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Rétrospective Séries TV 2014

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2014 a été une année riche en séries, que ce soit des nouveautés ou des suites. Le cru a été excellent, et j’ai voulu partager avec vous mes coups de coeur. La plupart ne sont pas encore sorties en France, mais devant leur succès aux Etats-Unis, ça ne devrait pas tarder ! 🙂

La liste est bien entendu non-exhaustive vu le nombre de séries existantes (manquent les classiques Game of Thrones et autres Breaking Bad trop faciles à inclure dans un classement)  😉

1. Gotham

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Synopsis : Tout le monde connaît le Commissaire Gordon, valeureux adversaire des plus dangereux criminels, un homme dont la réputation rime avec « loi » et « ordre ». Mais que sait-on de son histoire ? De son ascension dans une institution corrompue, qui gangrène une ville comme Gotham, terrain fertile des méchants les plus emblématiques ? Comment sont nées ces figures du crime, ces personnages hors du commun que sont Catwoman, le Pingouin, l’Homme-mystère, Double-Face et le Joker ?

C’est une série hyper sympa, avec de l’action, des mystères, des enquêtes et des coups tordus. Tous les personnages sont réussis, qu’ils soient gentils ou méchants. A voir si on aime les univers DC Comics et Marvel, mais aussi tout simplement si on aime les séries policières.

2. American Horror Story : Freakshow

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Synopsis : Les coulisses d’une troupe de forains dans l’Amérique profonde des années 1950.

Quatrième saison de cette série horrifique, Freakshow nous emmène dans un monde d’horreur (le cirque, les clowns, les monstres, etc.), avec toujours les mêmes acteurs (Jessica Lange, Sarah Paulson, Evan Peters, Emma Roberts, etc.). Je trouve que cette saison est mieux que la précédente, avec plus de folie, d’horreur et un brin de mystère et d’émotions.

3. Penny Dreadful

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Synopsis : Dans le Londres de l’époque Victorienne, Vanessa Ives, une jeune femme puissante aux pouvoirs hypnotiques, allie ses forces à celles d’Ethan, un garçon rebelle et violent aux allures de cowboy, et de Sir Malcolm, un vieil homme riche aux ressources inépuisables. Ensemble, ils combattent un ennemi inconnu, presque invisible, qui ne semble pas humain et qui massacre la population…

Cette série regroupe toutes les histoires londoniennes célèbres du XIXe siècle comme Dracula, Frankenstein ou encore Dorian Gray. Les penny dreadful sont des histoires macabres fictives publiées sur plusieurs semaines (elles étaient vendues en petits livres de 1 penny). D’où le côté sombre de la série. Série magistralement emmenée par un merveilleux casting (Eva Green, Josh Hartnett et Thimothy Dalton).

4. The Strain

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Synopsis : Lorsqu’un Boeing 777 atterrit à l’aéroport new yorkais JFK sans qu’aucun signe de vie n’en émane, Eph Goodweather, un scientifique spécialisé dans les épidémies et les attaques biologiques, est dépêché sur les lieux. A l’intérieur de l’avion, il découvre que tous les passagers sont morts, probablement tués par un étrange virus ou… un monstre non identifié. L’homme fait alors équipe avec un ancien professeur, survivant de l’Holocauste, Abraham Setrakian. Ensemble, ils constituent un petit groupe qui devient rapidement le dernier espoir pour la survie de la race humaine. Des vampires transforment en effet petit à petit la civilisation en un gigantesque buffet. Le sang coule à flots et rien ne semble pouvoir les arrêter…

Cette série est sans doute mon plus gros coup de coeur de 2014. Tirée de la trilogie du même nom, La Lignée (= The Strain), du génial Guillermo del Toro et de Chuck Hogan, met en scène un groupe d’individus luttant contre un mal inconnu qui se disperse au sein de New York. Entre créatures immondes, courses à travers les rues pour survivre et plans machiavéliques, cette série m’a surprise et séduite. J’attends la suite avec impatience.

5. Black Sails

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Synopsis : 20 ans avant les évènements de L’île au trésor de Robert Louis Stevenson, les aventures du légendaire capitaine Flint et de ses hommes.

Bien qu’un peu violente, cette série a réussi à me séduire. Pirates, mutineries, pourparlers… tout y est. Loin de l’esprit de Pirates des Caraïbes, cette série reste divertissante.

