Archives de Tag: Homosexualité

Sous la même étoile – Kelley York

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Hunter et sa demi-soeur Ashlin passent tous les étés chez leur père. C’est également l’occasion pour eux de retrouver Chance, un garçon avec lequel ils font les 400 coups depuis leur enfance. Fraîchement diplômés ils décident de prendre une année sabbatique ensemble pour la passer chez leur père et surtout avec Chance. Durant cette année, Hunter et Ashlin vont se rendre compte qu’ils nourrissent tous les deux un peu plus que de l’amitié à l’égard de Chance…et surtout que si celui-ci est si évasif sur sa famille c’est pour une bonne raison : elle n’est pas si idyllique que ce qu’il a bien voulu dire, son père n’hésitant pas à lever la main sur lui.

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Difficile d’en dire plus sur ce roman, qui s’avère plus sombre que ce que sa couverture (un peu niaise il faut bien le dire…) laissait imaginer. L’histoire d’amour passe assez rapidement au second plan, pour laisser la place à une histoire de violence sur mineur, sur le conflit entre Chance et son père. Un livre qui se lit bien, et qui même si il ne m’a pas transporté, m’a surprise par la tournure plus sombre qu’il prenait.

Mauvais fils

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Mauvais fils

de Raphaële Frier chez Talents hauts

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« Ce soir plus qu’hier, je voudrais être un autre. Pas cette erreur de la nature, cette foutue boulette dans une famille qui n’attend plus que ça pour s’effondrer, quand elle saura qui je suis en réalité. Parce que c’est sûr, ce n’est pas avec moi qu’ils iront mieux, mes vieux. Et je vis avec cette angoisse, toujours la même, qui m’écrase pendant la nuit et pendant le jour aussi. Pourquoi moi ? Qu’est-ce qui a déconné pour que ça m’arrive ? »

Mais qui est Ghislain pour se décrire ainsi : un psychopathe ? Un tueur en série ?

Non, il préfère juste les garçons, et pour ses parents c’est un cataclysme.

Parce qu’entre la télécommande dont le père chômeur joue avec maestria et le travail alimentaire de la mère, il n’y a pas de place pour un fils homosexuel.

Alors on multiplie les allusions paternelles « entre hommes », et les coups de sonde de maman qui s’enflamme dès qu’elle voit son fils avec des copines.

Mais comment rencontrer des gays quand on est gay et qu’on se cache ?

En faisant des recherches sur internet, Ghislain découvre l’Open café : oui, il existe, cet endroit où il pourra être lui-même. Mais il se perd dans ces rencontres d’un soir.

Ghislain veut juste aimer et désirer comme un ado qui découvre le plaisir et l’amour.

« Parce qu’en fait, j’ai pas vraiment envie de me taper tous ces mecs… Ce que je veux, c’est pas ça. Je cherche l’âme sœur, moi, ou l’esprit frère plutôt. Je veux des projets à deux, des soirées et des journées, des promenades et des concerts, je veux des caresses et des baisers sincères. Le grand amour quoi ! »

Mais désastre (ou délivrance), Ghislain est « dénoncé », et traîné sans plus attendre devant le tribunal familial.

La mère supplie, le père se drape dans sa « virilité » outragée et jette son fils à la rue.

Heureusement, il y a Mounir et sa mère, qui vont recueillir Ghislain et lui permettre de relever la tête. Heureusement il y a Cédric.

« C’est vrai, ça change quoi que je sois avec un mec ? Pas de trousse à maquillage, pas de petit panier rempli de barrettes ou de bijoux, on s’en fout non ? Y a quand même deux brosses à dents dans le même verre, y a deux oreillers sur le lit, deux pointures de chaussures, pourquoi on n’appellerait pas ça un couple aussi ? »

Pourquoi en effet ? Est-ce que l’amour entre Ghislain et Cédric est moins « estimable » que celui qui pourrait exister entre Ghislain et mettons Chloé, si celui-ci aimait les filles ?

Non bien sûr !

Alors pourquoi ce dégoût, pourquoi cette haine ? Comment peut-on rejeter son propre enfant ?

