Archives de Tag: Horreur

Colorado train

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Colorado train

de Thibault Vermot

chez Sarbacane

 » Ils approchent… eh, eh…!voici des bruits de pas.

Ils longent les quais solitaires, par groupes de trois, quatre, ils rient ; ou bien ils sont seuls, et c’est la nuit- je les préfère enfants, la chair élastique.

Moi, je me coule dans l’ombre d’un wagon, dans l’ombre grise… j’aiguise mes ongles et j’affûte mon sourire, mille lames plus coupantes qu’un méchant soleil.

Patience… !

Patience, ma bouche hérissée, râteau d’épouvantail. Patience, mon ventre à la tripe creuse et racornie !

Ils viennent… ils ne se méfient pas ! La main du gosse sort de sa poche pour y fourrer le jouet qui traîne sur le quai…

Et je viens preste comme un ressort. « 

Dans l’ombre des Rocheuses, il y a Durango, petite ville américaine typique qui savoure la sérénité de l’après guerre. Pourtant il y a quelques années un crime sordide a soudé la communauté dans le même effroi : le meurtre d’une petite fille, éventrée.

Le père de Suzy, policier, ne s’en s’est pas remis et se soûle de violence en détruisant sa femme et sa fille.

Heureusement Suzy n’est pas seule : il y a Don, George, Durham, Michael et Calvin son frère.

Malgré leur jeune age, ils ont chacun connu le rejet, la souffrance.

En marge de leur propre famille ils ont créé un cocon protecteur, la cabane qu’ils ont aménagée, dans laquelle ils peuvent redevenir des enfants loin de ces adultes peu fiables.

Mais un jour, Moe, un de leur condisciple, disparaît.

Toutes les hypothèses convergent vers un scénario plausible et surtout rassurant : la fugue.

Jusqu’à ce qu’on retrouve le corps de l’adolescent en partie dévoré.

Et le constat est sans appel c’est bien une mâchoire humaine qui a dépecé Moe …

Le groupe happé par ce fait-divers, à la fois terrifié et fasciné, va se lancer dans une enquête qui va le mener aux frontières de l’horreur et de la mort.

Un très, très bon roman effrayant et terriblement efficace.

J’ai adoré !

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Sanglant hiver

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Sanglant hiver

de Hildur Knutsdottir chez Thierry Magnier

Oui c’est vrai, Bergljot est en colère. Ses parents Thorbergur et Sigrun avaient prévu un week-end en amoureux, elle allait passer une soirée d’enfer avec ses copines et le beau Grimur.

Mais un imprévu professionnel oblige sa mère à annuler ce beau projet et l’adolescente qui se voyait déjà dans les bras du beau gosse se retrouve en route pour le chalet familial avec père et frère.

L’enthousiasme n’est pas de mise surtout que la maison est isolée et que des chutes de neige sont annoncées.

Alors que tout ce petit monde est installé, Thorbergur essaie de joindre sa femme et Bergljot ses copines : il faut bientôt se rendre a l’évidence, il y a soit un problème de réseau téléphonique , soit une mortalité massive et imprévisible.

Et si on allait tous jouer au foot sur le terrain à cote du camping , quelle est bonne l’idée !!! on ferait comme si on était Mbappé !!!

C’est sympa, il y a déjà quelques familles, ah mais comme c’est embêtant (et dégoûtant) ils commencent tous à vomir et à tomber comme des quilles dans la neige, MORTS.

Rhinite allergique peut-être ?!

Thorbergur passe en mode survie, voiture, nourriture, enfants et décide de s’éloigner de ces miasmes suspects.

MAIS

«  Ils avaient tous disparus. Tout ceux qui s’étaient trouvés là au moment où Bragi et Thorbergur avaient pris leur jambe à leur cou. Mais par terre, on distinguait leurs restes. Ça et là étaient dispersés des lambeaux de chair dans la neige, comme si tous ces corps étaient passés dans un broyeur. Sans voix, Bragi observa le champ de bataille. Lorsque ses yeux tombèrent sur un bras, en bordure du terrain, abandonné là comme si quelqu’un l’avait balancé, il porta la main à sa bouche et se retourna. « 

………. un citrate de bétaïne peut-être ?!

