Archives de Tag: Action

Kurokami

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Kurokami / LIM Dall young, PARK Sung woo / Editions Ki-oon

(série complète en 19 volumes)

En rentrant chez lui après une soirée arrosée, Keita, jeune programmeur, s’arrête pour avaler un bol de ramen. Il est contraint de céder son repas à une jeune fille affamée. Il ignore qu’il s’agit d’une mototsumitama – une gardienne de l’équilibre de ce monde. Pris entre deux feux quand surgit un mystérieux agresseur, il perd un bras dans l’affrontement. Pourtant, en se réveillant le lendemain matin, il trouve son corps intact… mais à qui est réellement ce bras ?

L’éditeur Square Enix fait appel en 2005 à deux auteurs coréens pour cette création originale à destination des lecteurs japonnais. Graphiquement très aboutie (les dessins de PARK Sung Woo sur tablette graphique sont incroyables de dynamisme), cette aventure fantastique nous emmène dans un monde sacré, où les Mototsumitama, gardiens de la Terra, flux de toutes choses en ce monde, se livrent une lutte acharnée.

Seule la force des liens qui uniront Keita, simple humain égocentrique appelé à changer, et Kuro, descendante des gardiens légendaires, pourra rétablir l’équilibre du monde et éviter sa destruction. Une fable bourrée d’action et de combats épiques, qui par certains aspects thématiques n’est pas sans rappeler le film Princesse Mononoke de Miyazaki.

Fullmetal Alchemist – Manga

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Fullmetal Alchemist / Hiromu ARAKAWA / Kurokawa

En voulant ressusciter leur mère, Edward et Alphonse Elric vont utiliser une technique interdite relevant du domaine de l’Alchimie : la transmutation humaine. Seulement, l’expérience va mal tourner : Edward perd un bras et une jambe et Alphonse son corps, son esprit se retrouvant prisonnier d’une armure.

En effet, l’Alchimie est une science régie par le concept de l’échange équivalent: la compréhension de la matière, sa décomposition et sa restructuration. Toute chose ne peut être acquise qu’au prix d’un sacrifice, il est impossible de créer à partir du néant.

Devenu un alchimiste d’État, Edward, surnommé « Fullmetal Alchimist », se lance, avec l’aide de son frère, à la recherche de la pierre philosophale, leur seule chance de retrouver leur état initial. Ils commencent à enquêter sur un étrange homme, « le fondateur » qui passe pour un faiseur de miracles…

Ceci est une perle ! Publiée à partir de 2002 (bientôt 20 ans!!!), cette série reste une référence absolue du shonen. Un dessin magnifique (merci madame ARAKAWA), des personnages attachants, de l’action, de l’aventure, beaucoup d’humour, et une intrigue palpitante qui vous emporte littéralement, forment ici un cocktail explosif qui vous fera oublier le monde autour de vous une fois le livre entre les mains.

Un manga qui a marqué une époque, jusque dans la chair de certains fans : le tatouage de Scar sur de vraies personnes, c’est la maxi classe !

De plus, le manga a été décliné en 2 séries animées et un film, plusieurs romans et de nombreux CD drama (au Japon), de quoi prolonger le plaisir d’être en compagnie des frères Elric.

 

« La puissance des filles pour les filles »

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« Moxie : désigne le caractère audacieux d’une personne prête à défendre ses convictions envers et contre tous.

Vivian Carter, 16 ans, en a marre.
Marre que l’équipe de foot de son lycée se croie tout permis.
Marre qu’on impose des règles vestimentaires aux filles, mais jamais aux garçons.
marre du sexisme dans les couloirs du bahut et des profs qui ferment les yeux.
Plus que tout, Vivian en a marre qu’on lui dise qui elle doit être.
Vivian Carter dit STOP.

Et si toutes les filles se rassemblaient pour qu’enfin sonne l’heure de la révolution ?

LES MOXIE GIRLS CONTRE-ATTAQUENT ! » (cf. 4ème de couverture. Editions Milan, 2019)

Un chouette roman de Jennifer MATHIEU, même si les Etats-Unis dépassent, j’espère mais je suis peut-être trop optimiste, en bêtise sexiste et raciste ce qu’on peut voir dans nos lycées.

Loin d’être manichéen, ce roman fait le portrait de filles ordinaires, audacieuses (« moxie ») ou pas, qui rêvent comme la plupart des adolescentes d’avoir des amies sur lesquelles compter, un amoureux, des parents compréhensifs et solides et des résultats scolaires suffisamment bons pour continuer après le bac.

