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François PLACE

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La première fois que je vous ai parlé de François PLACE, c’était en 2012, mais nous le connaissions depuis longtemps, vous et moi… Sans doute depuis « Les derniers géants » parus en 1992 et souvent étudiés en classe depuis. Peut-être même aviez-vous déjà emprunté en bibliothèque des documentaires Gallimard illustrés de ses dessins soignés et détaillés.

Son dernier roman « La reine sous la neige » est une histoire assez folle, où se mêlent fantastique, intrigue policière, sujets de société comme le harcèlement, les réfugiés, l’art contemporain, les adolescents et l’amour, autour du personnage de Sam.

Samantha est une jeune métisse dont les parents divorcés vivent entre l’Afrique du sud et les Pays-Bas.

Comment se retrouve-t-elle coincée à Londres, sans son portable qu’on vient de lui voler, précisément le jour où la Reine Elisabeth décède ? A vous de le découvrir…

 

François PLACE : La reine sous la neige (Gallimard, jeunesse 2019)

« Une tempête en plein ciel, un avion dérouté, un vol de portable, un coup de foudre,

deux amoureux,

une reine morte, un enfant perdu, un tigre évadé du zoo, une statuette de plastique, une enquête impossible, Londres sous la neige… » (cf. 4ème de couverture)

 

Les objets tiennent une grande place dans ce roman, tout particulièrement ces petites « boules à neige » qu’adorent les enfants.

« Sam ne savait laquelle choisir. Même collier de perles, même petit sac à main un peu ridicule, même coupe de robe, même va-et-vient de la main, mais la palette de couleurs allait du bleu layette au rose pastel. Il y avait un côté un peu effrayant dans leur façon de bouger en rythme. Alignées comme des petits soldats, elles auraient pu servir de public souriant à un défilé militaire en Corée du Nord.

(…) Sam choisit la troisième à partir de la gauche, bleu pervenche. Souriante sous son chapeau cloche, la figurine se tenait au garde-à-vous, raide et endimanchée. Sa main droite à hauteur de l’épaule, doigts réunis et gantés de blanc, oscillait avec une régularité de métronome. Elle semblait dire : « Allez-y, vivez votre vie, faites ce que bon vous semble, chantez, dansez, pleurez, dans tous les cas je vous dirai bonjour, du matin au soir, ou bye-bye si vous préférez, c’est comme vous voulez, ça n’a aucune importance, parce que de toute façon l’Angleterre sera toujours l’Angleterre, et moi, la reine, je serai toujours la reine, et God save the Queen. »

D’ailleurs, est-ce bien Sam l’héroïne de ce roman ? Ne serait-ce pas plutôt la Reine, même morte ?

François Place a écrit là une histoire assez déjantée, je doute que le futur décès d’Elisabeth II engendre autant de drôlerie et d’événements surréalistes. Quant à sa succession… Le chapitre à propos du Prince Charles est assez comique, mais on voudrait y croire.

Un bon moment de lecture, original et joyeux.

 

« Happa No Ko »

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Etonnant roman que cet

« Happa No Ko le peuple de feuilles » de Karin SERRES

paru en 2018 aux éditions du Rouergue.

« Pourquoi Madeleine, du quartier France 45-67, se réveille-t-elle un matin, effrayée, en découvrant que ses mains sont devenues vertes ? Lui fait-on tester un nouveau jeu de réalité virtuelle sans qu’elle le sache ? Car désormais c’est l’occupation principale sur Terre : jouer ! La planète est devenue une ville infinie où tout travail a été aboli, maintenant que les machines s’occupent de tout. Pendant ce temps, de l’autre côté de la Terre, dans le quartier Japon 23-58, Ken se réveille aussi avec les mains vertes. Mais lui n’a pas peur, car il sait que les mains vertes donnent des pouvoirs. » (cf. 4ème de couverture)

En fait, jouer n’est pas un choix, mais une obligation et l’énergie dépensée est comptabilisée chaque soir par le bracelet accumulateur d’énergie personnel. D’ailleurs il n’y a guère de place dans ce monde pour la liberté et la fantaisie, le couvre-feu ordonne à chacun de rentrer au bercail où la machine-repas délivre les commandes. Les rues, l’école, tous les espaces publics sont quadrillés de lampadaires-caméras. Et les machines-police contrent toute tentative de désobéissance.