Ça va bien sur de mal en pis, tout le monde se fait boulotter, c’est affreux, c’est amusant et tellement délassant … Miam

Pour un œil de poupée

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Pour un œil de poupée

de Marina Cohen

aux Éditions Thierry Magnier

« Elle aurait dû aimer cette maison. En tomber follement amoureuse. De la même façon que Maman, Ed et Isaac. Sauf qu’il régnait ici une atmosphère étrange. Il y avait une lourdeur, qui semblait peser sur elle. Et malgré la chaleur d’août, l’air y était froid et moite, comme dans un tombeau descellé depuis des années. Elle déposa le carton à ses pieds, tourna les talons et s’empressa de retourner dehors. »

Hadley est un peu perdue : elle qui a longtemps vécu seule avec sa mère doit maintenant la partager avec son nouveau mari Ed et le fils de celui-ci, Isaac.

Certes la maison est magnifique et ils ont pu l’acquérir pour une bouchée de pain, mais Hadley a de la peine à s’adapter à cette nouvelle vie.

Et puis elle a rapidement l’impression de ne pas être seule dans la maison, il y a des bruits étranges, une silhouette entrevue, rien d’inquiétant pour le moment.

Au hasard de ses déambulations, Hadley découvre une magnifique maison de poupées dans le grenier. Elle est la réplique exacte de leur maison et est « habitée » par une famille de marionnettes  : le père, la mère et leur petite fille. Il y a même le garage avec la pièce au-dessus et sa pensionnaire, une poupée aux cheveux blancs, qui pourrait être la grand mère de cette curieuse famille .

L’adolescente est fascinée par cet univers miniature : à qui appartenait cette maison de poupées, et les marionnettes, sont-elles de simples objets de bois ou les reflets d’une famille de chair et de sang ?

Peu à peu l’angoisse s’installe…

Il y a une leçon à tirer de ce roman  : ne jamais se fier à un agent immobilier qui vous vend pour 100 000 euros une maison de 250 m² habitable au milieu d’un parc avec une piscine. Il ne faut pas rêver, il y a un problème : termites ? ou…

Posez deux questions :

1- Pourquoi les heureux propriétaires de cette belle demeure la vendent-ils à ce prix dérisoire ?

2- Sont-ils encore vivants ?

La fin est flippante !

La cave

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La cave

de Natasha Preston

chez Hachette

 » Je me suis effondrée sur la dernière marche en me cramponnant au mur pour ne pas tomber. La porte s’est refermée avec un claquement qui m’a fait frissonner. J’étais prise au piège. J’ai laissé échapper un cri de surprise et j’ai bondi contre le mur en voyant trois jeunes femmes accourir au bas de l’escalier. L’une d’elles, une jolie brune qui me faisait penser à ma mère quand elle avait une vingtaine d’années, m’a adressé un sourire chaleureux et triste à la fois en me tendant la main :

– Viens, Lilas. « 

Depuis le petit chaperon rouge, les filles savent bien que les prédateurs les guettent dans les bois sombres.

Summer, malgré les mises en garde de son petit ami Lewis décide de se rendre seule au concert prévu pour fêter la fin de l’année scolaire . Elle croise le loup en la personne d’un homme ordinaire, très ordinaire Colin Brown. Il travaille dans un cabinet d’avocats, a une tête de premier de la classe mais a eu de gros problèmes avec maman.

Après la mort de sa marâtre il a développé une représentation toute personnelle du paradis sur terre :

sa cave !!!

Aménagée comme un décor pour bonne ménagère, il y séquestre des jeunes femmes enlevées au gré de ses pulsions. Elle sont censées représenter la famille parfaite, plus exactement son fantasme de la famille parfaite : de jolies jeunes femmes soumises qui lui préparent ses repas, briquent compulsivement ce semblant d’appartement et subissent ses assauts répétés entre deux lectures et trois séances de tricot.

Les chapitres sont partages entre les différents protagonistes, Summer la victime, Trèfle (eh oui c’est le pseudo de ce pauvre Colin ) et Lewis le petit ami de Summer qui la recherche éperdument tout au long du livre.

J’ai trouvé ce roman tout à la fois passionnant et lassant.

Toute la partie Trèfle, Trèfle et Summer, Trèfle et ses victimes est passionnante : La façon dont il les dépouille peu à peu de leur identité en les rebaptisant Rose, Iris, Lilas, Violette, la soumission par la peur et l’instinct de survie, cette ambivalence dans le personnage de Rose . C’est totalement glaçant.

Et il y a la partie Summer, Summer et ses réminiscences amoureuses, Summer et Lewis qui par contraste semble mièvre et convenue.

La fin va heureusement plus loin que le happy-end habituel .

King’s game

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King’s game

de Nobuaki Kanazawa

aux éditions Lumen

T1-T2T-3T’T-5 ……..

 » Nobuaki s’était couché plus tôt que d’habitude. Il dormait déjà à poings fermés quand son portable bipa. Un message. Il se redressa sur son lit, encore tout ensommeillé, et passa une main lasse dans ses cheveux ébouriffés.

