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Contes de fées

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Ce n’est pas la première fois que je vous suggère de faire le déplacement jusqu’à Moulins, dans l’Allier où plusieurs sites proposent des expositions intéressantes.
Cette fois encore, et jusqu’au 16 septembre 2018, le Centre National du Costume de Scène nous en met plein les yeux avec sa nouvelle exposition sur « les contes de fées » :

Peut-être allez-vous penser que les contes de fées… hum… il y a un moment que vous n’en avez pas lu…

Eh bien, justement ! C’est le moment de voir comment des costumiers et des chorégraphes ont interprété les personnages aussi célèbres que le Petit Prince de Saint-Exupéry ou Peau d’âne de Perrault, le Prince de Motordu de Pef ou l’Enfant et les sortilèges de Colette, etc., à travers 150 costumes, images et vidéos et c’est souvent époustouflant !

« Le Songe d’une nuit d’été » (de Shakespeare) prend des airs elfiques.

Quant à la Belle qui apparaît dans une bulle de plastique transparent bientôt crevée par les soupirants, c’est surprenant mais à bien réfléchir :

« La Belle, c’est l’histoire d’une enfant tellement aimée et protégée par ses parents qu’elle arrive dans le monde et la vie sans rien savoir de sa cruauté. Quand la Belle sort de sa bulle et qu’elle rencontre pour la première fois du monde, à savoir ces princes qui sont là pour la séduire, elle vit ça comme une agression, presque comme un viol. » explique le chorégraphe Jean-Christophe Maillot

La fée Carabosse, rôle traditionnellement tenu indifféremment par un danseur ou une danseuse, est totalement « déjantée » dans la version présentée en 2000 à l’Opéra de Bordeaux.

Et le Prince des noix dans « Casse-Noisette »… « écorché » coiffé d’un bonnet intégral hérissé de piques orangées !

« Lorsque j’ai annoncé que je ne voulais pas faire Noël comme c’est écrit dans le livret, on m’a pris pour un fou. On connaît tellement bien les musiques et les images qui y sont associées que je ne voulais absolument pas aller dans cette direction. J’ai gardé l’esprit de Noël, mais j’ai voulu une ambiance proche de « The nightmare before Christmas » avec Tim Burton, avec un côté festif, surréaliste mais aussi obscur. » (Jeroen Verbruggen)

Sans parler du « Coq d’or », opéra de Rimski-Korsakov d’après un conte de Pouchkine, dont la mise en scène et les costumes qui nous sont montrés ont été réalisés par un grand maître du kabuki : « L’oeuvre deve[nant] ainsi une cérémonie de théâtre japonais » !

Cerise sur le gâteau, de nombreux rendez-vous autour de l’exposition sont proposés pour tous les publics. Le 10 juin, par exemple, c’est stage textile : « Pimp my tote bag » pour les plus de 15 ans. Vous pourrez faire aussi une visite costumée de l’exposition certains mercredis. Le 14 juillet c’est « chasse au trésor dans le musée » et grand défilé costumé. Quatre fois dans l’été, il y aura des « nocturnes enchantées » (récital suivi d’une projection en plein air), etc. Le programme est à retrouver sur http://www.cncs.fr

 

 

 

 

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Exposition : « YSLAIRE, DE LA PLANCHE À L’ÉCRAN »

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Yslaire, de la planche à l’écran »

jusqu’au 23 janvier, Bfm centre-ville.

 

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Après Mézières (2013), Juillard (201) et Hermann (2009), la Bfm poursuit son exploration des maîtres la Bande dessinée franco-belge.

Auteur de BD et réalisateur multimédia de la première heure, Bernard Yslaire se réinvente à chaque projet, jusqu’à changer de signature (Hislaire, iSlaire, Sylaire,…). Mais au travers de ses métamorphoses, une oeuvre se dessine : celle d’un artiste sincère et complexe,  passionné de narration graphique, pour mieux servir ses univers au romantisme noir.

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Né à Bruxelles, il débute à Spirou à 16 ans et lance Bidouille et Violette, première histoire d’amour de la BD franco-belge. En 1985, associé à Balac pour le premier titre, il entame la saga-culte Sambre qui fera sa renommée. Six albums et trois cycles dérivés confirmeront un succès autant public que critique.

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À partir de 1997, il crée, produit, programme et réalise l’un des premiers web-feuilleton, volontairement novateur : Mémoires du XXe ciel. Sous le titre de XXeciel.com, le récit est adapté en bande dessinée, bousculant tous les codes du genre. Le Ciel au-dessus de Bruxelles (2006-2007) confirmera les interrogations de l’auteur sur les médias et l’Histoire, son dialogue plastique avec la photographie, et le tout-numérique.