La montée des eaux a tant réduit les terres habitables que les villes ont dû se développer en largeur et en hauteur au point que la lumière du jour n’y pénétre plus.

Et ces villes gigantesques ne recélant plus aucune nature, l’illusion est créée par des dômes-parcs sur les parois desquels de splendides paysages sont projetés.

« C’était le début de l’automne, des oiseaux [invisibles] chantaient, quelques feuilles tombaient du haut des arbres virtuels alentour, l’air sentait l’automne, et la lumière solaire, claire et vive, donnait à Madeleine l’impression de respirer plus largement que dans le jour artificiel qui régnait sur la ville. »

Mais voilà que ce vert sur les mains de Madeleines bouleverse sa vie, ainsi qu’une étrange apparition…

Un roman fantastique qui fait réfléchir sur l’écologie et les dérives possibles d’une vie réglementée par l’intelligence artificielle apparemment devenue totalement autonome.

 

A la russe

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« L’Eblouissante lumière de deux étoiles rouges : l’affaire des cahiers de Viktor et Nadia »

David MOROSINOTTO (L’Ecole des Loisirs, 2019)

« 1941. Hitler décide d’envahir l’Union soviétique. Dans la précipitation, on organise l’évacuation vers l’arrière de milliers d’enfants. Viktor et Nadia sont parmi eux. Mais, pour la première fois de leur vie, les voilà séparés. Viktor est envoyé dans un kolkhoze à Kazan, pendant que Nadia se retrouve bloquée à proximité du front des combats. Désormais, Viktor n’a plus qu’une idée en tête : traverser le pays dévasté par la guerre, les bombardements et la faim, pour retrouver sa soeur. Et pour cela, il doit être prêt à tout. Car, dans un pays en guerre, nécessité fait loi. »

Viktor et Nadia sont jumeaux. Ils vivent à Leningrad (alias Saint-Petersbourg) dans un appartement collectif, avec leurs parents qui travaillent au Musée de l’Ermitage.

Ce jour ensoleillé de juin 1941, ils apprennent par la radio que Hitler vient de trahir le pacte de non-agression avec leur pays en bombardant des villes russes :

« Citoyens d’Union soviétique ! ( …) La guerre qui commence aujourd’hui n’est pas imputable au peuple allemand, pas plus qu’aux ouvriers, aux paysans ou aux intellectuels dont nous connaissons les souffrances. Elle est voulue par les fascistes assoiffés de sang qui dominent l’Allemagne et qui ont déjà réduit en esclavage les populations française, tchèque, polonaise, serbe, norvégienne, belge, danoise, hollandaise, grecque et bien d’autres encore.

(…) Ce n’est pas la première fois que notre nation se retrouve à affronter l’attaque d’un ennemi arrogant. Quand Napoléon a cherché à envahir la Russie, notre peuple s’est battu pour la mère patrie, a vaincu Napoléon et l’a renvoyé à son destin. Il en ira de même avec Hitler. »

Dès le début de la guerre, le père de Viktor et Nadia les incite à tenir un journal à deux mains. Toutefois début juillet des trains spéciaux sont frétés pour évacuer les enfants loin de Léningrad. Heureusement pour Viktor et Nadia car bien des enfants n’auront pas le temps de fuir les bombardements puis le tragique siège de la ville, malheureusement ils vont se retrouver dans deux trains séparés, respectivement le 76 et le 77. Ils ont juste le temps de se dire au revoir et de partager leurs cahiers et leurs crayons, bleus pour Nadia, rouges pour Viktor (« la couleur du communisme », déclare-t-il).

