Emmurées

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 Emmurées d’Alex Bell chez Milan

 »  Les fille jouaient encore avec les poupées Frozen Charlotte.

– Qu’êtes vous en train de faire ? demanda la directrice .

Les élèves levèrent la tête vers elle.

– Nous organisons un enterrement pour les Frozen Charlotte, mademoiselle Grayson.

– Arrêtez immédiatement, ordonna l’enseignante. Je n’ai jamais rien entendu de si macabre.

– Mais, mademoiselle Grayson, répondit l’une des jeunes filles, elles aiment être mortes. C’est elles qui nous l’ont dit. »

Jay, le meilleur ami de Sophie a téléchargé une planche Ouija sur son téléphone portable. La planche Ouija est sensée correspondre avec l’au delà : il faut lui poser des questions précises et un curseur se déplace sur l’alphabet.

Bien qu’ils soient dans l’environnement rassurant d’un bar, à manger des frites, la planche, à la grande surprise et à l’effroi de Jay et Sophie répond. Elle dit être Rebecca Craig, cousine de Sophie, accessoirement décédée depuis quelques années. Jay ayant la mauvaise idée de demander la date de sa mort, la planche lui révèle qu’il va mourir le lendemain ce qu’il ne manque pas de faire en tombant dans le canal .

Sophie inconsolable est envoyée changer d’air en Ecosse chez son oncle. Elle a trois cousins : Piper, Cameron et Lilia.

Des son arrivée elle ne se sent pas à sa place, si Piper l’accueille chaleureusement, Cameron est détestable. Il est vrai que pianiste virtuose il a eu la main brûlée dans un mystérieux incendie et ne peut plus depuis, exercer son art. Quant à Lilia une bonne thérapie ne serait pas de trop !!!

Mais de curieuses poupées hantent la maison.

«  Tout à coup, quelque chose me mordit l’intérieur de la bouche. Fort. Je sentis des petites dents aiguisées qui n’étaient pas les miennes se planter dans ma joue. Ma chair se déchira et je sentis le gout du sang sur ma langue.

Je plongeai mes doigts dans ma bouche, attrapai la chose qui m’avait mordue .

C’était une des poupées, dont la peau de porcelaine blanche était couverte de sang. »

A ce moment précis toute personne normalement constituée prend un billet pour Nexon et se planque dans le wagon jusqu’au terminus.

Mais Sophie s’entête, il y a des fantômes, du sang, des larmes, c’est gore, j’adore !!!

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Boys don’t cry de Malorie Blackman

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« J’ai fixé Mélanie.

Elle n’avait pas 17 ans. Comment avait-elle pu être assez stupide pour tomber enceinte? Elle n’avait jamais entendu parler de la pilule ?

-Dante tu m’écoute ?

-Hein ?

J’essayais encore d’intégrer que Mélanie était mère quand elle a pris une grande respiration , puis une autre.

-Dante,c’est toi le père. Emma est ta fille.« 

 

Dante attend les résultats de ses examens avec impatience. Le courrier qui lui ouvrira les portes de l’université. De sa future vie.

Celle dont il a toujours rêvé.

Mais quand on sonne enfin à la porte, ce n’est pas le facteur , c’est Mélanie. Son ex-copine, dont il n’a plus entendu parler depuis des mois. Avec un bébé: le sien.

Le leur.

Être père à 17 ans? Il y a de quoi pleurer.

Mais les garçons ne pleurent jamais…

 

 

Un magnifique roman original car habituellement dans la littérature ce ne sont pas des garçons qui sont confrontés à cette situation. Il est aussi très bien écrit par Malorie Blackman (Entre chiens et loups) car il nous plonge dans la vision de deux personnages : le personnage principal Dante et son frère Adam.

Il y a plein de sujets abordés dans ce livre comme le passage de l’âge adolescent à l’âge adulte, l’amour, l’homosexualité et la vie de famille.

C’est un roman très émouvant avec des hauts et des bas dans la vie des personnages ce qui les rend attachants.

Je conseille ce roman à des adolescents ou à des adultes qui veulent ressentir beaucoup d’émotions fortes dans une histoire qui pourrait être vraie.

