Archives de Tag: Roman

Inséparables

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Inséparables est une roman écrit par Sarah Crossan et traduit par Clémentine Beauvais.

Grace et Tippi sont soeurs. Elles sont siamoises. Elles vivent avec leur père qui a un petit faible pour la bouteille, leur mère qui travaille comme une forcenée pour payer les factures médicales, leur grand-mère qui manque souvent de tact et leur petite soeur effacée par toute la place que prend la santé de Grace et Tippi dans la famille. Et cet automne elles vont faire leur entrée au lycée. C’est un gros changement pour elles d’essayer d’avoir une vie plus normale. Pour cela il faut affronter le regard, les questions, la curiosité malsaine des autres. Elles se lient d’amitié  avec Jon et Yasmeen, qui les acceptent comme elles sont. Grace et Tippi commencent alors à expérimenter la vie d’ado, enfreignant les règles, elles qui ont toujours vécu dans un univers où tout tourne autour de leur santé.

Pour écrire ce roman, l’auteur a fait de nombreuses recherches sur la vie des siamois, pour arriver à retranscrire ce sentiment d’être un tout en étant deux, inséparables mais avec sa propre personnalité. On s’attache rapidement à Tippi et Grace, leur humour, leur joie de vivre. Un très beau roman sur la différence, la tolérance, l’acceptation de soi qui a la particularité d’être écrit en vers.

Caroline dit,

« Vous riez beaucoup. C’est enthousiasmant.

Même dans votre condition, vous dites oui à la vie. »

Je ne sais pas trop

ce que je suis censée dire à la vie

à part oui.

Des racontars arctiques

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Pour se rafraîchir un peu par ces temps de grosses chaleurs, je vous propose une petite excursion dans les immensités glacées du Groenland en compagnie de Jorn Riel.
Cet écrivain danois, né en 1931, a passé 16 années, dans les années 50 parmis les trappeurs et en a rapporté de bien curieux récits publiés sous le titre de « Racontars arctiques ».

Il nous fait découvrir la vie de ces trappeurs, vivant par deux tout l’hiver, isolés du monde, n’ayant d’autres voisins que leurs collègues répartis sur plusieurs centaines de kilomètres.

Paradoxe donc de vivre en huis-clos dans de grands espaces ; s’en suivent des situations étranges, souvent drôles, parfois tragiques et toujours surprenantes dans ce microcosme de trappeurs aux personnalités bien trempées!

Ce recueil de nouvelles a fait l’objet d’une excellente adaptation en BD par Gwen de Bonneval et Hervé Tanquerelle qui rendent à la perfection l’ambiance si particulière du livre

Vous trouverez les romans au Pôle jeunesse, à la côte ADO LIT RIE, et les BD au Pôle Art, à la côte BD TAN.

Robinsonne

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Coline PIERRE : Ma fugue chez moi

(Rouergue, « doado », 2016)

« Quelques jours avant Noël, suite à une séance d’humiliation au collège, et à l’annonce que sa mère, une fois de plus, ne sera pas là pour les fêtes, Anouk décide de fuguer. »

« C’est du moins ce que croit sa famille. La police enquête, son père et sa soeur placardent partout des avis de recherche sur les murs de la ville et sur Facebook. Mais, en vérité, Anouk n’est pas une aventurière. Et puis il fait si froid dehors, en décembre. Alors elle a trouvé une bien meilleure idée, aussi improbable et étrange, soit-elle… » (cf. 4ème de couverture)

 Au regard des réels dangers auxquels une jeune fugueuse s’expose et hormis le côté peu « citoyen » de la fugue – vu le nombre de gens mobilisés pour la retrouver -, ce à quoi personne ne songe en général lorsqu’on commence à sombrer dans le désespoir et qu’on voudrait bien alerter parents ou amis sur ce qui se passe, mais sans dénoncer ceux qui vous harcèlent, la solution d’Anouk est une idée de génie.

Anouk a quatorze ans et est en troisième ; elle vit en Alsace, avec son père et sa soeur de douze ans, Bena.

Anouk aime aussi dessiner et jouer du banjo avec une prof qu’elle adore et tout pourrait aller bien. Sauf que… sa soeur est à l’internat toute la semaine, leur mère est en mission de climatologie au Groenland et ne semble pas pressée de rentrer en France, même pas pour Noël, et leur père est un « taiseux »…

« J’aurais aimé qu’il me plaigne un peu. Mais comme toujours, il était incapable d’être compréhensif et enveloppant. Comme si ce n’était pas suffisant, il a ajouté : « Il faut faire avec le monde tel qu’il est, Anouk. Tu dois t’adapter et passer à autre chose. Si tu en souffres, tu ne peux t’en prendre qu’à toi. On est toujours responsable de ce qui nous arrive. »

Alors quand Marina, la bonne copine d’Anouk depuis le CM1, se met à jouer les garces et l’humilie, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

« Jusqu’à présent, ni l’une ni l’autre n’était devenue un souffre-douleur parce qu’à deux, on se soutenait. Maintenant qu’elle était passée de l’autre côté, Marina devenait le bourreau absolu, car elle devait faire ses preuves. Elle était plus cruelle que les filles cruelles, plus intolérante et plus insensible. Et moi, j’étais la victime idéale. »

Après s’être vengée, il lui paraît impossible de retourner au collège, impossible de se retrouver face à Marina, Anouk décide alors de disparaître.

