Cannibale

Par défaut

Cannibale

 » Ses yeux sombres grands ouverts, semblables à deux lacs insondables, fixaient le vide. Elle pouvait avoir 16 ou 17 ans. Malgré lui, Clément fut secoué d’un frisson. L’expression de cette fille était terrifiante, comme si elle avait rencontré le diable, qu’elle avait longuement livré bataille avec lui et ne s’en était pas sortie victorieuse. « 

Une belle nuit d’été, un groupe de lycéens, une course d’orientation qui finit mal : deux adolescents disparaissent. Roxane est retrouvée en état de choc. Ou est passé Rafael ?

Le capitaine Marin est en charge de l’enquête. Que c’est-il passé cette nuit là ?

Petit à petit il va découvrir que la victime n’est pas celle que l’on croit et qu’il va lui falloir lutter contre les évidences.

«  J’ai envie de hurler. Je dois me contenter de chuchoter.

Mort.Mort. Mort.

Ma voix le fait s’arrêter .

Il lâche le placard, repousse la porte, il me détaille sans se gêner, regarde de nouveau à l’intérieur de l’armoire.

Ça suffit.

La sonnette.

Barre-toi, connard.

Vraiment un excellent roman policier, flippant à souhait même si la fin m’a un peu laissé sur ma faim !!!

Un élève Averty en vaut deux

Par défaut
Anne-Gaëlle BALPE : Comment je vais devenir écrivain… « si tout va bien »
(Milan, « Littérature 10-14 ans », 2020)

« Une fois chez moi, je range le cahier dans un de mes tiroirs, sous un tas de feuilles. D’abord, pour le cacher, mais aussi, et surtout, pour l’oublier. Oublier que je suis ce garçon débile qui a volé le carnet d’une écrivaine sans aucune raison, juste parce que je me suis senti coupable d’avoir regardé dedans. J’ai l’air malin, maintenant, avec ce truc chez moi. Qu’est-ce que je vais en faire ? Je ne peux quand même pas le jeter ! Et si Pauline Sauveterre avait toutes ses idées dedans ? Et si, à cause de moi, elle ne pouvait plus jamais écrire ? De toute sa vie ? »
Et voilà comment Samuel, jeune collégien, se découvre une passion pour l’écriture. Mais comment assumer, à 11 ans, qu’on est un voleur et un écrivain en herbe ? »
(Présentation éditeur)

Samuel Averty joue au rugby… Et a priori rien ne le prédestine à devenir écrivain, surtout avec un copain qui ne pense qu’à décorer sa chambre avec des images de rugbymen. C’est la raison pour laquelle ils font une incursion à la médiathèque, histoire de décalquer quelques chouettes images du « Livre d’or du rugby » et autres documentaires.

Sauf que… ce mercredi-là, la bibliothécaire cherche des volontaires pour participer à un atelier d’écriture avec une écrivaine.

« En fait, je n’y aurais jamais cru. Que je sois capable d’écrire. Une histoire, inventée par moi ! D’ailleurs, les dix premières minutes, c’était la panique totale. Je n’avais qu’une envie : laisser ma feuille et mon stylo, partir sans me retourner et ne plus jamais mettre les pieds dans cette médiathèque. Mais avant que je passe à l’action, l’autrice nous a fait faire un petit jeu : trouver le maximum de noms d’objets, puis le maximum d’adjectifs évoquant le mystère. Ensuite, on a cherché une liste de prénoms. Elle a tout écrit sur le tableau. Et bizarrement, ça m’a détendu. Trouver un nom d’objet, c’était quand même facile. Et sans m’en rendre compte, j’ai participé, j’ai oublié que j’étais là pour écrire. Ensuite, on a dû choisir un objet, un adjectif et un prénom original. Moi, j’ai pris « ballon de rugby », « maléfique » et « John ». Du coup, le titre de mon histoire, c’était « John et le ballon de rugby maléfique ». Ça me donnait trop envie d’imaginer ce qu’il pouvait se passer.« 

A la fin de l’atelier d’écriture, Samuel aide à ranger la salle et trouve un cahier oublié.

