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« Souvenirs de ma nouvelle vie »

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L’idée de départ est très attrayante et je me suis jetée dans le roman avec enthousiasme :

413hATTCXXL._SX344_BO1,204,203,200_(Marie Colot : Souvenirs de ma nouvelle vie , ‘Alice « Deuzio », 2013)

Charlie vient d’emménager – à son corps défendant – au rez-de-chaussée du plus grand immeuble de Bruxelles et n’a pas le droit de sortir de tout l’été…

Pourquoi tout cela ?

Marie COLOT sait ménager le suspense et l’intrigue se dévoile chapitre après chapitre.

En attendant, Charlie cherche comment occuper son temps :

« Je tournais à nouveau en rond. Cela ne m’aidait pas à noyer mon chagrin. Si j’avais été quelqu’un d’autre, j’aurais détesté être à ma place. J’ai sorti mon inséparable appareil numérique Powershot SX370HS. J’allais immortaliser les premiers instants dans le nouvel appartement. Histoire de garder les bonnes habitudes qui permettent de se sentir bien quand la vie est plutôt déprimante. C’est ce qu’ils voulaient dire à mes parents, les gens qui leur tapotaient l’épaule, avec une mine faussement triste, et qui leur glissaient :

  • il faut vous accrocher.

J’ai quitté mon poste d’observation pour trouver un bon angle de vue. Je voulais prendre, pour une fois, un panorama.

(…) J’ai cadré de façon à positionner Charlie au centre du paysage, entre un arbre et un vélo accroché à un poteau. Clic. C’est précisément à la seconde où une troisième goutte perlait sur mon front que j’ai eu cette idée fabuleuse qui a transformé mon existence  désespérante en feuilleton passionnant. Comme quoi, il suffit de pas grand chose. Puisque j’étais forcée de rester à l’intérieur, j’allais partir en expédition dans l’immeuble. Il est gigantesque : j’aurais eu tort de ne pas en profiter. Je monterai à chaque étage, je rencontrerai chaque personne et je me baladerai dans chaque appartement. Je pourrais ainsi découvrir la vue que les voisins ont de leur fenêtre. Et ça compenserait la déception du rez-de-chaussée.

J’ai calculé, évidemment : il y avait deux ailes réparties sur vingt-quatre étages composés de quatre logements. Ça équivalait à cent quatre-vingt-douze. A raison de deux occupants en moyenne par habitation, si je ne comptais pas les chiens, les chats et les poissons rouges, j’obtenais un total de trois cent quatre-vingt-quatre. Impressionnant. J’allais me faire beaucoup d’amis. Et connaître plein de secrets.

(…) Une idée, c’est comme une locomotive : elle entraîne avec elle toutes les autres. Grâce à celle que j’avais eue, mes pensées allaient à un train d’enfer. Avant de m’endormir, j’avais décidé encore deux choses. Lors de chaque visite, je volerais un objet – ne me prenez pas pour une cleptomane, c’était juste une stratégie pour conserver un souvenir de mon passage, comme certains achètent des cartes postales en vacances. Et, en plus, je ferai des statistiques. Je dessinerai un tableau dans mon carnet où j’indiquerais si le voisin m’avait prise pour une fille, un garçon ou était resté indécis. « 

Petit à petit se dessine l’histoire et surgissent les rencontres, on comprend mieux les raisons de tout cela.  Le livre est bien écrit, tendre et drôle à la fois, et se lit facilement.

Toutefois, au fur et à mesure que progresse le récit, on a l’impression d’un patchwork d’idées « originales », sauf qu’on les a déjà lues dans d’autres romans ados…  et que l’auteur n’en développe véritablement aucune. C’est sympathique, mais on reste sur sa faim.

Reste l’idée géniale de Charlie qui prouve, s’il en est besoin, qu’à toute situation apparemment bloquée, on peut trouver en soi une solution positive et libératrice.

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L’île Louvre

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Que vos souvenirs de visite au Louvre datent de l’école élémentaire où vous vous y rendîtes en voyage scolaire ou bien des dernières vacances, vous allez certainement vous retrouver sur la double page de l’album de Florent Chavouet, pour peu que vous preniez le temps de d’observer la foule qui se presse sous la pyramide de verre…

Passé ce moment récréatif et tellement réaliste, suivez le guide pour une visite originale et humoristique du Musée du Louvre.

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Florent CHAVOUET,  que nous connaissions plutôt pour ses carnets du Japon, s’est fait accréditer en 2015 afin de pouvoir visiter le Louvre de fond en comble et réaliser cette BD ; il a croqué sur le vif personnel du musée (cf. par exemple la petite galerie des différents types de gardiens), visiteurs divers, des simples touristes aux artistes en mal de copies, scolaires etc., et la plupart des salles, celles qu’on visite comme celles interdites au public.

