Archives de Tag: Japon

Carnet de voyage

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Il vous reste quelques jours de vacances pour

  • apprécier ce carnet de voyage
  • vous dépayser
  • sortir vos crayons de couleur ou votre boîte d’aquarelle
  • simplement rêver… avec :

« Manabé Shima » de Florent CHAVOUET

(édité par Philippe Picquier en 2010)

« Le Japon est tellement une île qu’il est un archipel.
Dans le catalogue japonais, on trouve des îles industrielles, des îles artificielles, des îles sacrées, des îles musées, des îles formol, des îles atoll, des îles balnéaires, des îles bleu-vert, des îles sauvages, des îles sans âge, des îles connues, Shikoku, et mêmes des îles où l’on pêche et l’on boit.
Parmi ces miettes de terre, il y a Manabé Shima, une île dont on parle peu, mais où poussent très bien les poissons.

Ça tombe bien, je n’ai rien prévu cet été.

Un inventaire exhaustif et désopilant sur Manabé Shima, l’île aux soixante crabes et à peine plus d’habitants, par l’auteur de Tokyo Sanpo. » (cf. présentation éditeur)

Evidemment cet été-là, c’était il y a dix ans mais peut-être que Manabé Shima n’a pas beaucoup changé ?

Et puis qu’importe puisque cet été, vous ne pouvez pas aller vérifier sur place.

Alors installez-vous bien parce qu’en plus du livre, vous devrez étaler une superbe « carte » de l’île d’un mètre quarante sur un mètre (la carte, pas l’île…) pour vous immerger totalement. Et pas obligé de vous servir un shòchù, un thé matcha glacé vous laissera les idées claires !

Et gageons que lorsque vous aurez admiré les paysages, les architectures, la flore et la faune locales superbement croqués par Florent Chavouet, vous aurez envie de prendre un carnet et de rendre vos vacances françaises 2020, peut-être même simplement votre quartier si vous n’en avez pas bougé – la faute au covid19 – aussi attractives ?

A vos pinceaux !

 

Nous étions les ennemis

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« Alors que les familles des États-Unis s’apprêtent à fêter Noël, une terrible nouvelle tombe à la radio : l’attaque surprise du Japon à Pearl Harbor. Le lendemain, le 8 décembre, l’Amérique entre dans la Seconde Guerre mondiale.
Rapidement, le président Roosevelt signe un décret accordant aux commandants militaires le pouvoir d’arrêter et d’incarcérer « certaines personnes, voire toutes d’origine japonaise », craignant la présence d’un ennemi de l’intérieur. La famille de George est américano-japonaise. Si sa mère est née aux États-Unis, son père, lui, n’a pas pu obtenir la citoyenneté alors qu’il vivait dans le pays depuis cinquante ans.

George Takei, âgé de 4 ans suit alors sa famille pour le Fort Rohwer, l’un des dix camps d’internement établis par ordre du président. Nous étions les ennemis permet de mieux comprendre le parcours de cet acteur de la série originale Star Trek. Il associe l’esprit d’aventure de son personnage de fiction à l’histoire de ses parents qui se demandaient comment survivre et prospérer dans un pays où ils étaient littéralement qualifiés d’extraterrestres. » (Présentation éditeur)

Serialblogueuses a déjà abordé ce sujet surréaliste des camps d’internement des Japonais aux Etats-Unis en 1941, pas à l’honneur des Américains qui n’ont offert leurs « excuses » qu’en 1988 avant de « dédommager » les survivants (il n’en restait plus que la moitié) en 1991, tout en reconnaissant qu’aucune somme (en l’occurrence 20 000 dollars) ne pourrait compenser les années perdues.

[N’oublions cependant pas qu’en 1940, la France elle-même interna des Juifs dont certains étaient arrivés des pays de l’Est avant la guerre de 1914 et avaient combattu dans l’armée française, des Allemands et des Autrichiens anti-nazis, des Républicains espagnols réfugiés sans oublier les Tsiganes, et les livra aux nazis…]

George TAKEI raconte dans « Nous étions les ennemis » (roman graphique édité par Futuropolis en 2020, avec la collaboration de Steve Scott et Justin Eisinger, et illustré par Harmony BECKER) ce très douloureux épisode de son enfance qui le hantera toute sa vie et en fit un actif défenseur de justice sociale.

Président des affaires culturelles du Musée national américain japonais à Los Angeles, il fut décoré par le Japon.

Mais il reste plus célèbre dans le monde pour son rôle d’Hikaru Sulu, le capitaine du vaisseau spatial Enterprise dans la série télévisée Star Trek.

Il est également connu pour sa défense des droits des LGBTQ.

