Jolly Jumper ne répond plus

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Lucky Luke vu par Bouzard ça donne une BD tordante. Avec un humour plein de non-sens, Bouzard reprend les codes de la série pour les détourner.

Jolly Jumper fait la tête à Lucky Luke, qui ne sait absolument pas pourquoi. Les Daltons qui sont en prison veulent le voir parce que Ma Dalton a été kidnappée. Et personne ne le reconnaît car il n’a pas la même chemise que d’habitude… bref une histoire qui part dans tous les sens pour le plus grand plaisir du lecteur. C’est bourré de clins d’oeil et références, de gags à répétitions et dialogues sans queue ni tête. Une BD légère et amusante de Bouzard, qui est un  habitué de Fluide Glacial.

Solar Impulse : l’avion solaire

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L’ incroyable histoire de l’avion solaire

 

Bertrand Piccard et André Borschberg

textes de Johanne Bernard

De la Martiniere Jeunesse, 2015

 

Et si l’énergie solaire devenait la principale source de demain. Solar Impulse 2 est l’exemple concret de ce que l’on peut espérer: une énergie verte et fiable. Cet avion conçu par Bertrand Piccard, copilote et concepteur du « Solar Impulse  » est une merveille de technologie, mais aussi un projet qui va révolutionner le transport aérien.

 

 

Bertrand Piccard  : « Je vous promets que dans moins de dix ans, nous aurons des avions électriques qui transporteront 50 personnes sur des vols « court- courriers ». Ce ne sera pas tout de suite des avions solaires qui créeront leur propre énergie en plein vol comme « Solar Impulse ». Je vois plutôt des avions branchés sur le secteur électrique au sol et qui devront donc être chargés avant de pouvoir décoller. Cela va permettre des atterrissages d’avions silencieux et non polluants, tout près des villes sur des aéroports urbains. L’aérien a toujours été un porte-drapeau de l’innovation et il peut devenir un leader des nouvelles technologies propres : si on peut réaliser quelque chose dans les airs, on peut forcément le faire au sol. L’aérien doit être un exemple et montrer que tout le monde peut le faire ».

La Libre.be du lundi 19 décembre 2016

 

 

 

Un enfant de pauvres

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Un enfant de pauvres

de Christophe Honoré et Gwen Le Gac

chez Actes Sud junior

 »  On ne devient pas pauvre du jour au lendemain, mais c’est du jour au lendemain qu’on décide qu’il faut faire attention à l’argent. Je ne comprenais pas grand-chose à l’argent quand j’avais huit ans. Je me doutais qu’un blouson coûtait plus cher qu’un tee-shirt. Mais j’étais incapable de mettre un prix sur les choses. J’ai appris. Quand je dis j’ai appris, ça signifie que principalement , j’ai appris à dire  » non ».

Une vie « normale », des parents aimants, un appartement avec les palmiers sur le balcon, les vacances, le centre aéré avec les copains. Et puis insidieusement la gêne s’installe et le monde rétrécit.

Le centre aéré devient trop cher, l’appartement se vide de peu à peu de tout se qui faisait son attrait. On trie l’indispensable et le superflu en ce disant qu’on peut se séparer d’un tableau, d’un vase, ou d’un tapis. On fait du cocon familial une coquille vide mais que faire d’autre quand le il n’y a plus de salaires à la fin du mois.

Le chômage est là et tout devient un luxe inaccessible.

Bientôt l’indispensable disparaît à son tour et le couple ne résiste pas au désespoir.

«  On a tout étalé sur le trottoir, tout ce qui nous restait. Ma mère a dit : «  Et voila, notre vie tient sur deux mètres carrés ! »

Il y avait une cocotte-minute, un grille-pain, des cendriers, des lampes de chevet, des housses de couette, une gaufriere, un appareil à raclette, une machine à coudre, des coussins, une valise, un panier de pique-nique en osier, des rideaux, des livres, des DVD, un miroir, des paires de chaussures, des écharpes, des serviettes de toilette, un porte-manteau, un guéridon peint en rouge, les palmiers, mon vélo…  »

Pour Enzo la pauvreté est l’apprentissage de la solitude et de la honte.

Être pauvre c’est se couper des autres , s’extraire du monde des actifs, de ceux qui partent tous les matins vers l’eldorado : un travail.

C’est refuser les invitations qu’on ne pourra rendre par manque d’argent et parce qu’on a honte de l’endroit dans lequel on vit.

C’est faire les courses avec une calculette : farine, pâtes, huile … ah zut c’est fini !

C’est regarder autour de soi l’envie au ventre.

C’est la frustration de se dire toujours non et non et encore non ce n’est pas pour nous.

Le texte est très sobre et les illustrations et photos magnifiques.

C’est un très bel album nécessaire.

