Nous les menteurs

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Dans la famille Sinclair on est beau, riche, sportifs, intelligents… la crème de la crème. Et rien ne doit troubler cette image si lisse et parfaite. Il faut ravaler ses sentiments, ses rancoeurs, même ses envies si elles ne collent pas avec la volonté de Harris Sinclair le patriarche tout puissant.

L’été, ses trois filles et leurs enfants débarquent à Beechwood, leur ile au large du cap Cod. Cadence, l’ainée des petits enfants se fait une joie chaque année de retrouver ses cousins Mirren et Johnny, et Gat, la pièce rapportée, neveu du nouveau compagnon de sa tante Carrie. Chaque famille à sa propre maison, des domestiques sont là pour assurer de délicieux repas entre les baignades et les promenades…bref un paradis pour gens fortunés. Mais petit à petit les non-dits remontent à la surface et le vernis commence à se craqueler. Cadence manque de se noyer lors de ses 15 ans, et si elle ressort vivante de cet accident, sa mémoire a effacé une partie de cet été là…

Un roman qui a déjà 3 ans et que je n’avais pas encore lu ! Je me suis laissée embarquer à Beechwood, dans cette atmosphère étouffante pour voir les dessous de cette famille si parfaite. Un roman qu’on ne repose qu’une fois terminé !

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Passionnément, à ma folie

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Passionnément, à ma folie

de Gwladys constant aux Éditions du Rouergue

«   Et je suppose que si Marilène n’était pas sortie avec Marien, qui était en 1reS2 et qui fumait, je n’aurais pas rencontré William V .

Et le plus fou dans cette histoire, c’est de réaliser à quoi tient la vie.

Une option théâtre, une copine amoureuse et une clope.

Au début , on ne voit pas bien le rapport avec une lame de rasoir.

Mais, au bout d’un moment, c’est comme un puzzle, ça forme une image d’une netteté implacable. 

Et alors, on ne peut plus jamais avoir confiance en la vie-parce qu’une cigarette à la récré de dix heures peut déclencher la plus implacable des tragédies intimes.

Et la tragédie, c’est bien connu, est une machine que rien n’arrête une fois lancée.  »

Gwenaëlle n’a rien vu venir, ou c’est ce qu’elle se raconte. Face à elle-même, dans la solitude de sa chambre à la clinique, elle essaie d’analyser, de comprendre. Qui est vraiment William, le garçon dont elle est tombée follement amoureuse.

Sa rentrée en première au lycée Camille Claudel s’est pourtant bien passée. C’est encore une adolescente passionnée, sensible, heureuse de vivre.

Et quand William, le garçon le plus populaire du lycée vient vers elle, elle le ressent comme le plus fou des cadeaux .

Mais, dès les premières phrases échangées, une minuscule, infime lézarde a déjà fissuré cette relation naissante. Une petite chose insignifiante qui porte en germe les violences à venir :

le mépris affiché de William pour le livre qu’est en train de lire Gwenaëlle et la réaction de celle-ci, honte, tentative de justification comme si d’emblée elle lui accordait le droit de décider pour elle .

Rapidement il l’isole de sa famille, de ses amis, la rabaisse, l’humilie.

L’alternance de déclarations enflammées et de dénigrement systématique déstabilise l’adolescente qui accepte tout, renie ses choix, ses opinions et malgré les avertissements de son entourage s’enferre dans une relation toxique qui la détruit peu à peu.

Et lorsque le couperet tombe, la séparation, elle ne voie comme issue que la mort.

C’est un très bon roman qui décrit avec efficacité les mécanismes de manipulations et de destruction d’une personnalité.

Louise en hiver – Film d’animation de Jean-François Laguionie

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Magnifique film d’animation qui traite de la solitude liée à la vieillesse, des souvenirs, du temps qui a passé.

Laissée seule à Biligen, Louise, une vieille dame, se reconstruit un quotidien dans cette station   balnéaire que tous les touristes ont désertés. Ses journées sont ponctuées par la douche, la pêche, les repas, promenades et écriture.

Une douce tranquilité nous absorbe tant par la voix de Louise que par sa cadence. Les mois s’égrainent et un autre personnage fait son apparition. Le chien Pépère. Vieux lui aussi, il sera le compagnon de route, l’ami, l’oreille attentive.

Sans pathos, Jean-François Laguionie met en lumière l’exclusion  des personnes âgées  car pas assez dynamiques, qu’on laisse car elles représentent la fin de vie. On alterne entre les vagues du passé et celles du présent jusqu’à arriver à un état de sérénité.

Toute cette ambiance est portée par des images réalisées à la gouache et aux pastels qui rendent la mer et le ciel si beaux ou si tourmentés.

 

Vous trouvez le dvd à la Bfm et plus largement les créations de Jean-François Laguionie.

Connexion immédiate

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Penny va quitter le lycée pour l’université. Nouvelle ville, nouveau départ loin de sa mère envahissante, de son petit ami insipide au possible… Penny est bizarre, elle ne rentre pas dans le moule et ne souhaite pas y rentrer. Elle se pose beaucoup trop de questions par rapport à ses camarades, et est un peu nerd sur les bords.