Les pommes miracle : l’histoire vraie d’un paysan en quête de naturel

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Les pommes miracle : l’histoire vraie d’un paysan en quête de naturel / Takuji ISHIKAWA, Tsutomu FUJIKAWA / Éditions Akata

1 volume au total

Bien qu’il ait grandi dans une ferme, Akinori Kimura ne se prédestinait pas à devenir agriculteur. Mais suite à son mariage, il finira par reprendre l’exploitation de son beau-père. Filant alors de beaux jours à la campagne, son quotidien va pourtant être bouleversé quand il découvre, avec horreur, que son épouse est allergique aux pesticides qu’il utilise pour la culture de ses pommiers. D’abord par amour, puis par conviction, Akinori Kimura va se transformer en paysan visionnaire et changer totalement sa façon de concevoir son métier et son rapport à la nature. Pendant plus de dix ans, contre vents et marées et le scepticisme des autres producteurs, Akinori Kimura va entreprendre des recherches et des expérimentations pour pouvoir enfin cultiver des pommes… sans pesticide, d’une manière saine et naturelle !

La révolution d’un seul brin de paille est un essai dont le thème principal est l’agriculture naturelle. Il a été écrit en 1975 par le japonais Masanobu Fukuoka, inventeur de ce type d’agriculture, et demeure encore aujourd’hui pour de nombreux agriculteurs, paysans et jardiniers un ouvrage de référence.

C’est dans ce contexte de la fin des années 70, en plein essor de l’agriculture ultra-mécanisée et intensive, que travaille Akinoiri Kimura, peut-être le premier producteur de pommes Bio au monde…

Après des dizaines d’années de labeur, cet agriculteur unique réussit, dès la fin des années 80, à atteindre son objectif : cultiver et commercialiser des pommes sans pesticides.
Plus de vingt ans après le miracle qu’il a réalisé, sa réputation a dépassé les frontières du Japon, et il est devenu l’une des références internationales de l’agriculture naturelle, bio. La vie d’Akinori Kimura, paysan du futur, a été déclinée en livre, au cinéma et en manga.

« Eclats d’âme »

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« « Deux jours avant les vacances d’été, je crois que… je suis mort ». C’est ce qu’a pensé Tasuku le jour où un de ses camarades de classe lui a piqué son smartphone, alors qu’il était en train de regarder une vidéo gay dessus. La rumeur s’est répandue comme une trainée de poudre. Tasuku, pense alors à se suicider, ne pouvant supporter cette réalité dont il n’avait pas encore complètement conscience lui-même, mais aussi par peur du regard de la société. Pourtant, alors qu’il s’apprête à sauter dans le vide, il aperçoit, au loin, une mystérieuse silhouette de jeune femme qui le devance et… saute dans le vide ?! Intrigué, terrorisé, il s’élance vers l’endroit d’où elle a sauté. Il y découvre, stupéfait, que la jeune femme est encore en vie, et qu’elle est l’hôte d’une sorte de résidence associative, véritable safe space où se réunissent diverses personnes LGBT. De rencontre en rencontre, le jeune lycéen va apprendre à se connaître, à s’accepter, et trouver sa place dans le monde. » ( cf. présentation éditeur)

Un manga en 4 volumes de Yuhki KAMATANI, édité par Akata en 2018, tout en délicatesse et subtilité pour parler de la découverte et la difficile affirmation de soi quand on n’est pas dans les « normes » habituelles de la société, japonaise ou autre.

La violence du rejet, l’incompréhension, les réactions des parents déstabilisés, voire la lourdeur de certains voulant se montrer bienveillants à tout prix, tout est décrit avec finesse mais efficacité.

La résidence où Tasuku peut venir « respirer » un peu participe à un projet magnifique : restaurer ces vieilles maisons japonaises abandonnées qui appartiennent au patrimoine culturel de la ville.

Une fois rénovées, elles aideront à revitaliser le quartier en accueillant de nouveaux habitants.

Passer du travail de démolition à la restauration, de l’exutoire à la reconstruction, se voir confier un projet en étant soutenu par l’amitié des autres, tout cela permettra à Tasuku de se sentir plus fort pour affronter la société pas toujours tendre pour ceux qu’elle juge « différents ».

Un très beau manga, nuancé et constructif.

« Liz et l’oiseau bleu »

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Il y a quelques mois, Moustik nous avait parlé de « Silent voice« .

Naoko YAMADA a, depuis, réalisé un autre anime : « Liz et l’oiseau bleu » (Kyoto animation, 2018 au Japon, 2019 pour la sortie française).

