Archives de Tag: BD

In Waves

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Dans In Waves, publié chez Casterman, AJ Dungo raconte son histoire d’amour avec Kristen et la mort de celle-ci à la suite d’un cancer. AJ rencontre Kristen au lycée, et ils se prennent de passion pour le surf. AJ Dungo mêle chapitres sur son histoire avec Kristen, sur le combat contre la maladie qu’elle mène et l’histoire du surf à travers deux pionniers de cette discipline : Duke Kahanamoku et Tom Blake. La combinaison des deux sujets fonctionne très bien, le lien d’amitié et d’admiration unissant les deux surfeurs faisant écho à l’amour que se portent Kristen et AJ. Avec un trait épuré, dans les tons bleus pour l’histoire de Kristen et marrons pour l’histoire du surf, l’auteur réussi à éviter de tomber dans le pathos sur un sujet pourtant pas évident. Avec ce joli roman graphique il rend un bel hommage à Kristen.

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Topo

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Un nouvelle revue vient de faire son apparition à la Bfm :

C’est une revue en BD qui paraît tous les deux mois. Elle existe depuis 2016. Topo propose de raconter l’actualité, la société, la culture à travers des reportages, des portraits en bande dessinée. Le numéro de Mai-Juin propose des témoignages et un historique sur la gay-pride, un reportage sur le lien entre vêtements et stars de la musique, une visite au musée d’histoire naturelle de Londres ou encore un focus sur le métier de reporter de guerre…. Bref les sujets sont très variés !

Topo est créé par la même équipe de journalistes que La revue dessinée. Topo est né d’un désir de s’adresser à un public plus jeune (- de 20 ans, mais les plus vieux prendront aussi plaisir à la lire !) Voilà ce que Franck Bourgeron, directeur de la rédaction disait à Télérama en 2016 :

« Avec Topo, nous voulons donner des clés aux jeunes lecteurs ; au travers de reportages, de portraits, d’analyses ou de témoignages entièrement dessinés, nous leur proposons d’apprendre à décrypter l’actualité, à hiérarchiser les faits, les mettre en perspective… En nous servant de la grammaire très riche de la BD et de leur goût pour les images, nous voulons ramener les moins de vingt ans vers l’information. Topo est à la fois une pédagogie du dessin et une pédagogie par le dessin. »

Tout comme La revue dessinée, c’est une réussite.

« Le loup »

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Après l’impressionnant « Ailefroide altitude 3954 », récit d’une escalade dramatique qui détermina son choix de devenir dessinateur et non plus guide de montagne, Jean-Marc ROCHETTE nous livre une BD superbe dans une dominante de bleus glaçants sur le thème du loup.

BD qui vient de paraître chez Casterman, mise en couleurs par Isabelle Merlet.

Rochette l’a réalisée après une rencontre avec un berger de l’Oisans qui venait de découvrir cinquante de ses brebis égorgées par un loup.

A partir de ce récit brutal Rochette dessine une BD aussi forte que le combat du vieil homme d’Hemingway contre l’espadon.

Toutefois le « personnage » du loup d’abord louveteau orphelin rend nos sentiments à son égard très ambivalents, on respire quand Gaspard lui laisse la vie sauve, mais…

Mais, comme l’écrit Baptiste Morizot dans la postface « Aux mâles de notre culture, on a appris à transformer toute détresse et toute frustration en une seule chose, la colère, pour qu’ils n’aient pas l’air « faibles ». Sans bien réfléchir aux dégâts que cette éducation pourrait faire à l’histoire des sociétés humaines… »

Alors vient la confrontation, violente, tragique et qui pourrait devenir définitive pour l’un comme pour l’autre. Mais voilà, Rochette nous propose une histoire beaucoup plus subtile.

Au fil des images, on comprend mieux tout le cheminement des « personnages », on se réjouit, on a peur, on croit que tout est perdu… au milieu des rochers, de la neige, du vent glacial.

La postface de Morizot nous ramène sur terre et engage le débat sur « les formes du pastoralisme [qui] doivent changer pour cohabiter avec le loup, mais c’est aussi une opportunité de se réinventer et de donner une visibilité politique aux bergers qu’ils n’ont jamais eue dans l’histoire. »

« Gaspard est un vieux monsieur. Avec ses habitudes, ses rigidités. Pourtant, il a été capable de changer son fusil d’épaule, de se réinventer, de voir autrement sa relation au loup, à l’alpage qui le fait vivre et qu’il partage avec les chamois, les brebis, les abeilles et les prédateurs. De bricoler des formes étranges de réciprocité et de cohabitation, des pactes concrets, qu’il faut inventer, expérimenter, jusqu’à ce que ça marche. Et qu’on puisse enfin partager la terre. »

Une très belle aventure.

 

 

Le patient

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Une adolescente erre dans la rue, ensanglantée, un couteau à la main. La police découvre alors chez elle toute sa famille massacrée. Seule son frère, Paul, échappe à la mort. Il restera dans le coma pendant plusieurs années, pour finalement se réveiller à 21 ans.