« Je glisse dans mon sac des sous-vêtements, plusieurs paires de chaussettes, un pantalon en velours épais, un gros pull et quelques t-shirts, un peu de savon et de shampooing, une brosse à dents et du dentifrice, une trousse de secours, une petite serviette en microfibre, un couteau suisse, deux livres de circonstance (Robinson Crusoé et L’attrape-coeur), mon carnet à dessin et quelques crayons, deux bouteilles d’eau, une vingtaine de barres de céréales, huit compotes et huit pommes, un paquet de bonbons et une tablette de chocolat (en cas de déprime). Et dans une poche tout au fond du sac : mon porte-monnaie avec l’argent reçu pour mon anniversaire. »

« Je me sens comme Robinson Crusoé sur son île : heureuse d’être accaparée par ma survie. Je ne m’ennuie pas. Chaque geste devient une mission. Manger est un véritable défi. Prendre une douche est un challenge. Piquer de la nourriture et des objets sans me faire repérer est un parcours du combattant. Je suis un agent secret du quotidien. »

Pourquoi ? Comment ? Il faut lire ce court roman somme toute assez réjouissant. Petit à petit, Anouk réalise la douleur de sa famille, l’incompréhension face à sa fugue, mais elle est prise au piège d’elle-même et tourne en rond avec sa culpabilité. Et on la comprend.

D’ailleurs on la comprend depuis le début ;  Coline Pierré dépeint une adolescente sensible et sympathique pour laquelle il est difficile de ne pas ressentir de l’empathie, et même si ce roman est parfois un peu irréaliste, il (nous) touche fort.

Cette fille c’était mon frère – Julie Anne Peters

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Cette fille c’était mon frère

Julie Anne Peters

Milan Jeunesse, 2016

 

Publié précédemment en 2005 avec le titre « La face cachée de Luna », ce roman aborde la transidentité d’un adolescent.

Comment supporter ce corps d’homme ? Un corps que l’on déteste, lorsqu’au plus profond de notre être, on sait qu’on est une femme. C’est ce que vit Liam au quotidien.

Et chaque nuit, Liam devient Luna. Elle sort les habits et le maquillage de sa boite à trésors, sous le regard obligé de sa sœur Regan.

Comment continuer à vivre avec ce secret qui est de plus en plus pesant ? Un secret que Regan partage avec Liam et Luna, et qui ronge son existence.

« En me retournant, j’ai marmonné : 
– T’es vraiment pas normale. 
Ses cheveux ont balayé mon oreiller. 
– Je sais, a-t-elle murmuré à mon oreille. Mais toi, Regan, tu m’aimes, pas vrai ? 
Ses lèvres ont effleuré ma joue. Je l’ai repoussée d’une tape. Quand je l’ai entendue s’éloigner d’un pas lourd vers mon bureau – où son coffret à maquillage s’étalait dans toute sa splendeur -, un soupir de résignation s’est échappé de mes lèvres. Ouais, je l’aimais. Je ne pouvais pas m’en empêcher. Cette fille, c’était mon frère. » 
Liam, le frère de Regan, ne supporte pas ce qu’il est. Ce qu’il est en apparence. Car tout comme la lune, sa véritable nature ne se révèle que la nuit, en cachette. Depuis des années, Liam  » emprunte  » les habits et le maquillage de Regan. Dans le secret de leurs chambres, Liam devient Luna. Le garçon devient fille. Un secret inavouable, chaque jour plus invivable.
Comment Luna va t’-elle pouvoir s’épanouir face à son père Jack ; qui rêve que son fils devienne joueur de base-ball ; et sa mère, auto-entrepreneuse sous anti-dépresseurs !
Liam aura t’-il le courage de s’affranchir de toutes les contraintes pour devenir Luna ?
L’auteure nous entraîne dans un univers très peu abordé dans la littérature jeunesse.
Ce livre est un réel coup de cœur. En effet, malgré une famille remplie de stéréotypes, il transmet une multitude d’émotions.
La question de la transition est abordée avec beaucoup de délicatesse et de pudeur.
En 2017, les choses ont-elles évoluées ?

http://www.slate.fr/story/133997/enfants-trans-integration-france

 

 

Le sujet reste aujourd’hui toujours méconnu, et quelques romans sont présentés depuis peu chez les libraires :
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le secret de Grayson – Ami Polonsky – Albin Michel Jeunesse – 2016

Celle dont j’ai toujours rêvé -Meredith Russo – Poket Jeunesse – 2017

George – Alex Gino – Ecole des Loisirs- 2017

George

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George est un garçon discret. Elle garde un secret pour lui : elle n’est pas un garçon mais elle seul le sait. Malgré son corps et son anatomie masculine, elle sait que elle est une fille. Elle s’est même trouvée un prénom, Mélissa. Ca personne ne le sait: ni sa mère ou son grand frère, même pas sa meilleure amie Kelly. Mais le jour où une pièce de théâtre se monte à l’école, George ne rêve que d’une seule chose : interpréter le premier rôle. Elle se dit que ce rôle féminin lui permettrait de montrer à sa mère qu’elle est une fille. Mais ce n’est pas si facile que ça d’arriver à surmonter sa peur, de faire face aux préjugés…