Peu de texte, mais délicieusement caustique, sur des aquarelles pleine page, précises et quasi inter-actives.

Mais Florent Chavouet s’amuse aussi et, bien que Paris se prépare à une hypothétique crue centennale, ne le prenez pas au mot (ici plutôt à l’image), on n’enfile pas un gilet de sauvetage en entrant et l’on ne peut encore bronzer sur la « plage Denon » tandis que le personnel en pause taquinerait le poisson.

Une agréable et intéressante bande dessinée parue aux éditions Futuropolis en fin d’année dernière.

La renarde

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Cette bande dessinée de Marine Blandin et Sébastien Chrisostome met en scène une renarde cruelle, rusée, fourbe…et très drôle ! Il ne faut pas se fier au dessin tout en rondeurs qui peut évoquer les histoires animalières pour les enfants… l’humour est noir et décapant !

La renarde croise le chemin de nombreux personnages : un chasseur/fermier au bout du rouleau devant l’incompétence et la stupidité de Georges son chien censé garder les poules en sécurité, une lapine dépressive aux yeux injectés de sang qui essaie tant bien que mal de garder ses petits lapins loin de la renarde, Kévin un énorme cheval rappeur qui hésite entre la liberté et la sécurité de son enclos avec nourriture assurée, un âne très énervé, des puces affamées, un loup à trois pattes miteux…

La renarde se joue de tous ces personnages avec perversité et imagination…pour le plus grand plaisir du lecteur !

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Peine de substitution

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Merci (oui ! c’est bien son prénom) Zylberajch a tagué la façade de son professeur de maths et jeté son cahier dans une poubelle où elle a mis le feu.
« Elle », enfin, elles étaient trois… Mais lorsque Merci se retrouve au commissariat, elle ne dénonce pas ses copines. C’est donc elle seule qui est présentée au juge des enfants une semaine plus tard.

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« Bredenne, dans la Marne. 9974 habitants et presque autant d’âmes. On parie combien que vous ne connaissez pas ? Faut dire aussi : entre Disneyland Paris et Bredenne, le choix est vite fait. Un peu trop vite peut-être… Merci Zylberajch, bientôt 16 ans et gothique jusqu’au bout des ongles, a commis des actes répréhensibles, comme on dit. Elle n’était pas seule, mais elle a décidé de porter le chapeau. Ses actes n’en méritent pas moins une sanction, d’autant qu’elle n’en est pas à son coup d’essai. Encore faut-il décider quelle sanction !

C’est pour cela que l’État français paie Sébastien Pirlot, juge des enfants. Un juge un peu… olé olé, si vous voulez mon avis. Pirlot ignore encore qu’en condamnant Merci à une peine de substitution, il va offrir à de nombreuses personnes… une joie de substitution. » (cf. Présentation éditeur)

Sur un scénario de ZIDROU, des dessins & couleurs d’Arno MONIN : « Merci » a paru chez GrandAngle fin 2014.

Le juge Pirlot prend le temps de discuter avec Merci et au fil de la conversation décide que celle-ci effectuera une peine de substitution de cent cinquante heures au sein du conseil municipal de sa commune qu’elle a copieusement critiqué au cours de l’entretien :

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Les réactions ne sont pas unanimes, certains ne sont même pas ravis, ravis et Merci va rapidement tourner en rond dans le bureau où elle est sensée réfléchir à un projet en direction des adolescents.

« Ce n’est pas en assistant à des réunions et en restant dans un bureau que l’on fait de la politique »

assène-t-elle à l’une des adjointes en décidant de sortir en ville.

En quatre chapitres, Zidrou et Monin ont réalisé une BD qu’on lit jusqu’au bout avec plaisir, désireux de constater que la peine aura, finalement, été gratifiante pour tous. Un peu d’optimisme ne fait pas de mal dans ce monde de brutes 🙂 D’autant que même la poésie fait irruption dans l’album !

« I comb Jesus »

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« I comb Jesus et autres reportages africains » de Jean-Philippe STASSEN est paru en début d’année 2015 chez Futuropolis.

