Archives de Catégorie: Documentaire

« Non à l’exploitation »

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Dans la collection déjà citée à propos de Célestin Freinet : Actes sud junior « Ceux qui ont dit non », un titre écrit il y a dix ans par Gérard DHOTEL résonne avec les événements en France d’avant le Covid 19 : « Louise Michel, non à l’exploitation« .

Louise Michel (1830-1905), serialblogueuses y avait fait allusion à propos du film de Michel Ocelot « Dilili à Paris ».

Ce petit livre vous en dira un peu plus sur elle, sous le prétexte d’un journaliste à l’Intransigeant qui assiste à la plupart de ses procès. « L’Intransigeant » est un journal  lancé en 1880 et dirigé par Henri Rochefort. C’est l’occasion de vous rendre sur le site de la BnF-Gallica et d’y découvrir aussi bien des numéros de ce journal que les oeuvres de Louise Michel.

Institutrice, brancardière au moment de la Commune et déportée en Nouvelle-Calédonie d’où elle reviendra libertaire, féministe, elle a fréquenté Victor Hugo qui lui dédiera le poème « Viro major« , Georges Clémenceau, Jules Vallès,  Eugène Varlin et bien d’autres personnalités engagées de son temps.

En 1883, lors d’un de ses procès, elle termine sa plaidoirie par :

« Il y a une chose qui vous étonne, qui vous épouvante, c’est une femme qui ose se défendre. On n’est pas habitué à voir une femme qui ose penser ; on veut selon l’expression de Proudhon, voir dans la femme une ménagère ou une courtisane ! »

En détention en Nouvelle-Calédonie, elle s’intéresse aux Canaques, apprend leur langue et leur enseigne le français. Elle prendra leur défense lors de leur révolte en 1878 et enverra des articles aux journaux français pour dénoncer la répression sanglante dont ils furent victimes.

Elle disait également :

« S’il y a des miséreux dans la société, des gens sans asile, sans vêtements et sans pain, c’est que la société dans laquelle nous vivons est mal organisée. On ne peut pas admettre qu’il y ait encore des gens qui crèvent la faim quand d’autres ont des millions à dépenser en turpitudes. C’est cette pensée qui me révolte ! « 

 

« Non à l’ennui à l’école »

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« Ils regardent par la fenêtre, gribouillent, rêvent, comptent les minutes, font leurs listes d’amis et organisent leur fin de semaine quand ils ne s’endorment pas carrément. Des grappes de collégiens meurent d’ennui au fond d’une salle de classe, bien calés contre le radiateur. Pourquoi ?

Certains ne se sentent pas concernés par ce que disent les professeurs, d’autres n’en voient pas l’utilité, n’en saisissent pas le sens. D’autres en savent beaucoup plus et décrochent. Il suffit de quadriller le territoire pour en rencontrer. Ils préfèrent dire « Non à l’école », sans comprendre qu’ils disent « Non à cette école-là ». Une école avec un enseignant juché en haut de ses connaissances, qui dicte ses cours, frontalement, qui impose son savoir, juge, sanctionne, punit et note. Vous vous reconnaissez ? »

Et pourtant depuis cent ans qu’existent des méthodes actives, des établissements innovants et des enseignants motivés, l’école ne devrait plus laisser personne au bord de la route.

Mais ce sont toujours les remèdes éculés qui prévalent. La dictée ?

« Moi, les dictées, je n’en fais pas. Elles sont inutiles. Elles sont abrutissantes. Apprendre des listes de mots sortis de leur contexte ne sert strictement à rien. »

Les leçons de morale ?

« Je suis toujours poli avec mes camarades, je ne me bats pas. »

« Ça y est, les voilà penchés sur leur cahier. Ils copient la petite phrase. Et maintenant, quoi ? Est-ce que ça va changer leur comportement ? Sûrement pas. Non, ce qu’il faut, c’est les prendre par la main, les regarder dans les yeux, me trouver à leur niveau, pas au-dessus d’eux, perché sur cette estrade que je déteste. »

Qui est ce « je » qui parle ?

C’est Célestin FREINET en 1920. Oui, il y a cent ans !