Il y a bien évidemment d’autres séries de 2014 (The Flash, True DetectiveHow to Get Away With Murder, The Originals, Peaky Blinders, The Leftlovers, The 100) à voir…

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Le cirque dans le cirque

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Définitions de « cirque »

Définition 1 :Lieu destiné, chez les Romains, à accueillir les jeux publics, et particulièrement les diverses formes de lutte et les courses de chevaux et de chars (...)
Définition 2 : Entreprise de spectacle qui [organise] des jeux et exercices de ce genre. Mener des enfants au cirque. Cirque forain. Cirque ambulant.
Définition 3 : (Géol) Bassin de montagnes disposé circulairement (…)
Définition 4 : (Figuré) (Familier) Situation chaotique, désordre.
« Cirques« , c’est également un grand album de 32 cm sur 24, paru en 2007, aux éditions Passage piétons qui nous en disent :

 « Un enfant solitaire mais nullement fils unique, ses deux chiens, son chat, et un cirque qui s’installe dans un terrain vague près de chez lui.
De sa maison au milieu de nulle part, au sein d’une famille traversée par la folie et le désespoir, l’apparition fantasque de ces nouveaux voisins lui offre le moyen de s’évader d’une réalité étouffante.
Cette parenthèse lui donnera la possibilité de tresser le réel à celui des chimères de l’enfance. »

Personnellement, j’ai d’abord été attirée par l’illustration de Katrin Stangl, des gravures sur bois un peu figées, comme décalées… Et puis j’ai lu le texte deJean-Luc A. d’Asciano, un texte fort et poétique où le narrateur,

un jeune garçon – comme ceux de Saltimbanques, le poème d’Apollinaire qu’il est en train d’apprendre en classe… –  (« Et les enfants s’en vont devant /Les autres suivent en rêvant« ),

raconte l’arrivée d’un cirque à côté de chez lui, en plein hiver… ce cirque qui va momentanément l’arracher au « cirque » de chez lui.

Et là, bizarrement, on a l’impression que les images collent sans vraiment coller au texte.

L’explication en est donnée à la dernière page :

« Katrin Stangl a créé ces images en gravure sur bois pour le texte d’Aglaja Veteranyi Pourquoi l’enfant cuisait dans la polenta, traduit aux éditions l’Esprit des péninsules. De ce texte magnifique il était impossible de tirer un extrait pour un album, aussi nous avons confié les images à Jean-Luc A. d’Asciano qui a écrit Cirques. »

Voilà : les illustrations ont été faites pour un autre livre ! Un livre, des illustrations pour ce livre et un nouveau texte pour ces illustrations… et pourquoi pas des illustrations pour ce nouveau texte, à l’infini ? J’aime bien cette idée. Mais avant, j’ai eu envie de rencontrer le texte initial, originel, savoir pourquoi « l’enfant cuisait dans la polenta » ?

J’ai découvert un texte terrible, coédité en 2004 par les éditions françaises l’Esprit des péninsules et les suisses Editions d’en bas. Un texte autobiographique écrit en 1999, trois ans avant que son auteur, Aglaja Veteranyi,  ne se donne la mort…

« Pour me rassurer pendant que ma mère est suspendue par les cheveux au chapiteau, ma sœur me raconte le « conte de l’enfant que l’on fait cuire dans la polenta « . Si je me représente l’enfant en train de cuire dans la polenta, et comme il a mal, je ne suis pas obligée de penser que ma mère pourrait tomber de là-haut.  » Entêtant monologue où la narratrice, cadette d’une famille d’artistes de cirque qui a fui la dictature roumaine pour sillonner l’Europe, tente de conjurer ses peurs d’enfant puis d’adolescente: peur que l’extravagant numéro de sa mère ne finisse mal, peur « d’ouvrir la porte de la caravane et que chez nous s’évapore dans des pays qui sont tous à l’étranger », de la solitude dans un pensionnat, de la folie qui a déjà pris la demi-sœur « parce que le père l’aime comme une femme ». Drôle, absurde, mélancolique, tragique dans sa légèreté même, ce récit évoque une descente aux enfers où de l’innocence enfantine ne subsistent que quelques traits d’humour, une langue directe, traversée d’éclairs poétiques, et par-dessus tout le désir de vivre. »

Intriguée, bouleversée, je cherche à en savoir plus et je m’aperçois que ce texte a également inspiré Ilka Schönbein, cette femme étonnante, interprète, metteur en scène, marionnettiste, dont je vous ai déjà parlé sur ce blog. Comme par hasard, elle a créé un spectacle « Chair de ma chair »

cf. http://www.fluctuat.net/3855-Chair-de-ma-chair-Ilka-Schonbein

inspiré par le récit autobiographique d’Aglaja Veteranyi. Il n’y a pas de hasard…

J’en profite pour vous dire que vous pourrez découvrir – si ce n’est déjà fait puisqu’elle est déjà venue à Limoges – Ilka Schönbein dans un tout autre spectacle : « La vieille et la bête », au CCSM Jean Gagnant en avril 2012.

D’une découverte, l’autre.