Archives de Catégorie: Documentaire

BOTANICUM – Editions Casterman

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Texte de Kathy Willis Illustrations de Katie Scott

Ce livre est un magnifique ouvrage sur les plantes dans toutes leurs variétés.

 

C’est à la fois un documentaire puisqu’il répond à de multiples questions : depuis quand sont-elles là? où vivent-elles? Et c’est aussi un livre qu’on a plaisir à feuilleter pour la beauté des planches.

Champignons, algues, graminées, fleurs sauvages ou cultivés. Aucun élément végétal n’est oublié .

Botanicum/ Casterman

 

 

Henri Cartier-Bresson

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« 1945. Les Alliés marchent sur les camps et le monde découvre l’horreur nazie. À Dessau, en Allemagne, une rescapée reconnaît sa délatrice et la gifle. Henri Cartier-Bresson, alors sur place, capture ce geste dans une image qui deviendra emblématique…
Tout à la fois roman graphique et biographie, « Henri Cartier-Bresson, Allemagne 1945 » raconte l’homme libre, profondément humaniste, qu’était Cartier-Bresson. L’ouvrage est accompagné d’un portfolio et d’un dossier documentaire rédigé par Thomas Todd, spécialiste de l’oeuvre du photographe, sous l’égide de la Fondation Henri Cartier-Bresson. » (Présentation Fondation Cartier-Bresson)

 

jaquette-speciale-exe-hcb-1-728x882(90 pages de BD par Jean-David Morvan et Sylvain Savoia et plus de 40 pages de portfolio et de dossier

édités par Dupuis, coll. Aire Libre / Magnum photo / la Fondation H.B.C., 2016)

Une BD très fluide au dessin efficace pour parler de ce photographe majeur du 20ème siècle. Elle commence en 1946, alors que Cartier-Bresson retrouvant son ami Capa se souviennent de la guerre d’Espagne qu’ils ont couverte tous les deux. Puis retour en arrière, mai 1940 dans les Vosges, c’est la « drôle de guerre », Cartier-Bresson prudent enterre son fameux appareil Leica acquis en 1932 et fait porter une boîte de ses tirages à son père. Sage précaution car il ne va pas tarder à être pris par les Allemands et envoyé au Stalag V dont il arrivera à s’évader après plusieurs tentatives.

Il assistera à l’arrivée du Général de Gaulle à Paris et la Libération, il se rendra au village martyr d’Oradour-sur-Glane quelques mois après le 10 juin 1944, puis Dessau en 1945 où il prendra sa photographie devenue une icône…

« Alors comme ça tu joues les photoreporters ? Oh, pas vraiment… (…) Disons que je veux témoigner… Pour montrer que la liberté a un prix et que ça vaut le coup de se battre pour elle. Même armé d’un simple Leica ! »

Les cinquante pages de dossier qui suivent la BD sont également intéressantes, regroupant quelques photos connues ou moins connues de Cartier-Bresson et des commentaires de Thomas Tode, cinéaste documentaire et chercheur.

Prodige ou prodigue ?

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Pour l’année 2017, ne vous trompez plus entre les mots d’une même famille, ne confondez plus « balade » et « ballade », maniez correctement antonymes et paronymes , évitez les contresens du style « avatar » et « mésaventure » et sachez une bonne fois pour toutes que vous devez dire « une espèce de »…

Isabelle LASFARGUE-GALVEZ a dressé pour l’indémodable série des « Bescherelle » édités par Hatier, une liste de « Mots périlleux, mots savoureux » :

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« Un rappel étymologique, une brève explication, une astuce ou une illustration malicieuse vous inciteront à dédramatiser cette peur de mal dire. Des citations célèbres vous mèneront du côté de chez Proust, Molière ou encore Montesquieu pour vous accompagner dans la découverte des subtilités de la langue française et dans la délectation de ces mots savoureux. » (cf. présentation éditeur)

Les illustrations humoristiques de Mathieu SAPIN rendent l’ouvrage plus plaisant qu’un simple dictionnaire.

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Quand la nature inspire la science

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Quand la nature inspire la science : histoire des inventions humaines qui imitent les plantes et les animaux

Auteur :Mat Fournier

photos de Yannick Fourié

Édition: Plume de carotte

 

Il suffit d’observer la nature pour inspirer la science. C’est ce que font de nombreux chercheurs et inventeurs. Cette observation, utilisée dès la préhistoire, est appelée le biomimétisme. On utilise la nature en s’inspirant des formes, des procédés, et de l’efficience des écosystèmes.

L’exemple le plus parlant est celui de Léonard de Vinci, qui observait les oiseaux.

 

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Vers 1485 , Léonard De Vinci dessina les tous premiers plans des machines volantes.

