Chiisakobé de Minetarô Mochizuki

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Chiisakobé est un manga en 4 tomes de Minetarô Mochizuki publié par Le lézard noir. Je ne suis pas une grande lectrice de manga, mais j’ai été séduite par celui-ci.

 

Shigeji travaille comme charpentier pour l’entreptrise familiale Daitomé quand il apprend qu’un incendie a ravagé l’entreprise et que ses parents sont morts. Shigeji n’est pas un bavard, il se cache derrière un rideau de cheveux et une épaisse barbe, passant pour un excentrique aux yeux des autres employés. Il décide de faire honneur à son père en reprenant l’entreprise familiale : la chose n’est pas aisée, entre les dettes qui s’accumulent et les employés qui doutent de ses capacités.

L’incendie a également détruit l’orphelinat. Une jeune femme, Ritsu, que Shigeji engage pour s’occuper de sa maison débarque avec cinq orphelins peu aimables et prompts à faire des bêtises. La cohabitation ne pas va se faire sans difficultés…

Chiisakobé est un manga au rythme assez lent. La mise en page est poétique, Mochizuki privilégiant les gros plans, les gestes du quotidien, les petits détails. Il est agréable de suivre la reconstruction de Shigeji, qui essaie de trouver sa place dans le monde.

Le fils de l’Ursari- Xavier-Laurent Petit -Editions Ecole des loisirs

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Xavier-Laurent Petit merci d’avoir écrit ce texte. Il faudrait qu’il soit lu et analysé dans tous les lycées.

C’est l’histoire de Ciprian et sa famille. Ils sont Roms.   En France on les appellerait des « intermittents du spectacle » chez eux ce sont des voleurs de poules. Leur métier? de génération en génération ils sont montreurs d’ours et font leur spectacle sur les marchés. Il y a Daddu le père, M’man, et les 3 enfants Dimitriu, Vera et Ciprian… la grand-mère et Gaman, l’ours.

Panne de voiture, ils débarquent à Tamasciu et installent leur caravane. Mais on ne veut pas d’eux. Résultat : voiture brûlée par un groupe de la Ligue nationaliste emmené par le charcutier du coin.

Arrivent alors deux mafieux qui leur proposent de partir à Paris. Pour les frais? La famille travaillera et les remboursera.

Voilà ce petit monde qui débarque dans un bidonville parisien géré par deux brutes qui ponctionnent l’argent… pour le remboursement ! : Karoly et Dragoï.

Langue inconnue et découverte de ce monde si différent.

Mendicité (pour Vera), vol (Dimitriu et Ciprian), bricolage deviennent le lot quotidien de « ses enfants de  l’empereur Sigismond » mais pour Ciprian il n’y a rien de mal. C’est de l’emprunt, et une question de survie, dans un pays où tout le monde à tout et ne partage rien … même pas les logements vides.

La vie de Ciprian change réellement le jour où il  arrive jusqu’au jardin du Luxembourg. Ils voient des gens attablés en train de jouer aux échecs. Lui il ne connaît pas mais reste tous les jours, fasciné, devant un couple qu’il a surnommé Madame Baleine et Monsieur Enorme. Il mémorise chaque partie… Mais ne gagne plus d’argent.

Menace et violence. Reste la main tendue par Madame Baleine… Et l’espoir.

Je le répète mais c’est un très beau livre sur la tolérance et l’acceptation de l’autre dans sa différence.

 

Podul de piatra sa dramat

A venit apa si la luat

Vom face altul pe riu, in jos…

Le pont de pierre s’est écroulé

L’eau est venue et l’a emporté

On en construira un autre sur la rivière

 

A la BFM de Limoges

 

 

Love

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« Dans le règne animal, les bêtes ne s’aiment pas, mais ne se détestent pas non plus.

L’amour et la haine forment un tout. Un tout universel, un ensemble suprême qu’on pourrait appeler le divin ou encore Amour.

L’amour que l’homme n’atteindra jamais. »

C’est sur cette phrase que commence chacune des 4 BD de l’excellente série de Bertolucci (dessinateur) et Frédéric Brrémaud (scénariste).

Cette phrase sera la seule et unique de ces BD « muettes ».  Elle sert d’ailleurs plus d’explication à l’étrange titre de cette série animalière qu’à la série elle-même.

