Archives de Tag: Fantastique

20th Century Boys

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20th CENTURY BOYS / Naoki URASAWA / Panini

série complète en 22 volumes

1997, Kenji dirige un convini (supérette) et porte constamment sur le dos le bébé que sa sœur lui a confié avant de disparaître mystérieusement. La mort d’un ami d’enfance va réunir la bande de copains qui, lorsqu’ils avaient dix ans, construisaient le monde avec des yeux d’enfants. Ami, le gourou d’une secte, va croiser le chemin de nos amis sans raison apparente… mais pourtant il semble être en étroite relation avec leur passé.

C’est une œuvre majeure de URASAWA-sensei !

Après Master Keaton, Monster, Pluto,et bien d’autres, Naoki URASAWA nous livre ici un thriller qui se déroule sur plusieurs époques.

En suivant un groupe de copains (de l’enfance à l’âge adulte), on se plonge dans une histoire qui, à partir de l’élément déclencheur qu’est le décès d’un ami d’enfance, nous interroge sur les choix que l’on fait, sur l’influence que l’on a sur les événements, et sur la possibilité de retrouver sa « voie » lorsque l’on s’est perdu dans le tourbillon de la vie.

Épopée fantastique aux multiples rebondissements, véritable page-turner, ce manga de 20 ans déjà est un incontournable ! A lire absolument !

(et à voir aussi : Nippon Television Network Corporation proposa une adaptation sous forme de trilogie, fait rarissime au Japon, donnant ainsi naissance à l’une des plus grandes épopées cinématographiques japonaises).

Kurokami

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Kurokami / LIM Dall young, PARK Sung woo / Editions Ki-oon

(série complète en 19 volumes)

En rentrant chez lui après une soirée arrosée, Keita, jeune programmeur, s’arrête pour avaler un bol de ramen. Il est contraint de céder son repas à une jeune fille affamée. Il ignore qu’il s’agit d’une mototsumitama – une gardienne de l’équilibre de ce monde. Pris entre deux feux quand surgit un mystérieux agresseur, il perd un bras dans l’affrontement. Pourtant, en se réveillant le lendemain matin, il trouve son corps intact… mais à qui est réellement ce bras ?

L’éditeur Square Enix fait appel en 2005 à deux auteurs coréens pour cette création originale à destination des lecteurs japonnais. Graphiquement très aboutie (les dessins de PARK Sung Woo sur tablette graphique sont incroyables de dynamisme), cette aventure fantastique nous emmène dans un monde sacré, où les Mototsumitama, gardiens de la Terra, flux de toutes choses en ce monde, se livrent une lutte acharnée.

Seule la force des liens qui uniront Keita, simple humain égocentrique appelé à changer, et Kuro, descendante des gardiens légendaires, pourra rétablir l’équilibre du monde et éviter sa destruction. Une fable bourrée d’action et de combats épiques, qui par certains aspects thématiques n’est pas sans rappeler le film Princesse Mononoke de Miyazaki.

Ma vie a changé – Marie-Aude Murail – Ecole des loisirs

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Ce n’est pas une nouveauté mais la période permet de revenir sur des livres qu’on a aimé.

Madeleine – documentaliste – et Constantin son fils, sont contraints d’accueillir un elfe chez eux (son ancien propriétaire, le voisin du dessous, vient de décéder). Elle le baptise Timothée : c’est ce fameux petit ange (enfin là petit diablotin) qui va les amener à modifier leur vie et ce qu’ils en attendent.

Au début de l’histoire, Madeleine est seule, larguée par son mari, Constantin, ado en déshérence ne brille pas par ses résultats, et enfin Beetlejuice leur caniche tel un scout toujours prêt!

C’est l’échec total.

Tim va redonner du goût à la vie, et montrer qu’avec ou sans magie, nous avons les cartes en mains pour effacer les doutes et croire en nous.

En plus Marie-Aude nous offre une des plus belles déclarations d’amour dans ce roman :

« Madeleine, l’air est magique autour de toi. Ca ne s’explique pas. Une fois qu’on a respiré cet air, on sait qu’on ne pourra plus s’en passer… Ou on en mourra ».

 

 

 

A la bfm

 

 

François PLACE

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La première fois que je vous ai parlé de François PLACE, c’était en 2012, mais nous le connaissions depuis longtemps, vous et moi… Sans doute depuis « Les derniers géants » parus en 1992 et souvent étudiés en classe depuis. Peut-être même aviez-vous déjà emprunté en bibliothèque des documentaires Gallimard illustrés de ses dessins soignés et détaillés.

Son dernier roman « La reine sous la neige » est une histoire assez folle, où se mêlent fantastique, intrigue policière, sujets de société comme le harcèlement, les réfugiés, l’art contemporain, les adolescents et l’amour, autour du personnage de Sam.

Samantha est une jeune métisse dont les parents divorcés vivent entre l’Afrique du sud et les Pays-Bas.