– Quel est le crétin qui m’envoie un texto à une heure pareille ? grommela-t-il.

Lun.19/10, 00/00. Expéditeur : Roi. Titre : jeu du roi.

Message : Toute votre classe participe à un jeu du roi. Les ordres du roi sont absolus et doivent être exécutés sous 24h.

Aucun abandon ne sera toléré.

Ordre n°1 : Élève n°4, Hirofumi Inoue, élève n°19, Minako Nakao.

Hirofumi et Minako doivent s’embrasser. END « 

Ce type de jeu étant assez fréquent, les deux sus-nommés obtempèrent dans la joie et la bonne humeur.

Et un nouveau message valide le baiser.

« Lun. 19/10, 08:25. Expéditeur : Roi. Titre : Jeu du roi.

Message : l’ordre a bien été exécuté. END. »

L’envoi suivant, qui démontre bien que le roi inconnu est un gros pervers,  ordonne à

Hideki de lécher les pieds de Yuko.

C’est au-delà du berk mais contre toute attente les impétrants s’exécutent.

Mais quand Hideki doit toucher la poitrine de Satomi, leur manque d’enthousiasme commun se traduit par un refus franc et massif.

La réaction est  un tantinet exagérée

« Mer. 21/10, 23:59. Expéditeur : Roi : Titre : Jeu du roi.

Message : Élève n°18, Hideki Toyoda, élève n°3, Satomi Ishii.

Condamnés à la mort par pendaison pour avoir failli à exécuter les ordres du roi. END. »

Pardon ? Plait-il ? Mi scussi ? Is it a joke, gros mytho ?

Point du tout car les deux pauvres choupinets qui ont refusé toute palpation se retrouvent proprement garrottés.

A partir de là, l’appétit du monarque ne connaît plus de limites, ses demandes deviennent de plus en plus glauques et les pauvres lycéens tenant farouchement à la vie sont prêts a danser comme des marionnettes.

Le héros cherche tout à la fois à sauver sa petite amie, ses potes et à trouver l’odieux personnage qui décime les élèves de seconde B.

Autant vous dire que c’est la foire au gras : tripes à tous les étages. Tellement gore, avec des kilomètres d’intestins, des litres de sang, des bubons qui éclatent, des têtes, des bras, des jambes qui tombent plif et plouf qu’on hésite entre dégoût et grosse rigolade.

 » Mitchiko ne cessait de hurler et de se débattre comme une folle. Sa peau s’était à présent tout à fait détachée : ses tendons et ses muscles s’offraient au regard.

-Kazunari… Aide-moi…

La lèvre inférieure de Mitchiko se décolla tout a coup et s’embobina sur elle-même, emportant avec elle les tissus cutanés du menton et du cou jusqu’à sa poitrine…  »

Bon, j’arrête la, après c’est de la gourmandise.

Il y a également des torrents de larmes, des serments à n’en plus finir, des sacrifices à tour de bras:  je vais mourir pour toi!  non  c’est moi! non moi parce que j’avais eu l’idée la première!  etc, etc .

C’est un mélange de film d’horreur, de pseudo analyse sociologique, de grandes envolées lyriques

qui lassent un peu à la fin.

Très très très curieux  je n’ai pas aimé du tout mais je me souviens que dans un post précédent Profiteroles avait aimé et le roman et le manga .Comme quoi !!!

Le monstrologue

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Le monstrologue

de Rick Yancey

chez Laffont

Will Henri, le narrateur, a 12 ans . Il a été recueilli par le Dr Pellinore Warthrop.

Le docteur Warthrop est un scientifique reconnu et estimé dans un cercle d’initiés très retreint grâce à ses talents dans une sombre discipline la monstrologie.

Il était idolâtré par le père de Will Henri , son très zélé serviteur. Celui ci est mort avec sa femme, sous les yeux de leur fils, dans des conditions effroyables.

Will Henri est un survivant et il est devenu à son tour l’aide de Warthrop.

De curieux liens se sont créés entre le scientifique et l’enfant. Will Henri est malmené, traité parfois comme un domestique, parfois comme un assistant indispensable et sans jamais prendre en compte son jeune âge Warthrop le fait assister à toutes ces « études scientifiques ».

Ce qui inclus exploration de tombes, dissections de cadavres et ….. meurtres !!!

Car il se passe de drôles de choses dans la maison d’Harrington Lane.