« Une émouvante et délicate histoire d’amitié entre deux lycéennes, Nozomi et Mizore, toutes deux musiciennes, aussi proches que différentes… Nozomi est une jeune femme extravertie et très populaire auprès de ses camarades de classe, doublée d’une talentueuse flutiste. Mizore, plus discrète et timide, joue du hautbois. Mizore se sent très proche et dépendante de Nozomi, qu’elle affectionne et admire. Elle craint que la fin de leur dernière année de lycée soit aussi la fin de leur histoire complexe, entre rivalité musicale et admiration. Les deux amies se préparent à jouer en duo pour la compétition musicale du lycée Kita Uji. Quand leur orchestre commence à travailler sur les musiques de Liz et l’oiseau bleu*, Nozomi et Mizore croient voir dans cette oeuvre bucolique le reflet de leur histoire d’adolescentes. La réalité rejoindra-t-elle le conte ? »

« Liz and the blue bird » a fait partie de la sélection officielle d’Annecy 2018.

(*) Librement inspiré de « L’oiseau bleu » de Maurice Maeterlinck

« Haïkus de Sibérie »

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Les éditions Sarbacane ont édité début 2019 une étonnante et émouvante BD lituanienne :

« Haïkus de Sibérie »

écrite par Jurga Vilé et illustrée par Lina Itagaki.

Il s’agit de l’histoire d’Algis, le père de l’auteure, déporté en Sibérie alors qu’il n’avait que treize ans.

« C’était une période troublée. L’Allemagne venait d’attaquer la Pologne, la guerre avait commencé. La Lituanie a bientôt été envahie par la puissante Russie, et de nombreux Lituaniens, considérés comme « ennemis de l’Union soviétique », ont été déportés.

Ils sont allés chercher des familles entières dans leurs maisons pour les emmener dans les coins les plus reculés et les plus rudes de Russie, en lointaine Sibérie. Nombre d’entre eux sont morts là-bas, dans les camps. Quelques-uns ont eu la chance de rentrer chez eux… comme ces enfants, ramenés par le « train des orphelins ». Dans ce train, il y avait Algis, mon père. »

Les conditions de vie étaient épouvantables, mais Algis et sa sœur Dalia ont eu la chance de ne pas être séparés de leur mère, tandis que leur père était déporté dans un autre camp dont il ne reviendra pas. Ils ont eu la chance également de rester avec quelques autres habitants de leur ancien village, leur tante et une de leurs maîtresses d’école. Ces femmes courageuses, malgré la faim, le froid, l’épuisant travail forcé, la cruauté des gardiens, le chagrin d’être séparés de leurs maris, tentaient d’entretenir le moral des enfants.

Les souvenirs d’Algis sont présentés comme s’il nous les racontait au jour le jour dans un journal intime au style très varié, le résultat est très vivant, même si le récit est dramatique, même si la mort frappe.

Et pourquoi les « haïkus », devez-vous vous demander ? Ce n’est pas spécialement un genre de poésie russe, ni lituanienne. Et puis de la poésie dans l’enfer sibérien…

Eh bien, je vous invite à lire ce one shot pour avoir la réponse et surtout pour découvrir cet épisode tragique de l’histoire des Pays Baltes.

« La lanterne de Nyx »

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Kan TAKAHAMA : « La lanterne de Nyx » (Glénat, 2019).

 

A peine lisons-nous que l’histoire commence en 1944 à Kumamoto sur l’île de Kyushu au Japon, nous voici propulsés soixante-six ans en arrière à Nagasaki :

Miyo est une jeune orpheline recueillie par son oncle, un artisan d’art dont la période de gloire semble passée.

Sa tante la presse donc de trouver un travail pour aider à nourrir la famille et l’emmène dans une boutique qui cherche une vendeuse.

Or ce n’est pas n’importe quelle boutique, il s’agit d’un magasin d’objets rares « venus d’au-delà des mers« .

 

En 1878 au Japon, l’Empereur Meiji est au pouvoir depuis dix ans et a commencé à entreprendre de grandes réformes d’inspiration occidentale en s’entourant d’experts étrangers.

Et cette année-là, la France de la Belle Epoque a accueilli pour la troisième fois l’Exposition Universelle. Il va s’agir pour Miyo d’aider à mettre en vitrine les objets rapportés de l’Exposition par son patron et les présenter aux clients japonais friands de ces nouveautés exotiques.

Au fil de l’histoire, nous découvrons avec elle… le chocolat au lait, les robes à l’occidentale et la machine à coudre, le phonographe, la lanterne magique et… « Alice au pays des merveilles ».

Parallèlement nous découvrons aussi la société japonaise en pleine modernisation à travers les yeux de cette jeune et attachante Miyo.  D’autant plus captivante qu’elle possède un don : quand elle « touche un objet… elle est capable de voir ses propriétaires passés ou futurs« .

Mais voilà que son original patron a le projet d’exporter en Europe des objets japonais de belle facture et va bientôt repartir pour Paris. Vivement le volume 3 !

 

Nous avions déjà rencontré Kan Takahama en 2012 dans « La villa sur la falaise« , aux côtés de Fred Bernard, Sokal, Taniguchi et quelques autres.