Dès lors le lecteur va lire alternativement ces cahiers rouges et bleus tenus jusqu’à la fin novembre 1941.

Le lecteur ? Nous, bien sûr, mais surtout le commissaire du peuple aux affaires intérieures (alias NKVD), le colonel Smirnov chargé en 1946, aux 18 ans des enfants Danilov(a), de déterminer s’ils sont innocents ou coupables des faits qui leur sont reprochés.

« Conjointement à ce document m’ont été remis les deux tampons réglementaires dont l’utilisation sera laissée à ma seule discrétion, au terme de cette enquête. Ils sont identiques, avec une étoile et deux épis de blé de part et d’autre. Seule l’inscription change : INNOCENT, sur le premier. Et sur l’autre, COUPABLE.

Il n’y aura qu’une sentence. Il n’y aura qu’un jugement. Pour la gloire du Parti. »

Le roman de Davide MOROSINOTTO est une extraordinaire épopée « à la russe », comme ces récits de propagande destinés à l’édification des jeunes Soviétiques. Le génie de Morosinotto est d’avoir intercalé les commentaires de Smirnov avec le récit des enfants.

Le journal de chacun des jumeaux permet de découvrir le tragique quotidien de cette « grande guerre patriotique », selon l’expression de l’Union soviétique. Les commentaires de Smirnov reflètent la voix du Parti, les mensonges et la propagande utilisée lors du Siège de Léningrad, affamée près de neuf cents jours par les troupes nazies .

Ils permettent également de sérier les informations, la fiction imaginée par Morosinotto pour nous tenir en haleine jusqu’au bout de ce roman de 520 pages et la « réalité » des faits. Fiction habilement illustrée de « documents d’époque ».

Passionnant récit mi-initiatique mi-historique qu’on dévore d’une traite.

« Aquarica »

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« Roodhaven, 1930. Ce tranquille port vit de la pêche à la baleine depuis des générations, cultivant la mémoire de ses disparus en mer. Un jour, échoue sur le sable une créature fantastique, un crabe gigantesque, comme tout droit sorti de l’imagination d’un ivrogne. Le village s’inquiète et vocifère, d’autant plus que des débris d’un bateau naufragé sont entremêlés aux chairs du crustacé. L’affaire fait grand bruit dans le monde scientifique, attirant le jeune chercheur John Greyford sur les lieux. Fasciné, il se pose en défenseur de la créature, au nom de la science. Encore loin de se douter où cette aventure le mènera, il découvre qu’une jeune fille a voyagé à bord de la bête, comme venue d’un autre monde. Elle s’appelle Aquarica, et ne tarde pas à désigner John Greyford pour l’aider à sauver son peuple.« (Présentation éditeur : Rue de Sèvres, 2017)

Sur un scénario de Benoît SOKAL et François SCHUITEN, cette bande dessinée rappelle les mondes imaginaires* créés de tous temps par les hommes.

Les pages de garde donnent le ton : une effrayante pêche à la baleine entre rochers à pic et mer déchaînée…

Maintenant la pêche est terminée, de nombreux bateaux ont tragiquement disparu et les – rares – survivants noient indéfiniment au pub leur douloureuse mélancolie.

Le Golden licorn était l’un de ces baleiniers, disparu en mer dans les années 1910.

« Un sacré baleinier, M’sieur Greyford. Le plus beau navire de la flotte de Roodhaven à la grande époque ! La fierté de toute une ville ! Disparu en mer il y a vingt ans… Soixante-dix huit morts. Un drame dont on ne s’est jamais remis dans le pays… Les gars qui vous ont pris à partie à l’auberge sont les seuls rescapés ! ».

Mais voilà qu’une énorme araignée de mer s’échoue sur le sable de Roodhaven et, avec elle, la mémoire d’un autre naufrage, celui de la goélette « Aquarica » partie de Clifden dans le Connemara pour rallier Roodhaven et disparue en mer en 1865.