«   Sur la table était étendue une jeune fille, son corps partiellement caché par la forme nue enroulée autour d’elle. Une jambe massive s’étalait en travers de son torse, un bras sur sa poitrine. Sa robe blanche d’enterrement était souillée de l’ocre distinctif du sang séché, dont la source était évidente : il lui manquait la moitié du visage, et en dessous, je voyais les os à nu de son cou. Avec effarement, je songeai que son corps semblait avoir été taillé à la hache. »

Les cadavres s’empilent, des ombres cauchemardesques hantent la ville.

Oula ! Âmes sensibles s’abstenir ! Lu d’une traite tant ce roman est inventif, avec un rythme frénétique, et des personnages particulièrement immondes  : voir l’onctueux Dr Starr le directeur du sanatorium de Motley Hill d’où les pensionnaires disparaissent régulièrement dans l’indifférence générale ou encore l’infâme Dr Kearns qui passe vraiment les bornes de la cruauté et du cynisme !

J’ai adoré.

Ma famille normale contre les zombies

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Ma famille normale contre les zombies

de Villeminot et Autret

chez Nathan

Enfin, une famille bien représentative de notre bon peuple gaulois, « de souche » bien entendu.

Il y a l’homme, le patriarche, celui qui tient la maisonnée : VanZan, 41 ans, 110kg de force tranquille et de sagesse. (Bon, il a un petit problème, rien d’inquiétant d’ailleurs et qui n’enlève rien à son rôle naturel de chef : il se métamorphose quelquefois en ours des cocotiers ou Helarctos malayanus).

La mère Jul ou Jule ou Jul’, dite aussi la Petite Personne, 40 ans, prof d’histoire-géo charmante, adepte du jardinage et sensible à la beauté de toutes choses.

Et leur ribambelle d’enfants :

  • La narratrice MadoLoup, 16 ans
  • Son frère aîné TheoPaïle, 18 ans
  • La sœur cadette Sarouchka, 13 ans
  • Et la petite dernière, Louve, 5 ans

On le voit, la seule originalité de cette belle famille réside peut-être dans la saine mais discrète émulation qui a présidée au choix des prénoms de leurs enfants.

Enfin les vacances ! Tout ce petit monde s’entasse dans le mini-bus et part en chantant des chansons paillardes voire obscènes (que je ne peux donc pas retranscrire!) en direction de la Bretagne, où les attendent les grands-parents maternels.

La mer, le soleil, coquillages et crustacés, sur la plage abandonnée la, la, les goélands la,la,la le bruit du ressac la, la, la.

Tiens, curieux les goélands cette année :

« Deux goélands essaient de briser le pare-brise à coups de bec. Mon père tente de les éloigner à coup de lave-vitre. Mon père tente de les éloigner à coups d’essuie-glaces.

Mon père dit : – Saleté de rongeurs !

Mon père dit : – Tu crois qu’ils ont bouffé des champignons mexicains, Josiane (dite aussi Jul, Jule ou Jul’)?

Mon père dit : – Ou alors, ce sont des galettes bretonnes…

Ma mère ne répond rien. Elle a l’air d’avoir hâte d’arriver. »

Car la mère, fine mouche, a compris qu’il se passait quelque chose. Et de fait, après avoir roulé avec le mini-bus sur quelques corps abandonnés sur la chaussée (et en voie de dépeçage par des goélands enragés), il faut se rendre à l’évidence : il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Bretagne.

Comble de contrariété, Louve se fait grignoter par un de ces odieux volatile.

 » La Petite Personne dit, d’une voix blanche : – Où est Louve ?

Mon frère dit : – Elle dort dans sa chambre. Elle a été attaquée par un de ces killa’asshol’seagulls sur la plage ce matin. Elle a une plaie a la tête.

La Petite Personne (qui a blêmi) dit : – Mon bébé ! Et où sont maman et papa ?

Mon frère dit : – Mamie est allée chercher une infirmière, juste après l’attaque. Papi est allé s’acheter Le Monde une demie-heure plus tard. Ce matin, avant l’apéritif.

Il regarde sa montre, et ajoute : – Sans vouloir me montrer alarmiste, ils auraient sans doute dû revenir depuis plusieurs heures. »

Il faut se rendre à l’évidence, la famille est décimée : Bon-papa et Bonne-maman sont perdus pour la France, Louve tente de boulotter MadoLoup et la charmante longère bretonne se transforme en Fort-Alamo.

VanZan saute dans le bus, tente une sortie et écrabouille les ancêtres. Ah c’est coquin !

J’AI ADORÉ ce bouquin et joie, bonheur, exultation il y a même une suite à cette hécatombe qui s’appelle « Ma famille normale chez les yétis »!