Sam travaille dans un café. Il y vit aussi car il est sans domicile. Il a vingt ans, une mère alcoolique et accro au téléachat et pas d’avenir devant lui. Il vit au jour le jour en essayant d’oublier son ex petite amie…

Vous vous en doutez le chemin de Penny va croiser celui de Sam…

Un roman young adult qui ressemble à beaucoup d’autres… Il n’est pas déplaisant à lire, mais les personnages secondaires sont très peu travaillés, ce qui fait que tout tourne autour de Sam et Penny, rendant le tout parfois un peu longuet. Il y a des thèmes intéressants abordés notamment celui de la pauvreté.

Un livre pour l’été, pas prise de tête mais qui du coup s’oublie vite une fois refermé.

L’étrange bibliothèque

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« La bibliothèque était beaucoup plus silencieuse qu’à l’ordinaire.

(…) Dans l’espace réservé au prêt était assise une femme que je n’avais jamais vue, occupée à lire un ouvrage très épais. Un livre dont les pages déployées avaient une largeur considérable. On aurait dit qu’elle lisait à l’aide de l’oeil droit la page de droite et de l’oeil gauche la page de gauche.

« Excusez-moi », lui dis-je.

Elle reposa bruyamment son ouvrage sur la table, leva la tête et me regarda.

« Je viens rapporter ces livres » fis-je. Et je déposai sur le comptoir les deux volumes que je tenais dans les bras. C’était : Comment construire un sous-marin, pour l’un des deux, et Souvenirs d’un berger, pour l’autre.

Elle retourna la couverture des livres, vérifia la date de prêt. Bien entendu, j’étais parfaitement dans les temps. Je suis très scrupuleux et j’observe consciencieusement les délais prescrits. C’est ce que ma mère m’a enseigné. Les bergers en font autant. Si un berger ne respectait pas les horaires, ses moutons seraient complètement affolés.

Elle imprima un vigoureux coup de tampon signalant « rendu » sur la carte de prêt puis retourna à sa lecture.

« Je cherche un livre… déclarai-je.

-Descendez l’escalier, et puis à droite, répondit la femme sans lever la tête. Avancez tout droit jusqu’à la salle 107. »

A partir de là, le garçon et nous-mêmes nageons en plein cauchemar dans les caves de la bibliothèque.

***

Après la lecture de « L’étrange bibliothèque« , petit ouvrage atypique de soixante-treize pages, paru en 10/18 en 2015, n’hésitez pas à profiter des visites organisées à la BFM pour vérifier que ses sous-sols ne recèlent pas des espaces aussi mystérieux !

L’atmosphère très particulière du récit de Haruki MURAKAMI est amplifiée par les illustrations de Kat MENSCHIK, originales et un peu inquiétantes.

« Un moment après que le vieillard eut disparu, la fillette entra dans la pièce. Comme toujours, elle entrouvrit à peine la porte et se faufila à l’intérieur.

« C’est la nuit de la nouvelle lune », dis-je.

La fillette s’assit paisiblement sur le lit. Elle paraissait extrêmement lasse. Son teint était plus pâle que jamais, elle semblait si fragile et transparente que je voyais presque le mur à travers elle.

« C’est à cause de la nouvelle lune, fit-elle. La nouvelle lune nous dépossède de toutes sortes de choses. »

Encore plus de bonheur

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Encore plus de bonheur

de Rachel Corenblit

aux

Editions du Rouergue

 » Le premier qui me dit que j’ai exagéré,

je lui pète les dents.

Le premier qui me sort l’explication de la crise

d’ado, je lui arrache les yeux.

Le premier qui relativise et me parle de

la guerre, des enfants qui meurent de faim,

des attentats, de la mondialisation, des

politiciens corrompus, du réchauffement climatique, je lui tanche la langue.

Le premier qui évoque les dictons, proverbes

et autres pensées positives du genre :

après la pluie, le beau temps ou à vaincre

sans péril, on triomphe sans gloire, je le scalpe.  »

Ceci est un manifeste, le manifeste tout en subtilité d’ Angela Milhat, classe de seconde : paroles à graver dans le marbre qui évoquent peut être quelque chose comme : foutez moi la paix !

-Je ne sais jamais si je dois mettre f avec des points de suspensions version hypocrite, f….. moi la paix, ou si je la joue franchise absolue auquel cas je pourrais écrire : arrêtez de m’……. !

En tout état de cause Angela Milhat ne supporte plus ses parents :

Pierre Milhat le père, en crise lui aussi, dans le genre végétarien, coton bio, jus vert (mes poils se hérissent sur mes bras à la pensée d’ingérer le matin à jeun quelque chose qui ressemble, ne nous mentons pas à de la bouse de vache très liquide), Agnès Faucher, la mère qui a trouvé l’amour dans les bras de Joëlle et non  : qui a trouvé l’amour dans les bras de Joël. Deux petites lettres en plus qui font toute la différence pour Angela (jalousiiiiie de femme ?!)

Alice meilleure amie devenue ennemie jurée pour cause de captation éhontée du petit ami potentiel Antoine Fallieri.

Antoine Fallieri, dont la libido reste de glace face à la plastique pourtant renversante d’Angela

Et horreur absolue, apocalypse, peste noire, gastro, fièvre Ebola, rhinite allergique il y a:

FELIX ARTHAUD

C’est très très drôle, j’ai beaucoup aimé !