Comment se retrouve-t-elle coincée à Londres, sans son portable qu’on vient de lui voler, précisément le jour où la Reine Elisabeth décède ? A vous de le découvrir…

 

François PLACE : La reine sous la neige (Gallimard, jeunesse 2019)

« Une tempête en plein ciel, un avion dérouté, un vol de portable, un coup de foudre,

deux amoureux,

une reine morte, un enfant perdu, un tigre évadé du zoo, une statuette de plastique, une enquête impossible, Londres sous la neige… » (cf. 4ème de couverture)

 

Les objets tiennent une grande place dans ce roman, tout particulièrement ces petites « boules à neige » qu’adorent les enfants.

« Sam ne savait laquelle choisir. Même collier de perles, même petit sac à main un peu ridicule, même coupe de robe, même va-et-vient de la main, mais la palette de couleurs allait du bleu layette au rose pastel. Il y avait un côté un peu effrayant dans leur façon de bouger en rythme. Alignées comme des petits soldats, elles auraient pu servir de public souriant à un défilé militaire en Corée du Nord.

(…) Sam choisit la troisième à partir de la gauche, bleu pervenche. Souriante sous son chapeau cloche, la figurine se tenait au garde-à-vous, raide et endimanchée. Sa main droite à hauteur de l’épaule, doigts réunis et gantés de blanc, oscillait avec une régularité de métronome. Elle semblait dire : « Allez-y, vivez votre vie, faites ce que bon vous semble, chantez, dansez, pleurez, dans tous les cas je vous dirai bonjour, du matin au soir, ou bye-bye si vous préférez, c’est comme vous voulez, ça n’a aucune importance, parce que de toute façon l’Angleterre sera toujours l’Angleterre, et moi, la reine, je serai toujours la reine, et God save the Queen. »

D’ailleurs, est-ce bien Sam l’héroïne de ce roman ? Ne serait-ce pas plutôt la Reine, même morte ?

François Place a écrit là une histoire assez déjantée, je doute que le futur décès d’Elisabeth II engendre autant de drôlerie et d’événements surréalistes. Quant à sa succession… Le chapitre à propos du Prince Charles est assez comique, mais on voudrait y croire.

Un bon moment de lecture, original et joyeux.

 

« Happa No Ko »

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Etonnant roman que cet

« Happa No Ko le peuple de feuilles » de Karin SERRES

paru en 2018 aux éditions du Rouergue.

« Pourquoi Madeleine, du quartier France 45-67, se réveille-t-elle un matin, effrayée, en découvrant que ses mains sont devenues vertes ? Lui fait-on tester un nouveau jeu de réalité virtuelle sans qu’elle le sache ? Car désormais c’est l’occupation principale sur Terre : jouer ! La planète est devenue une ville infinie où tout travail a été aboli, maintenant que les machines s’occupent de tout. Pendant ce temps, de l’autre côté de la Terre, dans le quartier Japon 23-58, Ken se réveille aussi avec les mains vertes. Mais lui n’a pas peur, car il sait que les mains vertes donnent des pouvoirs. » (cf. 4ème de couverture)

En fait, jouer n’est pas un choix, mais une obligation et l’énergie dépensée est comptabilisée chaque soir par le bracelet accumulateur d’énergie personnel. D’ailleurs il n’y a guère de place dans ce monde pour la liberté et la fantaisie, le couvre-feu ordonne à chacun de rentrer au bercail où la machine-repas délivre les commandes. Les rues, l’école, tous les espaces publics sont quadrillés de lampadaires-caméras. Et les machines-police contrent toute tentative de désobéissance.

La montée des eaux a tant réduit les terres habitables que les villes ont dû se développer en largeur et en hauteur au point que la lumière du jour n’y pénétre plus.

Et ces villes gigantesques ne recélant plus aucune nature, l’illusion est créée par des dômes-parcs sur les parois desquels de splendides paysages sont projetés.

« C’était le début de l’automne, des oiseaux [invisibles] chantaient, quelques feuilles tombaient du haut des arbres virtuels alentour, l’air sentait l’automne, et la lumière solaire, claire et vive, donnait à Madeleine l’impression de respirer plus largement que dans le jour artificiel qui régnait sur la ville. »

Mais voilà que ce vert sur les mains de Madeleines bouleverse sa vie, ainsi qu’une étrange apparition…

Un roman fantastique qui fait réfléchir sur l’écologie et les dérives possibles d’une vie réglementée par l’intelligence artificielle apparemment devenue totalement autonome.

 

Emmurées

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 Emmurées d’Alex Bell chez Milan

 »  Les fille jouaient encore avec les poupées Frozen Charlotte.

– Qu’êtes vous en train de faire ? demanda la directrice .

Les élèves levèrent la tête vers elle.

– Nous organisons un enterrement pour les Frozen Charlotte, mademoiselle Grayson.

– Arrêtez immédiatement, ordonna l’enseignante. Je n’ai jamais rien entendu de si macabre.