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C’est en 1997, par la naturaliste américaine Janine Benyus, qu’est définie et conceptualisé le biomimétisme.

Comment la nature gère et génère de l’énergie?

Comment ne plus jamais s’ennuyer

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D’accord mon titre est un peu accrocheur, mais franchement quand vous aurez ouvert ce petit cahier qui s’intitule

« L’atelier d’écritérature. Le carnet de ceux qui vont aimer l’écriture & les écrivains »

vous allez y trouver tellement d’idées pour occuper les journées maussades de la saison qui vient, que vous ne devriez pas vous ennuyer de quelque temps !

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Déjà, quelqu’un (Sonia GOLDIE, l’auteure) qui déclare tout de go « écris et rature », c’est engageant, non ? D’accord, c’est en fait un mot-valise pour écriture et littérature et c’est moi qui invente les ratures, mais ça nous décoince : on écrit, on rature, on retravaille, on s’amuse sur des consignes incitatives.

« Se faire un monde… », « pause lunaire », « un graffiti a changé ma vie », « le thé des fous », « pour qui tu te prends ? », « histoires comme chats », etc. parmi la bonne soixantaine de propositions. On peut prendre le cahier et ses sympathiques contraintes dans l’ordre ou y piocher au hasard, selon son humeur.

Cela ne nécessite aucun autre matériel que ce vous possédez déjà : un crayon et du papier, ce qui – à la différence de votre ordinateur – vous permet d’écrire partout, dans votre chambre comme dans le bus, à l’interclasse comme dans une salle d’attente, assis par terre ou dans votre lit, sous la pluie, la neige, dans le brouillard… et comme vous continuerez encore cet été, à la plage !!!

Et puis, Sonia Goldie a pensé à tout : si vous êtes en panne de lecture, elle vous propose de découvrir quelques écrivains auxquels vous n’auriez peut-être pas pensé, comme Calamity Jane avec les lettres à sa fille, Jack London – qui n’a pas écrit que « Croc blanc » – Edgar Allan Poe et d’autres, avec de nouvelles pistes pour des jeux inspirés par ces auteurs.

Et puis quand vous serez venus à bout des quatre-vingt pages de ce cahier joliment illustré et mis en page par Isabelle Vermeir, décoré d’origamis et de papiers découpés par Christine et Hervé Guillard, de photos par Juliette Monnier, etc., vous pourrez piocher dans le carnet voyageur à double entrée « Côté ville / côté campagne » destiné aux adultes ou offrir à votre petite soeur « L’atelier des mots » a priori destiné aux 7/10 ans, mais bien stimulant aussi et que vous lui emprunterez sitôt offert 🙂

Sonia GOLDIE – Isabelle VERMEIR

L’Atelier d’écritérature

Le carnet de ceux qui vont aimer l’écriture & les écrivains

(3 points à la ligne… éditions, 2015)

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Cambodge 1975 : l’enfance broyée

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En 2014, Marie DESPLECHIN est allée au Cambodge pour aider une association française qui aide au développement de la lecture dans ce pays qui fut protectorat français de 1863 à 1953, date de son indépendance.

Là-bas, Marie Desplechin est accueillie par Sothik HOK, le responsable cambodgien de l’Association Sipar. Sothik saisit alors l’occasion de lui raconter quelle fut son enfance et celles de tous les enfants cambodgiens qui l’ont vécue entre 1975 et 1979 : une enfance broyée par le régime génocidaire des Khmers rouges.

C’est ce récit qu’elle nous retranscrit dans : « Sothik » (illustré par TIAN et édité par l’Ecole des Loisirs en septembre 2016).

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« Sothik est né en 1967 dans un Cambodge en pleine tourmente. Il a trois ans quand la guerre civile fait rage, huit ans quand les Khmers rouges prennent le pouvoir. Du jour au lendemain, tout change. L’argent est aboli, les livres sont détruits, la religion interdite, la propriété privée n’existe plus. Sothik et sa famille doivent quitter leur maison en laissant tout derrière eux et prouver sans cesse leur obéissance au nouveau régime. Mais cela ne suffit pas ! Les Khmers rouges décident brutalement d’enlever les enfants à leurs parents afin de mieux les éduquer. Sothik rejoint un groupe d’enfants de son âge. La famille n’existe plus, la terreur et la famine s’installent… » (cf. Présentation éditeur)

Sothik va vivre ces trop longues années dans la peur et la faim, quatre années qui le marqueront à jamais, même s’il fait partie des rares heureux qui ont retrouvé leur famille à la fin de cette monstrueuse dictature au cours de laquelle, sur sept millions de Cambodgiens, près de deux millions ont disparu.

