Archives de Tag: enfants

Enigme

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Un one-shot plutôt mystérieux que cette « Route de Tibilissi » de David CHAUVEL, dessiné par Alex KOSAKOWSKI , mis en couleur par LOU et édité par Delcourt il y a tout juste un an !

« Jake et Oto viennent de voir leurs parents se faire assassiner sous leurs yeux par des miliciens masqués.

 Les derniers mots de leur père : « Allez à Tibilissi ! ». Pour se préparer, ils repassent par leur village dévasté pour y récupérer des vivres. Là, le cadet retrouve ses deux amis Doubie et Trois-Trois, une drôle de bestiole à fourrure et un robot rafistolé qui vont les accompagner tout au long de leur dangereux voyage… » (cf. présentation éditeur)

Certes, la collection s’intitule « Terres de légendes », mais en observant la couverture de la BD , si l’on aperçoit  les deux garçons vêtus comme au Moyen-Age, ce vieux robot déglingué sème le doute.

Où est-on ?

Quand ?

Où vont-ils ? Ah ! ça, c’est peut-être la seule hypothèse plausible, ils seraient sur « la route de Tibilissi ». Nom qui sonne un peu georgien (hum… la Georgie d’Europe de l’est, pas des Etats-Unis. Mais sa capitale s’appelle Tbilissi ou Tiflis, alors, une contraction des deux ? Le mystère reste entier).

En grattant un peu, on se rappelle que la Georgie fut en guerre il n’y a pas si longtemps.

Maigre butin. Alors il convient de juste se laisser porter par l’histoire de ces deux frères fuyant dans le froid et la neige.

Les personnages rencontrés, amis ou ennemis, ont des allures de contes fantastiques, sans parler des dragons et autres créatures…

Mais la fin (chut !) remet tout en cause.

Pas grave, on a passé un bon moment, bien que stressant (« quelle connerie la guerre ! » *) à lire cette bande dessinée !

(*) « (…) Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien. »

(Extrait de « Rappelle-toi Barbara » de Jacques Prévert)

 

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Irena

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Excellente BD biographique de Jean-David Morvan et David Evrard sur la vie de Irena Sendler(owa).
Cette « Juste parmi les nations » a sauvée 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie.

Profitant de son travail d’assistante sociale et de son accès au ghetto, avec l’aide du groupe de résistance Zegota, elle fabrique de faux papiers, crée de fausses identités et exfiltre des enfants du ghetto au péril de sa vie.
Arrêté par la Gestapo en 1943, elle garde le silence sur son organisation malgré les tortures et échappe de justesse à son exécution.

Ayant caché les noms véritables de ces enfants dans un pot de verre enterré dans son jardin, elle put  les rendre à leurs familles après la guerre. Au moins pour quelques uns ayant survécu aux camps d’exterminations…

Cette BD, en trois volumes, permet de découvrir l’action de cette femme ordinaire accomplissant des actions extraordinaires.


Le dessin, volontairement naïf et enfantin contraste cruellement avec le sujet présenté et donne l’impression de voir cette époque tragique avec les yeux d’un enfant et renforce l’intensité de l’histoire.

Vous trouverez cette BD au Pôle Jeunesse, à la côte ADO BD IRE.

 

Miss Peregrine et les enfants particuliers

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Miss Peregrine et les enfants particuliers

Miss Peregrine et les enfants particuliers

Ransom Riggs

Editions Bayard

miss_peregrine_couverture

  Au départ, on se demande où nous emporte l’auteur, Ransom Riggs.

                          Il y a Jacob, ado solitaire, né dans une famille bourgeoise. Et il y a son grand-père paternel qui lui raconte ses souvenirs.. réels ou brodés?

Roman fantastique, roman historique? Les monstres dont parle le grand-père de Jacob sont-ils une métaphore des nazis ou bien des êtres surnaturels. Les photographies de ces enfants sont-elles des trucages?

   En tout cas c’est tellement bien écrit qu’on se laisse porter par les aventures de Jacob.

