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« Aquarica »

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« Roodhaven, 1930. Ce tranquille port vit de la pêche à la baleine depuis des générations, cultivant la mémoire de ses disparus en mer. Un jour, échoue sur le sable une créature fantastique, un crabe gigantesque, comme tout droit sorti de l’imagination d’un ivrogne. Le village s’inquiète et vocifère, d’autant plus que des débris d’un bateau naufragé sont entremêlés aux chairs du crustacé. L’affaire fait grand bruit dans le monde scientifique, attirant le jeune chercheur John Greyford sur les lieux. Fasciné, il se pose en défenseur de la créature, au nom de la science. Encore loin de se douter où cette aventure le mènera, il découvre qu’une jeune fille a voyagé à bord de la bête, comme venue d’un autre monde. Elle s’appelle Aquarica, et ne tarde pas à désigner John Greyford pour l’aider à sauver son peuple.« (Présentation éditeur : Rue de Sèvres, 2017)

Sur un scénario de Benoît SOKAL et François SCHUITEN, cette bande dessinée rappelle les mondes imaginaires* créés de tous temps par les hommes.

Les pages de garde donnent le ton : une effrayante pêche à la baleine entre rochers à pic et mer déchaînée…

Maintenant la pêche est terminée, de nombreux bateaux ont tragiquement disparu et les – rares – survivants noient indéfiniment au pub leur douloureuse mélancolie.

Le Golden licorn était l’un de ces baleiniers, disparu en mer dans les années 1910.

« Un sacré baleinier, M’sieur Greyford. Le plus beau navire de la flotte de Roodhaven à la grande époque ! La fierté de toute une ville ! Disparu en mer il y a vingt ans… Soixante-dix huit morts. Un drame dont on ne s’est jamais remis dans le pays… Les gars qui vous ont pris à partie à l’auberge sont les seuls rescapés ! ».

Mais voilà qu’une énorme araignée de mer s’échoue sur le sable de Roodhaven et, avec elle, la mémoire d’un autre naufrage, celui de la goélette « Aquarica » partie de Clifden dans le Connemara pour rallier Roodhaven et disparue en mer en 1865.

A son bord un océanographe réputé, Mike Connoly, spécialiste de « la faune sous-marine, et plus particulièrement les grands cétacés », et sa famille.

Et puis le souvenir d’un explorateur italien du 15e siècle, Jonas Santano dit le marin fou,

« disparu en mer par la plus noire des tempêtes… Quinze ans plus tard, il réapparaît comme par enchantement dans le port de Venise, pour raconter ses aventures à qui veut bien les entendre… Comment sa caravelle s’est fracassée sur les dents d’un monstre marin gigantesque ! Et puis comment il a survécu toutes ces années sur le dos d’un animal grand comme une île ! »

Tous les ingrédients sont réunis pour nous tenir en haleine et l’on attend avec impatience le second volume  de « Roodhaven« .

(*) Vous pouvez en trouver un aperçu à la BFM dans le « Livre des terres imaginées » de Guillaume DUPRAT, paru au Seuil jeunesse en 2008.

 

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Le prince et la couturière

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Le roi et la reine organisent un grand bal dans le but de trouver une partenaire à leur fils, le prince héritier. Toutes les jeunes filles se parent de leurs plus belles toilettes pour cet événement. C’est l’effervescence dans l’atelier de couture où travaille la jeune Francès. Et comme tout le monde est débordée, elle se retrouve avec une robe à créer toute seule… Elle laisse cours à sa créativité, et sa création fait grand bruit lors du bal, choquant par sa modernité.

Le lendemain, alors qu’elle allait être renvoyée par son patron, un homme lui propose une forte somme d’argent pour l’employer pour sa maîtresse la mystérieuse Lady Cristallia…

Cette BD de Jen Wang a eu Fauve jeunesse au dernier festival de la BD d’Angoulême. Cette histoire d’amitié et d’affirmation, d’acceptation de soi se lit avec plaisir.

Enigme

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Un one-shot plutôt mystérieux que cette « Route de Tibilissi » de David CHAUVEL, dessiné par Alex KOSAKOWSKI , mis en couleur par LOU et édité par Delcourt il y a tout juste un an !

« Jake et Oto viennent de voir leurs parents se faire assassiner sous leurs yeux par des miliciens masqués.