 

 

Duo de bestioles !

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Duo de bestioles !

Duo de Bestioles, c’est un très original livre d’Alain Burban (sculptures), Paskal Martin (photographies) et Jean-Philippe Gallet (textes), publié par les Ateliers Art-Terre à Rennes.

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Alain Burban a réalisé des sculptures merveilleuses d’animaux grâce à une technique tout à fait singulière : des masses en bois recouvertes de canettes colorées, lesquelles ont été alors ciselées, découpées, rivées soigneusement avec boulons et habileté.

Les sculptures ont été pensées deux par deux, dans des rapports d’une plaisante évidence pour l’adulte, stimulants pour l’enfant : oeil de lynx versus myope comme une taupe, le corbeau et le renard de la fable, le gnou bleu et la cigogne blanche qui migrent chacun de leur côté, etc. Il existe treize paires, et un joker, le mistigri… On a aussi découvert l’ourson d’eau, autrement dit le tartigrade.

Jean-Philippe Gallet a ensuite imaginé des textes amusants, véritables petites histoires, autour de chaque duo. Paskal Martin les a enfin mis en scène, photographiés dans des situations presque réelles, d’un noir et blanc esthétique. A chaque double page, on réfléchit, on tire éventuellement un enseignement par l’humour.

C’est inventif, ravissant, génial et tout ce que l’on veut encore ! Il fallait vraiment penser cet ovni de la littérature jeunesse.

Autour de l’album existe une exposition de vitrines et de planches, qui fait vraiment ressortir le travail minutieux du sculpteur. Les animaux y apparaissent davantage brillants, fins, d’une taille plutôt petite forçant encore l’admiration.

Mais trêve de discours, voici quelques images…

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L’exposition Duo de bestioles est à voir à la Bfm centre-ville, pôle jeunesse, du 9 mars au 20 avril 2013.

Derniers jours

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A propos de « Destins de chiens », Benjamin Lacombe fait allusion à Edward Gorey. Tim Burton fait de même pour son livre « La triste fin du petit enfant huître ». Quant à Edward Gorey lui-même, il dit avoir été influencé par Edward Lear et ses « Limericks »…

On pourrait y jouer longtemps, comme dans la comptine « Trois p’tits chats, trois p’tits chats, trois p’tits chats, chats, chats, chapeau d’ paille, chapeau d’ paille, chapeau d’ paille, paille, paille… » du style des « portmanteau words » (mots-valises), ces poèmes anglais « absurdes » (nonsense) qu’affectionnait aussi Lewis Carroll.

Si ce sont les derniers jours de l’exposition « L’étrange parade de Benjamin Lacombe » à la BFM de Limoges, vous avez jusqu’au mois d’août pour découvrir l’exposition Tim Burton à la Cinémathèque Française à Paris et rencontrer, « en chair et en os » allais-je dire, non, en métal, tissu, résine ou vidéos, le fameux (!) petit enfant huître et ses monstrueux camarades : Robot Boy, Stain Boy, Roy the toxic boy ou the boy with nails in his eyes…

L’éditeur 10/18 propose le texte de Tim Burton (« La triste fin du petit enfant huître et autres histoires« ) en édition bilingue et, malgré la traduction imaginative de René Belletto, rien n’est plus délectable que de lire « dans le texte » les vers rimés de Tim Burton en regardant ses illustrations.

                                                              The girl with many eyes

One day in the park / I had quite a surprise. / I met a girl / who had many eyes.

She was really quite prettty / (and also quite schocking !) / and I noticed she had a mouth, / so we ended up talking.

We talked about flowers, / and her poetry classes, / and the problems she’d have / if she ever wore glasses.

It’s great to know a girl / who has so many eyes, / but you really get wet / when she breaks down and cries.

Edward Gorey est, lui, terriblement concis dans son abécédaire des « Gashlycrum tinies » (« Les Enfants fichus », traduction de Ludovic Flamant pour les éditions Attila en 2011), mais ses dessins sont redoutables :

Fanny

LéoQuentin

Respectivement : F is for Fanny sucked dry by a leech, L is for Leo who swallowed some tacks, Q is for Quentin who sank on a mire

Les enfants connaissant généralement une fin tragique dans ses livres, on demandait régulièrement à Edward Gorey pourquoi il semblait les détester… Or il répondait invariablement : « Vous vous trompez, d’ailleurs je ne connais pas d’enfant. » Pourtant quelques livres illustrés par lui, traduits en France à la fin des années 1970, témoignent d’un intérêt certain pour eux, voire même d’une certaine empathie.