Quatre tomes parus à ce jour :

le tigre

le renard :

le lion :

les dinosaures :

Chacune de ces BD nous fait spectateur d’une tranche de vie de ses animaux, et nous permet de ressentir, grâce à la perfection du dessin et la maîtrise de la mise en scène, toute la palette des « sentiments » de ces bêtes. Leur faim, leur peur, leur colère, leur frustration, leur joie, le talent des deux auteurs nous les fait ressentir avec pudeur et respect et avec une justesse jamais égalée par aucun documentaire animalier qu’il m’ait été donné de voir.

La lecture de ces albums laisse une sensation très forte, difficilement définissable, sauf peut-être par le titre même de la série.

Je conseille fortement cette série à tout le monde, sans limite d’age, quels que soient vos goûts.

Vous la trouverez au Pôle Jeunesse de la BFM, à la côte ADO BD LOV

Même Barack Obama vous le recommande! 🙂

(J’ignore si cette photo est authentique…)

 

Les fragiles

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fragiles-couvgfLes fragiles

de Cécile Roumiguière

chez Sarbacane

 » Je m’appelle Drew.

Drew.

Drew Castan, dix-sept ans, toutes mes dents. Drew, Drew Castan… Arrête, Drew ! La tempête, les images. Faut les bloquer. Des bulles acides. Les crever. Je voudrais vomir.

J’ai envie de vomir depuis l’âge de neuf ans, depuis ce jour où mon père a lancé ce « sale nègre » par la vitre de la camionnette. Pas son premier « sale nègre », mais ce jour là, le nègre, c’était Ernest, le gardien du stade. Ernest qui m’encourageait tous les mercredis depuis deux ans chaque fois que je flanchais. Ce mercredi-là, il a traversé en dehors des clous, il aurait pas .  »

Entre Andrew, son père Cédric et sa mère Cindy la vie n’est qu’une longue suite de rendez-vous ratés.

D’abord entre Cindy et Cédric, trop jeunes et immatures, qui font un enfant par hasard et passent le reste de leur vie à se le reprocher. Leur passion n’a pas résisté à la naissance d’Andrew et aux contraintes liées à son existence : plus de virées avec les potes à boire toute la nuit et faire la fête et ça, Cédric ne l’a pas supporté. Les cris, les coups, les réconciliations ont pourtant tristement cimentés le quotidien du couple.

Andrew assiste au naufrage, coincé entre une mère qui couve son fils, se félicite de sa sensibilité, et un père pour lequel il n’est jamais à la hauteur.

Celui-ci, qui ne voulait pas d’enfant, est doublement déçu : il voulait un vrai petit « mec », qui aime le sport, les filles, les armes, boire un coup, un garçon pas compliqué qui voit le monde comme lui en noir et blanc.

Il hérite d’un fort en maths dégingandé et ne lui épargne aucune humiliation.

Andrew, qui a longtemps espéré ne serait-ce qu’un regard de complicité de son père, sombre. Adolescent solitaire, harcelé, il se mutile sans que ces parents ne comprennent ou ne trouvent le mots pour parler de son mal être.

Sa rencontre avec Sky, une fille aussi paumée que lui, ne va pas empêcher le drame.

Comment concilier le besoin d’amour et le mépris qu’Andrew éprouve pour son père ?

Cédric représente tout ce qu’il déteste : il est violent, raciste, homophobe.

Et pourtant…

«  Papa… on aurait pu s’aimer. J’aimais bien, petit, quand tu me portais sur tes épaules. Tu courais, on rigolait…

Tu vois, il reste quand même des images, collées au fond de mon crâne. T’aimes pas les gens, t’aimes pas les Noirs, t’aimes pas les Arabes… tu t’aimes pas. Mais moi, j’aurais pu t’aider, il aurait juste fallu te dire que t’étais un chouette père. »

C’est un très beau roman, émouvant, très sombre aussi. J’ai beaucoup aimé la fin, loin du happy-end convenu mais en cohérence avec la tonalité du récit.
Ce roman fait partie de la sélection pour le prix Izzo de la ville de Limoges.

La culture à Limoges

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images

 

On sait on n’a pas de TGV. On sait Le Limousin c’est comme le gruyère rempli de trous. On sait la porcelaine et le basket à part ça??? Limoges c’est plein d’énergies bienveillantes et positives. Ce sont des partenariats culturels qui se déploient à travers les écoles, les bibliothèques, les associations.

Pour preuve quelques exemples :

Galerie-fabrique d’images Ronéo et Zinette .

