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« Les contes de la ruelle »

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Quatre nouvelles assez intemporelles, mais qui se déroulent toutes dans un quartier du vieux Pékin. Dans ces fameuses ruelles aux maisons basses qui cachent de larges cours intérieures carrées qu’on nomme « hutongs ».

D’ordinaire les murs y sont gris et les entrées rouges, selon la volonté de l’Empereur, mais les aquarelles de NIE JUN les colorent joyeusement. On ne circule dans ces ruelles qu’en vélo ou en tricycle et c’est dans ce décor désuet et charmant que vivent Yu’er et son grand-père, Doubao, un ancien facteur.

Yu’er est une petite fille handicapée, ce qui ne l’empêche pas de se rêver en championne paralympique, ni de profiter de balades dans son quartier où traînent bien quelques voyous, mais aussi d’étonnants personnages comme un jeune garçon et son « paradis des insectes » ou un vieux peintre ronchon. Mais surtout il y a son pépé, sa collection de timbres et sa grande histoire d’amour.

La vie y paraît douce, comme les aquarelles de Nie Jun, mais pas « sucrée » :  l’auteur ne cache pas la réalité du quartier ni les difficultés liées au handicap de Yu’er, toutefois la relation entre l’enfant et son grand-père transcende tout et met du baume au coeur, même pour nous, lecteurs…

A la fin du livre, un petit carnet de croquis en noir et blanc de Nie Jun donne envie de s’envoler pour découvrir ce quartier de Pékin avant qu’il n’ait disparu pour cause de « modernisation » !

Un « one shot » touchant, pour tout public, édité en 2016 par Gallimard « bande dessinée ».

 

 

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Le monde de Marcelo

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Le Monde de Marcelo

de Francisco X. Stork

chez Gallimard jeunesse

« A quoi ressemble la musique que tu as dans la tête ? Demande le docteur Malone quand je ressors du tunnel.

J’arrête de nouer les lacets de mes tennis afin de pouvoir réfléchir à cette question. Mais il est impossible d’exprimer par des mots cette musique intérieure. »

Marcelo a 17 ans et n’est pas tout à fait comme les autres adolescents de son âge : il a la tête pleine d’une musique qu’il est le seul à entendre. Pour lui, elle est comme « une grosse pastèque » dont il serait une « graine ».

Il aime les Écritures saintes, les poneys haflingers et est impatient de rejoindre Paterson, le manège dans lequel il travaille comme palefrenier.

Là, au contact des chevaux, loin des regards exigeants de son père, Arturo, il s’épanouit totalement.

Mais cette année, Arturo à d’autres projets pour lui. Il souhaite que son fils intègre un cursus scolaire normal et lui propose un marché : il travaille pendant l’été dans son cabinet d’avocats et si Marcelo fait les efforts nécessaires pour s’adapter à ce nouvel environnement, il pourra choisir le lycée dans lequel il souhaite terminer sa scolarité.

« Il approche sa chaise, de sorte que nos genoux se touchent presque. Il baisse la voix. Il est le père à présent.

– Fils, je veux que tu aies un travail où tu seras en contact avec les gens, où tu devras comprendre et résoudre les problèmes tout seul. Que fais-tu à Paterson qui t’apprenne quelque chose de nouveau ?

– Je vais apprendre à dresser les poneys.

– Mais tu arrives à une étape de ta vie ou tu dois travailler avec des gens.

– Pourquoi ? »

Le refus est impossible.

Marcelo a besoin d’être encadré par un planning strict, et surtout d’être pris en charge par une personne en laquelle il pourra avoir confiance.

Ce sera Jasmine. D’abord réticente, Jasmine va être séduite par ce garçon si différent, et Marcelo, grâce à elle, va s’initier à la complexité des rapports humains.

Sa méconnaissance absolue des codes fait qu’il est un peu comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Ce séduisant mélange d’honnêteté et de naïveté va le conduire à endosser le rôle du justicier dans une affaire instruite par le cabinet de son père.

Les masques tombent, les cœurs s’ouvrent.

Le Monde de Marcelo est un roman qui se construit sur l’intime. Il n’y a ni pathos, ni action d’éclat et s’il y a violence, c’est une violence psychologique feutrée, mais tous sont touchés au plus profond d’eux-mêmes par sa présence. Il remet en cause par son regard « différent » sur le monde les certitudes de chacun et révèlent leurs fêlures.

Un bon moment de lecture…

Pensée assise – Mathieu Robin – Actes sud junior

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Théo, jeune adulte, est condamné à rester dans son fauteuil roulant après un accident de voiture.

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« Comme la vie n’est pas faite pour être vécue en fauteuil roulant, elle devient une succession d’inconvénients. Je pestais contre tout ce qui n’était pas adapté à ma nouvelle situation… Ensuite, j’en voulus à toute cette compassion que je lisais dans le regard des autres. « 

Mais il rencontre Sofia, clarinettiste russe. Le grand amour, le bonheur, le nirvana mais pour le vivre pleinement Théo va devoir dépasser sa jalousie, sa paranoïa car même si 70% des hommes affirment qu’ils n’auraient aucun complexe à vivre avec une femme plus grande qu’eux, le jeune homme n’est pas convaincu d’être assez « comme il faut » pour sa belle.

Un court-métrage avait été réalisé en amont du livre :

 

 

Une belle histoire d’amour comme je les aime.