Archives de Tag: Histoire

Visa transit – Nicolas de Crécy – Gallimard Bande-Dessinée

Par défaut

Pas de surprise Nicolas de Crécy est toujours aussi talentueux.

Dans le tome 1 de cette BD, on découvre deux personnages, l’auteur et son cousin, qui commencent un grand voyage en Citroen Visa (la voiture… )eh oui ça se passe dans les années 80, époque où « le covoiturage existait avant que les multinationales du numériques n’en privatisent le principe. on appelait ça le stop« .

C’est tout un morceau d’histoire qu’on lit à travers ce road-trip:   les pays communistes, l’évocation de la centrale de Tchernobyl et ses dégâts – 1986, les rencontres en Turquie, en Italie, en Yougoslavie et  les rituels des passages de frontières avec les gardes qui contrôlaient les passeports.

L’histoire est entrecoupée de flashbacks (quand les deux compères étaient enfants en colonie de vacances dans un établissement religieux ultra-conservateur) et des inspirations hallucinogènes de Henri Michaux .

J’attends avec hâte le volume 2 et ça me donne envie de relire « Un printemps à Tchernobyl » d’Emmanuel Lepage.

A la bfm

« Non à l’exploitation »

Par défaut

Dans la collection déjà citée à propos de Célestin Freinet : Actes sud junior « Ceux qui ont dit non », un titre écrit il y a dix ans par Gérard DHOTEL résonne avec les événements en France d’avant le Covid 19 : « Louise Michel, non à l’exploitation« .

Louise Michel (1830-1905), serialblogueuses y avait fait allusion à propos du film de Michel Ocelot « Dilili à Paris ».

Ce petit livre vous en dira un peu plus sur elle, sous le prétexte d’un journaliste à l’Intransigeant qui assiste à la plupart de ses procès. « L’Intransigeant » est un journal  lancé en 1880 et dirigé par Henri Rochefort. C’est l’occasion de vous rendre sur le site de la BnF-Gallica et d’y découvrir aussi bien des numéros de ce journal que les oeuvres de Louise Michel.

Institutrice, brancardière au moment de la Commune et déportée en Nouvelle-Calédonie d’où elle reviendra libertaire, féministe, elle a fréquenté Victor Hugo qui lui dédiera le poème « Viro major« , Georges Clémenceau, Jules Vallès,  Eugène Varlin et bien d’autres personnalités engagées de son temps.

En 1883, lors d’un de ses procès, elle termine sa plaidoirie par :

« Il y a une chose qui vous étonne, qui vous épouvante, c’est une femme qui ose se défendre. On n’est pas habitué à voir une femme qui ose penser ; on veut selon l’expression de Proudhon, voir dans la femme une ménagère ou une courtisane ! »

En détention en Nouvelle-Calédonie, elle s’intéresse aux Canaques, apprend leur langue et leur enseigne le français. Elle prendra leur défense lors de leur révolte en 1878 et enverra des articles aux journaux français pour dénoncer la répression sanglante dont ils furent victimes.

Elle disait également :

« S’il y a des miséreux dans la société, des gens sans asile, sans vêtements et sans pain, c’est que la société dans laquelle nous vivons est mal organisée. On ne peut pas admettre qu’il y ait encore des gens qui crèvent la faim quand d’autres ont des millions à dépenser en turpitudes. C’est cette pensée qui me révolte ! « 

 

Arts premiers

Par défaut

Serialblogueuses a parlé à plusieurs reprises de cette collection initiée par Le Louvre et les éditions Futuropolis : à propos de Matsumoto, Chavouet, Taniguchi, Bilal…

Cette fois, il s’agit de Christian LAX qui entremêle harmonieusement l’histoire d’une sculpture malienne représentant une maternité et celle d’un jeune migrant, Alou, tentant de rejoindre l’Europe.

Harmonieusement mais sans édulcorer le contexte.