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« De juillet 2007 à septembre 2013, Jean-Philippe Stassen a réalisé cinq reportages, pour XXI et la Revue dessinée, regroupés et présentés dans I comb Jesus (« Je peigne Jesus »). Ces reportages ont été effectués au Rwanda, au Congo, en Belgique, en Espagne, au Maroc, en France et en Afrique du Sud. Dans tous ces reportages, Jean-Philippe Stassen écoute et dialogue avec d’anciens enfants-soldats de la région du Kivu, des rescapés du génocide rwandais, des Congolais, des Burundais et des Rwandais de Bruxelles, des migrants à Gibraltar ou encore, à Johannesburg, avec le peintre et dessinateur sud-africain Anton Kannemeyer. Ils disent l’exil, la guerre et la misère, mais aussi l’amour, la tendresse, l’ambition, l’ennui. La vie. Jean-Philippe Stassen ne prétend pas à l’objectivité, il n’hésite pas à donner son point de vue, à dire son énervement : « C’est sans doute mon pacifisme primaire qui fait que je me suis toujours méfié de la guerre. » Mais il le fait sans fard, sans ostentation, sans posture. Il ne se prend pas non plus pour Tintin. Hergé, écrit-il, « plaquait les clichés de son époque sur un pays qu’il n’avait jamais visité. » Lui réfute d’emblée les clichés pour raconter les pays qu’il connaît, notamment ceux de l’Afrique des Grands Lacs. Avec un sens aigu de l’observation, une écriture simple et magnifique et un dessin d’une subtile et fine acuité. De tous les journalistes-dessinateurs ou documentaristes en bande dessinée, Jean-Philippe Stassen est certainement l’un des plus singuliers… » (cf. Présentation éditeur)

A la lecture de ce recueil de reportages en bande dessinée, on comprend que le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 a bouleversé la vie de Stassen, et sa manière de travailler aussi.

Il s’est ensuite rendu un peu partout, rencontrer toutes sortes de gens, discuter avec eux et surtout les écouter parler de leurs vies (c’est à dessein que je mets le pluriel, car pour nombre d’entre eux, les événements, tragiques ou pas, leur ont donné comme une seconde vie) et essayer de comprendre. Les comprendre, mais aussi comprendre ce qui s’est passé, pourquoi, comment… et appréhender ce qui se passe actuellement dans ces pays.

Après être allé sur le terrain,  il continue à se documenter, recoupe les informations et met en forme, comme ferait un journaliste, sauf qu’avec Jean-Philippe Stassen, la forme c’est la bande dessinée, ce qui est encore plus agréable à lire.

La réalité de l’histoire et de la politique de ces pays d’Afrique, anciennes colonies des uns et des autres, est difficile à saisir, surtout vues d’Europe, mais disons que la lecture de Stassen aide à démêler un peu l’écheveau…

Paparazzo, paparazzi…

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Qui ne connait le terme « paparazzi » ?

Mais savez-vous qui était Paparazzo ? Et d’où vient son nom ?

Les amateurs du « septième art » vous le diront : Paparazzo apparaît en 1960 dans « La Dolce Vita  » de Federico Fellini , c’est un jeune photographe prêt à tout pour son journal à sensations, qui tourne autour des stars comme un moustique attiré par la lumière…

De fait, son nom a été forgé à partir de « pappataci » (petits moustiques) et « ragazzi » (jeunes hommes), d’après Giulietta Masina, l’épouse de Fellini.

« Espèce de bouffon ! »,

« Je suis chocolat »,

« Quel Charlot ! »

« C’est vous les Branquignols… »

D’où viennent ces autres expressions passées dans le langage courant ? Quels personnages les incarnaient ? Vous le saurez en lisant l’amusant livre de Bénédicte Rivière , illustré par Gérard Dubois : « Arlequin, Charlot, Guignol & cie« , édité en 2013 par Actes Sud junior :

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« Descendus de la scène des théâtres, échappés des contes populaires ou des écrans de cinéma, les personnages qu’elles [ces drôles d’expressions] évoquent ont tant marqué les esprits que leur nom ou leur surnom est passé dans le langage commun ! D’Arlequin à Charlot, de Pimbêche à Don Juan en passant par Riquiqui, voici une galerie de portraits cocasses qui est aussi une incursion insolite dans l’histoire de la langue française. » (cf. Présentation quatrième de couverture)

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Savoir-vivre ou mourir

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Vous rêvez de devenir une femme du monde ? Mais vous avez peur de commettre un impair qui pourrait ternir votre réputation ? Ce livre est pour vous ! Catherine Meurisse, auteur à Charlie Hebdo et de l’hilarant Moderne Olympia, a fait un stage à l’académie du savoir-vivre de la baronne Nadine de Rothschild. Catherine Meurisse précise en préambule qu’elle n’a rien inventé, même les règles qui paraissent complètement dingues pour le commun des mortels !

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Les leçons sont regroupées en chapitre comme Les mots à bannir, Se vêtir ou encore Le savoir vivre à table. La fourrure se porte à partir de l’après-midi, on ne se parfume pas pour une partie de chasse, ou encore pas de diamants avant 17h : voici le genre de préceptes qui peuvent vous sauver la vie.

En effet : « A chaque moments de la vie, nous devons nous soumettre à un code de conduite, avec ses signalisations particulières, ses feux verts, ses feux rouges, ses stops et ses dangers…si nous ne le respectons pas , nous risquons des accidents qui peuvent nous coûter la vie. » D’où le titre du livre : Savoir vivre…ou mourir !

Un livre hilarant, que je recommande fortement à tous ceux qui osent manger des moules sans pince à moules !

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