Maria POBLETE : Célestin Freinet, non à l’ennui à l’école

(Actes sud junior, collection « Ceux qui ont dit non », 2018)

« Instituteur éclairé et visionnaire, Célestin Freinet s’est battu pour donner aux élèves l’envie d’apprendre en inventant, dans les années 1920/1930, une pédagogie active, où l’élève est encouragé à écrire, à gérer une coopérative scolaire, à travailler en groupe… et à fuir l’ennui des leçons apprises par coeur ! De nombreux enseignants se servent aujourd’hui avec bonheur de la pédagogie Freinet. » (cf. présentation éditeur)

Célestin Freinet, Maria Montessori, Janusz Korczak dès le début du 20ème siècle, le GFEN (Groupe français d’Education nouvelle) ensuite, et bien d’autres se sont battus pour que l’on donne du sens au savoir et aux apprentissages, pour que l’enseignement soit différencié en fonction des difficultés et des réussites de chaque élève.

« Il faut réunir plusieurs éléments : des équipes pédagogiques motivées à travailler ensemble autour d’un projet, un soutien actif de l’institution, tant en termes de moyens humains que financiers, des collectivités territoriales prêtes aussi à investir en termes de locaux. » etc.

Pas si simple ?

Tout dépend de ce qu’on veut réellement pour une société.

Cette collection de romans historiques : « Ceux qui ont dit non » donne la parole à « des femmes et des hommes qui ont su dire non à ce que leur conscience jugeait inacceptable. Des figures fortes, engagées pour défendre des valeurs humanistes, celles des droits de l’homme et de la démocratie ». Des personnalités aussi diverses que Joan Baez ou Primo Levi, Lounès Matoub ou Anna Politovskaïa, Diderot ou le Général de La Bollardière, Rosa Parks ou Simone Veil, au total déjà une quarantaine de figures et des combats hélas, pour la plupart, non encore aboutis…

 

L’appartement

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« L’appartement. Un siècle d’histoire russe » : textes d’Alexandra LITVINA, illustrations d’Ania DESNITSKAIA (Librairie du Globe, 2018)

 

« Moscou. Russie. Un vieil immeuble dans une calme ruelle. Six volées d’escalier plus haut, à gauche, une porte, et nous voilà chez les Mouromtsev. Nous sommes entrés dans ce vieil appartement moscovite un soir de décembre 1902 et nous y sommes restés pendant cent ans. Nous y avons fait la connaissance de plusieurs générations de Mouromtsev, de leurs amis, de leurs voisins. Nous avons été témoins de rencontres et de séparations, de joies et de peines, de pertes et d’espoirs comme chez de nombreuses famille en Russie.

Dans la vie des habitants ordinaires d’un vieil appartement moscovite se reflète aussi l’histoire de la Russie au XXe siècle. Elle nous est racontée par ses habitants, mais aussi par leurs affaires : les meubles et les vêtements, la vaisselle et les livres, les jeux et autres objets de la vie quotidienne. Car les objets gardent la trace et la mémoire de l’époque où ils ont été façonnés et utilisés. Ils sont( les témoins d’une histoire dont on ne parle pas dans les manuels scolaires, mais qui est très importante pour chacun d’entre nous : celle de nos familles, de nos amis, de notre propre histoire. » (cf. 4ème de couverture)

Prix de la Pomme d’or du festival de Bratislava pour ses illustrations, mises en valeur par le format 35 x 25 cm de l’ouvrage, « L’appartement » commence par l’arbre généalogique des familles Mouromtsev et Stein, outil indispensable dans tous les romans russes !

Puis nous pénétrons dans ce nouvel appartement en même temps qu’Irina Mouromtseva (6 ans), le 12 octobre 1902. On dirait une maison de poupée, les cloisons ont été abaissées le temps pour nos yeux de prendre possession des lieux, comprendre qui est qui et retrouver dans les images quelques objets mis en exergue sur la double page.

La double page suivante, illustrée elle aussi, est datée du 25 décembre 1914.  C’est la guerre sur le front où papa Mouromtsev soigne les blessés. Ce Noël est donc un peu différent des autres, comme Nikolaï (petit frère d’Irina et grand frère de Maroussia) nous l’explique :