Je pense à « Théophile a rétréci » de Florence Parry Heide (Ecole des Loisirs, 1979) où Théophile se met à rétrécir dans l’indifférence générale et là, ce sont plutôt ses parents ou le directeur de l’école qui sont dépeints avec une certaine cruauté ! Dans « Il était là, il attendait » de Rhoda Levine paru aux Editions Harlin Quist en 1978, Edward Gorey avait même quitté son minutieux trait noir pour une délicate illustration aquarellée, à propos d’une sympathique famille « adoptée » par un gros chien poilu et mystérieux.

Tim Burton et Edward Gorey font tous deux également référence à  « Alice au pays des merveilles » de Lewis Carroll, lui-même incrustant des personnages de « nursery rhymes » comme Tweedledum et Tweedledee ou Humpty Dumpty.

« Paillasson, paillasson, paillasson, son, son, somnambule, somnambule, somnambule, bule, bule, bulletin, bulletin, bulletin, tin, tin (…) »

Pas si loin de cette tradition anglo-américaine, rappelons-nous, en 1845, les désobéissants enfants d’ Heinrich Hoffmann : « Pierrot l’ébourrifé » dont les doigts prolongés d’ongles longs d’une année

ne sont pas sans faire penser à ceux d’ « Edward aux mains d’argent » de Tim Burton. Quant à la manière dont Heinrich Hoffmann fait finir en cendres la désobéissante petite Pauline… elle n’a rien à envier à la Match girl de Tim Burton ou à la Rhoda d’Edward Gorey. Les images d’Heinrich Hoffmann sont accompagnés là aussi de textes rimés très… enlevés :

« Doch weh ! Die Flamme fasst das Kleid, / Die Schürze brennt ; es leuchtet weit . / Es brennt die Hand, es brennt das Haar, / Es brennt das ganze Kind sogar (…)

Und Minz und Maunz, die kleinen, / Die sitzen da und weinen : / Miau ! mio ! miau ! mio ! / Wo sind die armen Eltern ? Wo ? / Und ihre Tränen fliessen / Wie’s Bächlein auf den Wiesen. »

Vingt ans plus tard Wilhelm Busch réalise la bande dessinée « Max et Moritz » qui met en scène encore deux insupportables gamins terrorisant les adultes alentour, eux aussi finissent mal, on s’en réjouit !!!

« Tintamarre, tintamarre, tintamarre, mare, mare, marabout, marabout, marabout, bout, bout, bout d’ ficelle, bout d’ ficelle, bout d’ ficelle, celle, celle, selle de cheval, selle de cheval, selle de cheval, cheval, cheval (…) ». Etc.

"Lux paradiso"

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En ces périodes d’illuminations, venez faire un tour au secteur-jeunesse de la BFM, lui aussi a ses boules rouges et ses lumières pour annoncer une exposition originale : « Lux paradiso » de Carole CHAIX et Franck PREVOT.


C’est le genre d’exposition à plusieurs niveaux de découverte :
– « simplement », on apprécie le travail de Carole Chaix : collages en volumes, personnages en fil de fer, portraits à l’encre de Chine… sur une histoire d’amour et de poésie,
– ou bien, « on a des références » ^^ artistiques et/ou cinématographiques et on aime, par exemple, son travail à la manière de Calder, ou bien on s’amuse à retrouver la villa Arpel et la silhouette de Monsieur Hulot de « Mon oncle », le clin d’oeil à « Cinéma paradiso » ou à Méliès, Laurel et Hardy ou Gina Lollobrigida, etc.                       – – Et puis on s’intéresse au travail d’écriture de Franck PREVOT : ses arrêts sur image, ses histoires imaginées autour des amoureux croisés dans la rue par Carole Chaix, dans les gares, à Paris, Rome… des vieux, des jeunes, des tout feu tout flamme, des plus amoureux du tout…

Si on a encore du temps, on s’assied dans la chouette chauffeuse rouge et on écoute toutes ces histoires, tranquillement, les yeux dans les yeux de ces personnages affichés devant nous.

Et puis on rentre chez soi, ragaillardi, et riche des suggestions de Pablo à Maurice pour écrire des poèmes à Mona, on s’y met aussi et on les écrit ces mots d’amour qui nous rongent les tripes et nous bouleversent la tête…

Cerise sur le gâteau, Carole Chaix sera là en janvier, du 10 au 12 janvier 2012. Mais si vous voulez déjà savoir à quoi elle ressemble, rendez-vous sur le site : http://www.lux-paradiso.com/p/exposition-lux-paradiso.html