L’intrigue débute quand le grand-père se fait attaqué et meurt brutalement. Dans un dernier râle il donne des indices à Jacob pour qu’il comprenne ce qui est arrivé.

                Jacob part avec son père sur l’île de Cairnholm. Là-bas, il découvre les ruines de l’orphelinat où à vécu son grand-père et rencontre les enfants particuliers… qui vivent en 1940. Une grande amitié naît et un amour possible aussi.

les filles à la plage - Archives Thanatos

les filles à la plage – Archives Thanatos

Bande annonce

Ca donne envie de lire une suite…

Un petit tour sur le blog de  Ransom Riggs

Les Cinq Légendes

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L’aventure d’un groupe de héros, tous doués de pouvoirs extraordinaires. Emmenées par Jack Frost, un adolescent rebelle et ingénieux, ces cinq légendes vont devoir, pour la première fois, unir leurs forces pour protéger les espoirs, les rêves et l’imaginaire de tous les enfants.

les cing légendes

Qui n’a jamais cru au Père Noël, au Lapin de Pacques, à la Fée des Dents (ou Petite Souris), au Marchand de Sable ? Personne. Tout le monde y a cru au moins une fois dans sa vie. Mais, et Jack Frost alors ? Celui qui fait tomber la neige, celui qui fait que l’hiver existe ? Quelques uns croient encore en lui. Mais pas assez pour que l’on s’en soucie vraiment.

C’est de là que part l’histoire du film : les Quatre Légendes qui luttent contre le mal, pour faire le bonheur des enfants.
Sauf que le jour où Pitch, le croque-mitaine, revient et menace d’enlever tout espoir et rêve aux enfants, les quatre Légendes ne vont pas être assez fortes pour le vaincre, et ils vont devoir faire appel à une cinquième personne. Cette personne sera Jack Frost.

Nouvelle production Dreamworks, ce film est une petite pépite ! 🙂 Dans la lignée de Dragons, qui est génialissime, tous les éléments sont présents pour passer un bon moment. Certains le définissent même comme le Avengers de l’animation, une référence quand même.
Les dessins sont beaux, l’histoire est sympa, les personnages sont cool (les lutins et les yétis ?… j’adooore 😀 ). De plus, c’est un film qui s’adresse pour les petits et les grands, donc tout le monde y trouve son compte, ce qui n’est pas forcément le cas tout le temps.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré, et vous le reconseille vivement 🙂

Une vie dans la forêt

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Alabama Moon de Watt Key (traduit de l’américain par Maïca Sanconie)

Bayard jeunesse – collection Millézime – novembre 2010

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Moon Blake, dix ans, ne connaît que la vie dans la forêt en compagnie de son père. Une vie sauvage et rudimentaire, faite de chasses et de cueillettes, d’une connaissance intime de la nature toujours respectée. Un jour, son père décède, les propriétaires forestiers se rapprochent. Moon décide de se débrouiller seul et de fuir vers l’Alaska où son père lui a promis qu’il trouverait des gens qui « détestent le gouvernement ». Evidemment, les autorités vont s’obstiner à enfermer Moon dans des institutions censées le civiliser. En compagnie de deux autres orphelins, Moon s’échappe et repart dans la forêt. Mais la vie à plusieurs, surtout avec un petit malade, n’est pas aussi facile…

Je m’attendais à un roman beaucoup plus doux, non pas bucolique mais heureux, un peu à la Stand by me. Il est en réalité âpre et dur, fortement émouvant. Moon se comporte de manière instinctive, presque naïve de notre point de vue, puis soudain bluffante dès qu’il s’agit de survivre en pleine nature : on l’adopte très vite. Quoique narrateur, il exprime relativement peu ses sentiments et de fait, j’ai mis un certain temps à deviner les effets pervers du formatage opéré par son père. L’adulte compréhensif qui saura le convaincre de se laisser apprivoiser intervient tard (très bien pour l’effet de réalisme), mais surtout rapidement. J’ai craint alors le happy end facile ; que nenni, on peut verser sa petite larme jusqu’à la dernière page. C’est beau, c’est tendre, et les laissés-pour-compte sont complètement réhabilités. Dans une Amérique toujours fasciné par Thoreau, Alabama Moon, sorte de Into the wild à l’envers qui se mâtinerait de composantes sociales et affectives, fait mouche dans nos cœurs.