Christian LAX : Une maternité rouge

(Louvre / Futuropolis, 2019)

« Au Mali, une Maternité rouge, sculpture datant du XIVe siècle, est sauvée de la folie destructrice des islamistes par Alou, un jeune chasseur de miel. En compagnie d’autres migrants, sœurs et frères d’infortune, Alou prend tous les risques pour rejoindre l’Europe. Son but et son obsession : confier la précieuse statuette au musée du Louvre !

Alou, chasseur de miel, se dirige vers les ruches sauvages d’un baobab. Circulant en 4×4, armés jusqu’aux dents, une bande d’islamistes radicaux foncent sur lui et font exploser le baobab sacré.
Parmi les débris du baobab, Alou découvre, intacte, une statuette représentant une femme enceinte. Encouragé par son père, il se rend dans le pays Dogon présenter la statuette au sage du village, le hogon, respecté de tous pour sa culture. Le hogon reconnaît aussitôt cette Maternité rouge . Elle est l’œuvre, selon lui, du maître de Tintam, dont une première Maternité se trouve déjà au Louvre, au Pavillon des Sessions. Pour le vieil homme, la sculpture, en ces temps de barbarie, sera plus en sécurité au Louvre, près de sa sœur, qu’ici, au Mali.
Confier la statuette au musée parisien, c’est la mission d’Alou. Et pour la mener à bien, le jeune homme prendra tous les risques en traversant déserts et mers, en compagnie de migrants, ses sœurs et frères d’infortune.

Christian Lax rejoint la collection Louvre avec un récit engagé, aux côtés de celles et ceux qui subissent la violence, la misère et la guerre et tentent de rejoindre nos côtes dans l’espoir d’une vie meilleure… » (cf. Présentation Louvre)

Actuellement on discute beaucoup de la nécessité de rendre aux pays anciennement colonisés les oeuvres d’art qui leur avaient été « soustraites » (c’est un euphémisme et les premières pages de la BD le montrent bien) pour enrichir nombre de musées européens. Certaines de ces oeuvres ont déjà regagné leurs pays d’origine.

C’est un autre point de vue que nous propose Christian Lax, sans polémiquer. De même lorsqu’il évoque le parcours du hogon, ancien instituteur du village dogon et la quête originale et somme toute décevante de Alou.

Les illustrations sont très belles, très fortes grâce à l’économie de couleurs : un album à ne pas manquer !

Et pour compléter, ne vous privez pas de lire le dossier pédagogique que le Musée du Quai Branly avait réalisé en 2011 pour l’exposition Dogon.

« Sauvages »

Par défaut

Nathalie BERNARD : Sauvages (Thierry Magnier, 2018)

« Jonas vient d’avoir 16 ans, ce qui signifie qu’il n’a plus que deux mois à tenir avant de retrouver sa liberté.

Deux mois, soixante jours, mille quatre cent quarante heures. D’ici là, surtout, ne pas craquer. Continuer à être exactement ce qu’ils lui demandent d’être. Un simple numéro, obéissant, productif et discipliné.

En un mot, leur faire croire qu’ils sont parvenus à accomplir leur mission : tuer l’Indien dans l’enfant qu’il était en arrivant dans ce lieu de malheur, six années plus tôt. »

A travers ce destin, Nathalie BERNARD nous parle de ces pensionnats autochtones qui ont existé au Québec jusque dans les années 1990 et qui ont « accueilli » des milliers d’enfants brutalement arrachés à leur culture indienne.

Entre roman historique et thriller, l’auteur nous entraîne dans une course effrénée au coeur de ces immenses forêts québécoises. Une chasse à l’homme qui ne possède que deux issues : la liberté ou la mort. » (cf. 4ème de couverture)

Le dernier de ces pensionnats a fermé ses portes en 1996… Ils avaient été créés en 1820 afin de scolariser mais surtout évangéliser et assimiler les enfants autochtones : dans le roman, Jonas est un Cri et Gabriel un Inuit.