A son réveil il est pris en charge par Anna, une psychologue spécialisée en criminologie. Elle veut l’aider à se remémorer cette nuit-là, à combler ses trous de mémoire… La soeur de Paul a-t-elle vraiment commis ce massacre ? Qui est cette homme en noir qui terrorise Paul dans ses cauchemars ?

Après Ces jours qui disparaissent Timothé le Boucher revient avec un polar psychologique, une histoire de manipulation malsaine. Le scénario tient le lecteur en haleine, c’est brillant et bien mené.

Ah ! L’amour !

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« Isabelle Samain, Isabelle Samain, Isabelle Samain… Son nom c’est déjà une chanson d’amour avec une métrique parfaite…« 

Etre amoureux fou quand on est adolescent dans les années 70, c’est beaucoup d’émois mais autant de frustrations.  C’est guetter l’élue de son coeur derrière ses carreaux, vite sortir pour respirer son parfum, collectionner des « reliques » comme des cheveux sur un peigne oublié, une soquette perdue, un crayon mordillé… C’est s’inscrire au tennis ou à la natation pour multiplier les chances de la croiser. Mais lui parler, c’est une autre paire de manches quand on est un grand timide !

C’est aussi échanger des « conseils » avec les copains : l’éducation sexuelle n’est pas encore au programme des collèges en ces années-là.

C’est donc beaucoup de fantasmes et de déconvenues (les petites Anglaises !).

C’est tout de même un peu d’audace (ah ! l’échange téléphonique avec Madame Mulot…).

François MOREL nous dévoile avec humour et sensibilité ce souvenir autobiographique  « C’est aujourd’hui que je vous aime » mis en images par son ami Pascal RABATE et publié en 2019 aux éditions des Arènes.

Une BD à découvrir juste avant les vacances !

Open Bar

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Fabcaro, l’auteur de Zaï, zaï, zaï, zaï, son plus gros succès, revient avec une BD à l’humour absurde (le mot est faible) dont il a le secret. Open bar c’est une histoire par planche, avec des situations du quotidien qui nous sont familières…mais, à chaque fois, un petit détail fait tout basculer dans une autre dimension. La dimension de l’absurde, du 36ème degrés, du grinçant, des Monty Pythons…  Tout le monde n’aimera pas, moi j’adore !

 

« Aquarica »

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« Roodhaven, 1930. Ce tranquille port vit de la pêche à la baleine depuis des générations, cultivant la mémoire de ses disparus en mer. Un jour, échoue sur le sable une créature fantastique, un crabe gigantesque, comme tout droit sorti de l’imagination d’un ivrogne. Le village s’inquiète et vocifère, d’autant plus que des débris d’un bateau naufragé sont entremêlés aux chairs du crustacé. L’affaire fait grand bruit dans le monde scientifique, attirant le jeune chercheur John Greyford sur les lieux. Fasciné, il se pose en défenseur de la créature, au nom de la science. Encore loin de se douter où cette aventure le mènera, il découvre qu’une jeune fille a voyagé à bord de la bête, comme venue d’un autre monde. Elle s’appelle Aquarica, et ne tarde pas à désigner John Greyford pour l’aider à sauver son peuple.« (Présentation éditeur : Rue de Sèvres, 2017)

Sur un scénario de Benoît SOKAL et François SCHUITEN, cette bande dessinée rappelle les mondes imaginaires* créés de tous temps par les hommes.

Les pages de garde donnent le ton : une effrayante pêche à la baleine entre rochers à pic et mer déchaînée…

Maintenant la pêche est terminée, de nombreux bateaux ont tragiquement disparu et les – rares – survivants noient indéfiniment au pub leur douloureuse mélancolie.

Le Golden licorn était l’un de ces baleiniers, disparu en mer dans les années 1910.

« Un sacré baleinier, M’sieur Greyford. Le plus beau navire de la flotte de Roodhaven à la grande époque ! La fierté de toute une ville ! Disparu en mer il y a vingt ans… Soixante-dix huit morts. Un drame dont on ne s’est jamais remis dans le pays… Les gars qui vous ont pris à partie à l’auberge sont les seuls rescapés ! ».

Mais voilà qu’une énorme araignée de mer s’échoue sur le sable de Roodhaven et, avec elle, la mémoire d’un autre naufrage, celui de la goélette « Aquarica » partie de Clifden dans le Connemara pour rallier Roodhaven et disparue en mer en 1865.

A son bord un océanographe réputé, Mike Connoly, spécialiste de « la faune sous-marine, et plus particulièrement les grands cétacés », et sa famille.

Et puis le souvenir d’un explorateur italien du 15e siècle, Jonas Santano dit le marin fou,

« disparu en mer par la plus noire des tempêtes… Quinze ans plus tard, il réapparaît comme par enchantement dans le port de Venise, pour raconter ses aventures à qui veut bien les entendre… Comment sa caravelle s’est fracassée sur les dents d’un monstre marin gigantesque ! Et puis comment il a survécu toutes ces années sur le dos d’un animal grand comme une île ! »

Tous les ingrédients sont réunis pour nous tenir en haleine et l’on attend avec impatience le second volume  de « Roodhaven« .

(*) Vous pouvez en trouver un aperçu à la BFM dans le « Livre des terres imaginées » de Guillaume DUPRAT, paru au Seuil jeunesse en 2008.