Mais le nième jour où, en pleine interrogation orale de littérature, Mitchell Wilson coupe la parole à une fille de la classe en lui disant « Va faire la vaisselle » avec le soutien de « son fan-club de footballeurs attardés [qui] éclate de rire comme si c’était la plus hilarante, la plus originale des blagues, alors qu’ils la répètent invariablement depuis le printemps dernier », c’en est trop.

D’autant qu’approche « le tournoi BCBG ».

Eh oui, le tournoi « beau cul belle gueule » organisé par ces messieurs :

« Le tableau de pronostics est constitué de soixante-quatre terminales et premières, c’est-à-dire un quart environ des filles de chaque classe. Les autres sont éliminées d’office parce qu’elles n’ont aucune chance. Ce sont les gars les plus populaires de terminale qui remplissent le tableau. Pendant deux semaines, à l’aide d’un système de vote compliqué, ils déterminent celle qu’ils trouvent le plus à leur goût.

Et les garçons partagent tout sur Internet. Le nom de toutes les filles et toutes leurs victoires.« 

« L’idée que les filles d’East Rockport soient évaluées, classées et comparées sur des critères tels que leurs fesses, leurs seins ou leur visage » une année de plus empêche Vivian de s’endormir ce soir-là, alors elle réfléchit longuement aux (ré)actions possibles et… je vous laisse découvrir comment elle arrivera à fédérer l’essentiel des filles du lycée et quelques garçons, malgré les menaces du proviseur de les expulser du lycée et d’empêcher leur inscription à l’université.

Et comment cette histoire se propagera du lycée de East Rockport à tout le Texas et les USA.

Le G.V.S.

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Décidément les « vieux » font parler d’eux.

Celui qui a commencé (!), c’est Wilfrid LUPANO avec « Les vieux fourneaux » dessiné par Paul CAUUET (5 volumes déjà parus chez Dargaud, entre 2014 et 2018), tous plus désopilants les uns que les autres. Si vous n’en n’avez encore lu aucun, foncez !

« Les Vieux Fourneaux raconte les aventures de trois septuagénaires, amis depuis leur plus tendre enfance: Antoine, Emile et Pierrot. Chacun a suivi sa route, chacun a fait ses choix, chacun a fondé (ou pas) une famille. Séquelles, souvenirs, fragments de vies (presque) passées. Il reste pourtant à ces trois-là de belles choses à vivre, et une solide amitié chevillée au corps.

Les Vieux Fourneaux, à travers dʼincessants va-et-vient entre les années cinquante et les années 2010, raconte sur un mode tragi-comique notre époque, ses bouleversements sociaux, politiques et culturels, ses périodes de crise. » (cf. résumé éditeur)

Et voilà que le Gang des Vieux Schnocks fait parler de lui à son tour sous la plume de Florence THINARD (Gallimard « scripto », 2019)

Le G.V.S. ce sont quatre « vieux » qui en ont marre de cette « société pourrie qui est anti-vieux ! » :

« – On nous méprise ! On nous organise des repas de vieux ! On nous parque dans des maisons de vieux où on nous traite comme des vieux !

– Pero en plous, on nous baisse la pensiòn de retraite !

– Et le pire ? Vous savez ce que c’est le pire ? (…) c’est qu’on nous OUBLIE ! Transparents ! Invisibles ! In-ex-is-tants ! Voilà ce qu’on est ! »

Enfin, pas tout à fait, puisqu’un « jeune à capuche » vient d’arracher  le sac de Rose-Aimée… Mais les autres ont tout vu et ils vont lui montrer de quel bois ils se chauffent, Alfonso le vieil anarchiste espagnol dit « Papi Ferraille », Victor l’artiste du groupe qui tagge avec malice les affiches publicitaires et Gisèle, l’ex-coiffeuse, moulée dans son pantalon léopard.

Le G.V.S. va passer à l’attaque et il n’y aura pas que le p’tit jeune à capuche qui va « morfler » !

De quoi rire, mais aussi réfléchir. Tous empruntables à la BFM !

 

« Saison des Roses »

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Si le foot n’est pas ma tasse de thé, l’injustice me fait horreur.

Alors quand j’ai lu cette BD de

Chloé WARY : Saison des Roses

aux éditions FLBLB (2019), j’étais dégoûtée.

Une équipe de foot féminine en banlieue parisienne, les joueuses sont à fond, soudées et désireuses de faire monter leur équipe. Et puis…

Et puis, je vous laisse lire cette BD que vous pouvez emprunter à la BFM.

J’espère qu’elle vous révoltera autant que moi !

« Le loup »

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Après l’impressionnant « Ailefroide altitude 3954 », récit d’une escalade dramatique qui détermina son choix de devenir dessinateur et non plus guide de montagne, Jean-Marc ROCHETTE nous livre une BD superbe dans une dominante de bleus glaçants sur le thème du loup.