« (…) La Gendarmerie royale du Canada vient m’enlever à [ma mère].

– C’est mieux pour lui, madame ! Au pensionnat du Bois Vert, il recevra une bonne éducation et il apprendra le français, lui assurent-ils en tentant de m’arracher à ses bras. (…) De toute façon, vous n’avez pas le choix. Si vous refusez, vous agissez contre la loi !

Les mains nouées autour de son cou, je m’accroche à ma mère comme à un rocher. Impuissante, elle me regarde, ou plutôt me dévore des yeux, sachant au plus profond d’elle-même que c’est la dernière fois qu’elle me voit. Ma mère est une Cri et elle appartient au clan du loup. Néanmoins, elle a déjà croisé la route de ceux que nous appelons « les manteaux noirs », les prêtres missionnaires. Elle a accepté de me faire baptiser et de me choisir un prénom chrétien. Je crois même qu’elle aime certains aspects de la religion que les Blancs veulent nous imposer. Pourtant, en dépit de leurs interdictions, elle continue de croire aux esprits de la forêt et de vivre de la même manière que nos ancêtres. Ainsi, au lieu de profiter des vaccins et de la nourriture gratuite qu’on nous a promis, elle a préféré m’apprendre l’art de piéger le gibier, de monter un wigwam ou une tente, de tanner les peaux et de soulever mon propre poids lors des portages. »

Malheureusement les conditions d’existence dans la plupart de ces pensionnats étaient effroyables ; après le traumatisme d’être séparés de leur famille, les enfants en arrivant étaient dépouillés de leurs vêtements et de tous leurs souvenirs, rasés, désinfectés puis punis s’ils utilisaient leur langue.

« Des petits nouveaux qui avaient passé un premier mois particulièrement difficile. Plus foncés que la moyenne, on leur avait plusieurs fois nettoyé le visage à l’eau de Javel pour tenter de les éclaircir un peu. Nous connaissions tous les effets secondaires de ce traitement : yeux rouges, démangeaisons nocturnes et peau qui pèle…

L’horreur.

Sans parler de la suite : les gamins s’étaient mis à hurler dans leur langue et les soeurs leur avaient nettoyé la bouche avec du savon jusqu’à leur donner envie de rendre leur déjeuner. »

C’est même parfois pire :

« D’une manière ou d’une autre, on va t’apprendre à faire des phrases, mon sauvage. (…) Ouvre la bouche, en grand !

Tourné vers les pensionnaires médusés, l’enfant finit par obéir (…) la Vipère plaça sur sa langue une lame de rasoir.

– Pendant que tes camarades feront leur prière et avaleront leur soupe, tu resteras ici avec cette lame dans la bouche. Ainsi, j’espère que tu auras compris la leçon : ici, on ne parle pas en algonquin mais en français. »

Sans compter tous les autres sévices psychologiques, physiques voire sexuels.

Nombre de ces enfants mouraient avant d’avoir pu revoir leurs familles.

Des conditions suffisamment terrifiantes pour que depuis quelques années des excuses soient venues des religieux et des politiques, jusqu’au premier ministre, Justin Trudeau qui en 2015, au nom de l’Etat fédéral, a solennellement demandé pardon aux peuples autochtones du pays.

Ces méthodes ont existé également en Europe comme pour les Samis, peuple autochtone du nord de l’Europe, qui ont été soumis à une politique d’assimilation forcée jusque dans les années 1980 en Finlande ou en Suède.

Et n’oublions pas les enfants réunionnais transplantés en métropole entre 1962 et 1984.

A lire.

 

« Non à l’ennui à l’école »

Par défaut

« Ils regardent par la fenêtre, gribouillent, rêvent, comptent les minutes, font leurs listes d’amis et organisent leur fin de semaine quand ils ne s’endorment pas carrément. Des grappes de collégiens meurent d’ennui au fond d’une salle de classe, bien calés contre le radiateur. Pourquoi ?