Dès les premiers jours, les Khmers rouges font  brûler les livres sur des bûchers, ils transforment la Bibliothèque nationale en porcherie, ils élimineront ensuite les gens instruits, les médecins, neuf enseignants sur dix et toute personne  considérée comme « intellectuelle » (pour ça, il suffisait parfois de porter des lunettes pour être condamné à mort).

En quelques semaines « les villes sont désertes. Les frontières sont fermées. Personne n’entre, personne ne sort. Le Cambodge est devenu un immense camp de prisonniers. (…) Les gens n’ont plus le droit d’avoir de maison ni de terre qui leur appartiennent. Très vite, ils n’ont plus le droit de rien posséder du tout, ni meuble, ni vêtement personnel, ni livre, ni montre, ni objet. Plus de propriété, plus d’injustice. Ça paraît logique. Une logique de fin du monde. »

« La nuit nous avons les punaises, le jour, nous avons la faim. J’ai tout le temps faim. Comme tout le monde. Ou presque tout le monde, car les cadres révolutionnaires mangent, eux. (…) Les autres souffrent d’une famine meurtrière, organisée par les dirigeants, et qui durera aussi longtemps que le Kampuchéa démocratique. »

« Même nos rêves sont misérables » se rappelle Sothik, toute énergie est consacrée à tenter de survivre « ce qui demande à la fois de savoir obéir sans réfléchir, et de réfléchir sans cesse aux moyens de désobéir. »

« Nous vivons dans un monde à l’envers, où le faux est devenu le vrai, où le mensonge est devenu la vérité. Il y a de quoi perdre la tête.« 

Malheureusement, impérialistes, capitalistes ou communistes, fanatiquement religieux, ces mondes peuvent toujours devenir le monde de demain, partout. Alors soyons vigilants.

 

 

Vilnius, Lituanie, 1941…

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Tout le monde connaît le « Journal » d’Anne FRANK, rédigé à Amsterdam entre le 12 juin 1942 et le 1er août 1944 alors que la famille se cachait au fond d’un appartement dans une annexe secrète de l’entreprise du père pour échapper à la déportation par les nazis. Déportation qui aura cependant lieu après que la famille a été dénoncée et la cachette trahie. Anne Frank mourra à Bergen-Belsen vraisemblablement en février 1945, quelques semaines avant la libération du camp.

On connaît moins le journal de Yitskhok RUDASHEVSKI  rédigé de juin 1941 au 7 avril 1943 « entre les murs du ghetto de Wilno » et édité pour la première fois en français en 2016 par les éditions L’Antilope.

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Comme Anne Frank, Yitskhok Rudashevski n’avait que quinze ans lorsqu’il a été exécuté le 1er octobre 1943 dans la clairière de Ponar, à quelques kilomètres de Wilno (actuellement Vilnius) en Lituanie.

A partir de septembre 1941, les citoyens juifs de Wilno avaient été contraints d’abandonner leurs maisons pour (sur)vivre enfermés dans un ghetto surpeuplé. Yitskhok y poursuivit la rédaction de son journal intime, témoignage de la volonté nazie d’exterminer petit à petit tous les Juifs de Wilno (et d’ailleurs), mais preuve également que ceux-ci tâchèrent de résister le plus longtemps possible, entre autre grâce à l’éducation et la culture. Il y raconte les petits détails de leur vie quotidienne, mais également ses enthousiasmes, ses espoirs, de même que l’organisation sordide décrétée par les nazis avec les policiers juifs « caste qui prête main-forte aux oppresseurs dans leur sale boulot« , les pillages, la terreur savamment entretenue par les rafles et les massacres, etc.

Son journal a été retrouvé en 1944 par l’une de ses cousines, dans la cachette où la famille s’était vainement réfugiée. Gilles Rozier, directeur de la maison d’édition L’antilope a rédigé une introduction au texte et en parle également ici dans le cadre de l’émission « Mémoires vives ».

Pour ma part, je vous citerai cet extrait, écrit sur une feuille volante et qui date probablement de la fin de l’année 1942 :

« On a célébré le prêt du cent millième livre à la bibliothèque. Il y a eu une cérémonie dans la salle du théâtre. Nous sommes venus après les cours. On a tenu plusieurs discours et également présenté un programme artistique. Les orateurs ont caractérisé le lecteur du ghetto. Des centaines de gens lisent dans le ghetto. Lire des livres pour moi est le plus grand plaisir. Le livre nous relie à la liberté, le livre nous relie au monde. {Le prêt du cent millième livre est un grand succès et prouve que la population du ghetto non seulement est à tout moment reliée au passé, mais espère et croit en l’avenir.} Le prêt du cent millième livre est une grande réussite pour le ghetto, et le ghetto peut en être fier. »

Le journal de Yitskhok se termine mercredi 7 avril 1943 sur cette phrase tragiquement prémonitoire : « Le pire peut nous arriver à tout instant… »

Un livre à lire absolument.