 Les derniers mots de leur père : « Allez à Tibilissi ! ». Pour se préparer, ils repassent par leur village dévasté pour y récupérer des vivres. Là, le cadet retrouve ses deux amis Doubie et Trois-Trois, une drôle de bestiole à fourrure et un robot rafistolé qui vont les accompagner tout au long de leur dangereux voyage… » (cf. présentation éditeur)

Certes, la collection s’intitule « Terres de légendes », mais en observant la couverture de la BD , si l’on aperçoit  les deux garçons vêtus comme au Moyen-Age, ce vieux robot déglingué sème le doute.

Où est-on ?

Quand ?

Où vont-ils ? Ah ! ça, c’est peut-être la seule hypothèse plausible, ils seraient sur « la route de Tibilissi ». Nom qui sonne un peu georgien (hum… la Georgie d’Europe de l’est, pas des Etats-Unis. Mais sa capitale s’appelle Tbilissi ou Tiflis, alors, une contraction des deux ? Le mystère reste entier).

En grattant un peu, on se rappelle que la Georgie fut en guerre il n’y a pas si longtemps.

Maigre butin. Alors il convient de juste se laisser porter par l’histoire de ces deux frères fuyant dans le froid et la neige.

Les personnages rencontrés, amis ou ennemis, ont des allures de contes fantastiques, sans parler des dragons et autres créatures…

Mais la fin (chut !) remet tout en cause.

Pas grave, on a passé un bon moment, bien que stressant (« quelle connerie la guerre ! » *) à lire cette bande dessinée !

(*) « (…) Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien. »

(Extrait de « Rappelle-toi Barbara » de Jacques Prévert)

 

« La vallée des immortels »

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Toujours dans la vague « ne laissons pas disparaître nos personnages de BD préférés, malgré la mort de leurs créateurs », voici le « Blake et Mortimer » 2018 (Dargaud). Vingt-cinquième album de la série initiée par Edgar P. JACOBS en… 1946.

Sa couverture ne peut pas passer inaperçue, elle nous rappelle étrangement une autre image… Ah ! mais bien sûr ! C’est Tintin (et Milou) dans le « Lotus bleu » ! D’ailleurs, regardez bien, il y a un autre clin d’oeil dans ce volume.

« Pendant que, dans la Chine voisine, les communistes de Mao affrontent les nationalistes de Chiang Kai-shek, le Seigneur de la guerre Xi-Li cherche à mettre la main sur un manuscrit qui lui permettra d’asseoir son pouvoir sur l’Empire du Milieu. Face aux menaces qui planent sur la région, le capitaine Francis Blake est chargé d’organiser la défense de la colonie britannique de Hong Kong. De son côté, à Londres, le professeur Philip Mortimer est amené à s’intéresser de près à une curiosité archéologique chinoise suscitant appétits et convoitises. Au même moment, le fameux colonel Olrik, ancien conseiller militaire déchu de Basam-Damdu, profite du chaos ambiant pour monnayer ses services auprès du général Xi-Li afin d’assouvir sa soif de vengeance…

Premier volet d’un diptyque, La Vallée des Immortels commence exactement là où Le Secret de l’Espadon s’achève. » (Présentation éditeur)

Sur un scénario d’Yves SENTE et les dessins de Teun BERSERIK & Peter VAN DONGEN, Blake et Mortimer reprennent du service pour, une fois encore, sauver le monde libre avec « La vallée des immortels. Menace sur Hong-Kong« .

C’est évidemment compter sans la duplicité du traitre Olrik qu’on croyait pourtant disparu dans la fulgurante destruction du palais impérial de Basam Damdu.

Alors installez-vous pour de nouvelles aventures, avec toujours d’apocalyptiques combats aériens, de nouveaux « savants »,  de nouveaux traitres, de nouvelles usurpations d’identité pour Olrik, et nos deux immuables héros, toujours si « british » et sans rides supplémentaires malgré leurs soixante-douze ans de service.

