simplicité du texte, des dialogues, pour sa situation apocalyptique, pour ce lien de confiance entre un homme et un enfant, dans un monde barbare.» ( cf. Valérie Zenatti, traductrice, pour la présentation éditeur)

Toutefois, ce qui frappe à la lecture du récit d’Appelfeld, comme dans son précédent livre « Adam et Thomas » paru en 2014 et inspirés tous deux de sa propre expérience de l’errance dans la forêt, c’est la nécessité absolue de connaître parfaitement cet environnement afin de s’y fondre.

« Son long service militaire avait fait de Sergueï un être de la nuit à l’ouïe fine et à l’odorat puissant, il détectait les odeurs bien avant tout le monde. Il avait un goût très développé aussi et savait aussitôt ce qui était frais ou abîmé. Son sens du toucher était bien sûr également hors du commun.

(…) Les menaces, comme nous l’avons dit, ne perturbent pas le vieux Sergueï, au contraire. Lorsque le danger surgit, tous ses membres se tendent et Janek ne le quitte pas des yeux. Après avoir bu du thé, tiré sur sa pipe et écouté un long moment les bruits du village, Sergueï dit :

– Maintenant tu peux aller chez Sonia.

Sergueï connaît bien les habitudes du village, il a l’ouïe fine et les narines aux aguets. Il sait exactement quand le danger s’approche d’eux ou s’éloigne.

(…) Ce n’est que lorsqu’ils sont dans la forêt, qui appartient à tous, que Sergueï autorise Janek à cueillir des cerises et des myrtilles. Janek aime la forêt et les fruits qui y poussent. Les animaux aussi : écureuils, biches, lapins. Tous ont une façon prudente de se mouvoir, ils font preuve d’écoute et d’attention. Il reste parfois assis un long moment pour apercevoir la silhouette d’une biche. Il arrive que des yeux bleu-vert surgissent dans un buisson : un loup.

– Grand-père, pourquoi ne dormons-nous pas dans la forêt ? Parce qu’elle est dangereuse à cause des loups ?

-Oh, les hommes qui y vivent sont bien plus dangereux : des bandits, des assassins, des êtres qui ont la haine de Dieu et des hommes. La forêt est un endroit où ils sont puissants. Ils kidnappent des gens et exigent une rançon. Lorsqu’ils ne l’obtiennent pas, ils n’hésitent pas à tuer.

  Le vieux Sergueï est très organisé. Il envisage le moindre détail avant de prendre la route : à quel endroit coule un ruisseau, quelles sont les cabanes ou les chaumières qui abritent des gens susceptibles de se montrer hostiles… »

Ils n’entrent jamais vraiment dans les villages : ils restent en lisière, dans une clairière près d’un point d’eau et se reposent sous un arbre au printemps et en été, l’hiver ils dorment dans des auberges ou des presbytères. Sergueï entraîne l’enfant à fortifier et endurcir son corps, à résister à la faim qui les tenaille et à espérer.

« Nous dormons avec nos vêtements et ce n’est qu’une fois que tout est silencieux que nous enlevons nos chaussures. Mais ne t’inquiète pas, tu vas très vite t’habituer à cette vie. Les vagabonds dont comme des soldats, toujours en alerte. Cette condition comporte cependant des petits plaisirs qui te réjouiront. »

Et comme Wataru Yamanobé dans le texte de Taniguchi, Janek entend des voix qui murmurent à son oreille des conseils ou des encouragements.

Deux très beaux récits d’apprentissage.

 

 

Carry on

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Carry on c’est le nouveau roman de Rainbow Rowell. Vesperr avait fait un post sur son précédent livre Fangirl . Dans celui-ci, le personnage principal est fan d’une série de livre « Simon Snow ». Celle-ci écrit des fanfictions sur lui, à partir de l’univers de cette série. Roman Rowell a eu envie d’écrire vraiment l’histoire de Simon Snow. Carry on est le huitième tome de la saga…jusque-là vous me suivez ?

Simon Snow est un orphelin qui découvre à l’aube de son adolescence qu’il a des pouvoirs magiques. Un mage très puissant le fait rentrer à Watford une école de magie reconnue dont il est le directeur. Là il se lie d’amitié avec Pénélope, une jeune fille très intelligente et se découvre un ennemi juré, le prétentieux Baz qui vient d’une famille de sorciers ancienne et puissante…et pour couronner le tout il est l’Elu : celui qui doit sauver le monde des sorciers de l’infâme Humdrum. Ca vous rappelle quelque chose ? C’est normal : pour Fangirl Rainbow Rowell avait créé l’univers de Simon Snow en clin d’oeil à celui d’Harry Potter ! Si au début de la lecture cela m’a un peu décontenancé, je suis rapidement rentrée dans l’histoire. Rainbow Rowell a un don pour les dialogues. C’est très drôle, rythmé. Les sortilèges sont des paroles de comptines et de chansons pop. Et Rainbow Rowell réussit le pari de nous emmener directement dans le tome 8 d’une saga sans que l’on soit perdu ! Cet hommage à l’univers d’Harry Potter nous le fait rapidement oublier pour devenir quelque chose de différent…moins sombre, plus drôle. Un très bon moment de lecture.