« J’ai refermé le cahier d’un coup sec avec l’impression d’avoir fait une grosse bêtise. D’être entré chez quelqu’un sans en avoir le droit et de l’avoir vu à poil, par exemple. Ou, pire, comme dans ce film où un enfant se trouve au mauvais moment au mauvais endroit et a des tas d’ennuis ensuite parce qu’on découvre qu’il a été témoin d’un meurtre. Bon, là, c’était moins grave qu’un crime, mais quand même : j’avais lu le carnet de notes d’une écrivaine ! Mais comment je pouvais deviner, moi ? C’était un cahier tout bête avec une couverture rouge ! Super abîmé, en plus !

En panique, j’ai caché l’objet sous mon pull. Pourquoi ? Aucune idée. Mais c’était ce que mon cerveau me dictait de faire. »

Samuel va donc lire le carnet de Pauline Sauveterre et y découvrir, outre les réponses qu’elle fait aux élèves lors de rencontres scolaires sur ses techniques et ses motivations, de véritables conseils que Samuel va mettre en pratique à la maison pour continuer son histoire de ballon maléfique.

Il y a une petite intrigue, une fâcherie avec son copain Thomas, une fille qui s’avère sympa dans leur classe de 6e, des 3èmes odieux, la découverte du CDI et sa documentaliste, mais l’intérêt repose surtout sur les « notes » de Pauline Sauveterre qui peuvent profiter à n’importe quel écrivain en herbe.

Mes ruptures avec Laura Dean – Mariko Tamaki/ Rosemary Valero-O’Connell – Editions – Rue de Sèvres

Par défaut
Mes ruptures avec Laura Dean – Mariko Tamaki/ Rosemary Valero-O’Connell – Editions – Rue de Sèvres

Frederica (Freddy) est en couple avec Laura. Sauf que cette dernière n’arrête pas de la quitter, de la tromper voire de la ridiculiser.

Elle sait bien que c’est une relation toxique mais comme une drogue, elle ne peut pas l’oublier alors elle baisse la tête et espère.

Mais elle est tellement dans sa bulle que, quand Doodle, sa meilleure amie a besoin d’elle, elle ne le voit pas.

« Est-ce que ta meilleure amie a un souci? Sachant qu’elle ne vient plus en cours… Ca te paraît normal peut-être?

Ca va, c’est bon. Mais toi tu sais ce qui se passe?

-Peut-être que tu devrais…enfin … insister pour savoir si ta meilleure amie va bien. »

En conclusion gays, hétéros… :

« A quoi bon aimer une personne qui n’a de cesse de vous quitter pour ensuite revenir vers vous?

Qu’est-ce que votre amour pour cette personne vous apporte?

Vous rend-il heureuse?

Vous offre-t-il ce dont vous avez besoin pour vous épanouir? »

Comment tu m’as fait mourir ?

Par défaut

chez Slalom

 » Felix, le sourire triomphant, fixe la page du carnet sur laquelle il vient d’écrire la fin tragique de Blaise.

-Et de un! Ça t’apprendra à m’enfermer dans les toilettes avant les cours ! « 

Felix, dit Toc Toc est le souffre douleur des élèves de sa classe. Ils ne lui épargnent rien.

Aussi pour évacuer sa frustration prend il un plaisir sadique à rédiger sur un petit carnet la façon dont vont mourir les sept élèves ( plus le professeur pour faire bon poids ! )  les pires de sa classe.

Un voyage scolaire à Londres est prévu, et  Felix leur mijote chacun une fin sanglante avant qu’ils n’arrivent à la fin de leur voyage.

Blaise a le crane fracassé, Elodie meurt étouffée, Lenny tombe du ferry et disparaît dans les flots etc, etc.

Mais comble de l’horreur Blaise, Elodie et Lenny meurent dans les mêmes circonstances que celles décrites par l’adolescent.

Que peut faire Felix pour arrêter ce macabre décompte ?