 

 

 

« Le Oki d’Odzala »

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« Dans les forêts du Congo, Oki le grand gorille blanc contrôle les vies…

Clémence, spécialiste des gorilles au Congo-Brazzaville, effectue sa dernière mission faute de financements. Les primates y sont menacés par le virus Ebola et le braconnage. Mais Clémence a un espoir. Il y a quelques années, elle a photographié un gorille blanc qui, à en croire les données génétiques, ne devrait pas exister. Si elle parvient à le retrouver, cela permettrait de débloquer de nouveaux fonds. 
Dans un village au cœur de la forêt, Mickey, un adolescent malingre, cherche à venger sa famille d’un chef de gang de braconniers. Quitte à faire appel aux sorciers vaudou et à invoquer l’esprit du Oki, le Grand Gorille Blanc. » (cf. Présentation éditeur)
En 2014, A. DAN est parti vivre avec des primatologues qui étudient les gorilles dans la jungle équatoriale du parc d’Odzala-Kokoua au Congo-Brazaville. Revenu avec un intéressant carnet de voyage dont nous avons un aperçu à la fin de cette BD, il l’a d’abord fait éditer sous le titre « Des gorilles et des hommes » à La boîte à bulles en 2015.
Mais l’envie de développer une histoire plus personnelle l’a poussé à réaliser cette bande dessinée « avec les ingrédients non seulement scientifiques, mais aussi ceux que j’avais découvert là-bas, le braconnage et les contes africains. J’avais été frappé par la violence et la complexité du trafic de l’ivoire et de la viande de brousse, envers les animaux mais aussi avec les hommes, tout cela dans le contexte du virus Ebola qui y fait rage régulièrement. »
Un récit dur, réaliste, qui donne un aperçu du pillage des ressources de l’Afrique, par des groupes armés, réseaux criminels bien organisés qui profitent de la corruption des autorités. Ces trafics alimentent les marchés étrangers, tout particulièrement la Chine.
On estime qu’environ 20.000 éléphants meurent chaque année à cause de leurs défenses en ivoire et ceci bien que ce commerce ait été interdit au niveau international.
Les populations de gorilles sont elles aussi décimées, et bien d’autres espèces comme les tigres ou les rhinocéros, sans parler des vols d’animaux vivants destinés aux animaleries du monde entier.
Des brigades anti-braconnage sont à l’oeuvre, mais se mettent quotidiennement en danger ainsi que leurs familles.
A. Dan donne également un aperçu des croyances locales et du rôle de sorciers corrompus qui, grâce à leurs sortilèges, aident les braconniers à semer la terreur dans les villages.
Enfin, il met en valeur le travail de fourmi des équipes scientifiques malgré le manque criant de financements.
Tout cela soutenu par un dessin précis, aquarellé avec soin.
Un one-shot à découvrir.

 

Gramercy Park

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Evidemment, ce pistolet sur la couverture n’augure rien de bon, cependant on a tendance à l’oublier dès les premières pages de cette BD.

Enfin, moi, je l’avais oublié, happée par l’image, par le mystère…

Timothée de FOMBELLE et Christian CAILLEAUX nous entraînent dans une histoire étrange et presque silencieuse à « Gramercy Park« , avec l’air de ne jamais y toucher.

On ne sait plus toujours où l’on est, si c’est New-York, si c’est Paris, sur quels toits ?

Avec ces ruches et leurs abeilles.

Et cette jeune femme qui parle de « consolation », qui observe ses voisins, surtout celui d’en face.

On est sans cesse déstabilisé. Qui est dans le coffre ? Et ce crapaud avec des ailes ? Qui sont les flics ? Qui est la pègre ?

Cette petite fille ?

Cette folie qui s’insinue partout.

Les pièces du puzzle s’encastrent les unes après les autres, sans violence. Et pourtant…

Arrivé à la fin, on ne peut s’empêcher de tout reprendre, lentement, pour tous les indices disséminés qu’on n’a pas su interpréter – sur le moment -.

Franchement, une belle BD, publiée par Gallimard en avril 2018.

Et pour en savoir plus, un article intéressant avec des entretiens en vidéo des deux auteurs.

 

 

 

 

 

Les grands espaces

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Après La légèreté où elle racontait sa reconstruction après les attentats de Charlie Hebdo, Catherine Meurisse entraîne le lecteur dans son enfance à la campagne.

A la fin des années 80 ses parents achètent une ferme à retaper à la campagne. C’est dans ce petit village de 200 habitants que Catherine va profiter pleinement des joies de la nature… de son potager façon jardin versaillais à sa lecture sous un vieux platane.

Une très jolie bande-dessinée, ode à l’imaginaire de l’enfance, à la nature, la campagne. Un vrai coup de coeur !