Nulle et Grande Gueule

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Joyce Carol Oates est un auteur très prolifique. Vesperr avait adoré Nous étions les Mulvaney et j’avais beaucoup aimé deux de ses romans pour ados : Sexy et Ce que j’ai oublié de te dire. La lecture de Nulle et Grande Gueule (même si je trouve le titre complètement raté …) ne m’a pas déçue !

Ursula est une lycéenne. Elle est mal dans sa peau, notamment à cause de sa grande taille. Cela lui permet pourtant de briller au basket, sa passion. Elle s’est forgée un personnage qu’elle surnomme La Nulle, une carapace contre l’extérieur. Totalement solitaire, elle se contrefiche de l’avis de tout le monde : profs, parents, coéquipières de baskets, camarades de lycée… Matt, lui est toujours bien entouré. Il fait parti d’une bande d’élèves populaires, écrit pour le journal, aime faire rigoler les autres… Jusqu’au jour où il est accusé d’avoir posé une bombe au lycée et planifié une tuerie de masse. Si il se dit un premier temps qu’il va être facile pour lui de prouver que ce n’est pas le cas, il va vite déchanter… Il se retrouve isolé face aux rumeurs, au harcèlement. Jusqu’au moment où Ursula, qui ne cède pas face à l’effet de groupe, décide de lui tendre la main…

Encore un très bon roman de Joyce Carol Oates. La société lycéenne est très bien dépeinte, ainsi que l’hystérie qu’entraîne ce genre d’événement : l’emballement médiatique, les personnes misent du jour au lendemain au ban de la société… Comment une petite phrase peut déclencher une avalanche de problèmes pour soi, et son entourage.

 

Un petit doigt tordu…

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Les vacances, moment propice pour découvrir d’autres régions !

Et si vous partiez pour l’Ardèche

« A  la découverte de la grotte Chauvet Pont d’Arc »  ?

grâce aux explications de Sébastien GAYET et aux illustrations de Julien BILLAUDEAU

(Actes sud junior, 2016)

« En 1994, trois spéléologues découvrent près du Pont d’Arc, en Ardèche, une magnifique grotte ornée. Ils ne se doutent pas alors que les fresques qui se présentent à leurs yeux ont été peintes il y a 36 000 ans.

Bisons, aurochs, chevaux, mais aussi lions et ours y apparaissent dans toute leur splendeur, dessinés par de vrais artistes, les peintres aurignaciens, au savoir comparable à celui de Michel Ange.

Ce bestiaire ancestral témoigne de la culture et de la vie d’une civilisation très ancienne, maîtrisant le feu et aimant la musique. Une mine de renseignements pour les archéologues,

un plaisir pour les amateurs d’art. Et un voyage incroyable dans le temps, à la rencontre de nos ancêtres… » (Présentation 4ème de couverture)

Ce documentaire a obtenu en 2016 le Prix Amerigo-Vespucci (décerné par le Festival International de Géorgraphie de Saint-Dié des Vosges).

La grotte est désormais protégée, afin d’éviter les erreurs commises à la grotte de Lascaux dont les peintures ont été abîmées par vingt ans de visites qui ont bouleversé son équilibre naturel, toutefois deux campagnes scientifiques s’y déroulent chaque année menées par des spécialistes (archéologues, pariétalistes, géomorphologues, hydrologues, paléontologues et autres experts en préhistoire) qui « inspectent et scrutent la grotte dans ses moindres détails. Chaque trouvaille, une crotte, un bout d’os ou une touffe de poils, peut donner de précieux indices… L’objectif est de comprendre qui étaient ces femmes et ces hommes qui vivaient sur notre territoire il y a 36 000 ans ». (cf. p. 18 op. cité)

La grotte Chauvet a également été inscrite en 2014 au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Mais vous pouvez toutefois découvrir ses richesses grâce à une copie à l’identique, construite à Vallon Pont d’Arc, et ouverte en 2015.

Vous y apprendrez, entre autres, que les hommes n’ont pas vécu dans cette grotte humide et dangereuse à la différence de l’ours des cavernes qui y venait hiberner ou mettre bas.

Les hommes attendaient le printemps, quand les ours quittaient la grotte, pour dessiner sur ses parois. Une vingtaine d’empreintes de pieds ont été découvertes dont celles d’un enfant ou d’un adolescent, ainsi que les empreintes d’un chien (ou d’un loup ?).

Et, parmi les artistes qui ont laissé leurs traces sur les parois de la grotte, les pariétalistes ont pu identifier une femme de petite taille (ou un adolescent) et un adulte d’environ 1,80 mètre au petit doigt tordu…

Le livre de Sébastien Gayet et Julien Billaudeau donne beaucoup d’autres renseignements sur le bestiaire peint ou gravé de cette grotte et la vie des Aurignaciens en général.

Pour prolonger la visite, vous pourrez jouer avec vos frères et soeurs au passionnant et très pédagogique « jeu des 7 familles de la grotte Chauvet Pont d’Arc« , créé par Antoine, Juliette et Nelly Combier et édité en 2017 grâce au collectif  « Traverse d’imaginaires » et à une souscription :