Le film, sorti uniquement aux Etats-Unis en 2009 (parution du livre en 2006), s’imposait presque pour ce road-movie enfantin plein d’émotions :

Le Chat Potté

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Le Chat Potté, ou ce bon vieux matou de Shrek. Il est adorable, trop chou, on veut le même à la maison. Sauf que c’est pas possible. Bouuuh ! Bon tant pis.

A la place autant aller voir le film. Il est mignon (il ne dépotte pas au niveau de l’histoire, c’est un détail, car après tout c’est un film pour enfants… enfin presque), et on adore regarder les aventures de ce Chasanova.
Le film est bourré de références ciné, mais aussi de contes (Jack et le Haricot magique, et l’Oie aux Oeufs d’Or).

Un vrai régal ! 

On ronronne de plaisir devant ce film ! Miaou 😀

Après tout, comment résister à ce regard là ? *fond*

Mandchourie 1945

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Physiquement, une fois n’est pas coutume : un gros manga CARTONNE de 334 pages en noir et blanc et qui se lit de gauche à droite. Quant au scénariste, un Italien : Giovanni Masi !
En fait, l’éditeur préfère parler de « roman graphique ».
L’illustratrice, Yoshiko Watanabe, a réalisé ou participé à de nombreux films d’animation (dont Astro boy, etc.) et elle enseigne le dessin manga à l’Ecole de la bande dessinée de… Rome.
« L’histoire de Sayo »

éditée par Dargaud en 2011,

est un récit historique inspiré d’une histoire vraie sur « le drame des Japonais installés en Chine pendant la Deuxième Guerre mondiale ».
Si l’Histoire de la Chine et du Japon vous sont un peu étrangères,  surtout si vous n’avez lu jusqu’à présent sur ce sujet que  « Le lotus bleu » d’Hergé (!), sachez simplement que la Manchourie, territoire situé au nord-est de l’Asie a été occupé par le Japon entre 1931 et 1945. A la fin de la guerre, en 1945, entre les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, l’Union Soviétique – comme elle l’avait promis aux Alliés – attaque les Japonais et, en quelques jours, occupe la Mandchourie, la Corée, etc.

Je vous invite à lire le petit dossier de 7 pages qui figure à la fin du volume, il explique comment scénariste et illustratrice ont travaillé à partir des souvenirs de Yoshiko Watanabe, la petite Miyako de l’histoire et comment ils se sont attachés à rendre le quotidien de cette vie à travers le réalisme des vêtements, des objets, des maisons…

Humiliations et violences répétées de la part des Chinois ne supportant plus les colons Japonais, recherche lancinante de nourriture, dénonciations, tromperies au sein même de la communauté japonaise, puis peur des soldats de l’Armée rouge, c’est tout cela que nous raconte Miyako, entre le moment où son père qui vit avec eux à Tsing Tao (Mandchourie) est mobilisé dans l’infanterie japonaise et leur difficile retour au Japon où elle aura la chance de le retrouver vivant. Un récit extrêmement poignant vu à travers les yeux de sa maman, Sayo, obligée de se débrouiller seule avec elle et le futur bébé dont elle est enceinte. D’ailleurs le passage de l’accouchement à l’hôpital de Dairen est assez hallucinant, grassement monnayé au docteur Tezu, petit clin d’oeil à Osamu Tezuka et son « docteur » Black Jack, personnage du manga éponyme.

Si l’histoire de la Mandchourie vous a interpellé, vous pouvez également lire le roman de Shan Sa : « La joueuse de go », Prix Goncourt des Lycéens en 2001.

Bonnes lectures !