« Les métiers de l’extrême »

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Pour ceux qui ont encore quelques mois devant eux avant de se décider pour une orientation… prenez le temps de lire ce documentaire, sans tenir compte du sous-titre « raconté aux enfants ».

Certes, chaque métier est juste évoqué, vous ne trouverez pas de lien relatifs aux écoles à contacter, etc., mais intérêt et difficultés apparaissent clairement dans ces succinctes présentations de Anne-Marie THOMAZEAU et grâce aux impressionnantes photographies de Marc INGRAND.

« Les métiers de l’extrême » par Anne-Marie Thomazeau et Marc Ingrand

(De La Martinière jeunesse, 2012)

Pour les formations, allez voir sur le site du CIDJ jeunesse, les pages relatives aux métiers de l’extrême.

Vous y découvrirez par exemple que, pas très loin de chez nous, à Poitiers, le lycée professionnel Louis Armand-Auguste Perret propose la seule formation en établissement public qui délivre le CQP de niveau 1 pour devenir cordiste.  Cordiste  ce n’est pas celui qui joue du cor de chasse 😉 c’est celui qui – sur la photo de couverture – nettoie les vitres des gratte-ciel, parce qu’il travaille avec des cordes ;  c’est en fait un métier du bâtiment très polyvalent : poser des vitres et les nettoyer, mais également faire de l’étanchéité, de la peinture, etc. Il faut être débrouillard, avoir l’esprit d’équipe et être en bonne condition physique. La grande majorité des étudiants qui s’inscrivent à cette formation sont passionnés de hauteur et pratiquent l’escalade, la spéléologie ou encore l’alpinisme.

Justement, dans le livre, vous trouverez parmi ces métiers de l’extrême les spéléologues et les guides de montagne, et les volcanologues et les plongeurs. Parmi les plongeurs, certains sont des chercheurs en biologie, zoologie ou aquaculture, plus rares sont les « chercheurs de trésors ». La grande majorité n’exerce pas dans des lagons aux eaux turquoise… ports, égouts, citernes ou cuves de centrales nucléaires sont plutôt leur quotidien. Certains sont militaires et chargés du déminage ou récupèrent des personnes tombées à l’eau. Comme les secouristes et les sauveteurs en mer, autres métiers à risques, et les chercheurs de pétrole sur les plates-formes de forage.

Pompiers et pilotes d’hélicoptères, reporters de guerre, pilotes de chasse et médecins humanitaires, lignard, cascadeur (vous pouvez lire ici l’interview d’un cascadeur au Parc Astérix).

Mais encore espions, gardes du corps ; un spécialiste de l’assaut au GIGN doit être tout à la fois : plongeur, parachutiste, spécialiste des sports de combat et excellent tireur.

Moins guerrier mais pas moins risqué, le dresseur d’animaux sauvages, le bûcheron, l’artificier (pas seulement pour nos beaux yeux au 14 juillet !) et le trapéziste (à propos, la Route du Sirque 2017 à Nexon, c’est bientôt !), l’astronaute…

Dans les métiers à risques il faut désormais ajouter le coursier à vélo dans la jungle urbaine.

Mais savez vous quel est le métier considéré comme le plus dangereux au monde par l’Organisation internationale du travail (OIT) ? Du fait des accidents nombreux et variés liés à cette profession mais également des attaques de pirates en certains coins du globe… Allez, je vous ai mis sur la piste !

 

 

 

Valerian et Laureline

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La sortie prochaine du film de Luc Besson, nous permet de revenir sur cette excellente série de BD qu’est Valérian et Laureline.

Crée par deux amis d’enfance, Pierre Christin et Jean-Claude Mézières en 1967, cette série compte actuellement 22 albums au cours desquels les personnages et leur univers ont beaucoup évolués.

Il serait long d’énumérer les influences énormes que Valérian a exercé dans la SF, et notammment le plagiat éhonté de Georges Lucas dans Star Wars!

Christin et Mézières n’ont jamais touché un kopek de la richissime Lucasfilm ni d’ailleurs la moindre reconnaissance de leur influence.