C’est ce combat que décrit Mauvais fils, un combat d’abord – et malheureusement – contre soi-même tant on arrive à persuader ces hommes et ces femmes qu’ils ne sont pas dans la norme (quelle norme ?) puis contre les autres, proches ou inconnus….

J’ai beaucoup aimé.

 

 

Will & Will

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Will & Will est un livre écrit à quatre mains par John Green qui a écrit Nos étoiles contraires, chroniqué par Profiteroles  et David Levithan qui a écrit A comme aujourd’hui chroniqué par Vesperr .

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Will Grayson est un adolescent vivant à Chicago. Il est discret, et mène sa vie selon deux règles d’or : 1.Ne jamais trop s’investir et 2. Toujours la fermer. Son meilleur ami est très différent de lui : Tiny Cooper est un exubérant  homosexuel qui accumule les conquêtes et voit sa vie comme une comédie musicale. Joie de vivre incarnée, il essaie de caser Will avec une de ses amies, Jane. Ce qui va à l’encontre de la règle numéro 1 de Will…

Will Grayson n°2 vit de l’autre côté de Chicago. Il vit ou survit à coup d’antidépresseurs, avec pour seule amie une fille qu’il ne peut pas supporter. Ses discutions sur internet le soir avec Isaac sont sa planche de salut. Egalement homosexuel, il pense avoir trouvé en Isaac l’amour, la personne qui le comprend. Jusqu’au jour où Will se rend compte qu’Isaac n’existe pas…

Les deux Will Grayson vont se rencontrer et cette rencontre improbable va les changer…

Un roman sympa à lire, même si j’ai trouvé le début un peu long. Les deux Will sont un peu têtes à claque, se plaignant un peu trop à mon goût. Mais le personnage de Tiny Cooper, qui aurait pu s’avérer caricatural, est finalement le personnage qui emmène le roman, sa joie de vivre étant très communicative. C’est un roman sur l’adolescence, la recherche de soi, l’affirmation sexuelle et l’amitié.

Boys Don't Cry

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Dante, 17 ans, attends avec impatience ses résultats d’examen. S’il réussi, il ira à l’université afin de devenir journaliste. S’il échoue… il n’échouera pas c’est certain. Après tout, il a travaillé pour, mais chut ! il ne faut pas le dire.

Alors quand la sonnette de la porte il se précipite à la rencontre du facteur. Sauf que ce n’est pas le facteur, mais Mélanie, son ancienne petite amie que personne n’avait vu depuis deux ans. Avec le bébé. Emma.

Le roman de Malorie Blackman est sympathique et se lit vite. On suit l’évolution de Dante, qui va apprendre à aimer sa fille au fur et à mesure du livre, mais aussi apprendre à devenir père, chose pas facile.
On suit aussi son frère, Adam, l’homo de la famille qui n’en à rien à faire d’être différent des autres. Sauf que ce sujet reste tabou pour son père et Dante. Et aussi pour les autres…

C’est un très joli livre sur la famille, les liens fraternels, le non-renoncement, l’abandon de soi pour quelqu’un d’autre.

A découvrir dans les rayons de la Bfm !

Embrassez qui vous voulez

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Kiss, de Jacqueline Wilson

Emily et Carl sont inséparables. Depuis la maternelle, ils ont tout partagé : les fous rires, les maladies infantiles, les premiers chagrins, les lectures… Ils écrivent à quatre mains un roman, Le Pays de Verre, qui évolue au gré de leurs délires mutuels. Les années passent et si pour Emily cette relation évolue vers un sentiment amoureux, Carl lui se détache peu à peu de cette complicité étouffante et lui révèle son homosexualité. Évidemment, tous les joyeux drilles de son collège huppé qui, Dieu merci (parce que ce sont des hommes des vrais, qui boivent de la bière et lisent des magazines avec des filles à forte poitrine) sont hétérosexuels, lui font subir harcèlements et brimades.

Quasiment tous les romans étiquetés « jeunes adultes » abordant ce sujet décrivent la peur que l’on éprouve à se découvrir « différent » des autres. Quelle sera la réaction de la famille, des amis ? Comment vivre ses premiers sentiments amoureux ? Kiss évoque tout cela bien sûr, avec une mention spéciale pour le personnage de Miranda, ado complètement déjantée et plus complexe qu’il n’y paraît.