J’ai adoré ce livre pour plusieurs raisons: le style d’écriture avec la vision de deux personnages et l’histoire peu banale qui donne envie de terminer l’histoire d’un seul coup !

Rouille

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Rouille de Floriane Soulas

chez Scrineo

Paris, 1897, Violante, surnommée Duchesse est une des prostituées vedettes des  » Jardins mécaniques  » maison close de luxe.

 » Elles débouchèrent dans le patio qui avait donné son nom à la maison close. Un jardin de cuivre et d’étains s’y épanouissaient sous un imposant chandelier de fer et de cristal. Ca et la, des arbres mécaniques bruissaient doucement tandis que des fleurs à rouages déployaient leurs corolles articulées, exhalant de subtiles senteurs artificielles. »

Elle a été trouvé errant dans la ville sans mémoire.

Paris est une ville, ou les plus aisés vivent sous le Dôme, ont leur résidence secondaire sur la lune, et ou les autres survivent dans les mécabourgs hantés par des bandes d’enfants abandonnés.

Bientôt enfants et prostituées disparaissent. On retrouve leurs corps affreusement mutilés.

 » La prostituée était recouverte de bleus et de contusions. Violante laissa son regard errer sur les moignons sanguinolents de ce qui avaient été les mains de Satine. Elle se fit violence pour détailler le visage abimé de son amie. A travers l’expression de douleur qui tordait sa bouche, Violante devina les trous laissés par ses dents manquantes, arrachées elles aussi.  »

Qui est responsable de cette débauche de sadisme ? y-a-t-il un lien avec l’apparition de la « rouille » cette drogue mystérieuse.

Duchesse dont le meilleure amie Satine fait partie des victimes décide de se lancer à la poursuite des assassins tout en essayant de retrouver des traces de son passé.

Miam, miam : excellent roman, saignant à point, avec un univers à la foi  glaçant et merveilleux.

A consommer sans modération !!!

Topo

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Un nouvelle revue vient de faire son apparition à la Bfm :

C’est une revue en BD qui paraît tous les deux mois. Elle existe depuis 2016. Topo propose de raconter l’actualité, la société, la culture à travers des reportages, des portraits en bande dessinée. Le numéro de Mai-Juin propose des témoignages et un historique sur la gay-pride, un reportage sur le lien entre vêtements et stars de la musique, une visite au musée d’histoire naturelle de Londres ou encore un focus sur le métier de reporter de guerre…. Bref les sujets sont très variés !

Topo est créé par la même équipe de journalistes que La revue dessinée. Topo est né d’un désir de s’adresser à un public plus jeune (- de 20 ans, mais les plus vieux prendront aussi plaisir à la lire !) Voilà ce que Franck Bourgeron, directeur de la rédaction disait à Télérama en 2016 :

« Avec Topo, nous voulons donner des clés aux jeunes lecteurs ; au travers de reportages, de portraits, d’analyses ou de témoignages entièrement dessinés, nous leur proposons d’apprendre à décrypter l’actualité, à hiérarchiser les faits, les mettre en perspective… En nous servant de la grammaire très riche de la BD et de leur goût pour les images, nous voulons ramener les moins de vingt ans vers l’information. Topo est à la fois une pédagogie du dessin et une pédagogie par le dessin. »

Tout comme La revue dessinée, c’est une réussite.

« Le loup »

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Après l’impressionnant « Ailefroide altitude 3954 », récit d’une escalade dramatique qui détermina son choix de devenir dessinateur et non plus guide de montagne, Jean-Marc ROCHETTE nous livre une BD superbe dans une dominante de bleus glaçants sur le thème du loup.

BD qui vient de paraître chez Casterman, mise en couleurs par Isabelle Merlet.

Rochette l’a réalisée après une rencontre avec un berger de l’Oisans qui venait de découvrir cinquante de ses brebis égorgées par un loup.

A partir de ce récit brutal Rochette dessine une BD aussi forte que le combat du vieil homme d’Hemingway contre l’espadon.