C’est donc un plaisir, mêlé d’inquiétude, que de voir un cinéaste reconnu comme Luc Besson leur rendre enfin hommage et justice en portant les personnages de Valerian et Laureline à l’écran.

Même s’il va sans dire que les réalisateurs français capablent de porter un tel projet à l’écran ne se bousculent pas au portillon, on peut tout de même nourrir des inquiétudes légitimes quand au résultat, au vu de la filmographie de Mr Besson…

La bande annonce de Valérian confirme en effet ce pressentiment. Elle est magnifique, c’est indéniable, mais on sent déjà poindre les gros poncifs du genre avec les petits extra-terrestres kawaï, Rihanna, les villes types Cinquième éléments et surtout, surtout la bobine des acteurs principaux!
D’accord le personnage de Valérian à un style et une coiffure bien marqués par son époque :

mais était-ce une raison d’affubler le Valérian de 2017 d’une tronche pareille???

ce freluquet à l’air aussi bien à sa place dans un rôle « d’agent spatio-temporel » que Ron Perlmann dans celui de Bridget Jones!

Quoi qu’il en soit, avant d’aller voir, ou pas, ce film au cinéma, je ne saurai trop vous recommander de découvrir cette magnifique BD, véritable monument de la SF!

Vous trouverez tous les tomes au Pôle Jeunesse et Art de la BFM!

 

 

Indian Creek de Pete Fromm

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« Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j’avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer.
– Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m’expliqua t-il. Fais attention à ça. Tu dois t’en constituer une réserve avant que la neige n’immobilise ton camion.
Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important, je me lançai :
– Heu…c’est quoi, une corde de bois? »

J’ai toujours beaucoup aimé les histoires de trappeurs et d’aventuriers. On y découvre des hommes bien trempés affrontant les périples de la Nature grâce à leur expérience, souvent au prix de grands sacrifices.
Pour un citadin ces histoires sont passionnante et exotique.

Mais le plaisir de lire Indian Creek est autre : ici pas de trappeurs endurcit comme Hugh Glass *, pas de baroudeurs professionnels comme Sylvain Tesson.
Rien de tel, juste un petit étudiant américain de 19 ans, passionné de natation, qui accepte sur un coup de tête, bien vite regretté, une mission de 7 mois en hiver en solitaire dans les Rocheuses.
Armé de sa seule inexpérience, il devra survivre 7 mois aux rigueurs de l’hiver en vivant dans une tente de 3 mètres carrés.

Le récit est prenant dés les premières pages, le narrateurs extrêmement attachant, le récit fluide et drôle (surtout lu bien au chaud dans un bon fauteuil!)

Un livre à conseiller à tous les amoureux de l’aventure, en rangers ou en pantoufles!!!!

Vous trouverez ce livre à la BFM de Beaubreuil, à la côte LIT FRO

* Hugh Glass : trappeur ayant survécu à une attaque d’ours et s’étant traîné blessé et sans armes sur 300 km. Le film Revenant s’inspire de son histoire.

« L’appel de la forêt »

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Ceux qui nous suivent depuis le début de l’aventure de « Serialblogueuses » doivent se dire… Jack LONDON !

Encore ? Eh bien oui…

Alors même si vous avez déjà lu « L’appel de la forêt » sur nos précédentes recommandations, prenez le temps de le regarder, voire de le relire dans cette magnifique édition proposée par Sarbacane dans sa collection grand format (37 cm sur 26 cm), « Grands classiques illustrés« .

Format qui met réellement en valeur les peintures à l’huile de Maurizio A.C. QUARELLO : imaginez ce tableau  ou le dernier combat de Spitz contre Buck en double page de plus de cinquante centimètres de large …

Avouez qu’en ces périodes de grosse chaleur, c’est drôlement agréable de se « rafraîchir » dans ces paysages enneigés.

Même si l’histoire, dans sa nouvelle traduction de Annie-France Mistral, n’en est pas moins rude :

« Buck, le chien géant héros de L’Appel de la forêt, connaît un destin inverse à celui du célèbre Croc-Blanc : « aristocrate » gâté, élevé dans une souriante vallée du Sud, il se trouve précipité en pleine ruée vers l’or dans la haine et la barbarie, et doit renouer avec ses instincts les plus primaires pour survivre. Il connaîtra un temps un amour absolu pour un homme des bois, rude et juste. Mais à la mort de ce maître adoré, plus rien ne le retiendra pour répondre enfin à « l’appel de la forêt », et devenir le chef redouté d’une horde de loups sauvages. »

Si vous aimez le style de Maurizio A.C. Quarello, vous pouvez trouver  à la BFM de Limoges une vingtaine d’autres livres illustrés par cet artiste.