A son bord un océanographe réputé, Mike Connoly, spécialiste de « la faune sous-marine, et plus particulièrement les grands cétacés », et sa famille.

Et puis le souvenir d’un explorateur italien du 15e siècle, Jonas Santano dit le marin fou,

« disparu en mer par la plus noire des tempêtes… Quinze ans plus tard, il réapparaît comme par enchantement dans le port de Venise, pour raconter ses aventures à qui veut bien les entendre… Comment sa caravelle s’est fracassée sur les dents d’un monstre marin gigantesque ! Et puis comment il a survécu toutes ces années sur le dos d’un animal grand comme une île ! »

Tous les ingrédients sont réunis pour nous tenir en haleine et l’on attend avec impatience le second volume  de « Roodhaven« .

(*) Vous pouvez en trouver un aperçu à la BFM dans le « Livre des terres imaginées » de Guillaume DUPRAT, paru au Seuil jeunesse en 2008.

 

Enigme

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Un one-shot plutôt mystérieux que cette « Route de Tibilissi » de David CHAUVEL, dessiné par Alex KOSAKOWSKI , mis en couleur par LOU et édité par Delcourt il y a tout juste un an !

« Jake et Oto viennent de voir leurs parents se faire assassiner sous leurs yeux par des miliciens masqués.

 Les derniers mots de leur père : « Allez à Tibilissi ! ». Pour se préparer, ils repassent par leur village dévasté pour y récupérer des vivres. Là, le cadet retrouve ses deux amis Doubie et Trois-Trois, une drôle de bestiole à fourrure et un robot rafistolé qui vont les accompagner tout au long de leur dangereux voyage… » (cf. présentation éditeur)

Certes, la collection s’intitule « Terres de légendes », mais en observant la couverture de la BD , si l’on aperçoit  les deux garçons vêtus comme au Moyen-Age, ce vieux robot déglingué sème le doute.

Où est-on ?

Quand ?

Où vont-ils ? Ah ! ça, c’est peut-être la seule hypothèse plausible, ils seraient sur « la route de Tibilissi ». Nom qui sonne un peu georgien (hum… la Georgie d’Europe de l’est, pas des Etats-Unis. Mais sa capitale s’appelle Tbilissi ou Tiflis, alors, une contraction des deux ? Le mystère reste entier).

En grattant un peu, on se rappelle que la Georgie fut en guerre il n’y a pas si longtemps.

Maigre butin. Alors il convient de juste se laisser porter par l’histoire de ces deux frères fuyant dans le froid et la neige.

Les personnages rencontrés, amis ou ennemis, ont des allures de contes fantastiques, sans parler des dragons et autres créatures…

Mais la fin (chut !) remet tout en cause.

Pas grave, on a passé un bon moment, bien que stressant (« quelle connerie la guerre ! » *) à lire cette bande dessinée !

(*) « (…) Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien. »

(Extrait de « Rappelle-toi Barbara » de Jacques Prévert)

 

« La vallée des immortels »

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Toujours dans la vague « ne laissons pas disparaître nos personnages de BD préférés, malgré la mort de leurs créateurs », voici le « Blake et Mortimer » 2018 (Dargaud). Vingt-cinquième album de la série initiée par Edgar P. JACOBS en… 1946.

Sa couverture ne peut pas passer inaperçue, elle nous rappelle étrangement une autre image… Ah ! mais bien sûr ! C’est Tintin (et Milou) dans le « Lotus bleu » ! D’ailleurs, regardez bien, il y a un autre clin d’oeil dans ce volume.