– Mais, mademoiselle Grayson, répondit l’une des jeunes filles, elles aiment être mortes. C’est elles qui nous l’ont dit. »

Jay, le meilleur ami de Sophie a téléchargé une planche Ouija sur son téléphone portable. La planche Ouija est sensée correspondre avec l’au delà : il faut lui poser des questions précises et un curseur se déplace sur l’alphabet.

Bien qu’ils soient dans l’environnement rassurant d’un bar, à manger des frites, la planche, à la grande surprise et à l’effroi de Jay et Sophie répond. Elle dit être Rebecca Craig, cousine de Sophie, accessoirement décédée depuis quelques années. Jay ayant la mauvaise idée de demander la date de sa mort, la planche lui révèle qu’il va mourir le lendemain ce qu’il ne manque pas de faire en tombant dans le canal .

Sophie inconsolable est envoyée changer d’air en Ecosse chez son oncle. Elle a trois cousins : Piper, Cameron et Lilia.

Des son arrivée elle ne se sent pas à sa place, si Piper l’accueille chaleureusement, Cameron est détestable. Il est vrai que pianiste virtuose il a eu la main brûlée dans un mystérieux incendie et ne peut plus depuis, exercer son art. Quant à Lilia une bonne thérapie ne serait pas de trop !!!

Mais de curieuses poupées hantent la maison.

«  Tout à coup, quelque chose me mordit l’intérieur de la bouche. Fort. Je sentis des petites dents aiguisées qui n’étaient pas les miennes se planter dans ma joue. Ma chair se déchira et je sentis le gout du sang sur ma langue.

Je plongeai mes doigts dans ma bouche, attrapai la chose qui m’avait mordue .

C’était une des poupées, dont la peau de porcelaine blanche était couverte de sang. »

A ce moment précis toute personne normalement constituée prend un billet pour Nexon et se planque dans le wagon jusqu’au terminus.

Mais Sophie s’entête, il y a des fantômes, du sang, des larmes, c’est gore, j’adore !!!

« Aquarica »

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« Roodhaven, 1930. Ce tranquille port vit de la pêche à la baleine depuis des générations, cultivant la mémoire de ses disparus en mer. Un jour, échoue sur le sable une créature fantastique, un crabe gigantesque, comme tout droit sorti de l’imagination d’un ivrogne. Le village s’inquiète et vocifère, d’autant plus que des débris d’un bateau naufragé sont entremêlés aux chairs du crustacé. L’affaire fait grand bruit dans le monde scientifique, attirant le jeune chercheur John Greyford sur les lieux. Fasciné, il se pose en défenseur de la créature, au nom de la science. Encore loin de se douter où cette aventure le mènera, il découvre qu’une jeune fille a voyagé à bord de la bête, comme venue d’un autre monde. Elle s’appelle Aquarica, et ne tarde pas à désigner John Greyford pour l’aider à sauver son peuple.« (Présentation éditeur : Rue de Sèvres, 2017)

Sur un scénario de Benoît SOKAL et François SCHUITEN, cette bande dessinée rappelle les mondes imaginaires* créés de tous temps par les hommes.

Les pages de garde donnent le ton : une effrayante pêche à la baleine entre rochers à pic et mer déchaînée…

Maintenant la pêche est terminée, de nombreux bateaux ont tragiquement disparu et les – rares – survivants noient indéfiniment au pub leur douloureuse mélancolie.

Le Golden licorn était l’un de ces baleiniers, disparu en mer dans les années 1910.

« Un sacré baleinier, M’sieur Greyford. Le plus beau navire de la flotte de Roodhaven à la grande époque ! La fierté de toute une ville ! Disparu en mer il y a vingt ans… Soixante-dix huit morts. Un drame dont on ne s’est jamais remis dans le pays… Les gars qui vous ont pris à partie à l’auberge sont les seuls rescapés ! ».

Mais voilà qu’une énorme araignée de mer s’échoue sur le sable de Roodhaven et, avec elle, la mémoire d’un autre naufrage, celui de la goélette « Aquarica » partie de Clifden dans le Connemara pour rallier Roodhaven et disparue en mer en 1865.

A son bord un océanographe réputé, Mike Connoly, spécialiste de « la faune sous-marine, et plus particulièrement les grands cétacés », et sa famille.

Et puis le souvenir d’un explorateur italien du 15e siècle, Jonas Santano dit le marin fou,

« disparu en mer par la plus noire des tempêtes… Quinze ans plus tard, il réapparaît comme par enchantement dans le port de Venise, pour raconter ses aventures à qui veut bien les entendre… Comment sa caravelle s’est fracassée sur les dents d’un monstre marin gigantesque ! Et puis comment il a survécu toutes ces années sur le dos d’un animal grand comme une île ! »

Tous les ingrédients sont réunis pour nous tenir en haleine et l’on attend avec impatience le second volume  de « Roodhaven« .

(*) Vous pouvez en trouver un aperçu à la BFM dans le « Livre des terres imaginées » de Guillaume DUPRAT, paru au Seuil jeunesse en 2008.