George est le premier roman d’Alex Gino, lui-même transgenre. Le texte est simple, plein de douceur. George sait qui elle est et n’a pas de problème avec ça, l’enjeu pour elle est d’arriver à montrer au reste du monde, à commencer par sa mère que c’est une fille. Il existe peu de livre sur ce thème, et George est le premier qui s’adresse à des enfants ( 9 à 12 ans selon L’école des loisirs ).

Bulgarie 1989

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Elitza GUEORGUIEVA : Les cosmonautes ne font que passer (Verticales, 2016)

« Ton grand-père est communiste. Un vrai, te dit-on plusieurs fois et tu comprends qu’il y en a aussi des faux. C’est comme avec les Barbie et les baskets Nike, qu’on peut trouver en vrai uniquement si on possède des relations de très haut niveau. Les tiennes sont fausses… »

« Ce premier roman a trouvé le ton elliptique et malicieux pour conjuguer l’univers intérieur de l’enfance avec les bouleversements de la grande Histoire. Grâce à la naïveté fantasque de sa jeune héroïne, Les cosmonautes ne font que passer donne à voir comment le politique pénètre la vie des individus, détermine leurs valeurs, imprègne leurs rêves, et de quelle manière y résister. » (cf. Présentation éditeur)

Elitza Gueorguieva est née en 1982 en Bulgarie. Elle va à l’école Iouri Gagarine, comme sa mère avant elle.

Iouri Gagarine, c’est le héros soviétique, le premier homme à avoir effectué un vol dans l’espace en avril 1961. Elitza décide de devenir cosmonaute…

Habituellement pourtant,

« Les filles ont des objectifs professionnels plus imprécis et franchement dépourvus d’originalité. Dans le flou général des réponses, trois propositions reviennent le plus souvent : infirmières, ballerines, ou pareil que maman. Comme les deux premières te paraissent peu enviables, tu préfères t’en tenir à la troisième, valeur plus sûre mais dont tu regrettes un peu l’évidente absence d’héroïsme : ta mère travaille à la radio, objet inutile, car toujours éteint. Tu te demandes si un autre scénario serait envisageable, qui correspondrait mieux à tes conceptions de l’avenir et du monde en général. »

Elitza aimerait aussi comprendre le bizarre rituel de ses parents qui consiste à s’enfermer longuement dans la salle de bain, en laissant l’eau couler simultanément dans le lavabo, la baignoire et le bidet, or étonnamment, cette manie disparaîtra sitôt l’éviction de Todor Jivkov de ses postes de secrétaire général du comité central du Parti communiste bulgare et président du conseil de l’Etat de la République populaire de Bulgarie, dans la foulée de la chute du mur de Berlin…

Quelques mois plus tard, il n’y a plus rien à vendre dans les magasins, ni rien avec quoi acheter de toute manière, l’école ne s’appelle plus Iouri Gagarine et de « jeune Septembrien » son cousin Andreï devient un voyou aspirant à ressembler aux mutras,  ces « individus peu avenants qui pratiquent l’escroquerie, le chantage et la violence au quotidien (…), portent des chaînes en or, roulent en 4 x4 (…), possèdent des dollars, de vraies Nike, et surtout de vraies armes qu’ils utilisent s’il le faut, ce qui est a priori de plus en plus souvent le cas.« 

Bref, Elitza  se sent comme le Vostok de Iouri Gagarine égaré dans les steppes du Kazakhstan.

Sa nouvelle idole s’appelle Kurt Cobain et Elitza rêve alors de Spice Girls et de punks à crête…

Un roman décalé et plein d’humour.

Je suis ton soleil

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C’est l’année de terminale pour Déborah. Sa meilleure amie préfère rouler des patins à son copain au cerveau de chouquette ( = mou et plein d’air) que de passer du temps avec elle. Du coup elle doit gérer seule sa mère qui agit de plus en plus bizarrement, son père qu’elle aperçoit dans la rue au bras d’une belle inconnue, son manque de chaussures à se mettre dû au fait que son chien les a toutes dévorées, les révisions pour le bac. Bref c’est la mouise totale. Elle va heureusement se faire des amis pour surmonter toutes ces galères : Jamal qui a une passion pour les mygales gigantesques (et fugueuses !) et son acolyte Victor, dont elle tombe rapidement sous le charme.

Une bonne surprise ! Un livre très drôle, malgré des passages sur des thèmes difficiles. Déborah a une gouaille incroyable et elle est aussi drôle et attachante que Mireille Des petites reines de Clémentine Beauvais. Marie Pavlenko décrit très bien l’amitié adolescente, et l’année de terminale, ce moment charnière. Et le chien, Isidore, qui est moche et qui pue est mon coup de coeur de ce livre !