« Pendant que, dans la Chine voisine, les communistes de Mao affrontent les nationalistes de Chiang Kai-shek, le Seigneur de la guerre Xi-Li cherche à mettre la main sur un manuscrit qui lui permettra d’asseoir son pouvoir sur l’Empire du Milieu. Face aux menaces qui planent sur la région, le capitaine Francis Blake est chargé d’organiser la défense de la colonie britannique de Hong Kong. De son côté, à Londres, le professeur Philip Mortimer est amené à s’intéresser de près à une curiosité archéologique chinoise suscitant appétits et convoitises. Au même moment, le fameux colonel Olrik, ancien conseiller militaire déchu de Basam-Damdu, profite du chaos ambiant pour monnayer ses services auprès du général Xi-Li afin d’assouvir sa soif de vengeance…

Premier volet d’un diptyque, La Vallée des Immortels commence exactement là où Le Secret de l’Espadon s’achève. » (Présentation éditeur)

Sur un scénario d’Yves SENTE et les dessins de Teun BERSERIK & Peter VAN DONGEN, Blake et Mortimer reprennent du service pour, une fois encore, sauver le monde libre avec « La vallée des immortels. Menace sur Hong-Kong« .

C’est évidemment compter sans la duplicité du traitre Olrik qu’on croyait pourtant disparu dans la fulgurante destruction du palais impérial de Basam Damdu.

Alors installez-vous pour de nouvelles aventures, avec toujours d’apocalyptiques combats aériens, de nouveaux « savants »,  de nouveaux traitres, de nouvelles usurpations d’identité pour Olrik, et nos deux immuables héros, toujours si « british » et sans rides supplémentaires malgré leurs soixante-douze ans de service.

 

 

 

« L’histoire de Ned Kelly »

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Une histoire d’injustices…

Des injustices qui mènent, hélas, à la violence.

Et une injustice qui a pu être réparée.

Celle qui a pu être réparée, c’est grâce à ce bel album (roman graphique ?).

Un jour, Sophie Giraud, directrice des éditions Helium, a découvert de très belles linogravures de Jean-Jacques de GRAVE réalisées en Australie à propos de la vie d’un personnage pratiquement inconnu en France, mais très connu là-bas, sorte de Robin des bois australien, Ned Kelly.

Elle a proposé à la fille de Jean-Jacques de GRAVE, Marie-Eve, scénariste et réalisatrice de film documentaires, de sortir ces gravures de l’oubli (Jean-Jacques de Grave est décédé en 2002) et d’écrire l’histoire de Ned Kelly sur les images de son père.

Livre paru chez Helium, donc, en 2017 :

« L’histoire de Ned Kelly« , écrit par Marie-Eve de GRAVE, linogravures de Jean-Jacques de Grave

Quant aux injustices qui ont présidé à cette histoire, elles se passent dans le bush australien où échouaient des bagnards de la Couronne britannique entre 1788 et 1868. C’est le cas du colon irlandais John Edward Kelly déporté et emprisonné en Tasmanie en 1841 pour le vol de deux cochons. Libéré en 1848, il se marie et de ce mariage naîtront huit enfants, dont Ned.

Ned fera très tôt l’expérience de l’injustice, quand son père meurt en prison pour avoir volé une vache,

quand lui-même est inculpé une première fois à treize ans, et devenu « bushranger », il prend trois ans de travaux forcés à seize ans pour un cheval qu’il n’a pas volé,

quand sa soeur est harcelée par un policier ivre dont seule la parole comptera et que leur mère sera injustement emprisonnée, etc.

Alors, avec l’un de ses frères, il se rebelle et tente d’expliquer autour d’eux les faux-témoignages et toutes les injustices dont sont victimes sa famille comme celles de nombre d’autres Irlandais, il parle de liberté et de démocratie, gagnant ainsi des partisans à leur cause : la résistance contre l’ordre colonial britannique.

Pendu à vingt-cinq ans, en dépit d’une pétition recueillant 32 000 signatures, il deviendra un héros populaire australien.

« Une vie fulgurante en forme de cavale effrénée dans le bush,
qui a inspiré une chanson à Johnny Cash et deux films, avec,
 dans le rôle-titre, Mick Jagger en 1970 puis Heath Ledger en 2003. » (cf. présentation Actes sud)