Un roman sanglant, plein de suspense.

Haletant !!!

 

« D’or et d’oreillers »

Par défaut
Flore VESCO : D’or et d’oreillers (Ecole des Loisirs, 2021)

« C’est un lit vertigineux, sur lequel on a empilé une dizaine de matelas. Il trône au centre de la chambre qui accueille les prétendantes de Lord Handerson. Le riche héritier a conçu un test pour choisir au mieux sa future épouse. Chaque candidate est invitée à passer une nuit à Blenkinsop Castle, seule, dans ce lit d’une hauteur invraisemblable. Pour l’heure, les prétendantes, toutes filles de bonne famille, ont été renvoyées chez elles au petit matin, sans aucune explication. Mais voici que Lord Handerson propose à Sadima de passer l’épreuve. Robuste et vaillante, simple femme de chambre, Sadima n’a pourtant rien d’une princesse au petit pois ! Et c’est tant mieux, car nous ne sommes pas dans un conte de fées mais dans une histoire d’amour et de sorcellerie où l’on apprend ce que les jeunes filles font en secret, la nuit, dans leur lit… » (cf. Présentation éditeur)

On y apprend aussi ce qu’une mère peut faire pour son enfant et le sort qu’on réservait jadis aux magiciennes.

On y apprend qu’il vaut mieux avoir une solide constitution physique et un bon mental, ce dont semblent dépourvues les femmes Watkins, que la richesse ne justifie pas la maltraitance, et bien d’autres choses.

Au passage on peut apprécier les petites pierres / références aux contes traditionnels que Flore Vesco éparpille dans son récit.

***

« Maman, maman, dites-moi ! Est-ce qu’ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ?

Voyons, petite sotte ! Quand comprendrez-vous qu’il ne faut pas croire ce que disent les contes ? Le bonheur, sachez-le, repose plutôt sur la qualité des enfants que sur leur quantité.

Humpf…

Allons, allons, ne boudez pas… Je vous l’accorde : ils furent heureux (…).« 

Les oiseaux ne se retournent pas- Nadia Nakhlé.

Par défaut

Amel doit partir, laisser ses grands-parents pour aller vers un espoir.  Avancer quoi qu’il arrive, ne pas montrer ses peurs, éviter les passeurs et les militaires, ne donner sa confiance à personne, ne pas parler de sa maison, ni de religion, ne jamais révéler son identité.

Amel devient Nina. Elle fuit la guerre, se retrouve seule, petit corps dans les camps, à la merci des « monstres », sur les routes, obligée de voler pour manger, elle n’a presque rien et on le lui vole.

Merveilleuse B-D éditions Delcourt-Mirage.

« Parfois, j’ai peur de devenir immobile. Invisible ».

 

 

 

La fille qui court

Par défaut

de Simon Mason

chez Slalom

 » En peu de mots et avec force, elle énuméra plusieurs faits pertinents. La chambre de Garvie n’était qu’un dépotoir. Les révisions, ça se faisait assis à une table avec des livres et un ordinateur (allumé). Garvie Smith était l’adolescent le plus feignant de Five Mile, le plus faignant qu’elle connaisse, peut-être même le plus feignant de toute l’Histoire, sans parler de son impolitesse, de son manque de considération et du fait qu’il était difficile.« 

Garvie a seize ans, le QI d’un génie, et une apathie à la hauteur de son intelligence.

Entre vodka et joints il regarde d’un œil placide la vie s’écouler.

Puis Chloe Dow la fille la plus populaire du lycée disparaît. On retrouve son corps quelque jours plus tard.

C’est l’inspecteur Singh qui prend l’enquête en charge.Il va devoir résoudre l’enquête et gérer Garvie qui a enfin trouvé matière à réflexion.

L’intransigeance du jeune policier n’a d’égale que la nonchalance de l’adolescent et s’ils mettent leurs talents en commun leur relation est tout sauf cordiale.

Un excellent roman policier qui tient en haleine jusqu’à la dernière page.