Toutefois le « personnage » du loup d’abord louveteau orphelin rend nos sentiments à son égard très ambivalents, on respire quand Gaspard lui laisse la vie sauve, mais…

Mais, comme l’écrit Baptiste Morizot dans la postface « Aux mâles de notre culture, on a appris à transformer toute détresse et toute frustration en une seule chose, la colère, pour qu’ils n’aient pas l’air « faibles ». Sans bien réfléchir aux dégâts que cette éducation pourrait faire à l’histoire des sociétés humaines… »

Alors vient la confrontation, violente, tragique et qui pourrait devenir définitive pour l’un comme pour l’autre. Mais voilà, Rochette nous propose une histoire beaucoup plus subtile.

Au fil des images, on comprend mieux tout le cheminement des « personnages », on se réjouit, on a peur, on croit que tout est perdu… au milieu des rochers, de la neige, du vent glacial.

La postface de Morizot nous ramène sur terre et engage le débat sur « les formes du pastoralisme [qui] doivent changer pour cohabiter avec le loup, mais c’est aussi une opportunité de se réinventer et de donner une visibilité politique aux bergers qu’ils n’ont jamais eue dans l’histoire. »

« Gaspard est un vieux monsieur. Avec ses habitudes, ses rigidités. Pourtant, il a été capable de changer son fusil d’épaule, de se réinventer, de voir autrement sa relation au loup, à l’alpage qui le fait vivre et qu’il partage avec les chamois, les brebis, les abeilles et les prédateurs. De bricoler des formes étranges de réciprocité et de cohabitation, des pactes concrets, qu’il faut inventer, expérimenter, jusqu’à ce que ça marche. Et qu’on puisse enfin partager la terre. »

Une très belle aventure.

 

 

Le patient

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Une adolescente erre dans la rue, ensanglantée, un couteau à la main. La police découvre alors chez elle toute sa famille massacrée. Seule son frère, Paul, échappe à la mort. Il restera dans le coma pendant plusieurs années, pour finalement se réveiller à 21 ans.

A son réveil il est pris en charge par Anna, une psychologue spécialisée en criminologie. Elle veut l’aider à se remémorer cette nuit-là, à combler ses trous de mémoire… La soeur de Paul a-t-elle vraiment commis ce massacre ? Qui est cette homme en noir qui terrorise Paul dans ses cauchemars ?

Après Ces jours qui disparaissent Timothé le Boucher revient avec un polar psychologique, une histoire de manipulation malsaine. Le scénario tient le lecteur en haleine, c’est brillant et bien mené.

Milly Vodovic – Nastasia Rugani – Editions MeMo

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Cette lecture a été un coup de poing dans le ventre.

La famille de Milly est arrivée dans le fin fond des Etats-Unis pour fuir la guerre en Bosnie-Herzégovine. Milly a perdu son père dans le conflit; maintenant il reste  Petra la maman, Deda le grand-père, Almaz son frère. Tous subissent le racisme et la haine qu’on jette aux gens « pas comme nous ».

« Aux yeux des habitants de Birdtown, la vérité a aussi peu d’intérêt qu’un paquet de cigarettes vides. Être la fille d’une immigrée bosniaque, et la sœur d’un musulman, suffit à représenter un danger pour la communauté; de la graine de terroriste ».

On lit dans ce texte la rébellion de Milly, qui du haut de ses 12 ans n’a pas peur de renvoyer balader les Cooper, propriétaires d’une grosse partie de la ville. Elle n’accepte pas de baisser la tête devant Swan réputé pour cogner avant de penser.

Mais la tragédie est là qui attend devant la bibliothèque de Birdtown où meurt son frère lmaz, assassiné.

L’esprit de Milly va se dissocier. Elle survit en essayant de comprendre pourquoi son frère s’est fait tué et en même temps elle le cherche dans un univers fantasmagorique où les Mange-coeurs sont au service de Popeline.

Le destin est-il inéluctable? certains sont-ils condamnés à subir la vie?

La poésie de l’écriture nous fait digérer l’injustice de certaines scènes et la cruauté des hommes, quant à la fin: elle nous cloue le bec!

L’illustration de couverture créée par Jeanne Macaigne symbolise très bien toutes les émotions par lesquelles on passe en lisant ce très grand roman (conseillé à partir de 15 ans)

Prix Sorcières 2019 !!