Certains ne se sentent pas concernés par ce que disent les professeurs, d’autres n’en voient pas l’utilité, n’en saisissent pas le sens. D’autres en savent beaucoup plus et décrochent. Il suffit de quadriller le territoire pour en rencontrer. Ils préfèrent dire « Non à l’école », sans comprendre qu’ils disent « Non à cette école-là ». Une école avec un enseignant juché en haut de ses connaissances, qui dicte ses cours, frontalement, qui impose son savoir, juge, sanctionne, punit et note. Vous vous reconnaissez ? »

Et pourtant depuis cent ans qu’existent des méthodes actives, des établissements innovants et des enseignants motivés, l’école ne devrait plus laisser personne au bord de la route.

Mais ce sont toujours les remèdes éculés qui prévalent. La dictée ?

« Moi, les dictées, je n’en fais pas. Elles sont inutiles. Elles sont abrutissantes. Apprendre des listes de mots sortis de leur contexte ne sert strictement à rien. »

Les leçons de morale ?

« Je suis toujours poli avec mes camarades, je ne me bats pas. »

« Ça y est, les voilà penchés sur leur cahier. Ils copient la petite phrase. Et maintenant, quoi ? Est-ce que ça va changer leur comportement ? Sûrement pas. Non, ce qu’il faut, c’est les prendre par la main, les regarder dans les yeux, me trouver à leur niveau, pas au-dessus d’eux, perché sur cette estrade que je déteste. »

Qui est ce « je » qui parle ?

C’est Célestin FREINET en 1920. Oui, il y a cent ans !

Maria POBLETE : Célestin Freinet, non à l’ennui à l’école

(Actes sud junior, collection « Ceux qui ont dit non », 2018)

« Instituteur éclairé et visionnaire, Célestin Freinet s’est battu pour donner aux élèves l’envie d’apprendre en inventant, dans les années 1920/1930, une pédagogie active, où l’élève est encouragé à écrire, à gérer une coopérative scolaire, à travailler en groupe… et à fuir l’ennui des leçons apprises par coeur ! De nombreux enseignants se servent aujourd’hui avec bonheur de la pédagogie Freinet. » (cf. présentation éditeur)

Célestin Freinet, Maria Montessori, Janusz Korczak dès le début du 20ème siècle, le GFEN (Groupe français d’Education nouvelle) ensuite, et bien d’autres se sont battus pour que l’on donne du sens au savoir et aux apprentissages, pour que l’enseignement soit différencié en fonction des difficultés et des réussites de chaque élève.

« Il faut réunir plusieurs éléments : des équipes pédagogiques motivées à travailler ensemble autour d’un projet, un soutien actif de l’institution, tant en termes de moyens humains que financiers, des collectivités territoriales prêtes aussi à investir en termes de locaux. » etc.

Pas si simple ?

Tout dépend de ce qu’on veut réellement pour une société.

Cette collection de romans historiques : « Ceux qui ont dit non » donne la parole à « des femmes et des hommes qui ont su dire non à ce que leur conscience jugeait inacceptable. Des figures fortes, engagées pour défendre des valeurs humanistes, celles des droits de l’homme et de la démocratie ». Des personnalités aussi diverses que Joan Baez ou Primo Levi, Lounès Matoub ou Anna Politovskaïa, Diderot ou le Général de La Bollardière, Rosa Parks ou Simone Veil, au total déjà une quarantaine de figures et des combats hélas, pour la plupart, non encore aboutis…

 

« Haïkus de Sibérie »

Par défaut

Les éditions Sarbacane ont édité début 2019 une étonnante et émouvante BD lituanienne :

« Haïkus de Sibérie »

écrite par Jurga Vilé et illustrée par Lina Itagaki.