« Nous devons aider nos héros comme nous le pouvons : maman va à l’atelier faire de la charpie et Irina s’est inscrite au cours des soeurs de charité. Maroussia et moi avons rassemblé dans une tasse tout notre argent de poche pour la Croix-Rouge : deux pièces d’un rouble, une de cinquante kopecks et trois de quinze. J’ai aussi arrêté la grande poupée allemande de Maroussia pour espionnage? Je voulais la fusiller, mais Maroussia a éclaté en sanglots ! (…) C’est qu’il y a des espions allemands partout ! (…) C’est ce que j’ai expliqué à maman, mais elle a répondu que la poupée n’y était pour rien, et que monsieur Zeidler de la pâtisserie viennoise, au coin de la rue, n’est pas non plus un espion, mais un sujet russe de troisième génération, et qu’il aide beaucoup la Croix-Rouge. »

Sur la double page qui suit, nous trouvons le détail des objets évoqués, pièces de monnaie, jouets, jusqu’aux gâteaux de la pâtisserie viennoise et quelques commentaires qui annoncent la suite de notre histoire et le cours de l’Histoire russe.

En 1919, la révolution est passée par là, il n’y a plus de tsar, Lénine a pris le pouvoir, c’est la guerre civile entre les « rouges » et les « blancs » et l’appartement a été réquisitionné pour y installer un nouvel habitant : le camarade Olrik, installé désormais dans l’ancien bureau du papa. La famille Mouromtsev s’est repliée dans les pièces restantes.

Au fil des années, l’appartement devient collectif. En 1927, six familles y vivent « à l’étroit et mal à l’aise, le matin pour aller aux toilettes et dans la salle de bains il y a une longue file d’attente et à la cuisine des disputent éclatent souvent. »

1937, Staline est au pouvoir depuis la mort de Lénine treize ans auparavant. C’est l’époque du Goulag et des grandes purges. Le camarade Olrik et sa femme sont arrêtés.

1941, 1945, de nouveau la guerre.

5 mars 1953, Staline meurt et avec l’arrivée au pouvoir de Khrouchtchev, c’est le « dégel » : libérations et réhabilitation des victimes des répressions staliniennes : les Olrik seront reconnus innocents, mais trop tard pour Lev qui avait été fusillé.

14 avril 1961 : Gagarine fait le tour de la terre dans une fusée et Guenka, le petit-fils de Nikolaï, est allé le voir passer sur l’avenue Lénine à son retour à Moscou et le soir tout le monde regarde la télévision. Pendant ce temps-là, la guerre froide continue et la crise cubaine laisse craindre un conflit nucléaire.

1973, le « dégel » est terminé depuis quelques années et le rideau de fer sépare l’URSS du reste du monde. Impossible d’acheter de la musique occidentale alors, pour remplacer les vinyles, on écoute de la musique « sur les os »… Ah ! Ah ! si vous voulez savoir ce que c’est, je vous invite à lire cet album passionnant qui nous emmène jusqu’en 2002 !

Ce 9 juin, Maroussia fête ses 92 ans dans l’Appartement qui, entre temps, est devenu un café après que les locataires en ont été expulsés. C’est Ilioucha qui nous le raconte, sixième génération depuis l’entrée dans l’appartement de la famille Mouromtsev il y a un siècle.

Photographies, lettres, coupures de journaux et autres documents d’époque rassemblés par Alexandra Litvina complètent les illustrations précises d’Ania Desnitskaïa.

Un album ludique et passionnant.

 

 

Livres animés

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Si vous êtes fan de pop up mais aussi de films d’animation, ce livre est pour vous :

Gaëlle PELACHAUD : Livres animés. Entre papier et écran

(Pyramyd, 2016)

« Depuis des siècles, les lecteurs de tout âge sont fascinés par les livres hors norme, qui brisent les deux dimensions de la page et font entrer le tactile et l’interactivité dans l’univers du livre.

L’auteure nous présente ici l’histoire incroyable du livre animé, de l’astronomie au livre magique, du livre de navigation à celui pour enfants. Elle détaille ensuite les procédés techniques permettant de créer ces animations, et les explique pas à pas. Enfin, elle dresse un panorama riche et détaillé de ce qui se fait de mieux dans la création papier contemporaine, du livre d’artiste à la production jeunesse.

La seconde partie du livre est consacrée à l’animation sur écran, aux liens entre livres animés et cinéma, aux applications numériques et à ce que les créateurs papier peuvent apprendre aux artistes des nouvelles technologies. Là encore, l’histoire, les procédés techniques et les créations contemporaines servent le propos pédagogique et culturel.