Projet porté par Eva Offredo, illustratrice et prof dans un lycée d’art (La Souterraine) avec deux acolytes Benoit Pair et Chami. Action : Ouvrir le champ des imaginaires possibles à travers l’art, la sérigraphie, le contact humain. Première exposition : MASK et en parallèle à la BFM exposition des originaux des derniers livres d’Eva (Matcha, Kiki, Le roi, la graine et leurs enfants).

 

              Association Mastulues

Emmanuelle nous apprend à regarder l’image et comprendre le cinéma d’animation à travers des découvertes artistiques, des médiations dans les bibliothèques, les écoles.

 

Et pour finir, à quelques kilomètres, la deuxième édition du festival Lost in Limoges… Couzeix les 8 et 9 juillet 2017.

L’année dernière l’organisation était sensas et le lieu super, alors bis répétitas cette année, avec en tête d’affiche Peter Doherty, Foal, Talisco…

 

Alors … on n’est pas bien là ??? Et quand on s’éloigne un peu on va découvrir du cirque contemporain à Nexon, des expositions d’art contemporain à Rochechouart, une bouffée de contes à Vassivière.

Culottées

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Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent

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Pénélope Bagieu livre un recueil de quinze portraits de femmes qui ont bousculé les préjugés et les codes de leurs époques. Des femmes qui n’acceptaient pas non comme réponse, qui sont allées au bout de leurs envies. Des destins très variés à travers de nombreuses époques : on recense une exploratrice, une guerrière, des femmes plus connues comme Josephine Baker, Tove Jansson ou des femmes qui se sont battues pour des choses qui leur tenaient à coeur, comme Giorgina Reid qui a lutté pendant 15 ans contre l’érosion de la côte pour sauvegarder le phare de Montauk, sans l’aide des autorités.

Ces portraits sont très intéressants et la lecture se fait avec plaisir, cependant un petit regret c’est qu’ils soient si brefs. C’est parfois difficile de résumer en quelques pages des vies si riches ! Mais c’est l’occasion de découvrir des femmes fascinantes, certaines n’étant que peu connues (pour ma part un grand nombre furent une découverte !)

La lecture de ces portraits est disponible en livre ou sur le blog Les culottées : http://lesculottees.blog.lemonde.fr/

les-culottees-tove-jansson-penelope-bagieu

Eurêk’art !

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Après les jeux d’écriture proposés il y a quelques mois, un livre pour jouer encore, mais avec des oeuvres d’art…

livre_grand_242(Philippe Brasseur : Eurêk’art ! Le livre-jeu du regard

Palette…, 2016)

« Voici un livre pour jouer à regarder les œuvres d’art, seul ou à plusieurs. Un livre où c’est le spectateur qui est au centre : ce qu’il voit, ce qu’il pense, ce qu’il ressent face à une œuvre d’art. Comment ? Par le jeu et l’imaginaire, deux clés en or pour entrer dans le monde de la création.

Un livre dont VOUS êtes l’acteur, où c’est VOUS qui écrivez l’histoire en racontant ce que VOUS y voyez.

Le principe du livre : les pages sont coupées en deux

– En haut, choisissez l’image qui vous plaît parmi 30 chefs-d’œuvre.

– En bas, choisissez parmi 30 consignes créatives vous invitant à porter un regard personnel et décalé sur ces images.

– Découvrez 900 regards sur l’art ! » (cf. Présentation éditeur)

Philippe BRASSEUR travaille sur la lecture de l’image depuis de nombreuses années, tant avec des adultes que des enfants. Riche de ces expériences, il nous propose un livre original et ludique.

Vous avez compris le principe : vous ouvrez le livre au hasard, vous découvrez une oeuvre d’art (essentiellement des reproductions de tableaux) et vous choisissez une consigne. Certaines sont insolites, comme « Cette image représente peut-être un de vos défauts. Qu’y voyez-vous que vous n’aimez pas chez vous ? » ou bien « Regardez cette oeuvre à l’envers. Voyez-vous une autre image apparaître ? » ou encore « Qu’est-ce que l’artiste a choisi de ne pas représenter ?« …

Certaines sont techniques ou plus classiques, certaines s’adaptent mieux à une oeuvre qu’à une autre, mais toutes favorisent un vrai questionnement – même à propos d’oeuvres qu’on croit connaître et qu’on n’a, en fait, jamais regardé aussi attentivement.

C’est simple, mais efficace. On peut jouer seul ou avec des copains, on peut y passer quelques minutes ou se laisser prendre au jeu et on peut même inventer de nouvelles consignes…

Un livre indispensable pour les prochaines vacances !