Il s’agit de l’histoire d’Algis, le père de l’auteure, déporté en Sibérie alors qu’il n’avait que treize ans.

« C’était une période troublée. L’Allemagne venait d’attaquer la Pologne, la guerre avait commencé. La Lituanie a bientôt été envahie par la puissante Russie, et de nombreux Lituaniens, considérés comme « ennemis de l’Union soviétique », ont été déportés.

Ils sont allés chercher des familles entières dans leurs maisons pour les emmener dans les coins les plus reculés et les plus rudes de Russie, en lointaine Sibérie. Nombre d’entre eux sont morts là-bas, dans les camps. Quelques-uns ont eu la chance de rentrer chez eux… comme ces enfants, ramenés par le « train des orphelins ». Dans ce train, il y avait Algis, mon père. »

Les conditions de vie étaient épouvantables, mais Algis et sa sœur Dalia ont eu la chance de ne pas être séparés de leur mère, tandis que leur père était déporté dans un autre camp dont il ne reviendra pas. Ils ont eu la chance également de rester avec quelques autres habitants de leur ancien village, leur tante et une de leurs maîtresses d’école. Ces femmes courageuses, malgré la faim, le froid, l’épuisant travail forcé, la cruauté des gardiens, le chagrin d’être séparés de leurs maris, tentaient d’entretenir le moral des enfants.

Les souvenirs d’Algis sont présentés comme s’il nous les racontait au jour le jour dans un journal intime au style très varié, le résultat est très vivant, même si le récit est dramatique, même si la mort frappe.

Et pourquoi les « haïkus », devez-vous vous demander ? Ce n’est pas spécialement un genre de poésie russe, ni lituanienne. Et puis de la poésie dans l’enfer sibérien…

Eh bien, je vous invite à lire ce one shot pour avoir la réponse et surtout pour découvrir cet épisode tragique de l’histoire des Pays Baltes.

« La lanterne de Nyx »

Par défaut

Kan TAKAHAMA : « La lanterne de Nyx » (Glénat, 2019).

 

A peine lisons-nous que l’histoire commence en 1944 à Kumamoto sur l’île de Kyushu au Japon, nous voici propulsés soixante-six ans en arrière à Nagasaki :

Miyo est une jeune orpheline recueillie par son oncle, un artisan d’art dont la période de gloire semble passée.

Sa tante la presse donc de trouver un travail pour aider à nourrir la famille et l’emmène dans une boutique qui cherche une vendeuse.

Or ce n’est pas n’importe quelle boutique, il s’agit d’un magasin d’objets rares « venus d’au-delà des mers« .

 

En 1878 au Japon, l’Empereur Meiji est au pouvoir depuis dix ans et a commencé à entreprendre de grandes réformes d’inspiration occidentale en s’entourant d’experts étrangers.

Et cette année-là, la France de la Belle Epoque a accueilli pour la troisième fois l’Exposition Universelle. Il va s’agir pour Miyo d’aider à mettre en vitrine les objets rapportés de l’Exposition par son patron et les présenter aux clients japonais friands de ces nouveautés exotiques.

Au fil de l’histoire, nous découvrons avec elle… le chocolat au lait, les robes à l’occidentale et la machine à coudre, le phonographe, la lanterne magique et… « Alice au pays des merveilles ».

Parallèlement nous découvrons aussi la société japonaise en pleine modernisation à travers les yeux de cette jeune et attachante Miyo.  D’autant plus captivante qu’elle possède un don : quand elle « touche un objet… elle est capable de voir ses propriétaires passés ou futurs« .

Mais voilà que son original patron a le projet d’exporter en Europe des objets japonais de belle facture et va bientôt repartir pour Paris. Vivement le volume 3 !

 

Nous avions déjà rencontré Kan Takahama en 2012 dans « La villa sur la falaise« , aux côtés de Fred Bernard, Sokal, Taniguchi et quelques autres.