L’ouvrage est par ailleurs parsemé de témoignages, de rencontres et d’études de cas. Libraire spécialisé, ingénieur papier, médiathécaire du numérique, créateur de livre, etc. nous offrent leur point de vue, leur expérience et leur expertise. » (cf. Présentation éditeur)

Gaëlle PELACHAUD ne se contente effectivement pas de nous faire un historique et un descriptif passionnant des livres animés, mais donne des idées pour se lancer dans la fabrication de pop up, diorama, leporello, etc.

Elle explique également comment fonctionne une image en mouvement et tout le parti qu’on peut tirer d’un support numérique grâce aux interactions possibles.

Deux cent trente pages illustrées de façon remarquable, faisant référence à de nombreux documents que vous pouvez trouver dans votre médiathèque préférée !

N’hésitez pas à regarder son site qui est lui aussi une mine.

La photographe

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« La photographe » est un manga en trois volumes de KENICHI KIRIKI, paru entre 2015 et 2017 chez Komikku éditions (Horizon).

« Je ne suis inscrite au club photo du lycée que depuis trois mois… Je débute à peine…

Mon thème sera « Tokyo intime » parce que quand je déambule au hasard avec mon appareil photo, j’ai remarqué que je faisais souvent des rencontres inattendues, ou bien que je tombais sur quelque chose que je n’avais jamais remarqué auparavant… »

Ayumi Jumeji est donc une photographe débutante, comme la plupart d’entre nous, vraisemblablement. Et c’est ce qui rend ce manga si attachant et si intéressant. Elle a choisi un thème très simple, transposable aussi bien à Limoges qu’ailleurs.

L’auteur intègre entre les courts chapitres quelques commentaires sur chaque quartier de Tokyo dans lequel sa narratrice se promène, ce qui en fait une espèce de guide assez original puisque extrêmement détaillé par ses dessins. Le souci avec Tokyo et le Japon en général, c’est que les constructions – même « patrimoniales », au sens où les Européens l’entendent –  disparaissent, remplacées par d’autres et ainsi de suite, ce qui rendrait ce rôle de guide de voyage rapidement caduque. Mais justement, c’est ce qui lui procure un intérêt supplémentaire, une sorte de témoignage.

« Comme l’a dit Kafù NagaÏ, un grand écrivain de l’ère Meji… « Existe-t-il dans le monde un pays où le temps s’écoule plus vite qu’au Japon aujourd’hui ? Des choses qui datent d’hier à peine nous semblent déjà de vieux souvenirs d’une époque lointaine. » (…) Mon appareil photo enregistre le temps présent, celui qui s’écoule en ce moment précis sur Tokyo. »

Même si vous n’êtes pas en ce moment à Tokyo et que, peut-être, n’irez-vous jamais, je dirais : ne lâchez pas ce manga pour autant ! A travers le ressenti et les progrès d’Ayumi en matière de photographie, nous aussi progressons, notre regard s’affute. Et, pour autant que nous ayons décidé d’essayer nous-mêmes à travers les rues de Limoges, nous allons découvrir une multitude de choses que nous n’avions pas remarquées. Simplement, par exemple, ce trajet que vous faites à pied tous les jours en pensant à autre chose… Des petites rues que vous n’avez jamais empruntées, etc.

Et puis, Kenichi Kiriki, l’air de rien, nous suggère des thèmes (par la fenêtre du tramway, une fête locale, paysages urbains), des visites (le musée des sciences, le zoo, beauté d’un jardin public…), donne quelques conseils techniques (« un court instant dans une chambre noire », « l’art du portrait »…).

Tout cela serait bien austère sans le charme d’Ayumi, souvent accompagnée d’un de ses camarades, Tamaki, visiblement amoureux de notre narratrice !

Et voilà qu’un professeur invite les membres du club photo à participer à un concours national, prétexte pour Kenichi Kiriki à nous faire voyager une deuxième fois hors de Tokyo, jusque sur l’île d’Hokkaidô, dans le troisième tome.

Pour ceux qui pensent que l’intrigue est mince ou qu’ils n’iront pas visiter Tokyo, j’ajouterais qu’au passage Kenichi Kiriki nous initie à la littérature japonaise, à l’histoire du pays, évoque des coutumes, des recettes de cuisine et nous fait rencontrer des personnes très variées. Tout cela soutient notre attention jusqu’à la fin et donne envie de « nous y mettre » à notre tour.