BD qui vient de paraître chez Casterman, mise en couleurs par Isabelle Merlet.

Rochette l’a réalisée après une rencontre avec un berger de l’Oisans qui venait de découvrir cinquante de ses brebis égorgées par un loup.

A partir de ce récit brutal Rochette dessine une BD aussi forte que le combat du vieil homme d’Hemingway contre l’espadon.

Toutefois le « personnage » du loup d’abord louveteau orphelin rend nos sentiments à son égard très ambivalents, on respire quand Gaspard lui laisse la vie sauve, mais…

Mais, comme l’écrit Baptiste Morizot dans la postface « Aux mâles de notre culture, on a appris à transformer toute détresse et toute frustration en une seule chose, la colère, pour qu’ils n’aient pas l’air « faibles ». Sans bien réfléchir aux dégâts que cette éducation pourrait faire à l’histoire des sociétés humaines… »

Alors vient la confrontation, violente, tragique et qui pourrait devenir définitive pour l’un comme pour l’autre. Mais voilà, Rochette nous propose une histoire beaucoup plus subtile.

Au fil des images, on comprend mieux tout le cheminement des « personnages », on se réjouit, on a peur, on croit que tout est perdu… au milieu des rochers, de la neige, du vent glacial.

La postface de Morizot nous ramène sur terre et engage le débat sur « les formes du pastoralisme [qui] doivent changer pour cohabiter avec le loup, mais c’est aussi une opportunité de se réinventer et de donner une visibilité politique aux bergers qu’ils n’ont jamais eue dans l’histoire. »

« Gaspard est un vieux monsieur. Avec ses habitudes, ses rigidités. Pourtant, il a été capable de changer son fusil d’épaule, de se réinventer, de voir autrement sa relation au loup, à l’alpage qui le fait vivre et qu’il partage avec les chamois, les brebis, les abeilles et les prédateurs. De bricoler des formes étranges de réciprocité et de cohabitation, des pactes concrets, qu’il faut inventer, expérimenter, jusqu’à ce que ça marche. Et qu’on puisse enfin partager la terre. »

Une très belle aventure.

 

 

Cinq branches de coton noir…

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« Philadelphie, 1776. Mrs Betsy est dépêchée par les indépendantistes américains pour concevoir le tout premier drapeau des futurs États-Unis d’Amérique. Sa domestique, Angela Brown, décide alors de transformer cet étendard en un hommage révolutionnaire, en y adjoignant en secret un symbole inestimable…

Douvres, 1944. Le soldat Lincoln se morfond dans son camp militaire, entre discriminations raciales et bagarres quotidiennes. Jusqu’à ce qu’il reçoive une lettre de sa soeur, Johanna, annonçant qu’elle a découvert dans les possessions de leur tante décédée les mémoires d’Angela Brown – rien de moins qu’un témoignage d’une rareté et d’une valeur exceptionnelles. Si l’histoire relatée dans ces mémoires est réelle, alors c’est l’histoire des États-Unis qui est à récrire.

Sauf que l’emblème américain est aux mains des Allemands nazis, qui l’ont dérobé ainsi que d’innombrables trésors, au cours de leurs pillages. S’ensuit donc la mise en place d’une opération de la plus haute importance, à laquelle participe Lincoln… » (Présentation éditeur)

Cent soixante quinze pages écrites par Yves SENTE, dessinées par Steve CUZOR, mises en couleur par Meephe VERSAEVEL et éditées par Aire Libre / Dupuis en 2018 sur un sujet malheureusement toujours d’actualité qui gangrène nos sociétés, aux Etats-Unis comme ailleurs : le racisme.

1776 :

« Le meurtre impuni de mes frères Tommy et Justin était insupportable. Je venais seulement de comprendre – ou d’accepter – que, esclaves ou descendants d’affranchis, les Noirs n’ont pas plus d’avenir dans ce nouveau pays qui va proclamer son indépendance dans quelques jours que dans celui qui appartenait aux Anglais. »

1940 :

 » – Des Noirs sur le front… ?

– Ouais, notre Etat-Major s’est laissé enfumer comme une bleusaille par des « costards cravates ». A vouloir armer n’importe qui, ça finira par nous péter à la gueule de retour au pays. »

1944 :

« – Tu notes ?… Accident de la route… Jeune fille environ vingt ans… décédée…

– OK, Sam, je t’envoie une ambulance aussi vite que…

– Bah, il n’y a pas d’urgence, vieux… C’est une négresse. »

A la fin de l’album, un cahier de quatorze pages présente sept illustrations inédites de Steve Cuzor, en noir et blanc…