Pour cela je vous conseille un ouvrage sympathique, bien que paru chez La Martinière en 2011  – ce qui fait une éternité en matière d’appareils photographiques mais les propositions d’activités ne sont démodées pour autant  – :

Chaque jour, puisqu’il s’agit d’un agenda, « L’agenda de l’apprenti photographe« ), Theresa Bronn et Gilles Ehrentrant nous donnent un thème, une contrainte ou un sujet de réflexion, jusqu’au montage d’une exposition de notre travail !

A vos appareils !

Et demain ?

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« La situation sur notre planète n’a jamais été aussi grave.

Si nous ne faisons rien, dans trente ans tout ira encore plus mal. Et c’est votre génération qui devra faire face à de nombreux dangers.

Alors j’aimerais vous proposer de réfléchir ensemble. D’essayer de comprendre comment nous en sommes arrivés là et pourquoi nous nous comportons de cette façon.

Dans ce livre, il y aura des choses vraies, indiscutables, scientifiques. Mais il y aura également des opinions : les miennes et celles de Pierre [Rabhi]. Une opinion est un avis, un point de vue sur le monde. Comme si vous regardiez un paysage du haut d’une colline. Si vous descendez de la colline, vous ne verrez plus la même chose. Et si vous montez sur une autre colline, placée à un autre endroit, vous verrez encore une chose différente. Plus vous gravirez de collines et plus votre point de vue sur le monde sera riche et vous permettra de le comprendre. Vous pourrez alors vous faire votre propre idée et décider de comment vous voulez participer à ce monde.

J’espère que ce livre vous y aidera. » (Cyril DION dans son introduction au livre « Demain entre tes mains » avec Pierre RABHI : Actes sud junior, 2017)

Cerise sur le gâteau, ce livre est illustré par 32 illustrateurs de l’agence Costume 3 Pièces, dont certains nous sont bien connus par leurs albums comme François Roca, Charlotte Gastaut, Serge Bloch ou Julia Wauters, etc., etc.

Beau et intéressant, que demander de plus ? Souhaiter qu’il vous convainc d’aider le monde à aller mieux, comme le colibri de la légende amérindienne !

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part. » (raconté par Pierre Rabhi)

 

A-t-on le droit de tout dire ?

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Sujet récurrent depuis fort longtemps, que l’actualité oblige à remettre régulièrement sur le devant de la scène.

En France, « la liberté d’expression est une tradition laïque, républicaine et démocratique, qui a commencé à émerger vers la fin du XVIIIe siècle. Avant, seules les autorités royales, seigneuriales ou religieuses avaient le droit de s’exprimer librement. Les révolutionnaires français de 1789 ont revendiqué cette liberté qui était indispensable à l’établissement de la République (…) »  explique Daniel SCHNEIDERMANN dans son livre « Liberté d’expression : a-t-on le droit de tout dire ? » paru en 2015 aux éditions La ville brûle.

« Avec la tuerie de Charlie Hebdo, nous sommes nombreux à avoir pris conscience que la liberté d’expression, ce droit fondamental qui nous semblait aussi naturel que l’air que l’on respire, était menacée par toutes sortes de pouvoirs (économique, politique, religieux…). Les adolescents, citoyens en devenir, sont particulièrement concernés par la question posée ici : être libre de s’exprimer, est-ce avoir le droit de tout dire ? C’est donc à eux que s’adresse ce livre, qui, en explorant les limites, les zones d’ombre et les hypocrisies de la liberté d’expression, leur permettra d’y voir plus clair et d’exercer leur esprit critique en se posant les bonnes questions… » (Présentation éditeur)

Internet et les réseaux sociaux ont considérablement compliqué les choses, mais la loi vaut également pour eux.

Grâce à de nombreux exemples, l’auteur et son complice illustrateur Etienne LECROART, permettent de mesurer l’étendue, mais aussi les limites de la liberté d’expression dans notre société laïque et pluraliste.

L’hypocrisie est une de ces limites, « parfois, c’est la seule manière d’arriver à vivre ensemble. Dire les choses trop franchement, se dire tout ce qu’on pense, peut provoquer des conflits, et dégénérer. S’agissant de la liberté d’expression, le but n’est pas de construire un mode de fonctionnement idéal – de toute façon, cela n’existe pas – mais de faire en sorte que toi, moi, et tous les habitants de notre pays, nous parvenions à faire bon usage de notre esprit critique, à exprimer nos opinions, bref, à exercer notre citoyenneté dans de bonnes conditions et en nous respectant les uns les autres. »